Ce titre déjà ancien est la version française d'un produit américain dont il garde les traces - forces et faiblesses. Une certaine générosité dans le traitement du sujet donne au petit spectateur un sentiment d'aisance et de familiarité avec le monde entier qu'il parcourt en quelques clics pour avoir accès rapidement à ce qui est censé être le plus typique dans chaque continent. Les chansons créent un lien d'une grande fraternité ; c'est particulièrement frappant pour la chanson israélienne qui chante la paix et montre une farandole d'enfants parcourant le monde.
Les enregistrements musicaux sont de qualité ; chaque chanson est accompagnée par un instrument convivial et « de proximité » - guitare, accordéon, luth...
Cette approche du monde, forcément sommaire, a largement recours aux clichés. Toutefois, elle réussit à éviter la caricature.

À force d'être « typiques », les illustrations relèvent de l'imagerie d'Épinal.

Du point de vue pédagogique, il est certain que l'on ne peut rien tirer des fiches encyclopédiques trop sommaires et comportant parfois des absurdités. Cette pseudo « information objective » n'arrive pas à concilier l'approche sensible initiée par les chansons avec la rigueur nécessaire sur le plan des informations.

Un raccourci saisissant : un sapin est un conifère, il porte donc des boules de Noël !

Il aurait sans doute mieux valu, pour un titre musical, investir dans une approche, aussi modeste soit-elle pour des enfants du primaire, d'éducation musicale et renseigner au moins sur les instruments que l'on entend.
Les jeux, eux, s'adressent bien à l'oreille et obligent à une certaine attention de l'écoute, mais leur manipulation est quelque peu malcommode, ce qui est particulièrement frappant dans le jeu « copier à l'aide de la souris » qui devient un simple jeu de mémoire alors qu'il aurait pu être une sensibilisation aux phénomènes de répétition et de reprise qui sont très fortement représentés dans les chansons populaires. De plus, la récompense, purement visuelle, ne « transforme pas l'essai » : l'enfant oublie sans doute aussitôt la méthode qui lui a permis de réussir et l'écoute musicale et les compétences qui seraient à développer en la matière deviennent anecdotiques.

Les trois modes d'écoute qui sont proposés - et qui constituent l'essentiel du titre - ont cependant leur intérêt. Ces trois modes peuvent modéliser trois façons d'apprendre et correspondent sans doute aussi à différents âges d'utilisation. Aussi est-il évident qu'une partition écrite avec tout ce qu'elle comporte d'informations codées n'est pas d'une approche spontanée et, en un premier temps, perturbe plutôt qu'elle n'aide. C'est une convention propre à la culture occidentale qui demande une initiation progressive. Dans quelle mesure le cédérom peut-il y contribuer ?
En ce qui concerne l'aspect langagier, les solutions du cédérom sont un peu simplistes. Ces chansons sont bien sûr chantées dans leur langue originale et avec une prononciation fidèle. La présentation de la traduction « simultanée » n'est cependant pas le meilleur moyen de traiter le phénomène linguistique, il s'agirait plutôt d'une solution de contournement. De même, il aurait été intéressant de montrer le texte original des chansons japonaise et russe, même si la « lecture » doit bien sûr s'en faire dans une transcription en alphabet latin. Cette vision « latinocentriste » ne donne pas sa véritable dimension à une approche, même première, de la diversité des langues du monde.
Il reste que les chansons sont bien choisies et présentées selon un mode dynamique avec l'appui d'un accompagnement sympathique, joyeux et de qualité.

 

 

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