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Résumé
Manuel d'initiation à la sociologie structuré en deux
grandes parties : la première présente quelques auteurs
classiques (Tocqueville, Durkheim, Weber, Marx) ; la seconde expose
deux thèmes (la socialisation, la famille). Au total, dix chapitres,
conçus comme autant de leçons, sont complétés
par des fiches-conseils (enquête, exposé…), des sujets
corrigés et un lexique.
Commentaire critique
Malgré la multiplication récente des manuels de sociologie,
nous attendons toujours celui qui satisferait les nombreuses exigences
du genre : rigueur, pédagogie, problématisation, pluralisme,
etc.
Cette Sociologie générale n'appartient pas à la
catégorie proliférante du para-scolaire de qualité
médiocre, mais elle n'échappe pas aux défauts de
ses meilleurs concurrents. L'entrée par les grands auteurs classiques
(dont la liste nous rappelle quelque chose…), bien que difficile à
contourner, nous l'admettons volontiers, apparaît toutefois comme
un aveu de faiblesse pour une discipline qui se voudrait scientifique.
Elle a incontestablement une vertu formatrice pour les étudiants
« à l'ancienne », s'il en reste encore,
mais doit probablement poser quelques problèmes au public qui
constitue ici la cible visée (cursus de sociologie et d'AES).
Sous cette réserve pédagogique, la présentation
qui est faite de ces auteurs nous semble honorable. On trouve inévitablement
quelques dérapages regrettables. Par exemple, dans un tableau
qui veut réunir les types d'action sociale et les types de domination
chez Weber, une note explique ainsi le contenu de la case correspondant
à la ligne « rationalité en valeur »
: « c'est une déduction de notre part qui semble logique »,
alors que le problème consiste justement à comprendre
pourquoi Weber ne fait pas cette déduction logique et refuse
de construire un type de domination correspondant à cette rationalité
!
Vient ensuite la partie thématique, présentée comme
une « approche empirique ». La déviance
est, comme souvent, l'occasion d'évoquer brièvement quelques
fragments de sociologie américaine. La partie famille se termine
par un échantillon d'entretien avec « Pauline ».
Cette configuration de l'ouvrage pose le problème pédagogique
de la séparation entre de grands ancêtres d'un côté
et ce qui fait l'essentiel du « métier »
de sociologue de l'autre. Il ne s'agit certes pas d'un manuel de méthodologie,
et l'étudiant apprend aussi de cette façon à adopter
un « regard sociologique », mais on l'imagine
finalement assez démuni quand vient le moment de passer, pour
son propre compte, à l'analyse sociologique telle qu'elle se
pratique aujourd'hui.
Ces critiques valent pour beaucoup d'autres ouvrages d'initiation. Elles
ne sont donc pas rédhibitoires. Cette sociologie générale
peut en effet rendre des services au professeur de lycée (les
chapitres sont très structurés et les tableaux se prêtent
à des utilisations pédagogiques) et à l'étudiant
non sociologue.
Niveau de lecture
DEUG
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