Hammamet, au temps des Romains
 

© C. Nonnenmacher/Gédéon Programmes  
 
Un documentaire de Serge Viallet (2003), coproduit par Arte France, Gédéon Programmes et le CNRS Images/média, diffusé dans L'Aventure humaine.
52 min

 samedi 3 février 2007, 20 h 45
Rediffusions TNT : dimanche 4 et samedi 10 février, 14 h 00
 

L’émission
À la lisière du complexe touristique d’Hammamet, Serge Viallet nous emmène au cœur même du chantier de fouilles d’une des plus grandes nécropoles romaines d’Afrique. Il s’attache à nous montrer le travail d’une équipe d’archéologues et d’anthropologues qui, en exhumant des tombes datant des trois premiers siècles de notre ère, cherchent à reconstituer la vie des habitants de cette cité de l’Empire. La nécropole de Pupput livre jour après jour, grâce à un travail méticuleux, ses secrets. De ces milliers de sépultures, un matériel abondant est exhumé et, au fil des découvertes, on entrevoit déjà des morceaux de la vie quotidienne et de la romanisation de ces populations. À Pupput, les rites funéraires romains et africains coexistent et l’analyse des chercheurs permet de reconstituer ce qui d’habitude ne laisse pas de trace, les gestes rituels à l’égard des défunts. Le traitement par les chercheurs de l’énorme quantité de documentation brute issue des campagnes successives de fouilles permettra d’approcher davantage la réalité de la vie quotidienne de cette colonie d’Afrique, peuplée de gens ordinaires.
À conseiller en histoire, en 6e : « Rome, de la République à l’Empire ». Même si le processus de romanisation est étudié à partir d’un exemple gallo-romain, le documentaire permet de mettre en lumière ce processus dans l’une des provinces de l’Empire et peut servir d’outil d’approfondissement.
Pistes à suivre
[Histoire, 6e]
Une campagne de fouilles archéologiques
Expliquer la pression exercée par le développement du complexe touristique sur le site et les campagnes de fouilles. Retracer l’organisation d’une campagne de fouilles : décrire la composition de l’équipe (une équipe internationale) ; montrer les différentes disciplines associées à la recherche et à l’analyse des données (archéologues, anthropologues, géologues...). Décrire le travail de la fouille elle-même (carroyage, outils, cahier de fouille, stratigraphie, le travail de classement effectué avec le matériel). Montrer à travers des exemples le travail de classement et d’analyse effectué en aval par les chercheurs : reconstitution et étude des squelettes, étude des matériaux retrouvés (aliments, métaux, céramiques, bois utilisés pour l’incinération, objets de la vie quotidienne), reconstitution des éléments décoratifs des couleurs.
Une approche de la vie dans une colonie romaine
 Décrire le travail des archéologues et les premiers résultats de leurs recherches.
 Localiser le site de Pupput, près d’Hammamet, et la province d’Afrique (Byzacène) dans l’Empire romain. Faire un bref rappel de l’histoire de cette région, de Carthage (localiser) à l’intégration à l’Empire.
 Répertorier les vestiges architecturaux de la cité romaine et comparer avec une cité de la Gaule romaine.
 Définir le terme « nécropole », montrer sa localisation à l’extérieur de la cité. Évaluer l’importance de la nécropole de Pupput (superficie, nombre de sépultures). Préciser les dates de son utilisation du Ier au IIIe siècle.
 Comprendre l’intérêt de la fouille d’une nécropole (le monde des morts), pour reconstituer la vie quotidienne (le monde des vivants).
 Répertorier tout ce que nous apportent les résultats des fouilles en ce qui concerne la vie quotidienne et les échanges commerciaux. Identifier les marques de la présence romaine. Montrer à partir d’exemples que le processus de romanisation n’empêche pas l’existence d’une culture africaine. Expliquer ce que le manque de matériel épigraphique fait apparaître (il s’agit d’une population ordinaire qui n’a pas accès à l’écrit) et montrer que l’archéologie permet de reconstituer, de manière certes fragmentaire, la vie des habitants de l’Afrique romaine.
Les morts et les vivants
 Reconstituer les pratiques funéraires des habitants africains et romains des premiers siècles.
 Répertorier les différentes pratiques funéraires découvertes dans la nécropole (inhumation, incinération). Préciser les modalités de chacune d’entre elles et décrire les sépultures et le matériel qu’elles produisent (montrer comment l’amphore est un matériel riche d’informations).
 Montrer qu’à partir des restes de bûchers, on peut regrouper des masses d’informations qui sont des indices précieux pour connaître le déroulement des rites. Comprendre comment on peut reconstituer les gestes rituels, qui ne laissent pas de trace.
 Expliquer le rôle du banquet funéraire et le rapport entre les vivants et les morts dans cette civilisation.
Pour en savoir plus
« Les villes gallo-romaines, une greffe réussie », TDC, n° 747, 1er janvier 1998. Notice.
HUGONIOT Christophe, Rome en Afrique : de la chute de Carthage aux débuts de la conquête de Rome, Flammarion, 2000.

France 5 Éducation met en ligne un site ludo-éducatif où l’on apprend à bâtir sa propre cité romaine.
http://education.france5.fr/

Marianne Cabaret-Rossi, professeur d’histoire et de géographie




© SCÉRÉN - CNDP
Actualisé en janvier 2007  - Tous droits réservés. Limitation à l'usage non commercial, privé ou scolaire.