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Contre
la dictature des marchés
Association pour
une taxation des transactions financières pour l'aide aux citoyens (Attac)
; sous la dir. de Bernard Cassen, Liêm Hoang-Ngoc, Pierre-André Imbert.
Paris : La Dispute : Syllepse ; Montreuil : VO Éditions, 1999, 160 pages
ISBN : 2-84303-031-5 (La Dispute), 2-907993-92-5 (Syllepse), 2-9023-23-90-5
(VO éditions)
Fiche réalisée
par Arnault Parienty, professeur de SES au lycée Paul-Lapie de Courbevoie
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Résumé
Cet ouvrage collectif vise à décrire les conséquences
négatives de la globalisation financière sur les politiques
économiques et sociales, la croissance et la répartition
des revenus, les choix politiques. Sont ensuite présentés
des mesures destinées à réduire le poids des marchés
financiers et un rapide inventaire des contre-pouvoirs susceptibles
de s'opposer aux marchés financiers et des formes de mobilisations
possibles.
Commentaire critique
Ce livre réunit des contributions d'universitaires et de syndicalistes
impliqués dans Attac. La grande diversité des acteurs liés à ce mouvement
se retrouve dans un livre fort hétérogène, ce qui n'en facilite pas
l'analyse. Le but de l'ouvrage étant « d'éducation populaire »
(B. Cassen), situons-nous sur ce terrain.
Il y a dans le livre de vraies réussites : l'effort de simplification
sans simplisme de certaines contributions (par exemple celle de D. Plihon
sur les conséquences de la globalisation ou celle de S. George sur le
cycle du millénaire), mais surtout la présentation des mesures politiques
que propose l'Association. En particulier, J. de Maillard soumet dans
une contribution très stimulante une série de mesures convaincantes
pour lutter contre les paradis fiscaux et judiciaires, dont l'existence
sert souvent de prétexte aux gouvernements des grands pays pour ne rien
entreprendre contre l'argent « sale ».
L'article de B. Jetin, « Contrôler les flux de capitaux,
c'est possible ! », est également très intéressant. Utilisant
les leçons de la crise asiatique, il montre que les instruments d'un
contrôle efficace en cas de crise existent, pourvu qu'on veuille les
utiliser, comme les exemples chinois, malais et chilien l'ont illustré
récemment. Il relativise également fort justement les bénéfices à attendre
de la mise en œuvre de la taxe Tobin, qui fut à ses débuts la principale
revendication d'Attac.
Liêm Hoang-Ngoc et Jörg Huffschmid réfléchissent aux conditions dans
lesquelles la politique économique pourrait être réorientée en faveur
de la croissance et de l'emploi. Ils retrouvent ainsi les analyses formulées
depuis quelques années par
J.-P. Fitoussi ou F. Lordon.
Cependant, le souci pédagogique n'est pas toujours aussi présent. La
structure de l'ouvrage est logique, mais le plan annoncé n'est guère
respecté : ainsi, le lecteur désireux de se renseigner sur la dette
du tiers-monde trouvera la réponse dans la partie consacrée aux « ripostes
citoyennes ».
Beaucoup d'affirmations sont étonnantes. Quelques exemples : « le
revenu mondial moyen a chuté » depuis dix ans, affirme F.
Chesnais, qui écrit également que « la crise qui s'est installée
en Asie à partir de l'automne 1997 marque le début d'une crise économique
majeure, dont les effets n'ont cessé de se propager mondialement depuis ».
Dans les deux cas, les statistiques disponibles ne corroborent pas ces
affirmations. B. Cassen nous informe que la circulation des capitaux
n'obéit pas à un souci d'allocation optimale des ressources, mais a
pour seule finalité la maximisation du profit : Adam Smith en eut aisément
convenu !
De manière générale, il aurait été souhaitable de distinguer un peu
analyse et jugement de valeur, propositions faisant l'objet d'un large
accord et interprétations discutables, slogans destinés à la propagande
d'un mouvement militant et explicitation des mécanismes. C'est là que
réside la principale faiblesse de l'ouvrage, qui démonte trop peu le
fonctionnement de cette finance globale et fonctionne plus sur le registre
de la dénonciation que sur celui de l'explication.
Hétérogène, l'ouvrage est en général accessible.
Niveau de lecture
Quelques
contributions pourront informer l'étudiant de premier cycle, mais il
est surtout destiné aux militants.
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