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Mis en ligne le 26 octobre 2004
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Un temps de parole et de régulation de la vie scolaire
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L'heure de vie de classe est ce temps particulier qui permet aux élèves de s'exprimer sur la vie de la classe, la vie de l'établissement, leur vie tout court. Elle suscite les enthousiasmes comme les réticences. Les uns y voient un cadre pour aplanir les tensions, gérer les conflits, aider chacun à trouver sa place au sein de l'école. Les autres redoutent son aspect défouloir, critiquent son manque de structuration, son inutilité. Cette heure qui bouscule l'ordonnancement des cours traditionnels n'est pas toujours facile à exploiter. Et pourtant, les problèmes d'incivilité, de violence, de démotivation qui affectent l'institution scolaire peuvent trouver là un espace de médiation et de prévention. D'où ce dossier qui explicite les enjeux et les modalités de ce dispositif.
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En 1999, suite au rapport sur le collège de l'an 2000 et la consultation sur la vie lycéenne, deux notes au B.O. préconisent l'inscription d'une heure de vie de classe dans l'emploi du temps des élèves, au collège comme au lycée. L'intention est claire : donner la parole aux élèves, favoriser le dialogue avec les enseignants et les membres de l'équipe éducative. L'objectif est d'offrir aux établissements un outil de médiation pour réguler la vie de la classe, désamorcer les conflits et ouvrir l'école sur les préoccupations adolescentes. On sait aujourd'hui combien l'absence de communication entre élèves et adultes, l'absence de parole sur le sens de l'école et l'absence de prise des élèves sur leur vécu scolaire peuvent faire violence.
Dans les faits, la mise en place de l'heure de vie de classe se heurte cependant à quelques difficultés. Institutionnelles d'abord. L'heure de vie de classe n'est pas forcément inscrite dans l'emploi du temps du professeur principal pourtant chargé de son organisation, ni dans le projet d'établissement. Sa rémunération reste dans le flou. Lui trouver un « bon » créneau horaire relève parfois de l'exploit. Pédagogiques ensuite. Les contenus n'en sont pas vraiment définis. Les enseignants ne se sentent pas forcément armés pour l'animation d'un groupe, fonction qui outrepasse leur rôle de « transmetteur de savoirs ». Du coup, on reproche à l'heure de vie de classe d’être une perte de temps, de n'ouvrir qu'un bureau des doléances bien stérile ou de devenir un lieu de règlements de compte pas toujours maîtrisable quand elle ne sert pas tout simplement à finir un cours ou un programme.
Apprendre à mieux vivre ensemble pour mieux apprendre ensemble Certes, l'heure de vie de classe ne saurait constituer une panacée et peut s'avérer un outil à manier avec précaution si le climat d'un établissement est par trop tendu. Il n'empêche que de nombreux sujets tels que le rôle des délégués, la préparation d'un conseil de classe, des actions de prévention ou encore le travail sur l'orientation y sont abordés avec profit. Les enseignants qui se sont emparés de ce dispositif (certains depuis de nombreuses années) en soulignent avec force les bénéfices : une meilleure ambiance dans la classe, un retour fructueux sur leur propre pratique, des élèves davantage concernés par les apprentissages. Comme si apprendre à mieux vivre ensemble permettait de mieux apprendre ensemble. Les apprentissages ne sont d'ailleurs pas absents de l'heure de vie de classe que ce soit l’apprentissage de la citoyenneté (exprimer ses idées, les confronter, de façon régulée), de la démocratie (chercher à dégager, de façon négociée, avis et propositions), de la vie ensemble (réfléchir avec d'autres, à soi, son attitude, son avenir). En fait, l'heure de vie de classe apparaît comme un lieu charnière de la vie scolaire où l'individu se confronte au groupe, où les élèves nouent des relations différentes avec les personnels-adultes, où la classe rencontre l'établissement, où se croisent éducation et instruction. Pour bien comprendre ce qui se joue dans l’heure de vie de classe, nous avons demandé son avis à François Dubet (L'entretien), interrogé deux praticiens de l'heure de vie de classe impliqués dans des actions de formation (Expériences, témoignages), exploré la richesse des contributions sur le sujet (Ressources) et construit à partir de là un guide pratique. Bonne lecture !
Dossier coordonné par Isabelle Sébert, réalisé avec la collaboration de Céline Dunoyer, professeur de lettres, Claire Lafage, documentaliste, Antonella Vesta, professeur de lettres-histoire-géographie, Marie-Line Périllat-Mercerot, professeur d'anglais.
En savoir plus
- Un collège pour tous et pour chacun : « Mieux vivre dans la Maison-collège » B.O. supplément au n° 23 du 10 juin 1999 www.education.gouv.fr/
- Réforme des lycées : classes de seconde générale et technologique - rentrée 1999 (III - Autres dispositions nouvelles de la réforme) B.O. n° 21 du 27 mai 1999 www.education.gouv.fr/
- Préparation de la rentrée 2001 en lycée professionnel (III - Développer la dimension éducative de la formation et en particulier l'apprentissage de la citoyenneté) B.O. n° 23 du 7 juin 2001 www.education.gouv.fr/
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