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Mèche Blanche, un petit castor, vit avec sa mère et sa sœur au cœur d’une grande forêt. Lorsque s’effondre le barrage qui protège sa hutte, il est emporté par les flots loin de chez lui. Mèche Blanche doit alors affronter de nombreux dangers et retrouver le chemin du retour. Filmé dans le milieu naturel du Nord canadien, ce conte animalier nous fait vivre les aventures passionnantes d’un petit rongeur dont la vie de famille n’est pas sans rapport avec celle que peuvent vivre des enfants…
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Un conte boréal
 Un film atypique, sans présence humaine, sans dialogues, sans parti pris documentaire, tourné aux confins du cercle arctique.
© Guillaume Mazille |
Philippe Calderon, le réalisateur, a souhaité situer Mèche Blanche dans la lignée du Roman de Renart qui décrivait un monde animal obéissant aux mêmes règles que le monde humain. Son récit renoue avec les sensations de l’enfance, les peurs enfantines et, de manière plus ancrée dans la réalité d’aujourd’hui, il évoque le thème de la famille recomposée. Le pari de Philippe Calderon tient également à son désir de raconter une histoire aux enfants en échappant aux dessins animés. Seront-ils sensibles à une fable née de la nature ? Ce film atypique, sans présence humaine, sans dialogues, uniquement centré sur des animaux mais sans parti pris documentaire, a été tourné au Québec, aux confins du cercle arctique. Le réalisateur n’a pas recherché une froide perfection esthétique : plutôt que de vouloir montrer « les plus beaux paysages du monde », il a choisi des lieux qui obéissent davantage à des critères graphiques. Ainsi le spectateur a une compréhension plus aisée du territoire avec lequel il se familiarise d’emblée.
Avec la classe
Localiser sur un atlas la région du Québec, près du lac Saint-Jean, où a été tourné le film. Décrire les paysages dans lesquels se déroule l’histoire en mettant en avant leurs lignes de force : les horizontales de la rivière et les verticales des grands arbres.
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Les castors du film sont « entraînés », et non « dressés » comme le sont les loups. En effet, on ne dresse pas les castors, mais l’on peut prévoir ou induire certains de leurs comportements naturels. Ceux que l’on voit dans le film appartiennent à un vrai sanctuaire, le zoo sauvage de Saint-Félicien, qui, adossé au lieu de tournage, a facilité la présence de l’équipe cinématographique. Une aubaine, car le castor est très craintif dès qu’il sent une présence humaine. Deux castors ont été nécessaires pour le rôle de Mèche Blanche. Quant aux cris des castors, ils sont réels mais « samplés », c’est-à-dire retravaillés de façon numérique. La caméra est tantôt plongeante, tantôt au ras de la rivière. L’intention de Philippe Calderon était de mélanger les points de vue : celui du narrateur omniscient et celui de l’animal. Pour ce dernier, il a utilisé une caméra qui lui permet de filmer à hauteur de castor tout en conservant une forte profondeur de champ afin de laisser voir le milieu naturel de l’animal. Ainsi, le récit mélange le langage humain que l’on entend, celui du narrateur (le comédien André Dussollier), et le langage du cinéma que l’on voit à travers l’image et qui accompagne ou prolonge la voix off. Passant de la vision du narrateur à celle d’un personnage, nous sommes à la fois dans une distanciation et une identification. Sensible au genre fantastique, le réalisateur a créé en studio un véritable mini écosystème naturel pour la scène où Mèche Blanche passe une nuit cauchemardesque dans une souche d’arbre. Le travail sur la lumière crée ici une ambiance irréelle. En effet, il s’agit bien de parler des frayeurs de l’enfance, mais aussi de l’innocence face aux dangers que l’enfance ignore.
Avec la classe
Sensibiliser les enfants à la diversité des points de vue à partir de plans remarquables dont ils se souviennent : le plan aérien en plongée au début, les plans subaquatiques, les plans de la berge, etc. Distinguer ceux qui relèvent d’un point de vue externe (la scène vue « de l’extérieur des personnages ») et ceux qui expriment un point de vue interne (à travers les yeux d’un personnage).
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Étonnant castor
 Le castor : un mammifère, herbivore, rongeur, excellent nageur et monogame.
© Guillaume Mazille |
Qu’est-ce qu’un castor ? Le castor est un mammifère : la femelle allaite ses petits, et ce pendant deux mois. C’est aussi un rongeur, doté de deux paires d’incisives sur chaque mâchoire (mais aucune canine). Ses incisives tranchantes et couvertes d’un émail orangé très solide poussent en permanence et ne sont donc jamais usées. Le castor est herbivore : il se nourrit d’écorce, de tiges, de fruits, d’herbe et de feuilles. Excellent nageur, il pousse sur ses pattes arrière palmées pour se mouvoir dans l’eau et ferme ses narines lorsqu’il plonge. Sa queue plate et écaillée lui sert de propulseur, de gouvernail, d’appui ; elle est aussi une réserve de graisse pour l’hiver. Le castor adulte peut rester 15 minutes sous l’eau.
Comment est faite la hutte du castor ? Constituée de branchages, de boue et de pierre, elle est construite au bord des rivières. L’entrée immergée reste invisible aux prédateurs ; elle est placée en profondeur pour que le gel ne la bloque pas lors des grands froids. Le plancher de la hutte est à environ 15 centimètres au-dessus du niveau de l’eau. Les murs en boue gardent la chaleur et un trou au sommet permet l’aération. À proximité de la hutte et en prévision des grands froids, le castor stocke des branchages qu’il maintient sous l’eau avec des pierres.
Pourquoi les castors construisent-ils des barrages ? Les castors savent d’instinct comment construire des barrages, en entremêlant des branchages et en bouchant les trous avec de la boue et des pierres. Ces barrages, qui maintiennent constante la profondeur de l’eau, créent des lacs autour des huttes et en interdisent l’accès aux prédateurs terrestres tels que les loups et les ours. La moindre brèche doit être aussitôt colmatée, sinon le courant emporte l’édifice.
Comment les castors abattent-ils les arbres ? Le castor peut abattre un arbre de plus de 10 centimètres de diamètre en une demi-heure. En général, l’arbre est rongé principalement sur un côté et tombe dans le sens de la pente, vers le lac, avant d’être débité en morceaux maniables. Le castor entrelace les branchettes avec ses pattes avant, petites et agiles, et traîne sa charge ou la pousse avec son front et son museau. Il peut construire des canaux pour faciliter le transport.
Le castor vit-il en famille ? Monogame, le castor s’accouple pour la vie. En février, c’est la saison des amours et en mai celle de la mise bas (deux à quatre petits), après une gestation d’un peu plus de cent jours. Les jeunes restent avec leurs parents jusqu’à l’âge de deux, voire trois ans, puis créent leur propre foyer. Les familles de castors marquent leur territoire grâce à une sécrétion très odorante, le castoréum, qui, très gras, sert aussi à imperméabiliser la fourrure. Le castor passe beaucoup de temps au lissage de son épais pelage.
Avec la classe
Établir les cartes d’identité des animaux vus dans le film : par exemple le castor, le lynx, le grand duc, l’ours, le loup, la loutre, l’élan… Retracer les chaînes alimentaires visibles dans le film en distinguant les prédateurs de leurs proies.
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Il était une fois…
 Entre autres épreuves, Mèche blanche affronte les loups.
© Guillaume Mazille |
Le film Mèche Blanche a les caractéristiques d’un conte oral transmis de génération en génération. Cette histoire leur a été contée par la rivière, ce qui lui confère d’emblée un élément merveilleux, donnant au cours d’eau une aptitude à l’utilisation du langage des hommes, ou aux hommes des temps anciens l’aptitude à entendre la voix des rivières. La rivière « chuchota » et « raconta son histoire » à des hommes qui, en ce temps-là, « écoutaient » et « savaient » que la nature recélait histoires et légendes. Le récit s’installe dans un temps mythique où les hommes étaient en communion avec la nature parce qu’ils savaient tendre l’oreille, prendre le temps d’écouter. D’emblée, le héros est nommé, Mèche Blanche, et le narrateur lui attribue des qualités et des sentiments. À l’instar des contes, la notion de manque apparaît assez vite dans le récit puisque Mèche Blanche et sa sœur ont perdu leur père et que « Mère a beau les entourer de son affection, il leur manque quelque chose… » Puis c’est parce que notre petit héros transgresse l’interdit de quitter son abri qu’il se retrouve emporté par le courant, loin de la hutte. Cette prémisse fait écho aux contes dans lesquels l’enfant s’éloigne du territoire autorisé et s’égare dans une forêt hostile. Échoué, Mèche Blanche transgresse un autre interdit, celui fait aux castors de s’écarter de la berge. C’est sa curiosité et sa fascination pour la forêt enchanteresse qui le mènent vers des lieux inconnus de lui à la rencontre de dangers ignorés. Il subit donc l’épreuve de la peur, de la solitude et de la faim. Il fait face aux loups, ceux-là mêmes qui ont tué son père. Dès lors, sa quête est celle du retour au cours duquel il doit surmonter des obstacles et prouver sa vaillance.
Avec la classe
Transcrire les principaux moments de l’histoire relatée par le narrateur absent qu’est André Dussollier. Transformer le récit en faisant de Mèche Blanche, utilisant le pronom personnel « je », le narrateur de sa propre histoire. Décrire avec quatre adjectifs la forêt dans laquelle se retrouve Mèche Blanche lorsqu’il est perdu et les animaux qu’il rencontre.
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Au cours de cette quête, Mèche Blanche rencontre Vieux Castor, rétif dans un premier temps, mais qui peu à peu s’attache à lui, allant jusqu’à le sauver des griffes des loups. C’est alors que Mèche Blanche prouve son ingéniosité en secourant à son tour Vieux Castor. Par cette prouesse, le jeune animal surmonte une épreuve qualifiante qui le fait grandir et lui donne de l’assurance pour entreprendre le chemin du retour. Il a dépassé Vieux Castor et peut dorénavant mener l’expédition. Dans une ultime épreuve, Mèche Blanche affronte l’incendie pour sauver sa mère ; le suspense est à son comble jusqu’à ce qu’il s’élance, plonge et dégage les branches enflammées. Le dénouement est heureux car la famille est réunie et que le manque initial de père est en quelque sorte « comblé » par la présence de Vieux Castor auprès de la mère et des enfants. Un univers cruel et merveilleux à la fois se mêle dans le récit des aventures de Mèche Blanche qui a accompli le rite de passage, de l’enfance à l’âge adulte. Comme tous les contes, celui de la rivière aux castors a traversé les époques et les frontières ; les thèmes qu’il aborde sont communs aux enfants de tous les temps et tous les pays. C’est pourquoi l’on peut dire que Mèche Blanche est un récit universel.
Avec la classe
Repérer dans l’histoire de Mèche Blanche les différentes étapes du conte : la situation initiale ; les éléments perturbateurs ; les péripéties ; la résolution ; la situation finale. Imaginer ce que Vieux Castor pourrait dire de Mèche Blanche à différents moments de leur rencontre : quand le jeune castor vient demander protection, quand il est sauvé des griffes du loup, puis quand il sauve lui-même le vieil animal prisonnier dans les rochers.
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Barbara Velasco « Cinédoc », le petit guide cinéma pour la classe, supplément au n° 953 de TDC (Textes et documents pour la classe) du 1er avril 2008
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Mèche Blanche, les aventures du petit castor
Réalisation : Philippe Calderon
Scénario : Marthe Pelletier et Hassina Belkacem
Conteur : André Dussollier
Production : Les Films du rêve, Cité-Amérique et TF1 International
Distribution : TFM Distribution
Le site du film www.mecheblanche-lefilm.com/
Durée : 1 h 30 min
Sortie le 30 avril 2008
Les jeunes spectateurs retrouveront les aventures de Mèche Blanche à travers le Grand Nord canadien dans une collection de quatre titres aux éditions Toucan Jeunesse. |

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