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Résumé
Cet ouvrage, clair, rigoureux et concis, présente les principaux problèmes
et les théories concernant le rôle de la monnaie dans l'économie, et
notamment les liens de causalité entre les fluctuations de la quantité
de monnaie et l'équilibre économique réel.
Commentaire critique
Le plan est classique, avec en introduction une présentation des fonctions
et des formes de la monnaie, puis une description de l'offre de monnaie,
avec la création de monnaie scripturale (l'auteur ajoute l'approche
empirique, basée sur l'achat de monnaie centrale, à l'approche théorique),
puis le contrôle de cette création (refinancement, change, taux d'intérêt).
Cette partie se termine avec une description du système financier français
d'aujourd'hui, dans le cadre européen. La deuxième partie analyse la
demande de monnaie, en distinguant ses trois buts : transactions,
gestion de portefeuille (avec l'arbitrage monnaie-obligations) et patrimoine
(où est esquissée une comparaison entre Friedman et les keynésiens).
La dernière partie développe le débat théorique entre les tenants d'une
monnaie « neutre » et les théoriciens de la monnaie
« active », d'inspiration keynésienne bien sûr.
Une large place est faite à Wicksell et Friedman. La présentation des
courbes IS-LM est particulièrement pédagogique.
En conclusion, l'auteur rappelle que le contrôle par les pouvoirs publics
de la monnaie en circulation doit faire face à des évolutions monétaires
et financières de plus en plus contraignantes et instables : la
mondialisation de l'épargne et la dématérialisation croissante de la
monnaie posent le problème de la confiance des agents en termes particulièrement
aigus. L'auteur montre que la théorie de la monnaie comme un « voile »
est aujourd'hui totalement dépassée, les actifs monétaires entrant en
concurrence, pour la constitution des portefeuilles, avec l'ensemble
des autres actifs, financiers, réels ou même humains. Les innovations
financières permanentes, et l'instabilité systémique qui en résulte,
nécessitent plus que jamais la prise en compte théorique de l'importance
des causes subjectives dans les dysfonctionnements financiers, ainsi
que la nécessité d'un contrôle crédible par les autorités. À l'heure
des hésitations des dirigeants européens sur l'avenir de la politique
monétaire européenne, le débat entre monétaristes (attachés au contrôle
direct de la quantité de monnaie) et keynésiens (prônant un contrôle
indirect par les taux d'intérêt, au service de l'emploi) garde toute
son actualité.
Cet ouvrage ne dispense donc pas de la lecture de manuels plus complets,
tels Économie monétaire et financière, de J.-F. Goux, mais il
présente des qualités précieuses pour les enseignants : une présentation
des chiffres et des situations les plus récents, ainsi qu'un rappel
clair, vivant, et relativement peu formalisé, des questions théoriques,
dont la plupart n'ont guère changé depuis Ricardo.
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