Les enfants handicapés et l'école
Guide pour l'enseignant 
 


 

Encourager l'intégration

Entretien avec Serge Lefèbvre

Du côté des maîtres

Guide pour l'enseignant

Ressources
 
Actualisé le 23 janvier 2006

Serai-je soutenu ? Faut-il que je change ma pédagogie ? Quel regard porter sur cet élève ? Existe-t-il des formations ? Autant de questions pour l’enseignant chargé d’accueillir dans sa classe un enfant handicapé et auxquelles ce guide tente de répondre.


Accompagnement
TITEUF par Zep. 2002.
Première appréhension : avoir à assumer seul l’accueil d’un élève handicapé, tâche pour laquelle on ne se sent pas forcément armé. Or, si beaucoup reste à faire pour accompagner l’enseignant, des dispositions existent déjà qui permettent de trouver soutien, conseils et coopération.

L’élève est intégré dans le cadre d’un projet individualisé qui permet de fixer des objectifs d’apprentissage, de déterminer leurs modalités de mise en œuvre, de coordonner l’action de tous ceux qui interviennent auprès de l’enfant. Au primaire, ce projet associe, aux côtés de l’enseignant et du directeur de l’école, une équipe élargie qui comprend :
  • les personnels chargés des soins et de la rééducation lorsque ceux-ci sont nécessaires ;
  • le médecin et le psychologue scolaires qui, les premiers, renseigneront sur la nature du handicap et les conduites à tenir ;
  • l’instituteur spécialisé itinérant, si le poste existe dans le département, à même de donner toutes les informations nécessaires et d’assurer un travail de soutien auprès de l’enfant.
On retrouve les mêmes partenaires (moins le psychologue scolaire mais avec le conseiller d’orientation) dans le second degré, notamment dans le cadre des unités pédagogiques d’intégration (UPI).
Reste que ce réseau de ressources suppose de collaborer avec des professionnels d’horizons différents, de leur ouvrir ponctuellement sa classe, ce qui n’est pas toujours facile.
Autre interlocuteur privilégié, à l’extérieur de l’école cette fois, le secrétaire des commissions départementales d’éducation spécialisée (CCPE pour le premier degré et CCSD pour le second degré) qui peut faciliter les contacts avec les familles et les services d’accompagnement et de soins.
Mais, dans sa classe, l’enseignant demeure maître de sa pédagogie.

Pédagogie
À la question souvent posée, « Faut-il changer sa manière d’enseigner ? », la réponse est non. Il n’y a pas deux pédagogies, l’une pour l’enfant handicapé, l’autre pour l’enfant « ordinaire ». Il faut essentiellement procéder à des adaptations.
Exemples :
  • choisir des documents lisibles et contrastés, débarrassés des messages inutiles pour un enfant malvoyant, limiter sa production d’écrit ;
  • ne jamais disparaître du champ visuel d’un enfant sourd qui lit sur les lèvres, bien lui parler de face ;
  • adopter un temps l’écriture scripte, utiliser des objets déplaçables pour apprendre à dénombrer, pour les enfants souffrant de déficiences motrices ;
  • simplifier l’information pour les enfants présentant des troubles cognitifs.
Et souvent, pour tous, accepter une certaine lenteur, réduire la taille des exercices, aménager les rythmes de travail.
On trouvera tous ces conseils largement détaillés dans les « Guides à destination des professionnels » mis en ligne sur le site du ministère (voir « Infos »).
Dans un premier temps, la mise en place de ces changements peut sembler alourdir la tâche, faire craindre, même, qu’ils ne viennent ralentir le rythme de la classe. En fait, cette recherche de réponses différentes a plutôt tendance à enrichir la pédagogie et à permettre, ensuite, une meilleure approche des situations très diverses de l’enseignement aujourd’hui.
Quant aux élèves en difficulté, loin de les pénaliser, ces adaptations favorisent leurs propres apprentissages.

Regard
Une intégration réussie se joue aussi dans le regard porté sur l’élève. Le handicap peut légitimement effrayer, déranger. On risque alors de se focaliser sur lui, de définir l’élève par ses seuls manques, de ne plus l’appréhender comme une personne à part entière. Or l’enfant handicapé est d’abord un enfant qui n’aime rien tant que d’être considéré comme les autres. Alors, cela peut commencer par une simple question de vocabulaire, en évitant le recours au catalogage (« l’aveugle », « le sourd », « le trisomique »).
Autre regard, celui qui banalise, qui veut gommer la différence, « faire comme si » et, par négation des besoins et difficultés, risque de mettre l’élève en situation d’échec.
L’équilibre, il est vrai, n’est pas facile à trouver entre la reconnaissance d’une différence et le refus d’y aliéner l’enfant.
Du côté des élèves, la présence d’un élève handicapé dans leur classe les amène à poser un autre regard sur la différence. Ils trouvent là l’occasion d’exercer leur esprit de tolérance, d’apprendre la solidarité, le respect de l’autre.

Formation
Longtemps inexistante, elle est encore imparfaite. Mais désormais, tous les élèves d’IUFM suivent obligatoirement un module d’une dizaine d’heures de sensibilisation à l’accueil des enfants handicapés, qui devrait les laisser moins démunis le jour J.
Côté formation continue, les inspecteurs d’académie ont mission d’inscrire des actions adéquates pour aider les enseignants en charge d’un élève handicapé. Dans certains départements, des stages ciblés peuvent être organisés pour l’équipe qui accueille. Se renseigner donc auprès de son inspection.
Enfin, le CNEFEI (Centre national d’études et de formation pour l’enfance inadaptée) reste, au niveau national, le lieu ressource privilégié qui propose aussi de nombreux stages.

Un numéro azur Handiscol’, 0 801 55 55 01, destiné aux familles et aux enseignants qui interviennent auprès d’enfants et adolescents handicapés.
Des guides pratiques indispensables pour tous les enseignants qui accueillent un élève handicapé (informations sur le handicap, sur la pédagogie, renseignements utiles). Disponibles sur le site du ministère www.education.gouv.fr/
Une expérience d’enseignement des mathématiques à des élèves déficients visuels intégrés dans une classe ordinaire de collège. Lire le compte rendu sur le site de l’académie de Créteil www.ac-creteil.fr/
Les stages proposés par le CNEFEI www.cnefei.fr/
Les formations AIS (adaptation et intégration scolaires) en IUFM www.iufm.fr/
Les dernières circulaires
« Adaptation et intégration scolaires : des ressources au service d’une scolarité réussie pour tous les élèves ». Circulaire n° 2002-111 du 30.4.2002.
B.O. n° 19 du 9 mai 2002 www.education.gouv.fr/
« Les dispositifs de l’adaptation et de l’intégration scolaires dans le premier degré ». Circulaire n° 2002-113 du 30.4.2002.
B.O. n° 19 du 9 mai 2002 www.education.gouv.fr/
« Scolarisation des élèves handicapés dans les établissements du second degré et développement des unités pédagogiques d’intégration (UPI) ». Circulaire n° 2001-035 du 21.2.200.
B.O. n° 9 du 1er mars 2001 www.education.gouv.fr/



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