L’Enfant qui voulait être un ours
 

© Dansk Tegnefilm
 
 
Un film d’animation franco-danois de Jannik Hastrup (2002), coproduit par Les Armateurs, Dansk Tegnefilm 2 et France 3 Cinéma.
1 h 14 min

 mercredi 5 décembre 2007, 13 h 30
 
L’émission
Maman Ourse se montrant inconsolable de la mort de son bébé, Père Ours décide alors de s’emparer d’un nourrisson humain pour le donner à sa compagne. Celle-ci l’adopte tout en sachant que les hommes la traqueront sans relâche, jusqu’à sa mort, pour reprendre leur enfant. Petit Ours fera alors la connaissance de ses parents et découvrira le monde civilisé. Se sentant très malheureux, il se posera la question de son identité et en viendra à souhaiter devenir un vrai ours, ce qui fera l’objet de sa quête.
Pistes à suivre
[Maîtrise de la langue, construction du regard et approche de l’expression artistique, cycles 2 et 3]
La palette graphique
 Le dessin. Faire constater que quelques traits suffisent pour faire naître un décor, un personnage, relater une scène : aucune surcharge, pas de ligne, pas de contour pour limiter et cerner. Échanger sur l’effet produit : rien n’est bridé, qu’il s’agisse d’espace, d’émotions, d’imaginaire. Observer comment des pas, des empreintes dirigent notre vision dans l’image jusqu’au point significatif.
 Le choix de la technique. Découvrir l’aquarelle et ses propriétés, une technique à base d’eau et de peintures légères qu’on pourrait qualifier d’humaine tant elle permet de rendre compte de ce qui est délicat, incertain, instantané. Décrire les images du film et remarquer qu’on les assimile facilement à des tableaux.
 Se familiariser avec les termes de :
Valeur : noter l’usage du gris de Payne, et non du noir, pour atténuer, assombrir les teintes.
Contraste : remarquer dans quelles circonstances on a recours au contraste noir/blanc (par exemple, l’enfant en danger de mort sur la glace), observer la prédominance de la couleur blanche et toutes les nuances qu’on peut lui adjoindre, constater l’effet produit et expérimenter les différentes façons de rendre l’effet de blanc avec cette technique (blanc du papier mouillé et nuances colorées, drawing-gum pour donner les effets d’éclaboussures blanches sur l’eau, blanc de titane).
– Couleurs chaudes ou froides : apprendre à ce sujet les termes spécifiques pour désigner les couleurs de l’aquarelle (gris de Payne, rouge indien, alizarine cramoisie, jaune de Naples...), observer comment sont rendus les ombres, la lumière, la transparence (notamment celle de l’eau) et les reflets.
 La caméra. On s’appuiera sur la séquence des combats de la jeune ourse pour dégager et faire connaître les mouvements de caméra (panoramique sur banquise, travelling...) ; puis les termes relatifs au cadrage, à l’échelle des plans et aux angles de vue : plan d’ensemble, plan rapproché, gros plan qui isole un détail significatif ; prise de vue en plongée, en contre-plongée (l’enfant escaladant la montagne pour voler).
 Prolongements. Prendre conscience qu’on a couramment recours à des expressions très colorées : les lister et en donner la signification (par exemple, avoir une peur bleue, voir rouge, rire jaune, être la bête noire, être vert de peur, un examen blanc, la nuit tous les chats sont gris...).
La palette sonore
Distinguer ce qui compose la bande-son, outre la très belle musique du compositeur Bruno Coulais : des chants, des paroles, des bruits (tempête, vent...), des cris, des pleurs, des rires...
Relever toutes les informations données uniquement par la bande-son, la musique, les chants traduisant l’atmosphère du moment (la joie de la maman lors de la naissance du bébé). Porter son attention sur les différents sons et/ou paroles qui viennent s’y greffer pour donner des détails significatifs sur l’action (grognement de l’ours, par exemple).
Le récit
 L’espace et le temps. Suivre les deux histoires parallèles qui se déroulent sur plusieurs années et qui se situent dans deux univers différents : celui de la civilisation, dont on notera les caractéristiques (utilisation du feu, emploi du langage...), et celui de la nature. Dire en quoi l’enfant est le lien entre les deux. Aider à la compréhension du récit en se familiarisant avec le principe de simultanéité. Remarquer les mouvements brusques de la caméra traduisant un changement de plans, donc de lieux et de personnages, pour rendre l’effet de simultanéité et comparer ce qui se passe dans chacun des deux univers à un même moment, tant sur le plan émotionnel que sur celui de l’action.
 Les personnages. Discerner les deux groupes : le clan des hommes et celui des animaux, l’enfant appartenant aux deux univers et portant le nom de Petit Ours.
 Les mères. Établir une comparaison entre les deux mères : leur joie à la naissance, leur douleur à la perte de l’enfant. Relever à quel moment la mère ourse évoque, par amour pour le petit, la possibilité de rendre l’enfant aux humains (séquence du vêtement) et comment elle s’en laisse vite dissuader, puis remarquer les raisons de son renoncement définitif à le restituer aux humains, malgré les conseils d’une autre ourse. Préciser à quels moments et de quelle manière les parents humains se rendent compte de l’attachement de l’enfant au monde animal et vont lui laisser la liberté de choisir (noter le geste de la mère qui détache son enfant).
 Les pères. On choisira de s’intéresser plus particulièrement au personnage du corbeau, qui est présent du début à la fin du film : tient-il un rôle de père ? Le corbeau, dans cette fiction, incarne ce qu’on pourrait appeler « le principe de réalité » en affirmant qu’il ne faut pas voler un nourrisson, puis en veillant à ce que ce petit reste vivant : analyser ses monologues, puis ses échanges de paroles avec la petite ourse au début du film. Il revendique sa part de parenté (les cheveux noirs de l’enfant ressemblent à son plumage). Noter qu’il est présent à tous les instants importants ou dangereux de la vie de l’enfant ; il le guide et le soutient dans la réalisation de son vœu de devenir un ours, comme le fait aussi son père biologique, qui renonce à l’aboutissement de sa longue quête (garder définitivement son fils).
 Le personnage principal : Petit Ours. Analyser la structure du récit lors de la quête de l’enfant pour devenir un vrai ours et affronter seul l’esprit de la montagne. Observer comment les images des différentes métamorphoses nous suggèrent l’étendue des pouvoirs de l’esprit. Évoquer les différents moments où il a été fait allusion à cet esprit, que ce soit de la part des humains ou de la petite ourse : que savions-nous sur lui ? Nommer les trois épreuves que l’enfant doit réussir et les aides dont il bénéficie pour y arriver. À deux reprises, des animaux font allusion à la loi pour avoir le droit d’aider Petit Ours, ce qui peut conduire à discuter sur le droit de commettre quelque chose de répréhensible (le point de départ du film, rappelons-le, est le vol d’un enfant).
Pour en savoir plus
Destination arctique. À la découverte du haut arctique canadien. CRDP de l’académie de Grenoble, 2001. Cédérom. Notice.
 
Sur le site Objectif Cinéma, une analyse du film.
www.objectif-cinema.com/

Christine Maurer, professeur des écoles




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