Trois films de la collection « Les grands textes de l’enfance », diffusés dans le cadre de TO3.
3 x 26 min |
Alice, de l’autre côté du miroir
 © Storimages |
Un film d’animation de Dominique Debar, d’après le roman de Lewis Carroll, coproduit par France 3 et Storimages, diffusé dans le cadre de TO3.
26 min |
samedi 10 avril 2004, 8 h 00
Le résumé
Alice, de l’autre côté du miroir, film d’animation inspiré du roman de Lewis Carroll, lui-même suite d’ Alice au pays des merveilles, est un dessin animé coloré et rythmé. Le réalisateur a préservé le caractère fantastique du livre en y ajoutant une touche contemporaine. On y voit une Alice semblable aux jeunes filles d’aujourd’hui : elle aime écouter de la musique de son époque et rêver. Alice se cherche, elle oscille entre une petite fille dorlotée par sa mère et malmenée par sa belle-mère, et une jeune fille bien dans sa peau qui sait s’affirmer et se faire respecter. Son miroir lui donne une réponse : son reflet. Celui-ci l’invite à la suivre. La traversée de son miroir l’emmène loin de l’univers enfantin de sa chambre. Cette quête la conduit finalement à elle-même.
Certes, ce film d’animation se réfère au livre de Lewis Carroll, mais les références filmiques sont aussi présentes. Le générique rappelle celui du film tchèque Alice de Jan Svankmajer. Le chemin volant jaune évoque le chemin de briques jaunes du Magicien d’Oz, de même que l’homme de papier du train rappelle l’homme de paille du même film. Ces références culturelles sont des clins d’œil au spectateur qui l’incitent à suivre cette nouvelle Alice dans son voyage initiatique.
Pistes à suivre
[Maîtrise de la langue, cycle 3]
La métamorphose d’Alice : les étapes de sa transformation
Ses paroles. Relever les propos tenus par Alice qui marquent son opposition aux personnages rencontrés : « Je ne resterai pas une seconde de plus dans ce compartiment de cinglés », par exemple. Montrer comment Alice, dans ses rapports avec la reine rouge et la reine blanche, revit son opposition aux deux femmes qui l’entourent, sa mère et sa belle-mère, et marque son refus d’être ce que sa mère ne peut être (une jolie poupée) et d’obéir à sa belle-mère qui veut l’enfermer dans un rôle de petite fille docile.
Ses actions. Noter les moments où Alice décide de prendre des initiatives. Démontrer alors en quoi l’insoumission d’Alice est salutaire pour elle : à quel moment Alice comprend-elle qu’elle s’est laissé duper par les deux reines qui l’ont détournée de sa recherche initiale ?
Quelle est la victoire d’Alice à la fin du dessin animé ? Quelles sont les différences physiques et morales entre la jeune fille du début et celle de la fin de l’histoire ?
Des personnages contrastés
Énumérer tout ce qui oppose les deux reines : le graphisme, les couleurs, les voix et les propos.
Comparer leurs propos divergents à ceux de la mère et de la belle-mère au début du dessin animé quand Alice rêve dans sa chambre.
Analyser l’attitude du père et celle du cavalier blanc : qu’ont-ils de semblable ?
Le fantastique : le miroir
Relever tous les détails qui démontrent que l’action se situe de l’autre côté du miroir : « derrière le miroir, tout est à l’envers ».
Noter, lors du générique, chaque élément inerte pour voir comment il est devenu un élément fantastique animé de l’autre côté du miroir.
Pour en savoir plus
CARROLL Lewis, Les Aventures d’Alice au pays des merveilles, Librio, 2003.
CARROLL Lewis, Alice à travers le miroir, Librio, 2002.
Alice, film d’animation de Jan Svankmajer (1987), K Films. VHS : 84 min.
Sur le site de la BNF, un mini-site sur le jeu d’échecs consacre plusieurs pages à Lewis Carroll, et tout spécialement à la place de l’échiquier dans les aventures d’Alice.
http://classes.bnf.fr/
Diane Zarkout, conseillère pédagogique

Cheval Soleil
 © Les Films de l'Arlequin |
Un film d’animation de Jean-Jacques Prunes, d’après le roman d’Anne Labbé, coproduit par France 3 et Les Films de l’Arlequin, diffusé dans le cadre de TO3.
26 min |
samedi 17 avril 2004, 8 h 00
Le résumé
En Amérique du Nord, à la fin du XIXe siècle, un jeune Cheyenne survit au massacre de sa tribu, victime de l’homme blanc. Il se retrouve infirme et se voit désormais appelé Jambes Mortes. Il souffre de se sentir inutile, de ne pas pouvoir combattre aux côté des siens. Mais il refuse son sort et grâce à Cheval Soleil, un étalon qu’il saura apprivoiser, il retrouvera confiance en lui, pourra alors combattre et regagner une vraie place au sein de sa tribu.
Une magnifique adaptation dans un graphisme épuré qui privilégie les motifs géométriques et les teintes chaudes.
Pistes à suivre
[Maîtrise de la langue, histoire, géographie et éducation à l’image, cycle 3]
Un dessin animé visuellement riche
La palette graphique
– Le dessin. Échanger sur l’effet que produit le recours permanent aux lignes brisées et aux formes géométriques. Quelles significations attribuer à l’emploi de formes de couleur jaune (instants de sérénité) et de couleur rouge (moments violents) ? Relever et expliquer la technique utilisée : l’aquarelle, employée de façon à ne pas surcharger le décor et laisser ainsi transparaître le côté émotionnel.
– Les cadres et plans. Ils sont très variés. Souligner l’importance des plans en plongée pour renseigner sur ce qui se passe dans la vallée ou en contre-plongée signifiant au contraire qu’on est vu et qu’on devient vulnérable.
La palette sonore
Distinguer les différentes composantes : les paroles (repérer les intonations, les intensités, les accents), les cris et bruitages (galop des chevaux...), et les sons musicaux et rythmes (type de musique, chants, instruments : tambour, flûte, harmonica).
Prêter attention à la façon dont ces bruits se greffent les uns sur les autres, se succèdent ou se font écho. Leur identification permet de traiter l’implicite (l’ironie, la violence sont marqués par l’intonation), de modifier le sens de l’image : dans la scène annonçant le combat, noter les gros plans en alternance sur les jambes des Indiens et les pattes des chevaux des Blancs et faire prendre conscience que l’imminence de l’affrontement se trouve induite par la bande son.
Un contexte historique
L’espace et le temps. Faire la distinction, dans ce que les images donnent à voir, entre ce qui a un rapport avec le contexte historique et ce qui est purement fictionnel. Effectuer des recherches documentaires sur cette période de guerres indiennes aux États-Unis au XIXe siècle. Montrer ce qui est au cœur même du récit : la détermination des Blancs à exterminer les Indiens. Recenser les différents éléments (drapeau américain, etc.) qui nous permettent de situer l’action en Amérique du Nord à la fin du XIXe siècle.
L'homme blanc. Dresser le portrait de l’homme blanc à partir des paroles prononcées par les Indiens tout au long du récit : les Blancs sont avides de posséder toutes les terres, tous les biens, ils ne respectent rien (et notamment les traités), tuent, volent, brûlent, n’ont pas de parole, sont prêts à tout, ne laisseront jamais les Indiens en paix, etc. Décrire les images représentatives de leur violence et de l’inégalité des chances dans les combats (comparer les armes, le nombre de soldats...).
Les Indiens. Noter les conditions de vie très difficiles des Indiens : attaques, vols de leurs biens (chevaux, vivres), contraintes à l’exil, etc. Qu’apprenons-nous sur leur mode de vie, leur organisation en tribu, leurs croyances ?
Le récit
Indiquer l’espace-temps dans le récit : l’alternance jour-nuit, les saisons. Noter les différents lieux où se déroulent les actions.
Les personnages : les bons et les méchants. Comparer des séquences deux à deux :
– établir un parallèle entre ce qui arrive à Jambes Mortes, victime des Blancs, et à Cheval Soleil, lui aussi victime de mauvais traitements ;
– comparer les épisodes de l’apprivoisement du cheval par les Blancs, puis par Jambes Mortes : relever ce qui dénote la violence de l’homme blanc (avidité, cruauté), puis ce qui prouve au contraire l’amour de Jambes Mortes pour l’animal.
La structure du récit. Faire relater (en l’occurrence mettre en mots) la façon dont Jambes Agiles devint Jambes Mortes ou comment son espoir de devenir un grand guerrier se trouve à jamais anéanti : indiquer les images qui en rendent compte. Relever tout ce qui nous prouve sa détermination à ne pas accepter son sort. Dresser le portrait moral de Jambes Mortes et montrer que, grâce à ses qualités et à l’aide de Cheval Soleil, il réussit à combattre l’homme blanc et à aider ainsi sa tribu. Restituer le récit de ce combat qui est l’aboutissement de sa quête.
Pour en savoir plus
LABBÉ Anne, Cheval Soleil, Hachette jeunesse, 2000.
PELTIER Michel, Trésor des récits historiques pour la jeunesse, CRDP de Créteil, 2002. Notice.
Des fiches pour une lecture suivie (PDF, 369 ko) du roman d’Anne Labbé en 6e-5e, proposées par l’auteur elle-même.
www.adapt.snes.edu/
Christine Maurer, professeur des écoles

Loulou
 D.R. |
Un film d’animation de Serge Elissalde, d’après l’œuvre de Grégoire Solotareff et Jean-Luc Fromental, coproduit par France 3 et Prima Linea Productions, diffusé dans le cadre de TO3.
26 min |
samedi 24 avril 2004, 8 h 00
Le résumé
Un jeune loup très pacifique voit son oncle trop zélé mourir sous ses yeux lors d’une leçon de chasse. Livré à lui-même, désemparé, il trouve consolation en compagnie d’un lapin, Tom, et de ses trois amies, les louloutes. L’amitié naissante du lapin et du jeune loup ne manque pas de faire des jalouses chez les trois admiratrices de Tom. Lors d’un pique-nique, Loulou et ses amis se trouvent confrontés à leur vraie nature : aux lapins les crudités, aux loups la chair fraîche, une littérature abondante en atteste. Que faire, dès lors, des sentiments, de l’amitié ? C’est la question à laquelle Loulou et Tom devront maintenant répondre...
Pistes à suivre
[Cycle 1]
L’écriture audiovisuelle
Repérer des effets de stylisation. La nuit qui tombe (nappe bleue envahissant l’image), le fumet (serpent jaune), la forêt et ses ombres (à la limite de l’abstraction), le morcellement des corps (oreilles, museau), les couleurs très profondes et peu réalistes, renforçant l’univers fictionnel.
Le rapport texte/image. Expliciter les nombreux passages où l’image n’est pas relayée par le texte, afin de vérifier la compréhension et de favoriser la verbalisation. Les mettre en parallèle avec les passages où le texte et l’image sont au contraire dans un rapport de redondance.
Sensibiliser à la notion de point de vue (plongée, contre-plongée, etc.), de cadrage (gros plan, plan moyen ou large) et aux effets associés à ces choix différents.
Mettre en réseau
Voir comment la littérature jeunesse traite de la question « peut-on radicalement changer sa nature ? », à travers des fictions comme Marlaguette (Gerda Muller), Delphine et Marinette avec l’épisode du loup (Marcel Aymé), et Le Loup sentimental (Geoffroy de Pennart).
Superposer les récits pour montrer leurs similitudes :
– rencontre d’un loup avec une proie potentielle (enfant ou bien lapin) ;
– naissance d’une amitié réelle et désir de changement chez le loup ;
– désir limité par la prise de conscience de la nature irréductible du loup (manger de la viande).
Comparer ensuite les différentes réponses apportées par le récit. Exil du loup dans Delphine et Marinette, voracité maîtrisée du loup dans Marlaguette et Le Loup sentimental : il mange uniquement pour satisfaire ses besoins, plus par plaisir ou par cruauté. Résolution du paradoxe dans Loulou : s’il est un animal carnivore, Loulou est avant tout un garçon, or tous les garçons aiment la crème au chocolat... la coexistence du loup et des lapins redevient possible.
Comparer enfin Loulou avec un récit en apparence plus éloigné, Maxime Loupiot (ici, pas de rencontre avec une proie, mais une passion du personnage principal pour les fleurs et les parfums, qui contredit en apparence la nature profonde du loup), en montrant comment la question posée est en fait la même : un loup qui n’aime pas la chasse est-il encore un loup ? Chercher l’argument de Maxime qui lui permet d’être un loup sans aimer la chasse (« J’aime bien la viande qu’on achète, mais pas celle qu’on chasse »).
Connaissance de la langue
Verbaliser les effets comiques du plus apparent (pets et rots durant le sommeil des loups) au plus élaboré (le commentaire du poisson, etc.).
Effectuer un travail sur les émotions des différents personnages : la jalousie des louloutes, le « bonne nuit » de Tom, la peur de Loulou se répétant « je suis un loup » pour se convaincre et se rassurer, etc. À travers quelles situations ces différents sentiments sont-ils perceptibles ?
Traduire chaque situation/émotion en langage intérieur du personnage afin de montrer l’écart entre une situation, un comportement et sa traduction en langage des sentiments.
Chercher des situations de la vie réelle dans lesquelles cette même distance existe (agressivité, comme manifestation du manque de confiance en soi, de la fragilité ; indifférence feinte pour se protéger de ses sentiments, etc.)
Pour en savoir plus
AYMÉ Marcel, Contes du chat perché, Gallimard, 1973.
COLMONT Marie, MULLER Gerda, Marlaguette, Père Castor-Flammarion, 2002.
PENNART Geoffroy (de), Le Loup sentimental, L’École des loisirs, coll. « Lutin poche », 1999.
BOURRE Martine, JUDES Marie-Odile, Maxime Loupiot, Père Castor-Flammarion, 1996.
Histoires de loups. CNDP, 2004. DVD vidéo. Notice.
Une minithèse sur le loup réalisée par une étudiante de l'université de Lille 3 propose un tour d'horizon du loup dans la littérature.
www.univ-lille3.fr/
Agnès Malfettes, professeur des écoles

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