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La Sociologie
du travail
Sabine Erbès-Seguin.
Paris : La Découverte, 1999. (Repères). 122 pages
ISBN : 2 - 7071 - 2932 - 1
Fiche réalisée
par Micheline Rousselet, professeur au lycée Jules-Ferry à Conflans-Sainte-Honorine
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Résumé
La sociologie du travail prend son essor en France à partir des
années cinquante, en réaction à la psychosociologie
du travail et à l'école des relations humaines américaines.
Après avoir décrit et analysé cet essor, l'auteur
passe ensuite en revue les thèmes traditionnels de la sociologie
du travail avant de s'intéresser à leur évolution
et à l'apparition de nouveaux objets d'étude.
Commentaire critique
La sociologie du travail apparaît d'emblée comme une sociologie critique.
Aux Etats-Unis l'école des relations humaines se construit en réaction
au taylorisme. La sociologie du travail française se veut critique de
cette école. Les chercheurs français s'intéressent moins à l'augmentation
de la productivité et plus à la compréhension de la classe ouvrière.
Ils ne se limitent pas à l'analyse des rapports de l'homme avec le travail
mais ont une approche plus large de la place du travail et de l'entreprise
dans la société. Depuis les travaux des pères fondateurs, P. Naville
et Georges Friedman, les débats se sont déplacés. D'abord centrés sur
le rôle de la technique, des relations de pouvoir et sur la conscience
ouvrière, ils ont aujourd'hui comme objet central, le travail. Après
avoir étudié la naissance et l'essor de la sociologie du travail, l'auteur,
sociologue directrice de recherches au CNRS, en présente les thèmes
traditionnels. Ces thèmes, qu'il s'agisse de l'organisation du travail,
de la qualification professionnelle ou des conflits et de l'action collective,
font l'objet d'approches qui évoluent avec les transformations économiques
et sociales. Les méthodes d'études se transforment : les grandes enquêtes
quantitatives des années soixante qui avaient cédé la place à des entretiens
plus souples semblent renaître.
A partir des années quatre-vingt les thèmes et modes d'approche de la
sociologie du travail connaissent leur évolution la plus significative.
La notion de compétence qui correspond à une identité d'entreprise prend
une place de plus en plus grande par rapport à celle de qualification
négociée (Claude Dubar). La précarisation et les questions qui se posent
à l'entrée dans la vie active font l'objet de nombreux travaux sociologiques.
A cette occasion, on renoue avec les recherches sur les thèmes jeunesse
et société d'une part et dimension sexuée du travail d'autre part, à
travers les études sur le travail des femmes.
En conclusion l'auteur montre que c'est aujourd'hui plus l'emploi que
le travail, qui est la valeur sociale centrale. S'intéresser à la distinction
entre emploi et travail et entre chômage et non travail conduit à rapprocher
les approches économiques, sociologiques et juridiques et à dépasser
les clivages entre disciplines. La sociologie du travail va donc continuer
à évoluer. Ainsi « la sociologie de l'emploi prend le contre-pied
de certaines approches économiques ou sociologiques traditionnelles...
Elle ne commence la réflexion ni par une analyse (économique) du marché
du travail, ni par une analyse (sociologique) du vécu des chômeurs,
mais par les conditions sociales et économiques d'accès à et de maintien
dans un emploi ».
Niveau de lecture
Il
y a là de quoi réjouir le professeur de sciences économiques et sociales
qui justement, tente d'avoir une approche économique et sociale de ces
questions !
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