|
|
|
|
|
|
Albums

Déguisons-nous
Auteur et illustrateur, professeur et graphiste, mais aussi danseur et chorégraphe, on ne pouvait trouver meilleur meneur de revue que Remy Charlip pour entraîner les enfants dans un réjouissant défilé de déguisements, l’un de leurs jeux préférés. Casserole, carton, vieux pull de papa, draps usagés, il n’en faut pas plus pour rire, surprendre ses amis, jouer à se faire peur, se mettre dans la peau d’un autre et faire une entrée en scène attendue et remarquée. Simplicité et modernité du trait, dynamisme de la composition, un album plein d’entrain et de joie de vivre. Le tout premier livre de Remy Charlip, publié en 1956 aux États-Unis. De 2 à 5 ans.
Brigitte Andrieux
|
Déguisons-nous
Texte et illustrations de Remy Charlip, traduit de l’américain par Françoise Morvan.
Éditions MeMo.
16 EUR. |
Rufus
Rufus est une chauve-souris, qui, comme tous ses congénères, quitte sa grotte la nuit pour aller chasser. Mais voilà qu’elle assiste à la projection en plein air d’un film en Technicolor… Rufus n’avait jamais vu de telles couleurs et décide de prolonger l’expérience en peignant ses ailes noires aux couleurs des papillons ! Prise de panique à la vue d’une créature inconnue, la population lui tire dessus. Blessé, Rufus tombe, mais, par chance, dans le jardin d’un collectionneur de papillons… Une fois de plus, Ungerer nous parle avec efficacité de la peur de l’étranger, de la bêtise et de l’importance de s’accepter tel que l’on est. Ce « nouvel » album de Tomi Ungerer date en fait de 1961, la même année que Les Trois Brigands, mais alors que ce dernier a été publié en France dès 1968, avec le succès que l’on sait, c’est la première fois que Rufus paraît en France. On y retrouve l’importance du noir qui envahit la page, l’intensité des couleurs et le jeu sur l’opposition entre la clarté et l’obscurité qui seront encore accentués dans Les Trois Brigands. À ne pas manquer. Dès 3 ans.
Brigitte Andrieux
|
Rufus
Texte et illustrations de Tomi Ungerer, traduit de l’américain par Florence Seyvos.
Éditions L’École des loisirs.
13 EUR. |
Nouveaux Contes zen
Contrairement à ce que laisse entendre le titre, ce livre n’est pas à proprement parler un livre de contes. Nous y retrouvons les héros des Petits Contes zen de Jon J. Muth : Anna, Martin, Charles et Eau Paisible, le magnifique panda plein de sagesse. Deux nouveaux : une voisine plus ou moins atrabilaire, Miss Harriety, qui va se révéler être une délicieuse vieille dame un peu seule, et le petit neveu d’Eau Paisible, Célestin, qui s’exprime souvent par des haïkus plus ou moins inattendus. Les personnages sont imprégnés, grâce aux deux pandas, de philosophie zen traduite ici par la poésie et une certaine atmosphère de liberté et d’amour au sens fort. Les illustrations traduisent, avec finesse, à la fois le côté très réaliste des jeux et de la vie des enfants et le côté intellectuel, presque abstrait, de la philosophie. Et toujours cette habileté de l’auteur à transmettre un message sans pesanteur par un texte plein d’humour et par la grâce de ses images : un bon chemin vers les contes de sagesse ! Pour les 5-9 ans.
Brigitte Andrieux
|
Nouveaux Contes zen
Texte et illustrations de Jon J. Muth, traduit de l’américain par Catherine Bonhomme.
Éditions Circonflexe, coll. « Albums ».
14,50 EUR. |

Poésie

Rondeaux : poésies
Le rondeau est une forme ancienne de poésie qui fonctionne sur deux rimes et la reprise du premier vers : à l’origine, on le chantait en faisant la ronde. Jacques Roubaud en a composé une petite trentaine autour de la nature et des animaux, où la fantaisie et l’humour règnent en maîtres. Et c’est vrai que l’on se voit bien les chanter et que l’envie nous prend de danser. C’est joyeux, la plupart sont faciles à comprendre (Rondeau de l’écureuil) et à mémoriser car « un rondeau, ce n’est pas long », d’autres un peu plus compliqués (Rondeau du rhododendron), certains parlent du quotidien (Rondeau des moineaux qui vont à l’école), d’autres nous entraînent plus loin (Rondeau des antilopes), enfin certains ont des similitudes avec des airs connus (Rondeauderdrome du furet). Et, cerise sur le gâteau, ces petits poèmes sont magnifiquement mis en images, tout en couleurs, par trois illustrateurs de talent. Un petit bijou rare, à déguster sans modération. Pour les 6-9 ans.
Aline Eisenegger
|
Rondeaux : poésies
Textes de Jacques Roubaud, illustrations de Dominique Corbasson, Monique Félix et Hélène Usdin.
Éditions Gallimard Jeunesse, coll. « Folio cadet ».
4,90 EUR. |

Contes

Mon premier livre de contes et de comptines
Remarquable réédition d’un livre publié à Londres en 1947 qui réunissait quatre histoires publiées en fascicules séparés dès 1946. Qui a tué Robin Rouge-Gorge ?, Le Bonhomme de pain d’épice, Les Trois Petits Cochons, Les Trois Ours : une comptine peu connue en France qui fera fureur chez nos petits, n’en doutons pas, et trois contes très connus, tout droit venus des recueils de Joseph Jacobs et autres, via Sara Cone Bryant. Excellentes versions (on appréciera en particulier celle des Trois Ours), remarquablement traduites par Françoise Morvan. Mais ce qui fait l’intérêt essentiel de ce livre, c’est l’illustration. Peintre, illustratrice, graphiste, décoratrice de théâtre, Franciszka Themerson déployait ici tous ses talents : grands aplats de couleurs, personnages stylisés pleins de dynamisme, de drôlerie, voire d’incongruité. Elle faisait ainsi chanter de manière incomparable ces textes traditionnels pour enfants. Pour les 2-8 ans et pour tous ceux qui aiment les contes et la poésie.
Évelyne Cévin
|
Mon premier livre de contes et de comptines
Texte et illustrations de Franciszka Themerson, traduit par Françoise Morvan.
Éditions MeMo, coll. « La Collection des Trois Ourses ». 28 EUR. |
Prince Serpent
Intéressante version persane de L’Épouse à la recherche de l’époux disparu (cf. « Amour et Psyché »…) où s’entremêlent joliment divers motifs connus dans d’autres contes. Dans ce texte simple et efficace, l’intérêt réside dans la confrontation de la langue écrite avec la langue orale du CD. Jihad Darwiche raconte vraiment : il ne reprend pas mot à mot son texte écrit, et l’on comprend alors la pertinence du passé simple, du passé composé ou du présent (bien mieux que tant d’inutiles débats) ! Voilà une très jolie démonstration : oui, le conte populaire peut être écrit au passé simple, même s’il s’adresse à des enfants ! C’est un bonheur d’entendre le rythme de la voix de J. Darwiche, c’en est un aussi, inestimable, d’entendre celle du conteur persan. La musique est discrète et bienvenue. L’illustration, toute d’ocre, de blanc et de marron, avec ses minuscules personnages, traduit avec délicatesse et intelligence l’étrangeté du récit, le charme, l’intimité de cette belle histoire d’amour et aussi sa dureté. À partir de 7/8 ans et spécialement pour les adolescents qui entendront avec profit l’histoire de cette femme particulièrement remarquable.
Évelyne Cévin
|
Prince Serpent
Texte de Jihad Darwiche, illustré par Azadeh Madani.
Éditions Lirabelle.
15 EUR. |

Romans

Vérité, Vérité chérie
« Camille était une petite louve parfaite… », ainsi commence cette délectable histoire d’une petite louve à qui tout réussit, qui est la meilleure en tout, aimée de tous. Mais quand le professeur de chasse donne comme devoir : « Je fais le portrait de mon grand-père », une boule d’angoisse surgit. Les grands-pères, c’est un sujet tabou à la maison, un lourd secret plane autour d’eux. Camille enquête et découvre, avec horreur, que son grand-père est celui qui a mangé la grand-mère du Petit Chaperon rouge ! C’est drôle, c’est fin, et il y a un véritable suspense. Une première version a été diffusée sur France Culture en juin 2008. Pour les 7-9 ans.
Aline Eisenegger
|
Vérité, Vérité chérie
Texte de Valérie Zenatti, illustré par Audrey Poussier.
Éditions L’École des loisirs, coll. « Mouche ».
8 EUR. |
Cascades et Gaufres à gogo
Trille, un petit garçon, et Lena, qui vit seule avec sa mère et demande comme cadeau, pour ses 9 ans, un… papa (! ), sont les meilleurs amis du monde, même si aucun des deux ne l’avoue. Lena a mille idées à l’heure, et plutôt des bêtises dans lesquelles elle entraîne Trille qui ne peut rien lui refuser. Ils vivent dans une petite baie et Lena est la seule fille du coin. Le roman se déroule l’été, pendant les vacances, au cours desquelles un jeune médecin nouvellement installé va devenir le mari de la mère de Lena, qui du coup va avoir un papa. Tout va pour le mieux ? Non car cela implique un déménagement, et donc s’éloigner de Trille, et ça, c’est tout simplement impossible. Heureusement, les adultes veillent et vont permettre aux enfants de rester ensemble. Un roman extrêmement touchant et drôle. À partir de 9 ans.
Aline Eisenegger
|
Cascades et Gaufres à gogo
Texte de Maria Parr, traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud.
Éditions Thierry Magnier, coll. « Roman ».
10,50 EUR. |
L’Étonnante Disparition de mon cousin Salim
À l’étrangeté de la disparition du cousin de Ted et Kat, jamais redescendu de la grande roue de Londres où il était monté, s’ajoute l’étonnante enquête menée par les deux adolescents et racontée par Ted. C’est que le jeune détective en culottes courtes, affecté d’un syndrome proche de l’autisme, a des manières de penser et d’agir qui rompent avec les logiques habituelles. En élaborant neuf théories pouvant expliquer le phénomène, il analyse, déduit, formule des hypothèses saugrenues ou pleines de bon sens qui ont le mérite de faire avancer les choses. Lui confier la narration est à la fois un tour de force et une idée lumineuse. L’écriture y gagne en inattendu, humour, trouvailles, au gré de l’esprit si particulier du garçon. Le tout contribue à un roman fort qu’on ne lâche pas, qui fait souvent sourire autant qu’il émeut. Une nouvelle confirmation du talent de l’auteure, aujourd'hui décédée. À partir de 11 ans.
Joëlle Turin
|
L’Étonnante Disparition de mon cousin Salim
Texte de Siobhan Dowd, traduit de l’anglais par Catherine Gibert.
Éditions Gallimard Jeunesse.
12 EUR. |
Un ticket pour la Lune
Liam a 12 ans, du poil au menton, il mesure plus d’un mètre 80 et n’a pas froid aux yeux… si bien qu’on le prend très souvent pour un adulte. Passionné par les jeux vidéo et les parcs d’attraction, il gagne un concours pour découvrir en avant-première, avec « sa fille » (en fait, une copine de classe) un tout nouveau parc en Chine qui a pour attraction vedette une véritable fusée ! Mais les choses ne se déroulent pas comme prévu, et les voilà qui dérivent dans l’espace… Reviendront-ils sur Terre ? Un roman désopilant et tendre, écrit à la première personne, qui en dit beaucoup, mine de rien, sur la difficulté de grandir (Liam trouve que ce n’est pas toujours très drôle d’être un adulte, qui plus est responsable d’une fille) et les relations père-fils. Une nouvelle réussite pour cet auteur qui nous a déjà proposé deux romans très originaux, Millions qui vient d’être réédité en poche, autour de l’argent et de l’économie, et Le Crime parfait où il montrait comment l’art peut changer le regard sur la vie. Trois romans traduits en français chez Gallimard, avec à chaque fois une atmosphère particulière et beaucoup d’humour mais aussi de réflexions sur la vie, la famille, la solidarité. À partir de 11 ans.
Aline Eisenegger
|
Un ticket pour la Lune
Texte de Frank Cottrell Boyce, traduit de l’anglais par Catherine Gibert.
Éditions Gallimard Jeunesse. 13,50 EUR. |
L’Anneau du prince
Voilà de quoi consoler, et bien davantage, ceux qui ont la nostalgie des romans de Stevenson. Les aventures picaresques du jeune Tom Collins, né en 1639 sur l’île de Nevis, sont à la fois appel du large, goût forcené pour l’ailleurs, magie des rencontres les plus insolites, ivresse de la quête, hymne à l’ingéniosité de la jeunesse et aussi saveur du conteur à travers la volubilité et l’imagination du héros. Pour échapper à son existence misérable, Tom se fait chercheur d’épaves et de trésors. Le jeune esclave qu’il sauve de la noyade est un prince, lui dit-on, et sa disparition soudaine justifie le départ du garçon. Tour à tour pêcheur, forgeron, contremaître d’esclaves en Jamaïque, goûteur et apprenti pirate, sa quête lui fait croiser des personnages inoubliables, le met dans des situations exceptionnelles, le tout raconté avec une verve et un humour qui font de la lecture de ces 536 pages un intense moment de plaisir. À partir de 12 ans.
Joëlle Turin
|
L’Anneau du prince
Texte de Bjarne Reuter, traduit du danois par Nils Ahl,
Éditions L’École des loisirs, coll. « Médium ».
12,50 EUR.
|
Quand mon frère reviendra
Un texte tout en finesse et en subtilité qui, à propos de la fugue d’un adolescent, questionne sur les raisons qui peuvent pousser un garçon de 16 ans à préférer les conditions difficiles de la rue au confort de sa vie de famille. Le roman, en trois parties, s’ouvre sur l’annonce de la découverte de Philippe dans un squat, suivie des souvenirs de ces six mois d’inquiétude et d’absence et du retour à la maison. C’est Lia, sa sœur, qui essaie de comprendre pourquoi Philippe est parti, pourquoi il n’a pas cherché à revenir, pourquoi il veut repartir. Si elle ne retrouve pas le frère qu’elle a perdu, elle approche peu à peu la personnalité complexe d’un adolescent qui ne rencontre pas dans sa famille l’écoute qu’il attend, qui ne partage pas les rêves de ses parents, qui refuse le formatage et le manque total de perspective. Un beau portrait en creux d’un adolescent d’aujourd’hui. À partir de 12 ans.
Joëlle Turin
|
Quand mon frère reviendra
Isabelle Collombat.
Éditions Le Rouergue, coll. « doAdo ».
11,50 EUR.
|
Le Chagrin du roi mort
La mort du vieux roi aimé de tous marque la fin d’une période bénie dans la petite île paisible de Basse-Terre où Guerolf, son neveu, décide de prendre le pouvoir par la force. Deux enfants qui se croient frères jumeaux, Brisco et Aleks, sont séparés par l’enlèvement du premier, héritier légitime du trône sans le savoir. En mêlant réalité et fantastique, le roman donne à voir la recherche éperdue de l’enfant disparu par sa famille adoptive aidée d’une sorcière mangeuse de rats et l’évolution des deux garçons désormais séparés. Élevé dans la haine des siens, Brisco apprend à aimer la force combative de Guerolf et rêve de l’égaler. Aleks, toujours attaché à son frère et à sa terre, part huit ans plus tard se battre sur le continent où il est confronté aux pires souffrances mais y rencontre l’amour sous les traits d’une belle cantinière étrangère. Tout cela est raconté avec une verve colorée et un rythme étonnamment dynamique qui traduisent une imagination fertile au service d’un récit palpitant. Bravo ! À partir de 13 ans.
Joëlle Turin
|
Le Chagrin du roi mort
Jean-Claude Mourlevat.
Éditions Gallimard Jeunesse. 17 EUR. |

Documentaires

La Science enquête : les métiers de la police scientifique
En collaboration avec l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), les éditions Seuil Jeunesse et la Cité des sciences et de l’industrie proposent un ouvrage passionnant sur les métiers de la police scientifique et sur les pratiques de terrain et de laboratoire qu’ils induisent. Il a fallu beaucoup de temps avant qu’il ne soit fait appel à la science – on était plutôt dans l’irrationnel – pour rechercher la vérité. Aujourd’hui, les enquêtes se déroulent selon des règles précises, elles font appel à des personnels très spécialisés et à des techniques d’investigations pointues. Le lecteur suivra avec intérêt le balisage du lieu du crime, les détails concernant la balistique, l’inspection des feux, la recherche d’indices ou d’empreintes et la microanalyse, l’étude des restes de squelette et de substances toxiques, la présence d’insectes. Les progrès en matière de détection et d’analyse sont spectaculaires, l’ADN et les moyens de communications informatiques font partie des nouvelles pistes de recherche... Qu’en sera-t-il dans le futur ? À partir de 9 ans.
Christine Rosenbaum
|
La Science enquête : les métiers de la police scientifique
Texte de Éric Chenebier, illustré par Buster Bone.
Éditions Seuil Jeunesse/Cité des sciences et de l’industrie. 15 EUR.
présentée à la Cité des sciences et de l’industrie à Paris jusqu’au 3 janvier 2010
www.cite-sciences.fr/ |
Mission Lune
21 juillet 1969 : un homme pose pour la première fois le pied sur la Lune. Une aventure scientifique, technique et humaine décrite dans un ouvrage abordant également tout ce qui a trait aux mythes, croyances et aux premières observations de cet astre, et ce, dès la préhistoire et l’Antiquité. Des photographies font revivre les acteurs de cette « course à l’espace », engagée entre l’Union soviétique et les États-Unis dès le milieu des années 1950. Un grand format pour entrer dans le détail des préparatifs (hommes et matériel) de la mission Apollo 11 et de ce programme lunaire achevé en 1972 avec Apollo 17. Des coupes de la fusée Saturn V et du module lunaire, des séquences expliquant toutes les phases du vol depuis le décollage jusqu’au retour de l’équipage sont autant d’informations qui passionneront les lecteurs avertis comme les néophytes. Des pages sur les caractéristiques lunaires : phases, structure, sols et sur une future base de long séjour complètent l’ensemble. Un DVD fait revivre les moments émouvants du premier alunissage. C’était il y a 40 ans ! À partir de 9 ans.
Christine Rosenbaum
|
Mission Lune
Alan Dyer, traduit de l’anglais par Robert Giraud.
Éditions Flammarion.
19,90 EUR. |
La Joie par les livres

|
|
|
|
|