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Un manifeste des intentions du metteur en scène
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La photographie en plan-taille des acteurs principaux occupe toute l’affiche comme la destinée de ceux qu’ils incarnent se trouve placée au cœur du projet du film. Les lettres de leur nom imitent la police de caractères des machines à écrire de l’époque (imperfections comprises). Comme elle, la couleur sépia date l’image. Le plan-taille se distingue par sa sobriété, à l’opposé des clichés axés sur la geste héroïque des soldats. Cette image s’affiche donc comme un manifeste des intentions du metteur en scène qui n’a jamais recherché le sensationnel pour montrer le courage des tirailleurs. Ils « sont là », posant simplement dans leur tenue de combat. Pour la postérité. Pour donner un visage aux inconnus oubliés. La force ontologique de l’image les fait désormais exister.
Yassir porte sa djellaba de goumier, les trois autres leur uniforme de tirailleur. Cette tenue qu’ils ont endossée volontairement est celle-là même qui a fait d’eux des acteurs d’un combat français qui est devenu le leur. Avec elle, ils ont acquis une légitimité identitaire en dressant leur corps que l’on voit ici contre la barbarie nazie. Mais les regards de ces visages marqués par la guerre nous fixent, nous observent, nous surveillent. Ils nous intiment en silence, mais avec intensité, de ne pas les oublier. Ils nous invitent à nous regarder et à nous livrer à un examen de conscience non seulement sur le passé mais aussi sur la manière dont le pays les regarde aujourd’hui.
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