Note de lecture  
 



Économie monétaire : théories et politique

Paul-Jacques Lehmann. Paris : Seuil, 1999. (Collection Points Économie ; 46). - 282 p.
ISBN 2-02-034499-8

Fiche rédigée par Éric Barbot, professeur au lycée Albert-Einstein à Sainte-Geneviève-des-Bois

 

 
 

Résumé
Cet ouvrage, clair, rigoureux et concis, présente les principaux problèmes et les théories concernant le rôle de la monnaie dans l'économie, et notamment les liens de causalité entre les fluctuations de la quantité de monnaie et l'équilibre économique réel.

Commentaire critique
Le plan est classique, avec en introduction une présentation des fonctions et des formes de la monnaie, puis une description de l'offre de monnaie, avec la création de monnaie scripturale (l'auteur ajoute l'approche empirique, basée sur l'achat de monnaie centrale, à l'approche théorique), puis le contrôle de cette création (refinancement, change, taux d'intérêt). Cette partie se termine avec une description du système financier français d'aujourd'hui, dans le cadre européen. La deuxième partie analyse la demande de monnaie, en distinguant ses trois buts : transactions, gestion de portefeuille (avec l'arbitrage monnaie-obligations) et patrimoine (où est esquissée une comparaison entre Friedman et les keynésiens). La dernière partie développe le débat théorique entre les tenants d'une monnaie « neutre » et les théoriciens de la monnaie « active », d'inspiration keynésienne bien sûr. Une large place est faite à Wicksell et Friedman. La présentation des courbes IS-LM est particulièrement pédagogique.
En conclusion, l'auteur rappelle que le contrôle par les pouvoirs publics de la monnaie en circulation doit faire face à des évolutions monétaires et financières de plus en plus contraignantes et instables : la mondialisation de l'épargne et la dématérialisation croissante de la monnaie posent le problème de la confiance des agents en termes particulièrement aigus. L'auteur montre que la théorie de la monnaie comme un « voile » est aujourd'hui totalement dépassée, les actifs monétaires entrant en concurrence, pour la constitution des portefeuilles, avec l'ensemble des autres actifs, financiers, réels ou même humains. Les innovations financières permanentes, et l'instabilité systémique qui en résulte, nécessitent plus que jamais la prise en compte théorique de l'importance des causes subjectives dans les dysfonctionnements financiers, ainsi que la nécessité d'un contrôle crédible par les autorités. À l'heure des hésitations des dirigeants européens sur l'avenir de la politique monétaire européenne, le débat entre monétaristes (attachés au contrôle direct de la quantité de monnaie) et keynésiens (prônant un contrôle indirect par les taux d'intérêt, au service de l'emploi) garde toute son actualité.
Cet ouvrage ne dispense donc pas de la lecture de manuels plus complets, tels Économie monétaire et financière, de J.-F. Goux, mais il présente des qualités précieuses pour les enseignants : une présentation des chiffres et des situations les plus récents, ainsi qu'un rappel clair, vivant, et relativement peu formalisé, des questions théoriques, dont la plupart n'ont guère changé depuis Ricardo.

 
       
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