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État
et politique économique
Association Recherche
et régulation.
Paris : La Découverte, 1999. 296 pages
( L'Année de la régulation ; 3) ( Recherches )
ISBN : 2-7071-3042-7 : 198 F
Fiche réalisée
par Arnaud Parienty, professeur au lycée Paul- Lapie à Courbevoie.
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Résumé
Ce numéro annuel fait le point sur les recherches régulationnistes concernant
la place de l'État et, plus généralement, du politique dans la définition
des politiques économiques. L'ouvrage explore donc un certain nombre
d'articulations possibles entre les sphères politique et économique,
dans un contexte où l'autonomie croissante des marchés remet en cause
celle du politique.
De ce fait, plus qu'un dictionnaire, cet ouvrage constitue une petite
encyclopédie sur les grands concepts de la sociologie. Sur le terme
de socialisation par exemple, on dispose d'une définition, de la mention
de ses conséquences, de ses fonctions, des processus par lesquels elle
s'effectue et à chaque fois sont indiqués les principaux travaux de
sociologues sur le sujet.
Commentaire
critique
Le titre du dossier qui constitue l'essentiel de ce numéro est légèrement
trompeur, qui pourrait donner à penser qu'il est consacré aux débats
relatifs à la politique économique. Pour l'essentiel, il se situe en
effet en amont de ces débats, centré sur les questions théoriques et
épistémologiques que pose l'analyse de l'État, qui requiert de prendre
en compte une dimension proprement politique, dans le cadre régulationniste.
Cependant, une fois posée comme base la volonté d'articulation des points
de vue des différentes disciplines, l'ouvrage est d'une grande hétérogénéité,
comme c'est un peu la loi du genre. R. Boyer propose une vaste synthèse
des points de vue régulationnistes sur la financiarisation de l'économie.
Après avoir montré que ce phénomène affecte différemment les différentes
variétés de capitalisme que les régulationnistes ont l'habitude de distinguer,
l'auteur présente les hypothèses et conclusions d'un modèle d'économie
financiarisée. Ces conclusions sont très riches, même si la principale
est assez intuitive : la financiarisation accroît l'instabilité.
Bruno Jobert présente ensuite une analyse de l'État prenant pour constat
de départ la difficile articulation entre crédibilité (à l'égard des
marchés financiers) et légitimité (à l'égard des citoyens) que doivent
réaliser les États modernes. Il montre que la thèse de l'évidemment
ou du retrait de l'État ne résiste pas à l'analyse et propose au contraire
la figure de l'État négociateur, inséré dans un ensemble de centres
de décisions (en particulier l'Europe).
Stefano Palombarini s'interroge sur la possibilité d'une politique économique
régulationniste. Soit on fait de l'État un agent parmi d'autres dans
un monde dépourvu de centre, soit on lui reconnaît encore un rôle
« en surplomb » de la société. L'État poursuit alors ses propres fins
et ne peut être analysé que dans une perspective constructiviste. S'opposent
donc deux conceptions du rapport de la théorie de la régulation à la
politique économique : selon la première, positiviste, la théorie de
la régulation se présente comme une méta-théorie économique, puisque
permettant la compréhension des changements des formes institutionnelles
qui constituent le cadre dans lequel peut se déployer chaque paradigme.
Dans la seconde conception, l'historicité de la matière économique est
irréductible et rend vaines les conceptualisations figées. Dans ce cas,
qui a manifestement la préférence de l'auteur, il faut renoncer à la
possibilité d'élaborer sur des bases scientifiquement fondées des recommandations
de politique économique. En quelque sorte, le réalisme impose de renoncer
au normatif.
Le texte de Frédéric Lordon reprend certaines problématiques développées
dans Les Quadratures de la politique économique (en particulier le rôle
des croyances et des représentations). Je ne puis rendre compte de l'article
de Bruno Théret (« De l'autopoïèse des systèmes sociaux à la topologie
du social ») faute de l'avoir compris.
A noter, parmi les fiches de lecture, une analyse critique très intéressante
de Dominique Plihon sur La Monnaie souveraine (M.Aglietta et A.Orléan,
dir).
Niveau de lecture
:
Chercheurs. Le premier article est utile et accessible aux enseignants.
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