 D.R. |
3 documentaires sur la guerre d'Algérie : La Guerre d'Algérie dans les actualités filmées Pathé ; Algérie : paroles de tortionnaires et Il y a 40 ans déjà... l'histoire des Français d'Algérie.
2 x 52 min + 55 min |
Les émissions
La Guerre d'Algérie dans les actualités filmées Pathé
Un documentaire réalisé par Gilles Dinnematin.
52 min
Réalité ? Propagande ? Complaisance journalistique à l'égard du pouvoir ? Ce documentaire propose de décrypter les actualités cinématographiques qui, chaque semaine, étaient données à voir aux spectateurs de quelque 500 salles de cinéma en France. Que pouvaient bien montrer les images d'une guerre qui n'a que tardivement porté son nom et à propos de laquelle on a longtemps dit qu'elle fut « une guerre sans images » ? Or des images existent.
Des cinq journaux filmés, Gilles Dinnematin a décidé de démystifier le Journal Pathé, alors le plus gros titre de la presse filmée. Pour relire ces archives et faire apparaître des décalages entre les faits et la réalité fabriquée puis projetée, le réalisateur s'est entouré de Robert Soulé, correspondant pour France Soir de 1954 à 1961, et du grand reporter Henri de Turenne, envoyé par le même organe de presse le 13 mai 1958 à Alger. L'ensemble, sobre et rigoureux, propose de très nombreuses images à travers une démarche strictement chronologique et événementielle, qui s'apparente davantage à une narration des faits qu'à une investigation.
Diffusion : samedi 23 mars, 7 h 25
Algérie : paroles de tortionnaires
Un documentaire réalisé par Jean-Charles Deniau.
52 min
À l'approche du 40e anniversaire des accords d'Évian (18 mars 1962), la question de la torture pendant la guerre d'Algérie est plus que jamais d'actualité. Malgré son titre, qui laisse supposer un contenu plutôt « spectaculaire », ce documentaire permet de prendre du recul dans un débat souvent trop passionnel. Les aveux du général Aussaresses, par ailleurs très médiatisés, sont ici mis en perspective par d'autres récits : celui d'un ancien officier qui a, comme lui, dirigé des séances de torture ; ceux, souvent difficiles, d'anciens appelés, témoins ou exécutants de la torture. La confrontation de ces discours amène à se poser la question fondamentale de la culpabilité : à quel point ces hommes se sentent-ils coupables d'actes inhumains, et dans quelle mesure en sont-ils responsables ?
Diffusion : lundi 18 mars, 16 h 00
Rediffusion : jeudi 21 mars, 14 h 05
Il y a 40 ans déjà... l'histoire des Français d'Algérie
Un documentaire de Jean-Pierre Carlon.
55 min
1962-2002 : quarante ans après, peut-être le temps est-il enfin venu d'écouter les Français d'Algérie et d'en parler. C'est le but de ce film qui, à travers des témoignages, met en évidence une « mémoire-parcours », répondant à la nécessité de s'enraciner dans un nouveau territoire, une nouvelle société, celle du continent.
Diffusion : dans la nuit du lundi 18 au mardi 19 mars, 0 h 45

La démarche
L'irruption d'« une guerre sans nom » dans les images d'actualités
Pour La Guerre d'Algérie dans les actualités filmées Pathé
[Histoire, 3e et Tle]
Novembre 1954 : un tournant dans la représentation de l'Algérie à l'écran ?
Analyser la bande image et la bande-son des trois premiers extraits d'archives. Faire relever, par groupes et sous forme de tableau, la manière dont sont présentés l'Algérie et ses habitants, la France et les Français de métropole, à travers le commentaire d'une part, les images d'autre part. Mettre en commun et faire apparaître les rapports possibles entre le son et l'image, et l'impact de leur combinaison.
À un jeune Français (non daté, avant novembre 1954)
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L'Algérie et les Algériens |
La France et les « Français »
(en métropole ou en Algérie) |
Son |
« un territoire grand comme quatre fois la France ».
« au début du siècle, un pays sans avenir ».
« Alger, quatrième ville de France, belle capitale en plein essor que pourraient nous envier bien des villes de la métropole ». |
« c'est la rentrée des classes, tu vas te remettre au travail dans un grand établissement moderne, une très vieille école ou un simple baraquement ».
« il y a beaucoup de changements dans le monde ».
« l'intervention des Français a donné un avenir à l'Algérie ».
« là-bas, tu as peut-être un grand frère qui monte la garde [...] lui pourrait te dire maintenant ce qu'est l'Algérie ». |
Image |
Des montagnes arides.
Des marécages.
Un paysan guide péniblement deux bœufs tirant une charrue dans une terre lourde et un paysage inquiétant.
L'espace urbain d'Alger, beaux bâtiments modernes. |
L'école, la salle de classe.
Un baraquement d'appelés en Algérie
Les soldats sont armés, debout devant des barbelés ou derrière des mitrailleuses. |
« Les événements d'Algérie » (Journaux Pathé, 10 et 17 novembre 1954)
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L'Algérie
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Les Algériens |
L'armée |
Son |
« certaines régions d'insécurité doivent être passées au crible ».
« partout dans les vallées, les djebels, dans les gorges profondes de l'Aurès ».
« la sourde menace qui pèse sur cette pittoresque région de l'Algérie ». |
« ennemi insaisissable ».
« coup de main nocturne ».
« empêcher toute concentration de suspects ».
« déjouer les plans des fellaghas ».
« éviter des accrochages sanglants ». |
« partout des colonnes en marche ». |
Image |
Le survol par hélicoptère de villes et de montagnes.
Un habitat rural déprécié.
Une nature et des gorges intimidantes. |
Les Algériens des campagnes, en habit traditionnel mis en joue, mains levées.
Des visages inquiétants et hostiles.
Un paysan sur son âne. |
Un décollage d'hélicoptères.
Des chars en mouvement.
Des avions qui larguent des parachutistes.
Des soldats en action dans les villages : ils défoncent des portes, mettent en joue, se livrent à des contrôles, des fouilles au corps, des arrestations... |
Montrer qu'en opposant une Algérie opulente, moderne et francisée (Alger, littoral urbanisé) à une Algérie arabe, misérable, aux paysages sombres et maudits, probables repaires de rebelles à la civilisation, les actualités font de l'intervention des militaires français l'incarnation d'un modèle de justice, le dernier rempart d'une civilisation de progrès... en évitant soigneusement de représenter à l'écran une situation de conflit (diabolisation d'un adversaire sans nom, sans armes, « suspect » et « hors-la-loi »).
À travers les cartons-titres ou les commentaires des actualités filmées, montrer que la guerre prend successivement des appellations rassurantes : aux « événements » de 1954, aux « opérations de police » de 1955, aux « actions de maintien de l'ordre » après le vote des pouvoirs spéciaux en 1956, succèdent les « opérations de rétablissement de la paix civile » et les « entreprises de pacification » tout au long des années qui conduisent à l'indépendance algérienne. Il faut attendre les Actualités du 8 novembre 1961 dont le sujet débute par l'évocation d'une manifestation le « jour de Toussaint, septième anniversaire de la rébellion algérienne » pour se terminer par une question-aveu : alors que débute « la huitième année de la guerre d'Algérie, qui saura dire comment se dénouera ce drame ? »
L'occultation de la répression
En Algérie. Faire remarquer qu'à l'exception de quelques images donnant à voir des contrôles d'identité, des fouilles, quelques arrestations, des patrouilles, rien n'est montré sur les opérations militaires proprement dites, a fortiori, rien, sur la torture pendant la Bataille d'Alger, d'ailleurs peu couverte...
En France. Souligner le silence qui entoure la ratonnade du 17 octobre 1961 : analyser sa vague évocation par huit mètres de pellicule (48e minute) qui laissent pantois. Souligner encore l'ambiguïté qui entoure la présentation des événements de Charonne en février 1962 : si le commentaire évoque bien ces « heures dramatiques » d'une journée entachée de « graves incidents », s'il mentionne tout au plus des « heurts entre divers cortèges et les forces de l'ordre qui furent particulièrement violents » et qui aboutirent à un « tragique bilan d'une flambée de violence »... rien quant à l'évocation de responsabilités : les « manifestants » ? le préfet Papon et ses policiers ?
Les actualités : propagande ou information ?
Pour La Guerre d'Algérie dans les actualités filmées Pathé
[Éducation civique, histoire, 3e]
L'instrumentalisation des moyens de communication de masse
Montrer comment la guerre (avouée ou non !) conduit de fait à l'affirmation d'un modèle propagandiste centralisé au profit des autorités politiques - et de manière accrue avec l'arrivée de de Gaulle au pouvoir - et militaires.
Les actualités cinématographiques. Analyser la manière dont le Journal du 12 septembre 1956 érige les actualités au rang de vérité infaillible. Ceci dans le commentaire : « Les programmes sont présentés en langue française et en langue arabe. La puissance magique du cinéma se met ainsi au service de la pensée française. À l'heure où trop souvent la violence et le mensonge tiennent lieu à certains de moyen de persuasion, la diffusion pacifique de la vérité est plus que jamais nécessaire. Le cinéma a un rôle capital à jouer dans cette œuvre de paix. » Comme à l'image : un public assis en plein air, en Algérie, dont l'attention semble captée par un écran géant qui les domine. La présence des traqueurs d'images sur place a une fonction probatoire : présence de cameramen dans les rues d'Alger, d'un camion-régie qui sillonne les campagnes, d'un projectionniste enfin qui nous donne à voir le résultat.
La radio et la télévision. Le discours de de Gaulle diffusé dans le journal du 10 mai 1961, qui fit basculer les appelés contre les putschistes, est montré à l'écran comme reçu par toutes les populations, « françaises » et « musulmanes », civiles et surtout militaires. Ici un transistor portable au milieu d'une dizaine d'appelés attentifs, là un autoradio, ailleurs un nouveau media de masse, qui bientôt supplante les actualités filmées : le journal télévisé (en 1954, 1 % des ménages de métropole est équipé d'un téléviseur, 6 % en 1957, 13 % en 1960, 23 % en 1961, 58 % en 1967).
La fabrication des actualités hier... et aujourd'hui
Comparer l'organisation et la structure de deux sujets courts qui traitent d'un conflit : l'un aujourd'hui, l'autre hier, sur la guerre d'Algérie. Faire relever le dispositif de mise en scène de l'information qui s'organise autour d'un immuable scénario.
Les actualités filmées sur l'Algérie. Préciser l'enchaînement des sujets les uns à la suite des autres, parfois annoncés par un carton (« Les événements d'Algérie » ; « Reflets de l'actualité ») dont le titre est plus propice à la narration de l'événement qu'à son analyse. Montrer que la bande-son est monopolisée par la présence d'un thème musical, tour à tour dramatique ou primesautier, et par une voix off toujours de circonstance (grave, ampoulée, lyrique...). Noter enfin une mise en image très stéréotypée : angles de vue peu originaux, souvent identiques ; cadrages très larges ou plans d'ensemble ; prédominance de plans généraux et de plans de foule.
Le JT aujourd'hui. Le sujet est introduit par le présentateur, chef d'orchestre du journal. Sont ensuite proposés en alternance voix off, images brutes, intervenants (témoins, acteurs de l'événement) sans thème musical. Parfois, le retour plateau propose un prolongement par une interview ou une analyse (journaliste, expert...)
Débattre de la subjectivité des procédés de mise en scène de l'information, hier... comme aujourd'hui.
Un documentaire pour décrypter la guerre
Pour La Guerre d'Algérie dans les actualités filmées Pathé
[Histoire et éducation aux médias, lycée]
Une efficace mise à distance du spectateur...
On peut souligner que la rigueur (chaque image est référencée, précisément datée ou contextualisée) et la sobriété de la mise en scène documentaire (pas de musique qui détournerait ou accentuerait les sources ; important rôle de la voix off qui ne prétend pas livrer une interprétation définitive mais qui donne à réfléchir en délivrant quelques indispensables informations en contrepoint des images d'archives) confèrent une crédibilité et une distance critique à l'ensemble. À de nombreuses reprises, le spectateur regarde les journaux Pathé avec recul, sur un téléviseur devant lequel font écran deux témoins qui livrent ensuite leur interprétation. Ici, pas de discours d'autorité, pas de relation directive avec le spectateur qui peut se faire sa propre opinion après le double filtre opéré précédemment.
... mais un dispositif minimaliste
Noter le démarrage abrupt dans la guerre, dès 1954, qui élude les raisons profondes du déclenchement du conflit. C'est ensuite une perspective strictement chronologique qui est envisagée à travers une source unique : les actualités Pathé. Le documentaire est invariablement ponctué d'incessants va-et-vient entre la France (Élysée, Matignon, Assemblée nationale) et l'Algérie (images répétitives de manifestations en provenance quasi exclusive d'Alger) par autant de voyages des autorités françaises, de discours officiels ou de déclarations publiques. Cette vision événementielle et par le haut de la guerre d'Algérie est peu infléchie par les interventions des deux témoins (« J'étais à Tunis quand il y a eu cet événement. ») et alors rapporteurs (« Nous avions une ligne directe de téléscripteur avec France-Soir. ») chargés d'éclairer les événements à l'image, pas toujours de manière rigoureuse (« Je ne me souviens plus... » ; « Je ne sais plus quel... peut-être Lacoste, mais je n'ai pas de souvenir très précis, mais qui a dit : "Nous gagnerons cette bataille d'Alger". Voilà. ») ni limpide (« Ça, c'est n'importe quoi, alors [...] Où est-ce qu'ils ont été pêcher ça ? », puis plus rien, pour commenter les images du 31 octobre 1956).
Lister enfin la pauvreté des sources qui apportent des contrepoints à l'image : la voix off et deux personnalités de même statut, mais ni images d'autres opérateurs d'actualités, notamment étrangers, ni précisions d'historiens ou d'acteurs, civils ou militaires des deux camps, qui auraient pu aérer et dynamiser l'ensemble et rapporter le point de vue des populations, des appelés d'un conflit dont la trame strictement événementielle donne parfois l'image d'un écheveau complexe que le téléspectateur lambda aura bien du mal à démêler.
Vivre avec sa conscience
Pour Algérie, paroles de tortionnaires
[Philosophie, Tle : la notion de conscience ; TPE, 1èreL : « Représenter la guerre », et Tle : « Ordre et désordre »]
Les contradictions d'une mémoire coupable
Expliquer ce qu'est un cas de conscience. Dans le discours et les attitudes des anciens appelés, identifier les « aveux » (par exemple, des expressions comme : « il a pu m'arriver de...» ; les larmes d'Henri Pouillot) et relever les arguments qui justifient la torture (inhumanité de l'ennemi, nécessité de déjouer les attentats et donc sauver des vies, contexte de la guerre).
Montrer que la justification de la faute n'efface pas le sentiment de culpabilité : distinguer les différentes manifestations de cette culpabilité dans la vie des anciens appelés (la violence ; la réparation par le volontariat ; la dépression ; la frénésie d'action).
La question de la responsabilité
Expliquer, à l'aide du témoignage du psychiatre Bernard Sigg, le fait que les exécutants ou témoins de la torture se sentent finalement responsables de leurs actes, ce qui alourdit considérablement leur culpabilité : retrouver, dans le discours des anciens appelés, les termes qui sous-entendent une responsabilité personnelle dans l'acte de torture (par exemple, quand André Charrier dit « J'ai basculé. »). Faire remarquer que ce discours est souvent flou quant à la responsabilité réelle de la torture (par exemple Henri Pouillot qui évoque un « ordre de l'armée »).
Observer qu'une responsabilité clairement définie semble alléger la culpabilité : souligner l'aspect militaire des propos des anciens officiers (par exemple, Michel Lubrano qui parle de mettre les rebelles « hors d'état de nuire »). Comparer leurs témoignages avec ceux des anciens appelés : constater que le sentiment de culpabilité n'apparaît pas dans le discours des anciens officiers (par exemple, le général Aussaresses dit : « Si c'était à refaire, je le referais. »).
Les limites de l'obéissance à la loi
Opposer les parcours de Gilbert Argelès et de Bernard Sigg : pour le premier, une « culpabilité ineffaçable » et le regret de ne pas avoir déserté ; pour le second, la désertion et une conscience apparemment tranquille. Poser la question de la légitimité d'une transgression de la loi dans certaines circonstances.
Des mémoires otages de l'amnésie de l'État
Pour Algérie, paroles de tortionnaires
[Histoire, Tle : la France depuis 1945 ; ECJS, Tle : la citoyenneté et les exigences renouvelées de justice et d'égalité ; TPE, 1re : « Mémoire, mémoires »]
Les multiples mémoires de la guerre d'Algérie
Expliquer qu'il n'y a pas une mémoire collective de la guerre d'Algérie, mais des mémoires individuelles dispersées : souligner les différences entre les témoignages, les contradictions dans les discours, qui sont le signe de cette dispersion. Préciser que l'histoire officielle et scientifique de la guerre d'Algérie n'a pas encore été écrite, du fait de la très récente ouverture des archives, et de la réticence de l'État à en dévoiler certaines : à ce propos, rappeler que l'Assemblée nationale a reconnu pour la première fois en 1999 que les « événements d'Algérie » avaient en fait été une guerre d'Algérie.
Une justice difficile pour des crimes mal définis
Préciser les différentes catégories de crimes auxquels les actes de torture pendant la guerre d'Algérie peuvent être assimilés (crimes de guerre, crimes contre l'humanité, crimes commis au nom de l'État, actes individuels). Soulever le problème de l'impunité des tortionnaires : pourquoi des hommes comme Michel Lubrano ou le général Aussaresses, qui ont dirigé et organisé des séances de torture pendant la guerre d'Algérie, peuvent-ils en parler librement aujourd'hui ? Préciser que le droit français ne permet pas de les juger, en vertu des lois d'amnistie sur les actes commis pendant la guerre d'Algérie, votées en 1968. Évoquer la possibilité d'un jugement de droit international (rôle de la convention de Genève, du Tribunal pénal international) : à ce propos, rappeler les cas de Pinochet ou de Slobodan Milosevic.
L'évidente responsabilité de l'État
Montrer que l'État a incité à l'emploi de la torture, sans l'exprimer clairement : analyser le petit film de propagande, qui insiste sur l'aspect inégal du combat (l'ennemi est invisible, anonyme, insaisissable), ce qui justifie le recours à des moyens peu conventionnels (faire preuve d'« astuce », de patience pour obtenir des renseignements). Noter, dans les propos de Michel Lubrano, que les consignes de l'État ne semblent pas avoir précisé ces moyens (Max Lejeune, ministre de la Défense de l'époque, aurait recommandé de mettre les rebelles hors d'état de nuire « par tous les moyens »).
Relever, dans l'ensemble des témoignages, les expressions qui traduisent le sentiment d'avoir été l'instrument de cette politique confuse (par exemple, Marc Petit : « Ils faisaient bien leur beurre avec moi. », ou Michel Lubrano : « Je suis un cocu de l'histoire. »). Noter que ce sentiment est partagé aussi bien par les anciens appelés que par les anciens officiers.
Souligner l'importance symbolique et historique d'une reconnaissance par l'État de sa responsabilité : elle permettrait d'alléger les consciences, et surtout d'écrire une histoire enfin complète de la guerre d'Algérie.
Les Français d'Algérie : une communauté, une mémoire
Pour Il y a 40 ans déjà... l'histoire des Français d'Algérie
[Histoire, 3e et Tle ; ECJS, 1re]
Pieds-noirs et Algériens aujourd'hui en France
Dans la discussion entre deux journalistes de France Info, l'un d'origine algérienne et l'autre d'origine pied-noir, relever la complexité et la diversité des relations qu'entretiennent ces deux communautés, ce qui les rapproche, ce qui les oppose. Préciser la relation qu'ils entretiennent avec une terre natale dont ils sont éloignés.
La diversité de la communauté pied-noire
Les Européens en Algérie représentaient 10 % de la population totale, soit un peu moins d'un million de personnes à la veille de l'indépendance. Relever à travers les propos des nombreux intervenants du film la diversité de leurs origines sociales et géographiques. Quelles sont les professions représentées ? Habitaient-ils en ville ou à la campagne ? Se percevaient-ils comme des privilégiés ? Essayer, pour certains témoins, de comparer la profession de leurs parents et celle qu'ils exercent aujourd'hui en France.
Une communauté qui s'est forgé une identité
La plupart des témoins évoquent leur histoire familiale, pour certains elle remonte aux débuts de la colonisation. Caractériser ce qu'ils appellent l'esprit pionner. Expliquez comment cette première génération percevait l'Algérie et ses habitants. Comment les Français d'Algérie ont-ils perçu la guerre ? Relever les dates, les événements et les fait qui dans les témoignages apparaissent comme les plus marquants et resteront à jamais gravés dans le souvenir. Observer dans les propos le jugement des pieds-noirs sur la politique algérienne des gouvernement français et essayez de la définir.
Des pieds-noirs aux rapatriés
Les témoignages et les images d'archives permettent de décrire et de caractériser le double choc du départ et de l'arrivée en France. Relevez les sentiments communs de tous les témoignages. Expliquez la douleur de la rupture. Observez la façon dont les rapatriés d'Algérie sont accueillis en France. La mémoire des pieds-noirs et des rapatriés : « Un passé qui ne passe pas. ». Les événements évoqués dans ce documentaire ont plus de quarante ans. Relever la façon dont la mémoire de la présence française en Algérie se perpétue à travers les générations. Expliquer pourquoi cette mémoire est encore douloureuse.

La bibliothèque
À propos de La Guerre d'Algérie dans les actualités filmées Pathé
STORA Benjamin, La Gangrène et l'Oubli. La mémoire de la guerre d'Algérie, La Découverte, 1991.
HENNEBELLE Guy, BERRAH Mouny, STORA Benjamin (dir.), « La guerre d'Algérie à l'écran », CinémAction, n° 85, Corlet-Télérama, 1997.
DESBOIS Évelyne, « Des images en quarantaine. Guerre d'Algérie, une mémoire amputée de ses images », in La Guerre d'Algérie et les Français, Fayard, 1990.
GERVEREAU Laurent, RIOUX Jean-Pierre, STORA Benjamin (dir.), La France en guerre d'Algérie. Novembre 1954-juillet 1962, BDIC, 1992. De nombreux articles sur les images de/pendant la guerre d'Algérie.
GERVEREAU Laurent, Les images qui mentent. Histoire du visuel au XXe siècle, Seuil, 2000.
PUISEUX Hélène, « Du rite au mythe : les actualités », in « Cinéma et histoire autour de Marc Ferro », CinémAction, n° 52, 1992, p 96-104.
EKCHAJZER François, « Le Pathé-Journal », in Pathé, premier empire du cinéma, Centre Georges-Pompidou, 1994, p 320-331.
À propos de Algérie : paroles de tortionnaires
BRANCHE Raphaëlle, La Torture et l'Armée pendant la guerre d'Algérie, Gallimard, 2001.
THÉNAULT Sylvie, Une drôle de justice. Les magistrats pendant la guerre d'Algérie, La Découverte, 2001.
ROTMAN Patrick, L'Ennemi intime, Seuil, coll. « L'épreuve des faits », 2002.
THOMAS Pierre-Alban, Les Désarrois d'un officier en Algérie, Seuil, coll. « L'épreuve des faits », 2002.
REY Benoist, Les Égorgeurs, Le Monde libertaire, 2000. La réédition du témoignage, censuré pendant la guerre, d'un soldat affecté dans un commando de chasse.
JAUFFRET Jean-Charles, Soldats en Algérie, 1954-1962, Autrement, coll. « Mémoires », 2000.
MAUSS-COPEAUX Claire, Appelés en Algérie. La parole confisquée, Hachette Littératures, 1999.
VITTORI Jean-Pierre, FERRANDEZ Jacques, Midi pile, l'Algérie, Rue du Monde, 2002. Le récit d'une amitié au cœur de la guerre, racontée par un ancien appelé et illustré par un natif d'Alger.
Un dossier complet sur le récent débat autour de la torture en Algérie.
www.droitshumains.org/
À propos de Il y a 40 ans déjà... l'histoire des Français d'Algérie
VERDES-LEROUX Jeannine, Les Français d'Algérie de 1830 à nos jours, Fayard, 2001.
PERVILLÉ Guy, Pour une histoire de la guerre d'Algérie, Picard, coll. « Signes du temps », 2002.
Enseigner la guerre d'Algérie
Un colloque sur l'enseignement de la guerre d'Algérie est organisé sous la présidence de Jean-Pierre Rioux, mercredi 27 mars de 9 h 30 à 17 h 30, à la Bourse du travail de Saint-Denis, métro Saint-Denis-Porte-de-Paris.
Inscription auprès de Daniel Lefeuvre, université Paris VIII, département d'histoire, 2, rue de la Liberté, 93526 Saint-Denis cedex, ou par mail :
Daniel.Lefeuvre@wanadoo.fr
Patrick Mougenet (La Guerre d'Algérie dans les actualités filmées Pathé), Céline Cros (Algérie : paroles de tortionnaires) et Claude Robinot (Il y a 40 ans déjà... l'histoire des Français d'Algérie), professeurs d'histoire. |

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