Le procès Klaus Barbie
 

D.R.  
 
37 émissions de 2 h, présentées par Anne Sinclair, Henri Rousso et Jean-Olivier Viout, coordonnées par Dominique Missika et réalisées par Frédéric Pichon.


Diffusion : tous les jours pendant le mois de novembre, du dimanche 29 octobre au dimanche 3 décembre, à 18 h 15

Un événement historique et judiciaire majeur s'est déroulé dans les murs du palais de justice de Lyon entre le 11 mai et le 4 juillet 1987. Pour la première fois en France, un homme a dû répondre devant une cour d'assises de faits relevant du crime contre l'humanité. Cet homme, c'est Klaus Barbie, chef de la Gestapo de Lyon entre novembre 1942 et août 1944, sur lequel pèsent des charges effrayantes.
L'ensemble du procès a été intégralement filmé par l'Institut national de l'audiovisuel (INA). C'est une large partie de ces archives, exceptionnellement autorisées à la diffusion, que propose la chaîne histoire durant ce mois de novembre, à l'antenne comme sur son site Internet. Des 185 heures enregistrées correspondant aux 37 audiences du procès, histoire en a retenu un montage de 70 heures. Présentée par Anne Sinclair, chaque audience nous entraîne au coeur de l'événement. La programmation suit, en respectant une stricte chronologie, les différentes phases du procès, de la lecture de l'acte d'accusation jusqu'au verdict final. Paroles des experts et des témoins à la barre, questions du président, interventions des avocats, réquisitoire, plaidoiries. Toute une période de l'histoire de France se revit en ces lieux. Celle de la France des années noires. Régulièrement, Henri Rousso, directeur de l'IHTP (Institut d'histoire du temps présent) fournit les précisions historiques nécessaires à la compréhension de l'événement, tandis que le magistrat Jean-Olivier Viout apporte les éclairages nécessaires sur son aspect judiciaire.
Autant dire que ces images sont un matériau exceptionnel pour la connaissance de l'Occupation et de la Shoah. Et une occasion unique pour un enseignant d'accéder à des documents relevant de ce qu'on appelle l'« histoire orale ».
Ce guide a été réalisé en partenariat avec
www.histoire.fr/

Pistes à suivre
La cour d'assises, espace d'un drame
Le procès Barbie peut être l'occasion de faire le point sur la justice pénale en France. Il s'agira pour la classe de prendre conscience de la dimension d'un procès public d'assises. On situera préalablement la place des différents protagonistes dans l'espace du tribunal, en s'interrogeant sur le choix de cette disposition, en notant les positions dominantes (celle du président du tribunal et de ses assesseurs), les oppositions (la défense face aux parties civiles et au procureur général), la situation centrale de la barre des témoins (la mémoire des faits au centre des débats), etc. Une cour d'assises (et celle de Lyon jugeant Barbie en particulier) met en place un espace dramatique : une scène dont les journalistes, plus bas, sont les spectateurs et les jurés, en retrait, une sorte de choeur appelé à prendre parti. On utilisera le plan proposé dans la rubrique Textes à l'appui.
En outre, on définira avec précision, au cours d'une audience, le rôle de chacun des acteurs du procès.
Le président du tribunal. Avec ses deux assesseurs, il expose l'affaire, distribue la parole entre les parties civiles et la défense, interroge les témoins ou l'accusé.
L'avocat général. Il représente le ministère public, la société. Il a pour tâche de réclamer l'application de la loi et de veiller aux intérêts généraux de la société.
Les avocats des parties civiles. Au procès Barbie, on a compté pas moins de quarante avocats des parties civiles, représentants les intérêts des familles de déportés morts durant la Shoah et des rescapés des rafles antisémites de Barbie qui font valoir leurs droits devant le tribunal. Une précision : les familles de résistants traqués et torturés par Klaus Barbie entre 1942 et 1944 ne purent, pour la plupart, se constituer partie civile dans ce procès. Ces crimes, comme l'arrestation, la torture et la mort en déportation de Jean Moulin entre le 21 juin et le 8 juillet 1943, relevaient du chef d'inculpation de « crimes de guerre ». Or, ces derniers étaient prescrits en 1987.
L'accusé. Le cas de Barbie est évidemment un peu particulier dans la mesure où ce dernier, trois jours après le début de son procès, a refusé de se présenter aux audiences suivantes. Il a donc refusé de faire face aux témoins et d'entendre leur parole, jusqu'au 27 mai 1987, lorsque la cour d'assises a évoqué le drame des enfants d'Izieu et que le président Cerdini obligea Klaus Barbie à revenir assister à son procès.
L'avocat de la défense. Chargé de la défense de l'ancien chef de la Gestapo de Lyon, toute sa tactique durant le procès consiste à essayer de mettre en doute la parole des témoins non sur les faits eux-mêmes mais sur la question de savoir si son client était présent au moment des faits.
Les jurés. Dans tous les procès d'assises, les jurés sont au nombre de neuf, tirés au sort sur les listes électorales. Ils participent aux débats. Les jurés délibèrent sur la culpabilité et sur la peine à infliger au prévenu au même titre que les magistrats professionnels.
Les témoins. Lors du procès de Klaus Barbie, plus d'une centaine de personnes, victimes et témoins, sont venues raconter devant le tribunal leur expérience vécue. Elles témoignaient ainsi au nom du devoir de justice et de mémoire.
En temps habituel, les cours d'assises jugent les crimes et les infractions graves.
Des paroles pour l'histoire
Un procès, d'assises ou pas, est toujours marqué par l'abondance et la diversité des paroles qui s'y échangent. On pourra répertorier ainsi ces différents actes de parole que l'on disposera sur une « échelle » de l'émotion, des plus neutres aux plus spontanées :
- la lecture des actes, procès-verbaux, rendus de verdict, etc. : paroles de procédures, prononcées sans affect par le greffier ou le président du tribunal ;
- les traductions des interventions de Barbie, dont on remarquera qu'elles ne sont jamais simultanées, mais toujours empreintes d'un grand souci d'exactitude ;
- les questions ou remarques des magistrats ou avocats, mesurées, dépendantes d'usages judiciaires admis par tous ;
- les dépositions d'experts, souvent préparées, mais parfois marquées par des digressions ;
- les interventions des avocats, adressées au témoin ou à la partie adverse, souvent à brûle-pourpoint, parfois exprimées à la cantonade, non sans effets de manche ;
- les témoignages, quelquefois maladroits, souvent tributaires d'une mémoire plus ou moins fidèle, toujours marquée d'une certaine émotion (celle du souvenir douloureux, celle du ressentiment, celle de la situation) ;
- les réactions très spontanées de l'auditoire, à peine audibles car exprimées loin des micros.
Le témoignage
La fonction du témoignage oral délivré à la barre lors du procès Barbie est différente dans le cadre d'un procès d'assises ordinaire. Afin de prévenir toute déviance, notamment de la part de la défense, le président Cerdini avait décidé que seuls les documents écrits (les rapports signés de la main du chef de la Gestapo de Lyon se rapportant aux chefs d'accusation entre autres) serviraient au jury pour fonder son intime conviction. Dans le procès Barbie, la valeur du témoignage n'est donc pas la même que dans un autre procès d'assises. La parole des témoins a ici pour fonction principale, non d'établir la vérité, mais de permettre aux victimes de délivrer un message sur la barbarie nazie et sur l'horreur de la Shoah. Cela a donc permis aux témoins à charge d'être plus libre dans leur parole. C'est aussi sans doute grâce à cette décision que les témoins n'eurent pas à choisir entre une mémoire factuelle et une mémoire plus émotionnelle. La grande majorité des dépositions de victimes de Klaus Barbie est une combinaison de ces deux mémoires. Les faits, eux, sont établis par les documents. Finalement, les victimes ne témoignaient pas tant pour ce procès-là que pour la postérité. Le procès de Klaus Barbie fut surtout un procès pour l'histoire.
Le crime contre l'humanité
Le procès Barbie est l'occasion de définir devant les élèves la notion de crime contre l'humanité et de rappeler l'historique de cette notion juridique. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les Alliés ont découvert l'ampleur des crimes commis par les nazis en Europe occupée entre 1939 et 1945. Le choc produit par la libération des camps d'extermination et de concentration en 1945 a rendu nécessaire le jugement des criminels nazis. Le plus célèbre des procès de l'après-guerre est le procès de Nuremberg qui s'est déroulé entre le 18 octobre 1945 et le 1er octobre 1946. Dans l'article 6c de son statut, le tribunal militaire composé de représentants des quatre grandes nations alliées réunis à Nuremberg (États-Unis, Grande-Bretagne, Union soviétique et France), a défini le crime contre l'humanité comme : « l'assassinat, l'extermination, la réduction en esclavage, la déportation et tout acte inhumain contre les populations civiles (...) ou bien les persécutions pour motifs politiques, raciaux ou religieux, lorsque ces actes ou persécutions, qu'ils aient constitué ou non une violation du droit interne du pays où ils ont été perpétrés, ont été commis à la suite de tout crime entrant dans la compétence du tribunal ou en liaison avec ce crime ».
Les crimes contre l'humanité sont imprescriptibles en France depuis 1964. On rappellera aux élèves les grands procès de criminels contre l'humanité comme le procès Eichmann en 1961, les procès de Touvier, chef de la milice de la région de Lyon en 1944, et celui de Maurice Papon, accusé de complicité de crimes contre l'humanité pour avoir participé à la déportation de 1 690 juifs de la région de Bordeaux vers Drancy et Auschwitz entre 1942 et 1944.
Autour de l'émission
Nous avons choisi de nous attarder sur deux audiences particulières, celles du 20 et 21 mai 1987, durant lesquelles se succèdent à la barre les premiers témoins du procès. Ces audiences sont présentées par la chaîne histoire le dimanche 5 novembre, à 18 h 15.
Lors de ces audiences, le tribunal examine la responsabilité de Klaus Barbie dans la rafle de la rue Sainte-Catherine à Lyon, le 9 février 1943. Ce jour-là, 86 personnes furent arrêtées par la Gestapo au siège de l'UGIF (Union générale des israélites de France), puis dirigées sur le camp de Drancy ; 78 d'entre elles furent déportées à Auschwitz-Birkenau.
Être juif sous l'Occupation
L'exposition des faits concernant la rafle de la rue Sainte-Catherine est présentée à la barre par cinq témoins. Il sera intéressant, en écoutant leurs dépositions, de noter le rôle et la fonction de ces témoins au moment des événements, mais surtout de relever tous les détails qui permettront de dresser un panorama de la vie des juifs sous l'Occupation : le port obligatoire de l'étoile, la peur quotidienne, la débrouille, la misère, les faux papiers, les organismes, comme l'UGIF, chargés d'assurer la représentation de tous les juifs de France auprès des pouvoirs publics et des autorités d'occupation, l'embryon de résistance, etc. On pourra aussi faire découvrir la façon dont ils ont échappé à la déportation vers Drancy et les camps d'extermination.
Léa Katz-Weiss avait 16 ans en 1943. Venue rue Sainte-Catherine prévenir des amis de l'imminence du danger, la jeune fille a échappé par chance, par instinct de vie ou par miracle, aux griffes de la Gestapo, et s'est réfugiée dans la clandestinité.
Michel Godot-Goldberg était un enfant de cinq ans. Il accompagnait son père employé de l'UGIF. Son témoignage est centré sur le désarroi des fils et filles de victimes de la Shoah dont les parents ont disparu sans laisser de traces.
Eva Gottlieb était assistante-dactylo bénévole au siège de l'UGIF de Lyon. Disposant de faux papiers sans mention du tampon « juif », elle a pu ressortir de l'immeuble en prétextant venir rapporter une partition de musique à l'une de ses connaissances. Sa mère faisait partie des 84 personnes arrêtées ce jour là.
Victor Sullaper avait 20 ans en 1943. Il travaillait à la Fédération des sociétés juives de France (FSJF). Il doit son salut à la fausse carte d'identité française dont il disposait à l'époque.
Michel Thomas, jeune résistant juif de l'Armée secrète, était venu à l'UGIF ce 9 février 1943 afin de recruter des individus pour la Résistance. Il a passé une heure et demie face à un officier de la Gestapo avant que ce dernier n'admette qu'il s'était trompé de porte.
Anatomie d'une rafle
À travers ces cinq témoignages, les élèves prendront conscience de ce qu'était une rafle, maillon essentiel dans la mise en oeuvre par les nazis de la destruction des juifs d'Europe entre 1939 et 1945. Ils reconstitueront le déroulement de celle du 9 février 1943.
Les agents de la Gestapo. Ils sont peu nombreux : huit ou neuf en civil dans les locaux de l'UGIF, cinq ou six dans les escaliers de l'immeuble et dans la rue Sainte-Catherine pour décourager toute tentative de fuite. Armés de revolvers et de parabellums, ils s'adressent aux victimes en allemand et n'utilisent que rarement le français. On soulignera la cruauté des policiers dans l'exécution de leur besogne : « Une femme est entrée et, quand elle s'est vue prise dans une souricière, elle a pleuré, elle a imploré les Allemands, elle leur a dit que son mari avait été déporté, puis qu'elle avait laissé un petit bébé de quelques mois seuls à la maison, elle a demandé qu'on la laisse partir. Un des Allemands a dit sur un ton extrêmement cynique, en allemand : "très intéressant ce que vous dites, vraiment très intéressant et très important", puis il a changé de ton et lui a dit d'aller se mettre avec tout le monde. » (témoignage d'Eva Gottlieb) On insistera aussi sur leur brutalité à leur arrivée, le matin dans les locaux de l'UGIF : « On nous a mis de côté. Il y avait des femmes et des enfants. Certaines, qui essayaient de réagir, recevaient des gifles ou des coups de pied. » (témoignage de Victor Sullaper) Les agents de la Gestapo contraignent les standardistes de l'UGIF à répondre aux personnes qui appellent pour avoir des renseignements qu'aucune informations ne sera délivrée au téléphone et qu'il faut donc venir chercher sur place.
Les victimes de la rafle. On dégagera leurs réactions. Ceux qui tombent dans la souricière sont malmenée par le col, on leur demande leurs papiers d'identité, puis on les rassemble dans une pièce où règne un « silence de mort ». Dans l'après-midi, les hommes sont évacués par camions, puis les femmes. Une rafle ordinaire s'achève.
Si mes souvenirs sont exacts...
On portera l'attention des élèves sur la valeur des témoignages en essayant, avant même que l'avocat de la défense ne les interroge, d'en mesurer la fragilité. L'un est celui d'un enfant lors de la guerre. L'autre repose sur des faits bien lointains. Le dernier, enfin, procure un certain malaise puisque le témoin affirme que Barbie était bien présent sur les lieux, mais ne se souvient plus des autres protagonistes de la scène, voire refuse de répondre à l'avocat de la défense.
Que sont donc ces faits que l'on cherche donc à rappeler à la mémoire ? Des souvenirs fragiles d'un passé lointain ? Des « choses qu'on n'oublie pas » ? Des événements reconstruits au fil du temps ? Afin d'étudier cette aspect essentiel du témoignage dans un cadre judiciaire, on s'appuiera avec profit sur l'article du Quotidien de Paris reproduit dans la rubrique Textes à l'appui.
Une telle approche sera prolongée par une réflexion sur la valeur du témoignage oral en histoire et les limites de son objectivité.
La Shoah en héritage : les enfants de victimes
À partir du témoignage de Michel Godot-Goldberg, on pourra étudier le poids psychologique de la disparition des proches pour les enfants de victimes de la Shoah. Il parle en effet de cette spécificité propre aux enfants de déportés : « Ces morts, puisqu'ils sont devenus morts, sont devenus morts de façon abstraite ; il n'y avait ni date, ni témoins, ni cadavres, ni cérémonie funéraire, ni tombe sur laquelle se recueillir. J'ai trois enfants aujourd'hui. Pendant des années, quand ma fille me disait : "mais papa, pourquoi on ne va pas sur la tombe de ton papa ?", je n'osais rien dire parce que je n'osais pas déverser sur elle les faits qui avaient été déversés sur moi, et pour cause, à un âge où ça m'avait incontestablement affecté de façon majeure. Mais, au fond, nous avons été privés de deuil et, quand on ne prend pas le deuil, on ne le quitte jamais ou très difficilement (...). Ce procès est (...) une façon de rendre hommage à ces morts qui n'avaient pas d'identité (...) et qu'on a soit escamotés, soit groupés ensemble dans un chiffre finalement effrayant et abstrait qui ne signifie rien, six millions. »
Le procès Barbie a un mérite pour les enfants des victimes. Il permet de faire revivre certains noms de personnes disparues. « Parce que si elles n'ont pas existé, qui sommes-nous, nous ? », demande Michel Godot-Goldberg à la barre.
Textes à l'appui
1. Le tribunal de Lyon

2. Mémoires de survivants
Rescapés, et le tenant avec raison à miracle, ceux qui sont venus témoigner hier à propos de la rafle de la rue Sainte-Catherine, témoignent autour, ou à côté de cette rafle, mais pas sur cette rafle, puisque aucune des quatre-vingt-six personnes qui furent arrêtées ce 9 février 1943 au siège lyonnais de l'Union général des israélites de France n'est plus vivante aujourd'hui. Chacun, à sa manière, apporte ou croit apporter sa pierre à l'édifice de la mémoire, ce monticule de sable dont les faces ne cessent de s'ébouler. Mais quoi, celui-ci, qui est le fils d'une des victimes, âgé de cinq ans à l'époque, n'avait pas de bottes. Sa mère refusa de le laisser, en plein hiver, dans la neige, accompagner son père. Cette autre, qui avait des papiers « français » (non-juifs) dut à un éclair d'humanité de pouvoir quitter la rue Sainte-Catherine, avec promesse de revenir le lendemain : elle eut l'intelligence de ne pas tenir parole. Cette autre, sans doute, doit la vie à Beethoven : la musique adoucit les moeurs. L'un, à Drancy, a vu son ami pour la dernière fois. L'autre n'oubliera jamais ce 18 août 1943 où, pour la dernière fois, elle vit sa mère. Mais enfin, Barbie était-il là, les témoins l'ont-ils identifié, pourraient-ils le reconnaître ? Qu'importe, dit fougueusement M. Bularvko, présent ou absent, c'était le chef ! Mais il importe au contraire beaucoup à la justice. Plus mesurée, Eva Gottlieb murmure : l'époque est trop lointaine... Je ne sais plus s'ils étaient en civil ou en militaire... si mes souvenirs sont exacts. Elle avait quatorze ans, elle a été confrontée pendant cinquante minutes, il y a quarante-quatre ans, à la machine nazie. Elle a eu la chance de ne pas être happée par l'engrenage. Ce sont des choses que l'on n'oublie pas, mais qui, honnêtement, pourrait, après quarante-quatre ans, reconnaître un visage entrevu ?
Dominique Jamet, Le Quotidien de Paris, 21 mai 1987.
Pour en savoir plus
À lire
Sur le procès
Chalendon Sorj, Nivelle Pascal, Crimes contre l'humanité, Barbie-Touvier-Bousquet-Papon, Plon, 1998. L'ouvrage rassemble notamment les compte-rendus de presse publiés quotidiennement par le journal Libération.
Poirot-Delpech Bertrand, Monsieur Barbie n'a rien à dire, Gallimard, coll. « Blanche », 1988. Le journal subjectif d'un observateur du procès.
Chronique du procès Barbie : pour servir la mémoire, Cerf, 1988. Le procès vu à travers la presse régionale et nationale.
Frossard André, Le Crime d'être né : témoignage au procès Barbie, Desclée de Brouwer, coll. « Les Carnets », 1997. Frossard était l'un des témoins du procès.
Zlatin Sabine, Mémoires de la dame d'Izieu : sa déposition au procès Barbie, Gallimard, coll. « Témoins », 1992.
Vergès Jacques, Je défends Barbie, J. Picollec éditeur, 1988. La plaidoirie de l'avocat de la défense.
Sur la Shoah
Forges Jean François, Éduquer contre Auschwitz, histoire et mémoire, ESF Éditeur, 1997.
Rayski Adam, Le Choix des juifs sous Vichy, entre soumission et résistance, La Découverte, 1992.
Poznanski Renée, Être juif en France pendant la Seconde Guerre mondiale, Hachette, 1994.
Cohen Asher, Persécution et sauvetages. Juifs et Français sous l'Occupation et sous Vichy, Cerf, 1993.
Histoire et mémoire, CRDP de Grenoble, coll. « Documents, actes et rapports », 1998. Réf. 380 DAR03. Un ensemble de conférences de Paul Ricoeur, Jeffrey Andrew Barash, Olivier Abel, Henry Rousso, François Bédarida...
Savoir la Shoah, CRDP de Dijon, coll. « Documents, actes et rapports », 1998. Réf. 210 B1210.
À consulter
1939-1945. La Seconde Guerre mondiale, Histoire parallèle (sous la dir. de Marc Ferro) et La Résistance en France, une épopée de la liberté, Montparnasse Multimédia/Arte éditions, 1996 et 1997. 2 cédéroms Mac/PC, réf. OLL 78001. Deux excellents cédéroms dans un même coffret.
À voir
Aide-mémoire du crime contre l'humanité, CRDP de Rouen/CDDP de l'Eure, 1994. Cassette VHS (52 min), réf. 270 V1273.
À visiter
Musée de la Résistance et de la Déportation de Lyon, 14, avenue Berthelot, 69007 Lyon.
Infos
Toutes les émissions sont accessibles sur le site Internet de la chaîne (logo histoire), dès le début de la programmation sur l'antenne. Sur Internet, les émissions sont indexées. Il est ainsi possible de consulter la totalité du procès, ou certaines parties uniquement, comme, par exemple, les interventions du procureur général ou de différents témoins.
La programmation détaillée du procès à l'antenne est consultable sur le site.
L'internaute peut aussi accéder à un ensemble d'informations complémentaires d'ordre général sur les plans historique et juridique. Ce sont des éléments sur la Résistance et la déportation, sur le déroulement du procès lui-même, avec notamment une biographie des principales parties prenantes, ainsi qu'une filmographie.
La chaîne propose un annuaire sélectif de références disponibles sur Internet permettant d'en savoir plus sur toutes ces questions.
Enfin, la chaîne ouvre sur son site un forum mettant en relation les internautes avec des historiens et des juristes.

www.histoire.fr/

Ce guide a été réalisé par Thierry Levasseur, professeur d'histoire-géographie au collège Jean-Lurçat de Ris-Orangis, avec la collaboration de Jean-Claude Lescure, professeur des universités à Grenoble et à l'Institut d'études politiques de Paris en histoire contemporaine.



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