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L’École se défie souvent des produits qui lui arrivent avec un énorme tam-tam médiatique. Et pourtant, elle pourrait faire une exception pour un drôle de jeune garçon à lunettes, Harry Potter de son nom et sorcier de profession. Car ce dernier a plus d’un tour dans son sac. Il réussit, notamment, à faire goûter les joies de la lecture à des millions d’enfants de par le monde. Alors, si à votre tour, il vous prenait l’envie de travailler en classe avec Harry Potter, voici un dossier pour vous y aider.
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 Harry Potter, le jeune sorcier qui ensorcelle les enfants.
© Patrick Léger |
Tout a été dit sur le phénomène Harry Potter, cet incroyable succès d’édition qui a dopé la diffusion de livres dans le monde entier : les trois premiers tomes, traduits en 30 langues, se sont vendus à 40 millions d’exemplaires en trois ans. Tout a été fait aussi pour que ces ouvrages (quatre à ce jour) ne passent pas inaperçus. On se souvient de l’incroyable battage autour de la sortie du dernier tome. Les files d’attente qui s’étiraient devant les librairies ouvertes à minuit pour l’occasion, les piles de livres prises d’assaut. Et que dire du vacarme qui risque de précéder la sortie du film annoncée pour le 5 décembre prochain !
Alors en parler aussi en classe ? Et qui plus est l’étudier ? Pourquoi pas, quand on constate, qu’au-delà de l’effet médiatique et commercial, ce sont des ouvrages que les enfants, les adolescents dévorent. Ainsi Guillaume, 10 ans, en CM2, raconte-t-il qu’une fois passées les premières pages où il s’est dit « c’est long », il s’est suffisamment laissé prendre pour, dès la fin de sa lecture, se procurer aussitôt le tome suivant. Le verdict tombe sans appel « Un des meilleurs livres que j’ai lu ». Entre autres exploits, Harry Potter réussit également à en détourner plus d’un des jeux vidéo et autres Pokémons. Bref il s’avère à lui seul capable de redorer le blason de la lecture.
Un mélange unique de réalisme et de fantastique À cela plusieurs raisons. On connaît le goût actuel des jeunes pour la sorcellerie. Halloween fait fureur. Les séries télévisées dans lesquelles les héros ont des pouvoirs magiques se multiplient (« Charmed », « Sabrina, l’apprentie sorcière », le dessin animé « Sakura »). Revues et ouvrages sur le sujet fleurissent.
Mais Harry Potter n’est pas un sorcier comme les autres. D’aucuns plébiscitent le mélange unique de réalisme, de suspens et de fantastique dans lequel baignent ses aventures - « Souvent dans les autres histoires les sorciers sont méchants mais ici ils sont comme les autres », commente ainsi Guillaume. Sans parler de l’humour délicieusement pince-sans-rire qui emballe le tout. C’est d’abord l’originalité du sujet qui a incité Virginie Fauvin à étudier le tome I de Harry Potter avec ses élèves de 5e d’un collège ZEP de Nemours. « Et aussi, précise-t-elle, parce que l’univers du livre est proche de celui des adolescents, de leurs fantasmes (qui n’a rêvé de pouvoir se rendre invisible ?) comme de leurs préoccupations (ne pas arriver en retard à l’école, se moquer des profs, parler avec les copines, etc.). L’ouvrage permet de rebondir sur d’autres textes fantastiques de Tolkien à Maupassant ». Et de conclure : « Un livre facile à lire, un personnage attachant ». Qui l’eut cru ? En primaire aussi on n’hésite pas à aborder Harry Potter. Ainsi Véronique Bavière s’est-elle lancée dans sa lecture avec ses élèves de CE2 d’une école de Belleville (Paris 19e). Certes, c’est la maîtresse qui lit. « Quand on ne comprend pas un mot, on l’explique avec les mots des élèves et éventuellement on regarde dans le dictionnaire. En fait, le vocabulaire est relativement récurrent et l’écriture très maligne car ce sont souvent les personnages eux-mêmes qui expliquent les mots ». Et ça marche à tel point que le livre est devenu un objet de chantage : « Si vous n’êtes pas sage, on ne fait pas Harry Potter ». Une telle unanimité finirait par devenir suspecte. Heureusement, en cherchant bien, on finit par dénicher des détracteurs de Harry Potter. Dans un article paru dans Libération, Pierre Bruno, maître de conférence à l’IUT de Dijon, dénonce le sexisme et le conformisme du livre (Lire l’article www.liberation.com/). Il n’empêche. À moins qu’un très mauvais sort ne soit jeté sur Harry Potter dans les prochains tomes, il paraît difficile d’arrêter sa marche vers le panthéon des grands classiques de la littérature de jeunesse.
Isabelle Sébert
À lire Harry Potter. J. K. Rowling. Quatre tomes déjà parus : Harry Potter à l’école des sorciers. Harry Potter et la chambre des secrets. Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban. Gallimard, (coll. Folio Junior). 41 F (6,25 euros) ; 44 F (6,71 euros) ; 41 F (6,25 euros). Harry Potter et la coupe de feu (parution en poche à l’automne). Gallimard. 126 F (19,21 euros).
À écouter Harry Potter à l’école des sorciers. Lu par Bernard Giraudeau. Audio book. Gallimard. 198 F (30,18 euros).
À consulter Harry Potter ensorcelle les enfants. La Croix, 29 novembre 2000. Harry Potter, le secret d’un phénomène. Le Point, n°1471, 24 novembre 2000.
À noter Le cercle Gallimard de l’enseignement a consacré des fiches pédagogiques à Harry Potter à destination des professeurs de français (sur abonnement). Contact : éditions Gallimard, 5, rue Sébastien-Bottin, 75328 Paris cedex 07 Tél. 01 49 54 14 49 ou 01 49 54 43 11– Fax 01 49 54 14 69 Mél cercle-enseignant@gallimard.com
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