Sélection du mois
Janvier 2003 
Mis en ligne le 8 janvier 2003
 

Actuellement

Sélections précédentes
 
 
À l'école du polar
Le filon du frisson
© Marie-Claude Barbier/CNDP
Du 22 janvier au 2 février 2003 se tiendra à Saint-Quentin-en-Yvelines (78) le festival « Polar dans la ville », douze jours d'expositions, de spectacles, de projections et de rencontres. À cette occasion, cinq classes de CM1, CM2 et 5e se verront remettre les deux recueils de nouvelles policières qu'elles ont écrites l'année scolaire dernière dans le cadre d'ateliers. Un signe, parmi beaucoup d'autres, de la fin du purgatoire pour le polar à l'école, auquel on reprochait pêle-mêle son mauvais genre, son écriture bâclée, sa violence et ses stéréotypes. Détectives, enquêtes, disparitions, meurtres ont désormais meilleure presse auprès des enseignants, bien aidés par les éditeurs qui ont lancé des collections spécifiques pour la jeunesse.

L'affiche du festival « Polar dans la ville », Saint-Quentin-en-Yvelines.
Le grand atout du roman policier - à énigme ou roman noir : le plaisir de la lecture d'abord. Avec son langage accessible, les rebondissements de l'intrigue, les surprises du suspense, son pesant d'émotions fortes, c'est un genre qui, indéniablement, « parle » aux élèves. L'aspect très codé et structuré de cette littérature peut aussi jouer en faveur des lecteurs récalcitrants et des angoissés de la page blanche. Quant à l’énigme, c'est un bon stimulant de la pensée logique.

Mais ce que certains apprécient avant tout dans le genre policier, c’est son ancrage dans la réalité. Ainsi Frédérique Sunder, de l'association L'Ours polar considère-t-elle ce genre comme un moyen d'« ouvrir les yeux sur le monde dans lequel on vit et de donner le goût de la critique sociale. Du coup, précise-t-elle, le polar permet d'aborder à l'école des sujets jugés durs (violence, drogue, viol) et de faire un travail d'éducation sur ces thèmes, facilité par la fiction ».
Alors, pour tous ceux qui voudraient exploiter le filon du frisson, voici quelques adresses et ressources.



Ressources pour la classe
Le roman policier
Un nouveau Thém@doc
« Le roman policier » est un nouveau dossier de la collection Thém@doc (dossiers pédagogiques en ligne). Centré sur le primaire mais ouvert au collège, il décline toutes les spécificités du roman policier et donne des pistes précises pour le pratiquer en classe : choix d'un roman, activités de lecture et d'écriture, travaux d'élèves.

Découvrir le Thémadoc « Le roman policier » (mise en ligne le 10 janvier 2003).


L'Ours polar
Une association partenaire
L'Ours polar, association créée en 1998, c’est surtout une revue trimestrielle qui parcourt toute l'actualité du genre policier : chronique des nouveautés, portraits d'auteurs, présentation de collections, interviews, publication de nouvelles. En juin 2000, elle s'est enrichie d'un supplément jeunesse : « L'Ourson Polar ». La même année, elle est devenue partenaire-ressources du rectorat de Bordeaux ; elle intervient depuis dans des classes, du cycle 3 au lycée.

Aux établissements scolaires, l'association propose des séances d'initiation au genre du polar (histoire, panorama, la BD et le polar, la nouvelle policière, sensibilisation à la chaîne du livre), des rencontres et des ateliers d'écriture avec des auteurs.
Elle peut répondre à la demande dans le cadre d'un projet pédagogique (affinage du sujet, choix des auteurs, recherche de financement) et étendre son rayon d'action à l'ensemble du territoire.

L'Ours polar, 17, rue Carnot, 33490 Saint-Macaire
Tél. 05 56 63 23 20 
Mél contact@ours-polar.com
En savoir plus sur la revue www.ours-polar.com/


La Bilipo
Lieu de référence
La Bilipo (Bibliothèque des littératures policières) est le seul établissement entièrement consacré à la conservation et à la promotion des romans policiers. Un lieu de référence qui se veut aussi lieu d'accueil pour les classes. Elles sont reçues à la demande, dans le cadre d'un projet spécifique, pour une séance d'introduction et de familiarisation avec le genre suivie d'une rencontre avec un auteur. La Bilipo assure également des formations pour les documentalistes et une fonction de conseil (choix des titres et constitution de fonds).

Bilipo, 48-50, rue du Cardinal-Lemoine, 75005 Paris
Tél. 01 42 34 93 00
Mél bilipo1@free.fr


Polar dans la ville
Le temps fort d'un festival

Dans le cadre du festival « Polar dans la ville » de Saint-Quentin-en-Yvelines (78), l'association Le prisme (centre de développement artistique) organise des ateliers d'écriture, en relation étroite avec des écoles primaires et des collèges (voir interview ci-dessous). Ces ateliers débouchent sur la publication de vrais petits livres, « Les Petits Polars du festival ». On peut se les procurer auprès de l'association.


Le prisme, quartier des Sept-Mares, Élancourt, BP 46, 78185 Saint-Quentin-en-Yvelines cedex
Tél. 01 30 51 35 50 et 01 30 51 75 35 (action culturelle)
Mél prisme@san-sqy.fr
En savoir plus
sur le festival
sur les ateliers en milieu scolaire
sur le site du syndicat d'agglomération nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines www.san-sqy.fr/


Et aussi
Le Salon du polar de Montigny-lès-Cormeilles (95), qui a lieu traditionnellement en décembre, décerne un prix Polar jeunesse (cette année, il est revenu à Moka pour Le Petit Cœur brisé, L'École des loisirs). Aux classes, dès la maternelle, sont proposés une liste de titres d’ouvrages pour la jeunesse, des rencontres avec un auteur et un accueil dans le cadre du festival.
Salon du polar, rue de Maupassant, 95370 Montigny-lès-Cormeilles
Tél. 01 30 26 30 50
En savoir plus sur le site de la ville de Montigny www.ville-montigny95.fr/

Les Incorruptibles
Prix Polar lycée
Pour sa troisième édition, le prix Polar lycée des Incorruptibles, organisé par l'Association des libraires, propose une sélection de quatre romans policiers. Après lecture, accompagnée d'interventions des auteurs dans les classes, les lycéens désignent leur lauréat par un vote individuel. Proclamation des résultats en mai.

Mél info@lesincos.com
En savoir plus www.lesincos.com/
Lire le règlement sur www.lesincos.com/


À lire
- Le Polar au collège et au lycée. Dossier paru dans « Page », la revue des libraires. Octobre 2002. 4,57 EUR.

Au sommaire : des articles d'universitaires, notamment« Roman policier et enseignement du français », le point de vue de quelques éditeurs, des interviews d'auteurs et de nombreuses pistes pour un travail en classe et au CDI (itinéraires de lectures, activité d'écriture...).
Disponible sur simple demande à Page, 13 rue de Nesle, 75006 Paris
Tél. 01 44 41 97 21 - fax 01 44 41 97 28
Mél page@pagelib.com

- Les Risques du polar. « Le français aujourd'hui », n° 138, juillet 2002. AFEF. 12 EUR.

Découvrir le sommaire, lire la présentation sur le site www.afef.org/
À commander auprès de l'Association des enseignants de français, 19, rue des Martyrs, 75009 Paris
Tél. 01 45 26 41 41 - fax 01 40 16 93 38
Mél bureau@afef.org

- Le Roman policier pour la jeunesse. « TDC », n° 743, novembre 1997. CNDP. 3,90 EUR.
Lire le sommaire



Questions à Thierry Lefèvre
Auteur de romans policiers pour la jeunesse (Actes Sud Junior)

Dans le cadre du Festival « Polar dans la ville » de Saint-Quentin-en-Yvelines, Thierry Lefèvre a dirigé d'octobre à décembre 2002, avec Sonia Delmas, des ateliers d'écriture dans quatre classes : deux classes de 5e, une de CM2 et une de CE1-CM2.

Comment se sont déroulés ces ateliers ?
Au début de l'année, chaque classe, sous la houlette de son professeur, a imaginé un personnage. Puis, au cours d'un vote, les élèves de collège ont désigné le héros de ceux du primaire, et vice versa. Deux héros ont été choisis : Denis Luxtradini pour le collège, et Paolo Cappuccino pour le primaire. Le travail en atelier a alors démarré en octobre.
Chaque classe a été partagée en deux groupes, chacun pris en charge par un auteur, chacun devant écrire une histoire. Nous disposions de dix heures par atelier, réparties en cinq séances de deux heures. C'était la course !
On commence en expliquant tout de suite ce qu'est un synopsis, une intrigue policière. Ensuite, il nous faut tenir compte de la fatigue des élèves, des contraintes d'emploi du temps. Mais on y arrive !
La demande de départ - une courte histoire policière (dix feuillets) - pousse à privilégier les thèmes simples : le vol, la disparition, un sujet qui fascine particulièrement les élèves. Au final, huit récits ont vu le jour, qui feront l'objet d'une publication dans le cadre du festival.

Étiez-vous entrés en contact avec les enseignants auparavant ?
Chaque enseignant concerné participe à une journée de formation préalable où nous expliquons le projet et donnons quelques pistes sur l'économie du texte policier, la construction d'une intrigue, la matrice d'un personnage.

Avez-vous rencontré des difficultés particulières ?
Au collège, le plus difficile, c'est le travail d'écriture et de finalisation. Une fois le synopsis prêt, la rédaction proprement dite intéresse moins les élèves. Il faut qu'ils comprennent la nécessité de construire un dialogue, de travailler sur les articulations narratives. Au primaire, les élèves sont plus spontanés, moins dans l'autocensure. Ils arrivent à créer des textes qui se tiennent, avec leur style, leur vocabulaire.
On a aussi parfois du mal à faire réaliser la dimension collective du travail. Au début, chaque élève campe sur ses positions, accepte difficilement les idées d'autrui. À nous d'arbitrer et d'expliquer pourquoi on choisit tel verbe ou tel trait de caractère du personnage plutôt que tel autre.

Arrive-t-il que les élèves vous surprennent ?
Il y a toujours un moment très exaltant, celui où l'on bâtit l'intrigue : les idées fusent, tout est possible. C'est l'explosion ! Parfois, les élèves ont une façon expéditive de régler les problèmes, mais aussi la bonne idée au bon moment, celle que je n'aurais pas trouvée. Même au collège, où les élèves paraissent si fâchés avec l'écrit, ils finissent par s'éveiller au projet pour découvrir au final qu'un texte ou un livre n'est pas forcément assommant, qu'on peut apprendre et s'amuser en écrivant. Souvent, on assiste aussi au « réveil » d'un ou deux élèves qui ne s'exprimaient jamais. Et le regard des autres sur eux change.

Quelles sont les réactions finales des élèves ?
Ils se disent plutôt contents de l'expérience. Ils ont appris à mieux maîtriser l'écriture. Ainsi, ils arrivent à manier les verbes au passé simple. Ils ont aussi découvert la façon de construire un texte, le bonheur que cela peut procurer. En général, ensuite, ils lisent plus qu'avant.

Intervenez-vous sur le texte ?
Notre travail d'auteur ne doit pas apparaître en surface. Il s'agit juste de colmater les brèches, et ce, le moins souvent possible. À nous de résister à la tentation d'enrichir le texte. Il faut garder la fraîcheur de l'univers des élèves, quitte à aboutir parfois à des textes un peu boiteux.

Quel est le « plus » du polar à l'école ?
Il oblige à faire un énorme travail sur la construction de l'histoire, sinon l'intrigue ne tient pas. Les élèves apprennent que s'exprimer, ce n'est pas seulement lâcher des idées, mais les organiser par rapport au reste du récit.
Le polar sensibilise aussi au fait qu'il faut jouer avec le lecteur, trouver des outils narratifs pour le séduire : provoquer des rebondissements, introduire des notes d'humour, recourir à des ellipses, créer du suspense.

Que retire l'écrivain que vous êtes de ces ateliers ?
Quand on écrit pour la jeunesse, il faut être en permanence en contact avec elle. Ces ateliers m’apportent des informations concrètes sur ce que les enfants aiment, ce qui leur plaît dans un texte, la façon dont ils s'expriment. On plonge au plus près de leurs préoccupations et on met son travail sur d'autres rails. Car on continue tout le temps d'apprendre à écrire. J'en ressors en général avec une furieuse envie de me mettre au travail et une grande nostalgie des élèves, que je trouve fort attachants. Ils ont beaucoup d'imagination et une fraîcheur que l'on n’a plus adulte.

Propos recueillis par Isabelle Sébert

Découverte du Moyen Âge
Un superbe projet de la BNF
À l'occasion de l'exposition du 24 mars au 22 juin consacrée à Jean Fouquet, peintre et enlumineur du XVe siècle, la BNF propose aux classes un travail original sur le Moyen Âge. Rendez-vous sur son site où un superbe dossier attend enseignants et élèves. Un parcours découverte permettra tout au long de l'année d'explorer différents thèmes. Charge aux classes de conduire une enquête autour de chacun d'eux, et d'effectuer une réalisation. Première étape, à même d'aiguiser les papilles, le repas médiéval. Suivront la construction des cathédrales, la ville, la représentation du pouvoir, le paysage, etc. En accompagnement : de nombreuses ressources en ligne. Un projet à exploiter dès l'école primaire.


Action pédagogique
Tél. 01 53 79 41 00
Mél action.pedagogique@bnf.fr
En savoir plus sur http://classes.bnf.fr/


Concours
Terre de découvertes
2003 est proclamée « Année internationale de l'eau douce ». C'est autour de ce thème qu'est organisé cette année le concours Terre de découvertes proposé par Sciences et vie Découvertes. Les élèves concernés, du CE1 à la 6e, doivent choisir un milieu aquatique, puis réaliser un dossier sous forme de reportages, photos, articles, dessins. Objectif : les sensibiliser à la fragilité des réserves en eau. Inscrire sa classe avant le 10 mars (1 euro par élève). Date limite d'envoi des dossiers : le 28 avril.

Terre de découvertes, Charlotte Bize, 1, rue du Colonel Pierre Avia, 75503 Paris cedex 15
Tél. 01 46 48 47 30 - fax 01 46 48 49 39


Droits de l'homme
Destiné aux élèves de collège et lycée, le concours René Cassin les invite à réfléchir sur un thème relatif aux droits de l'homme. Au programme cette année, un sujet particulièrement ancré dans l'actualité : « La justice et la jeunesse ». Tous les angles d'attaque sont possibles : l'adaptation de la justice à l'enfance, la perception qu'ont les jeunes de la justice, etc. Les travaux sont obligatoirement collectifs. Date limite d'envoi : le 6 juin 2003. Détails et règlement à lire dans le B.O.

En savoir plus dans le B.O. n°1 du 2 janvier 2003 sur www.education.gouv.fr/


Résistance et déportation
La date des épreuves du concours national de la Résistance et de la déportation a été fixée au vendredi 28 mars. Thème de cette édition 2003 : « Les jeunes dans la Résistance ». Le musée de la Résistance nationale met à la disposition des élèves et enseignants participants divers documents, dont un dossier accompagné d'un cédérom (14 EUR) et un dépliant de 4 pages avec pistes de recherches.

Musée de la Résistance nationale, BP 135, 88 avenue Marx Dormoy, 94500 Champigny-sur-Marne
Tél. 01 48 81 45 96 
En savoir plus sur le site du musée www.musee-resistance.com/
Lire le B.O. n° 31 du 29 août 2002 sur www.education.gouv.fr/


Poésie en liberté
Lycéens, à vos muses ! La 5e édition du concours Poésie en liberté, organisé par le lycée Henri Wallon d'Aubervilliers, la Ligue de l'enseignement et les éditions Hatier, se tiendra du 6 janvier au 7 avril 2003. Ouvert à tous les lycéens de France et de Navarre, il se déroule via Internet ; il s'agit d'envoyer par courrier électronique un poème de 10 à 20 vers ou lignes. Les meilleures poésies seront publiées dans un recueil.

En savoir plus sur le site du concours www.poesie-en-liberte.org/
Lire l'interview de Jean-Pierre Cascarino, responsable du concours


Les Géophiles et les Bios
Les Géophiles de Sciences et Vie junior est un concours de géographie ouvert à tous les collégiens. Il se présente sous la forme d'un QCM de 30 questions de réflexion, d'observation et de culture générale. La 8e édition aura lieu le 3 avril 2003. Date limite d'inscription des élèves : le 21 février.
Même principe pour les Bios de Sciences et Vie junior, concernant les SVT. L'édition 2003 aura lieu le 27 mars. Date limite de dépôt des candidatures : le 14 février.
Noter que les sites Web des deux concours proposent des tests de connaissances.

En savoir plus sur les Géophiles sur www.concours-geophiles.com/
En savoir plus sur les Bios sur www.concours-bios.com/



© CNDP - Actualités pour la classe / Avec les élèves
Janvier 2003 - Tous droits réservés. Limitation à l'usage non commercial, privé ou scolaire.