Note de lecture  
 



Sociologie générale

René Bourreau. 2e édition refondue. Paris : Montchrestien, 1999. 312 pages. (AES).
ISBN : 2-7076-1125-2

Fiche réalisée par Marcel Montréal, professeur de SES au lycée Romain-Rolland d'Argenteuil.

 

 
 

Résumé
Manuel d'initiation à la sociologie structuré en deux grandes parties : la première présente quelques auteurs classiques (Tocqueville, Durkheim, Weber, Marx) ; la seconde expose deux thèmes (la socialisation, la famille). Au total, dix chapitres, conçus comme autant de leçons, sont complétés par des fiches-conseils (enquête, exposé…), des sujets corrigés et un lexique.

Commentaire critique
Malgré la multiplication récente des manuels de sociologie, nous attendons toujours celui qui satisferait les nombreuses exigences du genre : rigueur, pédagogie, problématisation, pluralisme, etc.
Cette Sociologie générale n'appartient pas à la catégorie proliférante du para-scolaire de qualité médiocre, mais elle n'échappe pas aux défauts de ses meilleurs concurrents. L'entrée par les grands auteurs classiques (dont la liste nous rappelle quelque chose…), bien que difficile à contourner, nous l'admettons volontiers, apparaît toutefois comme un aveu de faiblesse pour une discipline qui se voudrait scientifique. Elle a incontestablement une vertu formatrice pour les étudiants « à l'ancienne », s'il en reste encore, mais doit probablement poser quelques problèmes au public qui constitue ici la cible visée (cursus de sociologie et d'AES). Sous cette réserve pédagogique, la présentation qui est faite de ces auteurs nous semble honorable. On trouve inévitablement quelques dérapages regrettables. Par exemple, dans un tableau qui veut réunir les types d'action sociale et les types de domination chez Weber, une note explique ainsi le contenu de la case correspondant à la ligne « rationalité en valeur » : « c'est une déduction de notre part qui semble logique », alors que le problème consiste justement à comprendre pourquoi Weber ne fait pas cette déduction logique et refuse de construire un type de domination correspondant à cette rationalité !
Vient ensuite la partie thématique, présentée comme une « approche empirique ». La déviance est, comme souvent, l'occasion d'évoquer brièvement quelques fragments de sociologie américaine. La partie famille se termine par un échantillon d'entretien avec « Pauline ». Cette configuration de l'ouvrage pose le problème pédagogique de la séparation entre de grands ancêtres d'un côté et ce qui fait l'essentiel du « métier » de sociologue de l'autre. Il ne s'agit certes pas d'un manuel de méthodologie, et l'étudiant apprend aussi de cette façon à adopter un « regard sociologique », mais on l'imagine finalement assez démuni quand vient le moment de passer, pour son propre compte, à l'analyse sociologique telle qu'elle se pratique aujourd'hui.
Ces critiques valent pour beaucoup d'autres ouvrages d'initiation. Elles ne sont donc pas rédhibitoires. Cette sociologie générale peut en effet rendre des services au professeur de lycée (les chapitres sont très structurés et les tableaux se prêtent à des utilisations pédagogiques) et à l'étudiant non sociologue.

Niveau de lecture
DEUG

 
       
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