Note de lecture  
 



La Faim dans le monde : comprendre pour agir

Sylvie Brunel. Paris : Presses Universitaires de France, 1999. 152 p. Notes, bibliogr.
ISBN 2-13-050131-1

Fiche réalisée par Micheline Rousselet, professeur au lycée Jules-Ferry à Conflans-Sainte-Honorine.

 

 
 

Résumé
Faire le point sur les différents visages de la faim dans le monde et sur les populations qu'elle touche, avant de s'intéresser aux différentes raisons qui expliquent sa progression, puis s'interroger sur les moyens de lutter contre ce fléau, tel est l'objet de cet ouvrage écrit par Sylvie Brunel qui a déjà publié de nombreux livres sur le développement.

Commentaire critique
Plus de 800 millions de personnes souffrent de la faim ; pourtant la nourriture produite dans le monde serait suffisante pour nourrir toute la population mondiale, si elle était bien répartie. L'auteur rappelle que ce sont toujours les mêmes populations qui en sont les victimes : les plus nombreux sont les ruraux, mais la faim gagne les villes en raison de l'urbanisation croissante.
La croissance de la population est en train de se ralentir ce qui, compte tenu des progrès de la productivité agricole, laisse une marge de manoeuvre importante, puisqu'on pourrait théoriquement nourrir onze milliards d'hommes. Le problème est que les sols fertiles, les réserves d'eau pour l'irrigation, les climats favorables et les moyens financiers pour développer l'agriculture ne sont pas là où se trouve le plus grand nombre d'hommes. L'aide alimentaire ne peut résoudre le problème ; l'auteur affirme qu'il faut une « révolution doublement verte » pour nourrir les pauvres. Il s'agit de choisir des variétés de modes de culture qui permettent d'atteindre les rendements les plus élevés possibles tout en restant à la portée des paysans des pays en développement et en préservant l'environnement.
Si les famines complètement « naturelles » sont devenues exceptionnelles grâce à la mobilisation des ONG, les secours arrivent parfois trop tardivement, soit en raison de la volonté des gouvernements de masquer le problème, soit en raison de détournements de l'aide, soit parce que les Nations unies mettent trop de temps à réagir. Mais surtout la plupart des famines actuelles ne sont pas dues à des catastrophes naturelles mais sont utilisées comme une arme de guerre pour éliminer des populations rebelles ou pour contrôler ces populations en organisant la distribution de l'aide internationale, ce qui pose un problème éthique aux ONG.
L'auteur se range aux côtés d'Action contre la faim, dont le président signe la préface de l'ouvrage, pour réclamer une action à plusieurs niveaux : aide (ONG, grandes agences d'aide des Nations unies et de l'Union européenne) et solutions politiques (dénonciation des régimes qui organisent la famine de populations indésirables, politiques de développement accordant plus de place à l'agriculture, à l'éducation et à une plus juste répartition des richesses, progrès de la démocratie).
Ce qui distingue ce livre de nombreux autres sur le sujet, est qu'il ne s'en tient pas au constat. Il y a un engagement au niveau des remèdes envisagés (on y retrouve le point de vue d'Action contre la faim, de ATTAC etc.). Chaque chapitre se clôt par des graphiques, des cartes ou des textes proposant un ou des exemples. Le livre se termine par un chapitre qui répond à treize idées reçues sur la faim dans le monde.

Niveau de lecture
On dispose ici d'un ouvrage court au format de poche qui fait une synthèse claire et que l'on peut aisément confier aux élèves intéressés.

 
       
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