Résumé
Cet ouvrage d'histoire de la pensée décrit rapidement les principaux courants de la pensée économique apparus ou développés au cours des soixante-dix dernières années. La discussion porte sur l'équilibre, le renouveau du libéralisme, les hétérodoxies, l'avènement de l'économétrie et ce que l'auteur appelle nouvelle économie, qu'il s'agisse de théorie de la croissance ou d'imperfections des marchés.
Commentaire critique
L'ouvrage de Colette Nême commence par la liste des lauréats du prix Nobel d'économie ; chaque auteur mentionné, surtout les plus importants, est situé d'un point de vue biographique : il s'agit bien d'un ouvrage d'histoire de la pensée plus que d'analyse des courants actuels. Cependant, cette histoire est organisée de manière thématique.
Le premier thème abordé est celui de l'équilibre, à la suite de Walras et de Keynes, précise bizarrement l'auteur, qui ne s'attarde donc pas sur les différences qui pourraient éventuellement être faites entre approches micro et macroéconomique. La présentation de l'évolution de la macroéconomie, de Keynes à la synthèse néoclassique, est claire et utile. Par contre, il est choquant de lire un chapitre entier sur l'évolution des conceptions de l'équilibre sans que soit traitée la théorie de base de l'équilibre, celle qui constitue la référence centrale de tout le courant néoclassique, à savoir le modèle de Arrow et Debreu. Plus précisément, ce modèle est vu page 55 au détour d'une phrase sur les travaux d'économie du bien-être réalisés par Arrow « après avoir, avec Gérard Debreu, apporté la preuve mathématique de l'existence de l'équilibre en régime concurrentiel ». Ce résumé est fort discutable : il aurait peut-être été plus juste d'écrire que ces auteurs ont établi les conditions d'un équilibre de marché concurrentiel. Il est surtout incroyablement succinct : quid du théorème de Sonnenschein, du problème du cœur, de la théorie des contrats, de l'application de la théorie des jeux à l'étude de l'équilibre général ?
Le second chapitre a un objet assez flou, puisqu'il s'agit de présenter les économistes qui ont mis au centre de leur analyse la liberté et la monnaie. De ce fait, l'analyse de la courbe de Phillips chez Friedman débouche sur le NAIRU (notion adoptée principalement par les nouveaux keynésiens), mais pas sur les analyses modernes, de type WS-PS. Les choix discutables de ce type sont nombreux. Ainsi, l'école française de la régulation est longuement présentée, alors que la théorie des conventions ne figure pas. Plus gênant, les deux principales écoles actuelles en macroéconomie, sont présentées de manière très asymétrique : si les « real business cycles » sont vus assez précisément, rien n'est dit des nouveaux keynésiens. C'est un parti-pris qui peut sans doute se défendre, mais une telle défense manque ici. Mankiw n'est même pas cité.
En résumé, cette histoire fourmille de détails biographiques intéressants et a le mérite de donner des renseignements précis sur de nombreux éléments en un nombre de pages très réduit. Mais ses lacunes, jamais justifiées, et l'absence fréquente de mise en perspective des apports des uns et des autres, font hésiter à recommander l'ouvrage.
Niveau de lecture
Ouvrage assez simple, accessible aux étudiants dès le premier cycle.
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Note de lecture rédigée par Arnaud
Parienty,
professeur au lycée Paul-Lapie, à Courbevoie
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NÊME
Colette La Pensée économique contemporaine depuis Keynes Paris : Economica, 2001. 154 p.
ISBN : 2-7178-4243-8 |
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© CNDP -
Librairie / Revues Décembre 2001
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