Fusillés pour l’exemple
 

Dessin de Tardi
© Program 33  
 
Un documentaire d’Alain Moreau et Patrick Cabouat (2003), produit par Program 33.
52 min

dimanche 20 mars 2005, 16 h 05 Libre de droits
 

L’émission
On a coutume de dire que le XXe siècle, siècle de fer par excellence, débute avec la Grande Guerre. Ce premier conflit mondial aux visages inédits à plus d’un titre institue également la pratique féroce de la répression et de l’exécution de soldats par leurs propres troupes. C’est cet épisode tragique des « fusillés pour l’exemple » que nous invite à découvrir ce film qui a enquêté sur un thème longtemps cadenassé par la censure. Images d’archives, témoignages contemporains divers, dessins de Jacques Tardi et musiques variées (dont La Chanson de Craonne interprétée par Maxime Le Forestier) poursuivent ici un même but : dénoncer l’arbitraire et les injustices qui ont prévalu à ces exécutions et redonner à ces soldats innocents leur honneur perdu. Pour conduire ce plaidoyer, le film adopte une démarche historique rigoureuse qui vise à résoudre une question cruciale : comment expliquer l’acharnement du pouvoir militaire et l’impuissance du pouvoir civil face aux exécutions de milliers de soldats en Europe ? Portée par deux historiens (l’un civil, Nicolas Offenstadt, l’autre militaire, le général André Bach, chef du service historique de l’armée de terre), cette problématique, centrée sur le cas français, se déploie dans trois directions principales.
Le premier enjeu de ce film est la mise en évidence de l’organisation chargée de l’inculpation et de la condamnation de soldats présumés fautifs. Cet appareil porte un nom : la justice militaire. Réclamée avec insistance dès les premiers mois du conflit par les militaires français, hâtivement accordée par un pouvoir politique aux abois face aux circonstances guerrières exceptionnelles, cette justice permet aux états-majors de disposer d’un outil d’une férocité exemplaire : les soldats suspectés de manque de combativité seront exécutés sur ordre de conseils de guerre. Ces exécutions « pour l’exemple », que le général Joffre juge « absolument indispensables » pour renforcer l’ardeur des troupes, sont les victimes d’un système judiciaire discrétionnaire où règnent l’arbitraire et la terreur.
Le deuxième enjeu est le relevé des chefs d’inculpation menant aux sinistres poteaux d’exécution. Les auteurs relèvent deux types principaux d’accusation : « l’abandon de poste en présence de l’ennemi » et « le refus d’obéissance » ; ils différencient actes collectifs et actes individuels. Traqués par la justice militaire, les actes individuels d’insoumission prennent trois visages différents : mutilations volontaires, recul anticipé jusqu’aux lignes arrières, désertions. À peine soupçonnées, dénoncées sans aucune preuve tangible, ces pratiques sont aussitôt réprimées et, « pour l’exemple », certains soldats, tirés au sort, sont fusillés. Les actes collectifs d’insoumission, quant à eux, se développent au printemps 1917 sous la forme de mutineries. Le processus de ces révoltes est pertinemment analysé dans la longue séquence consacrée à la bataille du chemin des Dames. Ces mutineries sont frappées, elles aussi, par une répression aveugle et meurtrière.
Enfin, le film insiste sur le destin tragique de ces fusillés innocents. Leurs actes, tantôt erronés, tantôt mal interprétés, sont jugés dans la précipitation et la plus extrême sévérité sans possibilité d’appel ni de retour en grâce. La violence des combats subis, la dureté des conditions de vie, l’absurdité de la guerre, mises en évidence par les auteurs du film, ne sont pas des arguments acceptables dans les conseils de guerre. Ces condamnés sont dépossédés de leur vie et, par ailleurs, de leur honneur. Les auteurs montrent, à ce titre, les souffrances endurées par les familles, ainsi que les combats menés pour obtenir la réhabilitation des « fusillés pour l’exemple » et leur pleine reconnaissance par la patrie.
Cette enquête audiovisuelle, parmi les premières sur le sujet, est très documentée et magnifiquement orchestrée. De ce voyage dans l’enfer des tranchées et dans la terreur des conseils de guerre, le téléspectateur ressort glacé par l’effroi et hébété par le caractère impitoyable de la guerre, mais déterminé plus que jamais à honorer l’indispensable devoir de mémoire.
La démarche
[Histoire, 3e et 1re ; TPE, 1re L : « Représenter la guerre », « Mémoire/mémoires » ; français, 3e et 2de]
Les souffrances des poilus pendant la Grande Guerre
Rappeler les trois phases du conflit : guerre de mouvement, guerre de position, puis à nouveau guerre de mouvement. Noter que la guerre de position, encore baptisée « guerre des tranchées », démarre à la fin de l’automne 1914. S’appuyer sur l’excellente carte du front occidental. Déterminer que le front se stabilise de la mer du Nord à la frontière suisse. Noter au passage que Bruxelles et Lille sont sous domination allemande.
Après cette mise au point géographique, travailler à partir des instructives images d’archives et de leurs commentaires. Montrer la dureté des conditions de vie (boue, mares d’eau, manque de sommeil). Relever les armes nouvelles (lance-obus, gaz asphyxiants utilisés pour la première fois par les Allemands), particulièrement meurtrières, et conclure sur le concept, très récent, de guerre technologique. Insister sur la fureur des tranchées et des offensives : la terrible attente, puis la peur de sortir de la première ligne, les barbelés à inciser, les lignes ennemies à quinze mètres seulement.
Terminer par l’analyse d’extraits de deux lettres de « poilus » : celle du soldat Durantet, lue par son petit-fils, et celle du caporal Maupas, lue par son arrière-petit-fils. Montrer leur état de désespérance, leur lassitude et le besoin indispensable qu’ils ont de communiquer avec l’arrière.
Le destin tragique d’un « fusillé pour l’exemple » : Théophile Maupas
Le but est de dresser le portrait de ce « poilu », victime innocente de la justice militaire.
Relever son grade (caporal), son métier (instituteur) et le métier de sa femme (institutrice). En déduire qu’il s’agit d’un petit notable de la IIIe République.
Localiser le lieu de cantonnement de ce caporal : front de Champagne, département de la Marne, commune de Souain (au nord de Châlons).
Relever la date de l’offensive au cours de laquelle Maupas fut suspecté : le 10 mars 1915 à 5 heures du matin. Déterminer qui dans la compagnie est alors incriminé par le général et pour quel motif : dix-huit soldats et six caporaux, désignés au hasard, sont accusés de « refus de bondir hors des tranchées ». Préciser le sort réservé à Maupas : emprisonnement, comparution devant le conseil de guerre (le 16 mars), exécution (le 17 mars à 13 heures).
Une bataille sanglante qui inaugure les mutineries : le chemin des Dames
Préciser le contexte chronologique (avril 1917) et spatial (front de Champagne ; commune de Craonne, au nord-est de Reims) et s’appuyer sur la carte du front.
Déterminer l’origine de l’offensive (la stratégie du général Nivelle), sa durée (trois semaines à partir du 16 avril) et son bilan humain (« un carnage sans précédent » : 18 000 soldats français tués).
Énumérer les quatre facteurs expliquant cette « boucherie » :
– la préparation insuffisante par l’artillerie française de l’offensive ;
– le mauvais temps et la boue, ennemis du soldat ;
– la présence de réseaux nombreux de barbelés qu’il fallait inciser ;
– enfin, et surtout, une topographie en terrasses désavantageant les Français, situés en contrebas par rapport aux Allemands.
Réaliser une coupe transversale du terrain : en contrebas, les tranchées françaises (précédées des réseaux de barbelés), puis une première terrasse, puis une seconde terrasse, puis un talus (de trente mètres de dénivelée) au sommet duquel étaient postés les Allemands enterrés dans leurs tranchées, creusées dans le plateau dit de Californie. Noter dans les propos du maire actuel de Craonne le chiffre de « cent soldats tombés par minute lors de la prise du plateau ».
Conclure sur le caractère épouvantable de cette offensive et sur la vague des mutineries qui secoue l’armée française en 1917 (près de 40 000 soldats concernés).
Les caractéristiques de la justice militaire
Relever le nombre de soldats exécutés dans les différents camps : 550 Français, (sur 2 500 condamnations à mort prononcées), 750 Italiens, 330 Britanniques, 48 Allemands. Souligner le caractère imprécis de ces statistiques.
D’après la dernière intervention de l’historien Nicolas Offenstadt, dégager trois arguments qui prouvent l’arbitraire de la justice militaire :
– l’arbitraire des chefs d’inculpation ;
– l’arbitraire dans le choix des condamnés ;
– l’arbitraire dans la composition des conseils de guerre.
Analyser les processus mis en place par la justice de guerre à travers l’étude du cas des « six condamnés de Vingre ». Rappeler le contexte chronologique (28 novembre 1914) et spatial (un petit village du front de l’Aisne au nord de Soissons). Préciser les faits finalement reprochés par la justice militaire (« abandon de poste en présence de l’ennemi »). Noter la date du conseil de guerre (3 décembre) : en déduire la précipitation dans laquelle la justice se prononce. Signifier la sentence : la peine de mort pour les vingt-quatre repliés. Décrire, à l’aide de la reconstitution, l’exécution des six condamnés et montrer en quoi l’exécution constitue, selon le narrateur, « une liturgie barbare » parfaitement réglementée : immobilisation des condamnés sur six poteaux, garde-à-vous des autres soldats de la troupe, musique des clairons, lecture du jugement, fusillade, défilé des troupes devant les cadavres. Terminer par l’explication de l’expression employée par les états-majors : « faire des exemples ».
Le combat pour la réhabilitation et pour la mémoire
À travers le témoignage de Marie-Thérèse Guillalot (fille de l’épouse remariée de Jean Blanchard, un des six soldats fusillés à Vingre), montrer en argumentant le déshonneur qui frappait les familles des fusillés. Sur ce point, indiquer les pressions exercées sur la veuve de Théophile Maupas : institutrice, elle est sommée par l’inspecteur d’académie de quitter son école.
En s’appuyant sur le cas de la veuve Maupas relaté par l’historien, relever les moyens utilisés en vue de la réhabilitation : aide d’associations comme la Ligue des droits de l’homme, rédaction d’un livre autobiographique.
Relever le nombre de réhabilitations obtenues : 40 soldats en France sur 500 fusillés. Citer les cas de Jean Blanchard (dès 1921) et Théophile Maupas (dans les années1930).
Indiquer les différentes manifestations d’une réhabilitation en marche ou effective :
– monuments commémoratifs (le monument dédié aux « six de Vingre ») ;
– noms de soldats attribués à des places (place Théophile Maupas) ;
– prise de position d’élus politiques, comme le maire de Craonne expliquant l’assaut du chemin des Dames au Premier ministre Lionel Jospin, venu dans sa ville en avril 1998 pour rendre hommage aux fusillés de la Grande Guerre ;
– discours dans les communes de France, lors des commémorations du 11 novembre.
Préciser le vœu final formulé par les auteurs du film : la réhabilitation est nécessaire mais insuffisante, et l’État devrait solliciter le pardon des familles.
Au cœur du travail des historiens
Préciser en quoi consiste le travail de Nicolas Offenstadt et du général Bach, chef du service historique de l’armée de terre. Préciser que ce général est à l’origine de la première étude exhaustive sur le sujet des fusillés de 1914-1918. Montrer qu’à l’origine d’un travail historique réside une curiosité, une interrogation à soulever : dans le cas d’André Bach, alors jeune officier, un questionnement sur les pratiques arbitraires de l’armée au cours des conflits.
Montrer ensuite que l’histoire n’est possible qu’en ayant accès aux sources. Indiquer que les archives relatives aux fusillés, si précieuses, ont été longtemps tenues secrètes. Préciser le lieu où elles sont rassemblées (le fort de l’Est dans la région parisienne). Décrire le travail de dépouillement des sources entrepris par André Bach dans ce fort.
Préciser que les défis sur ce thème sont encore nombreux. Noter que d’autres archives sont encore censurées ou laissent peu de traces : celles relatant les exécutions sommaires sans jugement. En conclure que l’histoire n’est pas encore totalement écrite. En s’appuyant sur les deux derniers mots du film, « à suivre », préciser en définitive quel rôle doit jouer l’histoire.
Le document
Les non-dits de 1914-1918
Nicolas Offenstadt, historien diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et auteur de Les Fusillés de la Grande Guerre et la Mémoire collective, revient sur ces non-dits de l’histoire officielle de la Grande Guerre.

Un ensemble d’interrogations fondamentales pour notre siècle
La guerre de 1914-1918 pose des questions qui dépassent les questions historiques. Elle pose la question de la construction de l’État-nation, celle du sort individuel par rapport à des enjeux collectifs. Elle pose aussi la question de la résistance à la guerre. Tout un ensemble d’interrogations qui me paraissent fondamentales pour notre siècle, et qui ne sont pas du tout terminées. Par ailleurs, l’étude de l’histoire de la Grande Guerre n’est pas du tout épuisée, contrairement à ce que l’on pourrait penser, et il reste beaucoup d’inconnues. Les nombreux débats sur Vichy ou sur la guerre d’Algérie ont un peu masqué les enjeux qui restent à éclairer sur les soldats de la Grande Guerre. Certains se suicidaient, on ne sait même pas encore combien. Il reste donc encore des chantiers ouverts, tels ceux liés aux troubles psychologiques et affectifs, que l’on commence juste à étudier. Les privations, les dépressions, les relations entre les soldats dans les tranchées : on a quelques idées grâce notamment aux témoignages des combattants, mais à mon avis, aujourd’hui, avec les progrès accomplis dans les sciences humaines, nous avons encore beaucoup de choses à apprendre.

La question des familles
Dans l’histoire des fusillés, il y a celle des familles qui, pendant très longtemps, faute d’informations, n’ont rien su de ce qui était arrivé à leur soldat. Il était plutôt d’usage dans l’armée française de taire le motif de la mort, c’est-à-dire l’exécution. Certaines familles l’ont appris progressivement, quand elles ont été privées de pensions après la guerre, ou lorsque les anciens combattants sont venus leur raconter ce qui s’était passé véritablement. Ceux qui ont cherché à savoir ont fini par connaître la vérité. Mais ça a pu prendre longtemps.
La question des familles est très vite fondamentale. D’une part, les voies pour connaître la vérité sont complexes, ce ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Ensuite, les réactions peuvent être très variées : il y a ceux qui sont solidaires, ce sont souvent les soldats du front : ils ont vécu dans les mêmes conditions et savent que ça aurait pu leur arriver. Et il y a ceux, sans doute des gens de l’arrière, qui n’étaient pas au courant des conditions du front, qui se montrent très durs, traitant très mal les familles, les qualifiant de familles de lâches ou de traîtres...
Ce qui est frappant, dans les années 1920 et 1930, c’est que l’on se polarise sur quelques cas seulement. C’est-à-dire que les anciens combattants, les militants, les ligues ou les partis qui demandent la réhabilitation se concentrent sur ce qui leur paraît les plus grosses erreurs judiciaires. Et celles-là vont être réparées. Plusieurs dizaines de soldats vont ainsi être déclarés innocents de ce pour quoi ils ont été fusillés. Mais il y en a plusieurs centaines qui ne le seront pas. Parfois par méconnaissance, parce qu’il y a des dossiers qui dorment toujours dans les archives. Il y a des soldats qui tout simplement n’avaient pas de familles pour défendre leur mémoire ou chercher à savoir. D’autres enfin paraissent à l’époque peu défendables.

La légalité des conseils de guerre
La répression disciplinaire aux armées est une constante. L’exemple le plus frappant de cette justice militaire d’une sévérité incroyable, c’est la Wehrmacht. On sait qu’il y a sans doute eu plus de 30 000 exécutions pendant la seconde guerre mondiale. Il faut comprendre que les conseils de guerre sont quelque chose de tout à fait légal, légitime pour le pouvoir civil et le pouvoir militaire. Toutes ces exécutions ont donc souvent une dimension réglementaire très importante. Celles qui ont paru les moins respectueuses des règles de la justice, y compris militaire, ont pu être réparées, parce qu’il y avait eu entorse au droit. Par ailleurs, la discipline aux armées est évidemment fondamentale dans l’esprit du temps et dans l’esprit de tout militaire. En 1914-1918, il était légitime pour un officier d’abattre sans jugement un soldat qui, par ses manquements disciplinaires, risquait de compromettre une opération militaire. Certains sont allés beaucoup plus loin et ont d’ailleurs été poursuivis. Nous avons l’exemple du général Boutegourd qui a organisé une exécution sommaire de plusieurs soldats en 1914, au moment de la bataille de la Marne. À l’époque, cette exécution a paru tellement arbitraire et injuste que, par la suite, la carrière du général a été quelque peu ralentie. À l’inverse, cet arbitraire pouvait jouer dans d’autres cas pour protéger le soldat d’une procédure.

Propos recueillis par Noëlle Corbefin,
dossier de presse de France 3.
Pour en savoir plus
Adieu la vie, adieu l’amour. RAYNAL Gérard. La Sept/Arte, Soleluna films, CNDP, 1998. Coll. « Côté Télé ». VHS : 1 h 01 min. Notice.

BECKER Annette, Oubliés de la Grande Guerre : humanitaire et culture de guerre, 1914-1918, Hachette Littérature, 2003.
OFFENSTADT Nicolas, Les Fusillés de la Grande Guerre et la Mémoire collective (1914-1999), Odile Jacob, coll. « Poche », 2002.
OFFENSTADT Nicolas, « Enquête sur les fusillés », in « 1914-1918, la Grande Guerre », Les Collections de l’Histoire, hors-série n° 21, octobre-décembre 2003, p. 90-95.
GUÉNO Jean-Pierre, LAPLUME Yves (dir.), Paroles de poilus : lettres et carnets du front (1914-1918), Librio, 2004.
BACH André, Fusillés pour l’exemple, Tallandier, 2003.
TARDI Jacques, C’était la guerre des tranchées : 1914-1918, Casterman, 1993. Les planches qui interviennent tout au long du film ont été tirées de cet album.
JAPRISOT Sébastien, Un long dimanche de fiançailles, Gallimard, 2004.

Les Sentiers de la gloire, film de Stanley Kubrick, 1957. Film antimilitariste inspiré du roman d’un ancien combattant de l’armée canadienne, censuré à sa sortie, il narre, en mélangeant fiction et réalité, l’histoire de plusieurs poilus de la Grande Guerre désignés arbitrairement. Télédoc en avait fait un dossier lors de sa diffusion sur Arte en mars 2003.

On pourra enfin s’appuyer sur les paroles de la célèbre Chanson de Craonne que l’on entend dans le film.
www.grande-guerre.org/

Jean Bumat, professeur d’histoire et de géographie




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