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Résumé
La première partie retrace les étapes de la conquête des femmes pour
le droit de vote et analyse l'évolution de l'orientation du vote des
femmes. La deuxième partie présente l'évolution de la représentation
des femmes au sein des instances de pouvoir (gouvernements, Parlement,
Sénat, partis politiques, syndicats et associations). La troisième partie
expose les étapes et les éléments du débat sur la parité.
Commentaire critique
L'ouvrage présente de manière très attrayante les étapes du combat des
femmes pour l'obtention du droit de vote et de l'éligibilité :
qui se souvient que Jane Valbot s'est enchaînée en 1932 à un siège du
Sénat, interrompant ainsi la séance, ou que Louise Weiss était candidate
aux élections législatives d'avril 1936, dans le Ve arrondissement
(p. 22) ? Les deux auteures dont l'une est journaliste politique
et l'autre professeur de communication politique ont l'art de « mettre
en scène » les premières femmes qui ont participé à des gouvernements
depuis 1936 (leur carrière dépend du « fait du prince »,
p. 49), le plus souvent sous-secrétaires d'État ; elles mettent
en évidence la spécialisation de leur fonction (santé, enseignement
préscolaire, …), leur sous-représentation et, jusqu'à une date récente,
leur absence des grands ministères. Dans les instances dirigeantes des
partis, la représentation des femmes est d'autant plus égalitaire que
la parité est inscrite dans le fonctionnement de ces partis (ce qui
est le cas des Verts : en 1996, 45 % des membres du bureau
du comité du parti sont des femmes contre 5 % à l'UDF, 8 %
au RPR, 25 % au PS et 32 % au PCF ; p. 82).
Malgré les attraits de cet ouvrage, on pourra regretter que l'analyse
soit incomplète. Ainsi, l'étude de l'évolution du vote des femmes ne
porte que sur l'orientation de celui-ci mais pas sur celle de l'abstention.
De même, si des éléments permettent de comprendre la sous-représentation
des femmes dans la vie politique en France, les interprétations ne sont
pas discutées (voir P. Braud : Sous-représentation des femmes
et suspicion du système politique démocratique in EPHESIA La
Place des femmes, La Découverte, 1995). Or, elles n'appellent pas
les mêmes réponses. Si l'on considère que ce sont les représentations
qui sont les facteurs déterminants, alors la parité peut participer
à leur changement. Au contraire, si l'on considère que c'est la division
sexuelle du travail (professionnel et domestique) qui limite le temps
consacré par les femmes à la vie politique, la parité en politique doit
aussi passer par une plus grande égalité dans les modalités d'application
des 35 heures entre hommes et femmes, par exemple (y compris en prenant
en compte les différences introduites entre les cadres et les non-cadres),
et dans le travail en général …
Il est vrai que le format « 128 pages » des Que
sais-je ? constitue une forte contrainte pour les auteurs.
Ainsi, s'il est rappelé que « la loi salique est un élément
plus significatif que déterminant dans l'éviction des femmes du pouvoir
politique », qu' « elle ne concerne que la succession
au trône et ne s'applique donc pas aux fiefs et aux terres des diverses
provinces, les systèmes juridiques variant d'une région à l'autre »
(p. 9), il aurait été important de mentionner que la loi électorale
issue de la Révolution française a rencontré des résistances (et pas
seulement dans les clubs parisiens) : dans le Pays basque et pyrénéen,
les filles aînées, héritières, qui gouvernaient traditionnellement maris
et frères cadets ont continué à voter pour leur famille jusqu'en 1794
et il y eut des réactions d'hostilité de la population tout entière
(cf. Jean-Louis Flandrin, Familles, parenté, maison, sexualité
dans l'ancienne société, coll. L'Univers historique, Le Seuil, 1984).
De même, la place consacrée à la sous-représentation des femmes dans
les syndicats (deux pages) est trop réduite pour en comprendre les raisons
(pas seulement législatives). Enfin, le débat sur la parité aurait gagné
en clarté si les modalités avaient été présentées en distinguant les
« quotas législatifs » et les « quotas
au sein des partis » afin de pouvoir en comprendre les enjeux.
Notons que le livre n'a pas pu faire état des modalités effectives de
la loi sur la parité puisqu'il a été mis sous presse avant le vote au
Parlement. On ne trouvera donc aucune analyse des enjeux de la parité
pour les prochaines municipales et des limites de cette loi.
Niveau de lecture
Premier cycle.
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