Premier Noël dans les tranchées
 

Dessin de Michaël Gaumnitz
© France 5
 
 
Un documentaire de Michaël Gaumnitz (2005), coproduit par France 3 Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Nord-Ouest Documentaires, INA Productions et la CRRAV Nord-Pas-de-Calais.
52 min

 1re diffusion : dimanche 9 novembre 2008, 21 h 00
 
L’émission
Août 1914 : la France et l’Allemagne entrent en guerre dans l’exaltation patriotique. Chaque camp est sûr de remporter une victoire rapide. Mais la guerre s’installe dans la violence des tranchées et dans la sauvagerie de l’artillerie. Le vécu des soldats est alors rapporté avec force par le documentaire : lecture de lettres de soldats français et allemands, images d’archives, peintures animées, courtes scènes fictives jouées par des figurants (tournées dans les décors de Joyeux Noël, long métrage sorti en 2005). En décembre, contrairement aux prévisions illusoires des débuts, la guerre fait toujours rage. Pourtant, à Noël, quelques escouades françaises et allemandes suspendent les combats et s’adonnent sur le no man’s land à d’incroyables actes de camaraderie. Le documentaire permet de suivre avec précision le parcours des soldats français et allemands au cours des six premiers mois de la guerre : enthousiasme de la mobilisation, fracas de la guerre de mouvement, usure de la guerre de position. La vie dans les tranchées, sous tous ses aspects, est brillamment restituée, depuis l’intensité des souffrances et la saveur des rares moments de détente, jusqu’à la magie des actes de fraternisation de Noël 1914. Au final, ce film constitue un précieux support pour exprimer, dans des classes de collège et de lycée, les réalités du vécu de la guerre.
Pistes à suivre
[Histoire, 3e et 1re : « La première guerre mondiale »]
L’entrée en guerre
 Caractériser le temps si particulier de la mobilisation, en présentant d’abord les affiches détaillant l’ordre de mobilisation générale, puis en relevant les chiffres des mobilisés. Dégager les raisons qui poussent les Français à entrer en guerre. S’appuyer à cet effet sur deux documents du film : la gravure mettant en scène une jeune femme d’Alsace-Lorraine et la lettre d’un soldat français déclarant : « 43 ans qu’on nous rabat les oreilles avec ça. »
 Décrire l’état d’esprit des pays belligérants au début de la guerre, en relevant les exemples qui mettent en évidence l’exaltation patriotique, la certitude d’une victoire rapide, la haine de l’ennemi.
 Dresser un tableau des forces en présence, en opposant l’équipement des armées allemandes et françaises.
Les conditions de vie des soldats dans les tranchées
 Signifier le premier tournant de la guerre en expliquant la phrase : « La guerre de mouvement se change en guerre de position. » Expliquer le but de la guerre de position.
 Décrire un système de tranchées à l’aide des images d’archives et des reconstitutions. Donner une mesure approximative de la hauteur et de la largeur d’une tranchée. Utiliser le vocabulaire adéquat : ligne de front, no man’s land, sacs de remblais, barbelés, cagnas, postes d’observation.
 Décrire les activités du soldat engagé dans une guerre de position : attente et guets, assauts, corvées diverses (consolidation et creusement de tranchées, pompage des eaux de pluies, transport des blessés, enterrement des morts...).
 Présenter toutes les souffrances physiques et morales endurées par les soldats, en donnant pour chacune d’entre elles un exemple extrait du documentaire : menaces des attaques, bombardements, grenades, fusillades ; présence de maladies ; omniprésence des poux et des vermines, invasions de rats ; exposition à la pluie et au froid et enfer de la boue ; manque de sommeil, sensation de faim ; incompréhension et amertume à l’égard de l’arrière ; abandon à l’ennui, à la lassitude ; angoisse du désespoir et hantise de la mort.
L’ensauvagement de la guerre
Le but est de démontrer que cette guerre est d’un type nouveau et qu’elle inaugure des formes de « brutalisation ».
 Dégager un premier bilan humain effroyable. Mettre en avant le rôle destructeur de l’artillerie ; décrire le no man’s land, paysage de désolation, calciné et défiguré par les trous d’obus. En relevant quelques extraits de lettres, insister sur la déshumanisation des combats. Relever l’absurdité de la guerre de position, dont les assauts visent la prise de quelques mètres de tranchées adverses.
 Démontrer que les soldats s’ensauvagent et qu’ils s’accoutument, voire qu’ils s’abandonnent à la barbarie.
 « Les béquilles des combattants » (expression de l’historien François Cochet) : relever toutes les distractions aidant les soldats à supporter la guerre : les moments de détente à partager de la gnôle et du vin, à fumer, à jouer aux cartes, à jouer de la musique et à chantonner ; la solidarité et la camaraderie dans les escouades ; la joie de la distribution des journaux donnant des nouvelles de l’arrière ; le plaisir à entretenir des correspondances épistolaires régulières avec la famille ou les amis ; le bonheur à la réception d’un courrier ou d’un colis.
Des soldats sous la contrainte : censure, propagande, répression
Le documentaire présente les moyens dont disposent les états-majors pour obtenir le total dévouement de leurs troupes. Ces armes de persuasion sont la censure, la propagande et la répression. Le but est donc de présenter chacun de ces moyens, en s’appuyant sur des passages du film.
 La censure. Donner une définition de ce terme. Relever les actes de censure officielle. Comment s’est-elle exercée lors des actes de fraternisation entre belligérants ?
 La propagande vise à l’héroïsation du soldat. Relever et expliquer son surnom : « le bourrage de crâne ». Sur quels supports se manifeste-t-elle ? Quelles vertus met-elle en avant pour héroïser le soldat ?
 La répression des états-majors est féroce envers les soldats contrevenants. Présenter l’exemple des soldats fraternisant avec l’ennemi, punis de mort.
Les actes de fraternisation à l’occasion de Noël 1914
 Relever les deux facteurs principaux facilitant les contacts entre adversaires : la proximité géographique d’une part, la lassitude et le dégoût partagés pour cette guerre d’autre part.
 Décrire les premiers actes de rapprochement : envoi de cigarettes, fredonnement de chansons ou d’airs connus, débuts de conversations. Puis, montrer que, à l’occasion du jour de Noël 1914, ces fraternisations, peu nombreuses, ne concernent que quelques centaines d’hommes. Retracer les étapes successives menant à cette fraternisation.
 Conclure en précisant que, si ces actes peuvent se prolonger quelques jours durant, les fraternisations sont par la suite interrompues avec le contrôle sévère et la répression féroce des états-majors.
Pour en savoir plus
AUDOIN-ROUZEAU Stéphane, BECKER Annette, 14-18, retrouver la guerre, Gallimard, 2003.
COCHET François, Survivre au front 1914-1918, 14-18 Éditions, 2005.
TANTY Étienne, Les Violettes des tranchées : lettres d’un poilu qui n’aimait pas la guerre, Italiques, Radio France, 2002. (Certains textes du documentaire sont extraits de cet ouvrage préfacé par Annette Becker.)
GUÉNO Jean-Pierre, LAPLUME Yves (dir.), Paroles de poilus : lettres et carnets du front (1914-1918), Librio, 2004.
 
RAYNAL Gérard, Adieu la vie, adieu l’amour, CNDP, 2003. Collection « Côté télé ». VHS : 1 h 01 min. Notice.
 
En 2005 est sorti sur les écrans un film de Christian Carion, Joyeux Noël, sur ce thème des fraternisations entre soldats à la faveur de la nuit de Noël 1914. Voir le site du film.
www.joyeuxnoel-lefilm.com/

Jean Bumat, professeur d’histoire et de géographie




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