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J'ai découvert au lycée cette histoire d'une île qui vole dans le ciel
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Hayao Miyazaki est le créateur de « Princesse Mononoké » et de l'éblouissant « Voyage de Chihiro ». « Le Château dans le ciel » qui date de1986 augurait pleinement du charme et de la force de ces deux œuvres. Il confie, ici, quelques éléments de la genèse de son film.
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Quand avez-vous découvert Les Voyages de Gulliver où vous avez trouvé l’idée de Laputa, l’île flottante? Êtes-vous fidèle à la description qu’en donne Swift dans son livre ?
Je n’ai jamais lu Les Voyages de Gulliver en entier. J’ai souvenir d’une version courte pour enfants. Tous les lecteurs ont en mémoire le héros visitant Lilliput, le pays aux habitants minuscules, mais j’ai aussi lu ses voyages dans d’autres contrées. J’étais encore au lycée quand j’ai découvert cette histoire d’île qui vole dans le ciel. Quand j’ai commencé à écrire le film, je ne me souvenais plus de son nom. C’est ma femme qui s’est plongée dans une encyclopédie et a retrouvé le nom de Laputa. Je voudrais aussi mentionner que, chez Swift, la moitié supérieure de l’île est verte, la partie inférieure étant réservée aux machines industrielles. Dans ma version, il n’y a pas de partie basse.
Vous avez déclaré que cette histoire avait été écrite en relation à votre enfance. En quoi ?
Quand j’étais enfant, j’adorais les comic books pour la jeunesse. J’aimais particulièrement Sabaku no Maho (La Magie du désert), de Tetsuji Fukushima. J’étais lycéen et, durant les années de ma cinquième et de ma quatrième, je l’ai lu et relu, le cœur battant. Il y avait un épisode autour d’un bijou qui donnait le pouvoir de voler. J’en ai été si marqué que j’ai voulu réaliser un film sur une pierre magique. Quand il était encore à l’état de projet, je l’avais intitulé « Le jeune Pazu et le mystère de la pierre volante ».
Le décor du village des mineurs, avec ses maisons qui semblent attachées à la montagne, est une superbe trouvaille.
En tant que producteur, Isao Takahata [réalisateur du Tombeau des lucioles et de Mes voisins les Yamada et ami de Miyazaki] nous avait dit que si nous faisions un film sur la Révolution industrielle, nous devrions absolument visiter l’Angleterre. Le décor du film doit beaucoup à notre visite de la vallée de Rhondda, dans le sud du Pays de Galles où nous sommes allés chercher l’inspiration. Si vous passez par Rhondda, vous constaterez que l’environnement de tout le début du film existe bien.
Qu’est-ce qui vous a inspiré votre superbe générique sur fond de gravures de machines volantes ? Peut-on parler d’un hommage à Jules Verne ?
À la fin du XIXe siècle, on trouve beaucoup d’illustrations et de croquis de machines sorties des imaginations les plus folles. J’ai créé ces gravures en m’inspirant de ces croquis. Donc l’influence ne se limite pas à Jules Verne.
Vos pirates sont très drôles. Et à la fin, on découvre que Dora, leur chef, n’est pas si méchante que ça. C’est un petit message à la jeunesse sur la relativité du bien et du mal ?
Ce sont mes frères qui ont servi de modèles aux pirates. J’en ai trois (je suis le deuxième) et il m’arrive de les prendre comme références dans mes films. J’ai un autre aveu à vous faire : c’est ma mère qui a inspiré le personnage de leur chef, Dora. Quant au problème du bien et du mal, c’est une évidence : tout le monde a de bons et de mauvais côtés.
Extrait du dossier de presse
Hayao Miyazaki et les studios Ghibli
Le Château dans le ciel est l’un des premiers films issus des studios Ghibli (du nom d’un avion italien de la dernière guerre admiré par Miyazaki), aujourd’hui mondialement connus. Nés en 1984 de l’association de l’homme d’affaires et éditeur Yasuyoshi Tokuma et de deux cinéastes déjà confirmés, Hayao Miyazaki et son ami Isao Takahata, ces studios allient le dispositif d’une industrie redoutablement efficace à un savoir-faire très artisanal. Grâce au professionnalisme d’une centaine de personnes, parmi les meilleurs dessinateurs et animateurs du Japon, et surtout grâce à la priorité accordée aux choix des réalisateurs sur les contraintes du marketing, les scénarios les plus originaux de Miyazaki et Takahata se sont concrétisés. Avec Porco Rosso (1992), Princesse Mononoké (1997) et Le Voyage de Chihiro (2001) du premier, et Le Tombeau des lucioles (1998) et Mes voisins les Yamaha (2001) du second, l’anime (film d’animation japonais, à ne pas confondre avec le manga, récit dessiné sur papier) a conquis ses plus belles lettres de noblesse. Au fil du temps, les techniques se sont sophistiquées (elles ont notamment intégré l’outil informatique, dont ne bénéficiait pas encore Le Château dans le ciel, en 1986) et les studios Ghibli se sont agrandis. Ils rivalisent désormais avec les plus grandes compagnies productrices de dessins animés, Disney et DreamWorks en tête. Quant à Hayao Miyazaki, il est aujourd’hui l’égal d’un Akira Kurosawa, avec qui il entretenait d’ailleurs des rapports de grand respect.
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