L'éducation du citoyen internaute
   
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N° 59, octobre 2007

Contre le discours de l'Internet-addiction et du Web-danger, ce Dossier… prend le parti d'insister sur le triptyque imprégnation de la culture web-apprentissage critique-formation, à travers des récits de classe et des actions lancées par les académies.
 
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« Un point d’actu » : Philosophie et TICE
Les TICE et leur potentiel pédagogique, du point de vue de la discipline
Sommaire détaillé et articles en téléchargement
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Éditorial : « How r u ? »
Tout le monde a son avis sur l’École, tout le monde a son avis sur Internet : les élèves se droguent à coups de MSN et de Skyblog ; ils doivent être protégés du Web par des logiciels aux mailles serrées, surtout lorsqu’ils surfent dans l’enceinte de l’établissement ; ils devraient respecter la netiquette, les chartes informatiques, les us et coutumes de la publication, le droit à la propriété et la loi Davdsi.
Il pourrait évidemment se faire que l’addiction n’en soit pas une, que la censure existe pour être contournée et que le respect des règles et de la loi résulte d’abord d’une éducation dispensée sur des années lorsqu’il s’agit d’un domaine aussi complexe.
Question, malheureusement actuelle : à quoi servirait de parler B2i si l’école acceptait d’externaliser les séances d’initiation à la cybercitoyenneté, et paradoxalement jusque dans l’établissement, en se défaussant auprès d’officines spécialisées, au lieu d’intégrer cette initiation dans son enseignement ? Notre « Tribune libre » raconte.
Ce Dossier… prend, avec d’autres, le parti d’insister sur le triptyque imprégnation de la culture web- apprentissage critique-formation. Il considère que l’éducation du citoyen internaute ne se réduit pas à l’éducation à Internet et que ce dernier peut être un levain de démocratie dans l’école et dans la société.
Ce qui l’amène à répondre à une autre question : par quels détours le « gouvernement » du Web et le bouillonnement du Web 2.0 exercent-ils leurs effets sur la réalité des pratiques collaboratives scolaires, alors que les vitesses d’évolution des uns et de l’autre n’ont rien de commun ?
Les réponses, forcément décalées, résident dans les récits de classe qui ne donnent pas seulement du sens aux items du B2i (dans le primaire : conférence de rédaction hebdomadaire d’une demi-heure, prise en charge des textes des petits par les grands, devoir d’affronter le droit de réponse ; dans le secondaire : chasse aux rumeurs sur le Web servant d’introduction à l’étude du genre fantastique, par exemple).
Ou dans les actions lancées par les académies qui varient selon la situation de chaque établissement (de l’intérêt de remplir incomplètement un questionnaire sur le Web ; des raisons d’écrire, dans l’abhorré langage SMS, « How r u ? » au cybercafé des langues ; de la nécessité de tâtonner entre règlement intérieur et charte informatique en gestation…).
Internet bouleverse l’École et au-delà. Simple cliché ? La rubrique « Un point d’actu » le dément directement dans ce numéro. Son titre en donne la raison : « Philosophie et TICE ».

Enjeux et Initiatives
La question de la citoyenneté doit être posée sous deux angles différents, celui d’Internet et de sa très rapide évolution, celui de l’Éducation et de son obligation à s’adapter sans attendre. Le numéro est donc ouvert par des auteurs venus aussi bien de l’École que de la société, et par une « Tribune libre » qui en propose, à sa manière, une première synthèse.


Pourquoi tant de méfiance ?
Nous nous méfions des TIC. Nous nous méfions aussi de notre jeunesse. Bien sûr, nous aimons nos enfants, nos élèves, et nous admirons aussi sans retenue les prouesses de l’informatique et des telécommunications. Nous pouvons à la fois aimer, admirer et nous méfier. Sans méfiance, l’amour est aveugle, l’amour de la jeunesse n’est que du jeunisme et l’amour de la science du scientisme. L’affaire serait donc entendue ? Pas vraiment. Lorsque la méfiance nous tient à une trop grande distance de son objet, elle nous empêche de le connaître et de le comprendre. Et comment pourrions-nous raisonnablement aimer ce que nous ne comprenons pas ?
À lire (PDF, 368 ko)

Internet, une nouvelle planète à gouverner
Regarder les technologies avec l’œil d’un nouveau géographe est un exercice nécessaire. Car c’est un remodelage qui s’installe, avec discrétion mais durablement, sans demander l’avis des citoyens qui façonnent les territoires depuis des siècles.
Où sont ces nouveaux territoires ? Qui les gouverne ? Des instances de régulation, des volontés (bonnes ou mauvaises), des fournisseurs, des souhaits d’autorégulation, des lois du marché ou des règles nationales ? Quelles informations fournir pour maîtriser des enjeux en apparence obscurs et pourtant déterminants ?
À lire (PDF, 309 ko)

Dans la famille « journalisme citoyen », je demande…
Incitation à la visite…
À lire (PDF, 441 ko)

Deux points de vue syndicaux
1. Éduquer à la responsabilité
Internet a ceci de particulier qu’il a forcé la porte de nos écoles avec plus de brusquerie qu’aucun média…
À lire (PDF, 162 ko)

2. L’outil au service de l’homme
« Le côté apprenti sorcier de l’Humain. »
À lire (PDF, 118 ko)

Tribune Libre
Internet et sida, même prescription scolaire ?
Les interventions proposées par les officines pour traiter un établissement en une journée ne dispensent pas l’École de construire un véritable enseignement sur Internet.
À lire (PDF, 650 ko)





Applications pédagogiques
Parce que la citoyenneté n’est pas une discipline au sens scolaire du terme, son apprentissage est transversal et pluridisciplinaire. Elle constitue l’un des cinq domaines du B2i, qui n’est pas parmi les plus simples à appréhender.
Deux réflexions sur la question des items dits « citoyens » du B2i montrent que ces compétences s’acquièrent à travers des projets de classe mobilisant les élèves autour d’une production collective.

La question citoyenne se prête aussi, cependant, à des travaux disciplinaires, comme pour ce professeur de français travaillant sur les spams afin d’introduire un cours sur la rumeur et le genre fantastique.
Mais c’est en ECJS que des projets à long terme sont le plus susceptibles d’être menés.
Une enseignante-documentaliste met au point une formation sur l’année en BEP, avec des collègues d’autres disciplines.

« Adopter une attitude responsable » ou les items « citoyens » du B2i
1. Au collège et au lycée
Les items dits « citoyens » du B2i sont les plus rarement validés, alors qu’ils sont essentiels à la maîtrise raisonnée des nouvelles technologies. Comment faciliter leur approche et rendre leur validation plus naturelle ?
À lire (PDF, 174 ko)

2. À l’école, un ovni dans la pédagogie ?
En primaire aussi, l’évaluation du B2i est désormais indispensable, y compris pour les compétences « citoyennes ». Nouvelle gageure ou vieux problème pédagogique ?
À lire (PDF, 170 ko)

La rumeur sur Internet : entre désinformation et tradition littéraire
Comment une chasse à la rumeur propagée par des spams sert d’introduction à un travail sur la nouvelle fantastique en français, en classe de quatrième.
À lire (PDF, 634 ko)

ECJS en BEP : objet et sujet d’apprentissages
Une méthode pluridisciplinaire de formation à la citoyenneté, mise en place en seconde et en terminale BEP, et présentée ici de manière détaillée.
À lire (PDF, 150 ko)

S’organiser, échanger
Il est un combat plus difficile encore que la lutte contre les risques du Web pour les adolescents : c’est celui de l’inquiétude et de la suspicion des adultes. Brochures, affiches, formations sur le terrain… trois académies s’organisent et présentent leurs solutions pour promouvoir un usage « raisonné », ou du moins raisonnable, d’Internet. Dans le même sens, un représentant d’un Clemi académique tente de tirer les usages vers la production de médias.

Dans une perspective opposée aux discours précédents, le fondateur de la « liste noire » nationale nous rappelle à la nécessité du filtrage des sites, en complément d’une démarche éducative.

Du bon usage d’Internet à l’École trois académies s’organisent
1. Dans l’académie de Poitiers : à chaque établissement sa solution
Il n’y a pas une solution pour développer de bonnes habitudes en matière de navigation et d’usage des TIC au collège ou au lycée : il y en a beaucoup, et les divers établissements de l’académie en ont expérimenté quelques-unes.
À lire (PDF, 222 ko)

2. Dans l’académie de Nancy-Metz : affichage et interventions sur le terrain
Pour favoriser les bons usages du Web et prévenir les risques, l’académie de Nancy-Metz a mis en place un plan d’information et de formation touchant les élèves et les enseignants du secondaire.
À lire (PDF, 180 ko)

3. Les Mémotice de l’académie de Versailles
Une série de brochures distribuées aux élèves, supports pour aider les enseignants à aborder les questions d’éducation aux médias en classe. Et un peu de formation pour les accompagner.
À lire (PDF, 438 ko)

Devenir internaute, une construction dans laquelle l’école a toute sa place
Le Clemi de l’académie de Créteil se mobilise autour du développement des TICE et tente d’inscrire ce processus dans une réflexion large sur l’usage et la production de médias.
À lire (PDF, 173 ko)

Attention ! sites sensibles et liste noire
Une même liste noire préside au filtrage d’Internet dans la plupart des établissements français, équipés d’un serveur SLIS, Pingoo, Eole ou Linuxedu : c’est celle de l’université de Toulouse I, mise à jour en permanence. Comment est-elle conçue ? Dans quel état d’esprit ? Pour quels usages ?
À lire (PDF, 177 ko)


 

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