Miss Potter

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Des images pour le dire
Biographie romancée de la créatrice de Peter Rabbit

Film biographique, Miss Potter retrace les épisodes les plus marquants de la vie de Beatrix Potter, femme écrivain anglaise qui, au tournant du XXe siècle, est devenue très célèbre grâce aux contes pour enfants qu’elle écrivait et illustrait elle-même. Porté par l’interprétation de Renée Zellweger, le film brosse le portrait d’une femme de la société victorienne qui a su échapper au carcan d’une morale empesée. En recréant l’univers de fantaisie animalière dans laquelle Beatrix Potter a trouvé la voie de l’émancipation, le cinéaste Chris Noonan (réalisateur de Babe, le cochon devenu berger) s’interroge sur les motivations de cette femme libre d’esprit, écologiste avant l’heure, dont les charmantes histoires sont parmi les plus lues au monde.


Qui était Beatrix Potter ?
Beatrix Potter est interprétée par Renée Zellweger.
Miss Potter est un film biographique, que les Anglo-Saxons appellent « biopic ». La caractéristique de ce genre est d’évoquer un personnage ayant réellement existé en mélangeant des faits historiques à d’autres qui sont fictifs. Le réalisateur, fidèle au genre, a respecté les lieux, les dates, les états civils réels et s’est appliqué à reconstituer au plus juste une époque. Miss Potter est donc une construction imaginaire basée sur des sources historiques. Le choix du réalisateur est de proposer une biographie romancée de Beatrix Potter plutôt qu’une hagiographie. Le travail du scénariste qui s’empare de la « vie » de quelqu’un pour la restituer en récit est très proche de celui d’un enquêteur, comme nous le prouve la structure du film : il s’agit de réunir des indices et d’émettre des hypothèses afin de révéler quelques vérités sur Beatrix Potter. Et même si le mystère ne peut jamais être totalement levé, nombre d’interrogations trouvent leur réponse dans le film de Chris Noonan.

Le récit a été découpé en trois temporalités différentes qui correspondent à trois époques importantes de la vie de l’écrivain. Cette mobilité de la chronologie nous permet de mieux appréhender le parcours singulier de miss Potter. Nous passons tour à tour, grâce notamment aux nombreux fondus enchaînés, d’une époque à une autre : la première est celle des dix ans de Beatrix, la deuxième, celle de ses trente-deux ans, et la dernière, plus imprécise, se situe après 1905. Quant à la narration, elle est assumée dès la première scène par Beatrix Potter. C’est elle-même qui nous raconte son cheminement, sa biographie. Ce procédé narratif a l’avantage de renforcer la vraisemblance : « Ce que je vais vous raconter est vrai, puisque c’est moi, Beatrix Potter, qui vous le dis », et de nous inclure dans la narration en créant avec le spectateur une intimité et une complicité. Voilà la raison pour laquelle le personnage de Beatrix Potter est présent dans toutes les scènes. Nous assistons avec elle, et depuis son point de vue, aux événements importants de sa vie.
Les trois vies de Beatrix Potter
Miss Potter échappe au carcan victorien par sa passion pour le dessin.

À la lumière des chandelles de l’époque, le spectateur peut collecter des indices solides sur l’éducation qu’elle a reçue. Si cette éducation est conforme aux usages de l’époque victorienne, Beatrix, elle, semble d’emblée différente. Dans chacune des scènes, elle est soit en train de dessiner, soit en train de raconter des histoires. Autre indice mis en avant, le rapport conflictuel à sa mère. Au lieu d’admirer son habileté au dessin, comme le fait son père, la grande bourgeoise remarque le ruban déchiré de sa chemise de nuit : « C’est indécent », souligne-t-elle. Lorsqu’elle revendique son amour du dessin, sa mère lui rappelle qu’elle doit avant tout « penser à se marier ». Dès lors, nous pouvons émettre quelques hypothèses tant le narrateur a semé des indices éloquents. Beatrix a toujours su que ses passions étaient le dessin et la nature mais qu’elle devrait lutter face à un opposant de poids : sa mère. Et si son père est un complice bienveillant, il veut avant tout qu’il n’y ait « pas de conflit dans sa maison ».
Sa rencontre en 1902 avec Norman Warne est déterminante puisqu’il est son premier éditeur. À partir de cette rencontre, le rythme de la narration s’accélère et le personnage de Norman devient de plus en plus présent dans le film. Parallèlement, le caractère de Beatrix s’affirme comme celui d’une femme exigeante et douée pour son art. Cette deuxième période est décisive pour Beatrix Potter  car elle peut désormais subvenir à ses besoins par son travail. D’autre part, le dénouement tragique de sa relation quasi-secrète avec Norman lui permet de se rapprocher de la nature tout en s’éloignant de ses parents à qui elle ne fera, désormais, plus allégeance.
Le dernier endroit où nous mène l’histoire est celui de la région des lacs, dans le nord de l’Angleterre. Dorénavant, elle prendra seule des décisions, comme l’achat effréné de terrains et de fermes, et se passera de la permission de ses parents pour épouser William Heelis.
Les trois amours de Beatrix Potter
Avec Norman Warne, son premier éditeur et premier amour

Incontestablement, le premier amour de Beatrix est la nature, sa faune, sa flore. À l’instar du personnage de Mary Poppins, dont elle est finalement assez proche, elle parle aux animaux car ils sont ses « amis ». Souvent d’ailleurs, elle leur parle comme une mère à ses enfants pour les réprimander ou les féliciter. Ils constituent son univers intérieur au point de voir dans les prétendants que sa mère lui présente des hommes-animaux : un mouton, un cochon et un cheval. Ce n’est plus de l’anthropomorphisme mais du zoomorphisme ! Le spectateur, complice de Beatrix Potter, partage avec elle l’animation en 2D ou en 3D de ses animaux. Ils sont représentés comme des « êtres » sensibles, farceurs voire enfantins et toujours complices de leur créatrice. Nous sommes aux frontières du merveilleux, indifférents au vraisemblable, lorsque, par exemple, la voiture à cheval des parents de Beatrix devient une sorte de carrosse de Cendrillon, conduit par des lapins et avec des souris pour cochers. Outre le charme qui se dégage de ces animations, celles-ci permettent d’étoffer et de complexifier la personnalité de Beatrix Potter : on ne sait jamais si elle les voit vraiment (« ils sont réels », dit-elle) ou si elle les imagine.
Durant un court moment, elle partagera son premier amour avec Norman Warne. Dans la scène de rencontre, il apparaît en disant qu’il s’excuse pour cette « intrusion dans sa vie quotidienne ». Or, cette intrusion viendra bouleverser sa vie, tant dans le domaine artistique qu’affectif. Un des motifs qui va sceller leur amour est l’admiration sans borne que lui voue Norman. En parlant de ses animaux, il confie qu’ils sont « extraordinaires, charmants, magiques, magnifiquement dessinés ». Les jeunes gens vont, ensemble, être les créateurs des livres pour enfants que nous connaissons. Et leur amour sera placé sous le signe des animaux : lorsqu’elle lui enverra des lettres, les animaux seront toujours présents, témoins de cet amour : « J’ai surpris un canard en vous déclarant mon amour. » D’autre part, Norman et Beatrix se ressemblent beaucoup : ils doivent tous les deux faire leurs preuves vis-à-vis de leur famille. Beatrix doit faire admettre à sa mère qu’« une célibataire de 32 ans à mieux à faire que prendre le thé et sourire à des propos stupides », tandis que Norman doit montrer à ses frères aînés qu’il peut travailler. À son contact, Beatrix va « apprendre à danser » ou plutôt apprendre à aimer un homme, et ce dernier va se libérer de l’emprise de ses frères en devenant un éditeur à part entière.
Si Beatrix tombe petit à petit amoureuse de William Heelis, c’est parce qu’il partage son amour de la nature, de la préservation de la beauté, mais aussi parce qu’il sait parler aux animaux qu’elle dessine : « Hill Top convient mieux à un lapin que Londres ! », dit-il à une aquarelle de Pierre Lapin.

Beatrix Potter dédie souvent ses contes à des enfants qu’elle connaît. Pour son premier conte, elle écrit en dédicace : « Mon cher Noël, je ne sais pas quoi t’écrire, alors je vais te raconter l’histoire de … ». À qui s’adresse donc Beatrix dans ce film lorsqu’elle raconte quelques épisodes de sa vie ? Peut-être à l’enfant qui sommeille en nous…

Barbara Velasco
Professeur de lettres modernes

« Cinédoc » (PDF, 951 ko), supplément à TDC, n° 932, du 15 mars 2007

Miss Potter
Réalisation : Richard Maltby, Jr
Avec :
– Renée Zellweger (Beatrix Potter)
– Ewan Mc Gregor (Norman Warne)
– Emily Watson (Millie Warne)
Durée : 1h 33 minutes
Sortie en salle le 28 mars 2007

En savoir plus sur le site du film
www.misspotter-lefilm.com/


Autour de « Miss Potter »
– L’ensemble des contes de Beatrix Potter est disponible aux éditions Gallimard Jeunesse.
– Des DVD des adaptations de ces contes en dessins animés sont édités par Citel Vidéo.
– À l’occasion de la sortie du film, les éditions Mango publient Miss Potter, une novellisation inspirée du film.

Répliques du film
– « Je ne me marierai pas, je dessinerai. »
– « Nous sommes des parvenus, non des aristocrates. Notre vie n’est que prétentions et aspirations sociales. »
– « Il y a quelque chose de divin à commencer une histoire. On ne sait jamais où les mots vont vous emmener. »
Entretien avec Laurent Bury
L'exception Potter : avoir illustré elle-même ses textes

Beatrix Potter est un des plus célèbres auteurs de livres pour enfants. Une notoriété qu’elle a dû conquérir en dépit des contraintes imposées aux femmes de son époque. Laurent Bury, spécialiste de la littérature britannique du XIXe siècle, dresse le panorama de la production écrite pour la jeunesse au tournant du XXe siècle et précise l’originalité de Beatrix Potter dans la littérature de son époque.


À la fin du XIXe siècle, y avait-il une grande production de littérature pour la jeunesse en Angleterre ?
Depuis le XVIIe siècle, il existait des ouvrages écrits pour les enfants, mais dont le but était principalement l’instruction et l’édification, rarement le plaisir. C’est vers le milieu du XIXe siècle que le livre pour enfants est devenu une véritable industrie, un « créneau » commercial que les éditeurs ont décidé d’exploiter en proposant des ouvrages illustrés, publiés en fin d’année afin de pouvoir être offerts comme cadeaux de Noël. Le chef-d’œuvre du genre reste incontestablement Alice au pays des merveilles, publié en novembre 1865. Encouragé par l’immense succès de ce livre, Lewis Carroll récidive quelques années plus tard en donnant une suite aux aventures d’Alice : De l’autre côté du miroir, paru pour Noël 1871. À la fin du XIXe siècle, bien d’autres auteurs se sont spécialisés dans les livres pour enfants, mais leur production n’a pas réellement survécu.

L’illustration était-elle courante, à l’époque, dans les livres pour enfants ?
L’illustration était considérée comme une composante essentielle des livres destinés au jeune public. C’est la présence d’images plus ou moins nombreuses qui permettait d’ailleurs de déterminer à quelle tranche d’âge le livre s’adressait. Plus il était illustré, plus il était destiné aux petits.

Pensez-vous que Beatrix Potter a innové en matière éditoriale ?
Ce qui rend Beatrix Potter exceptionnelle, c’est d’abord qu’elle ait elle-même illustré ses textes. Dans les années 1880, Kate Greenaway (1846-1901) connut un grand succès en tant que dessinatrice, mais elle n’était que rarement l’auteur des textes qu’elle illustrait. Lewis Carroll avait initialement dessiné ses propres illustrations pour Alice au pays des merveilles, mais il était bien conscient de ses limites artistiques et, comme beaucoup d’autres écrivains pour enfants, il dut accepter l’illustrateur imposé par son éditeur. Beatrix Potter, elle, avait d’emblée conçu une formule lui permettant d’être seul maître à bord, puisqu’elle contrôlait à la fois l’image et le texte. Elle dut évidemment négocier avec son éditeur, mais elle réussit à imposer un certain nombre de caractéristiques originales, notamment le format choisi, petit et maniable pour ses jeunes lecteurs. Son originalité tient peut-être aussi au fait de s’adresse à de très jeunes enfants, avec des histoires très simples.

Beatrix Potter est-elle une femme victorienne ?
Historiquement, Beatrix Potter appartient à l’époque victorienne puisqu’elle est née en 1866, soit à peu près au milieu du règne de la reine Victoria (1837 à 1901). En même temps, il faut bien reconnaître que le qualificatif « victorien » est très élastique, car l’Angleterre a beaucoup changé entre la première moitié du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Les années 1890, au cours desquelles Beatrix Potter a commencé sa carrière d’illustratrice, sont chronologiquement plus proches de l’esprit de la « Belle Époque » : le style décadent, le théâtre et la fiction d’Oscar Wilde, les « New Women », pionnières de la libération de la femme dont la principale revendication était de pouvoir travailler… Beatrix Potter avouait avoir été très influencée par les préraphaélites, un groupe d’artistes anglais qui s’étaient réunis en 1848 et qui prônaient un réalisme quasi photographique en peinture.

Est-elle un écrivain victorien ?
On pourrait dire qu’elle reste victorienne dans la mesure où ses récits sont porteurs d’une morale, notamment le premier d’entre eux qui lui a valu la célébrité : fatigué, trempé, victime d’une indigestion, Pierre Lapin est puni pour avoir désobéi à sa mère et pour avoir été trop gourmand, alors que ses frères et sœurs, qui ont été sages, ont droit à un bon repas. Mais elle a créé beaucoup de personnages impertinents qui ne sont pas châtiés malgré leur insolence, comme Noisette l’écureuil, par exemple, ou les deux vilaines souris qui détruisent toute la maison des poupées mais s’en sortent bien à la fin de l’histoire. On peut aussi lire l’éloge de certaines qualités comme l’économie domestique : les écureuils prudents font leurs provisions de noisettes pour l’hiver !

Qu'est-ce qui distingue l'anthropomorphisme de Lewis Caroll de celui de Beatrix Potter ?
Dans Alice au pays des merveilles, les animaux ressemblent beaucoup à des hommes, dans leur façon d’agir, de parler, de raisonner. Finalement, Alice est une enfant dans un monde d’adultes. Les superbes illustrations de John Tenniel, qui ont grandement contribué au succès des livres de Lewis Carroll, accentuent encore cette caractéristique : certains personnages ont moins l’air d’animaux déguisés que d’humains portant un masque d’animal. Chez Beatrix Potter, c’est différent : on sent qu’elle a observé de près toutes les « petites bêtes » qu’elle dessine. Pourtant, elle leur fait porter des habits, utiliser des objets, des meubles, etc. Quant à ses personnages, ils restent, au contraire, des animaux d’Alice au pays des merveilles, très enfantins.

Que sait-on de l’éducation des enfants à l’époque victorienne ?
Dans la haute société, les enfants étaient généralement séparés de leurs parents, ils vivaient leurs premières années dans une pièce qui leur était réservée, la nursery, et passaient plus de temps avec leur gouvernante qu’avec leur mère ou surtout avec leur père. Ils étaient ensuite envoyés dans des pensionnats, parfois à l’étranger.

Les enfants anglais lisaient-ils beaucoup à l’époque ?
Il est difficile de parler des « enfants anglais » comme s’ils formaient un bloc. Tout dépendait de la classe sociale : tous les parents n’avaient pas les moyens d’offrir des livres à leurs enfants, même si l’accès à la lecture s’est démocratisé au cours du XIXe siècle, avec la multiplication des bibliothèques de prêt et l’abaissement du prix du livre (au détriment de la qualité des illustrations, hélas). Ce sont donc vraisemblablement plutôt les enfants de la classe moyenne et de la haute société qui lisaient les livres de Beatrix Potter.

Laurent Bury est maître de conférences à l’université Paris-IV-Sorbonne, auteur de Civilisation britannique au XIXe siècle (Hachette Université, 2001) et traducteur, entre autres, de biographies de Lewis Carroll et de Virginia Woolf.

Fiches enseignant
Etude d'un genre : la biographie filmée
Si l’on accède, grâce à l’internet, à une banque de données cinématographiques américaine et que l’on saisit le mot « biopic » (diminutif anglais de « biographical picture », film biographique), le résultat de la recherche est de 6 266 films ! C’est peu dire que les biographies filmées sont prolixes. Mais de quoi ce « genre », dont relève Miss Potter, est-il fait ?
Qu’est-ce qu’une biographie filmée ?
Une biographie filmée raconte la vie d’un personnage réel et généralement célèbre, ou des épisodes importants de sa vie. Le réalisateur peut choisir de raconter l’histoire du personnage, « du berceau à la tombe », ou bien de se focaliser sur une partie de sa vie, les années d’apprentissage par exemple, où le spectateur est témoin d’un destin qui se forge. Afin d’ancrer le film dans la réalité, le réalisateur mentionne des dates, des lieux et des états civils réels. En général, l’acteur qui doit incarner le personnage est lui-même célèbre. Afin d’instaurer un pacte de lecture explicite avec le public, le titre du film peut être éponyme : Jeanne d’Arc, Ivan le Terrible, Gandhi, Van Gogh, Miss Potter… Le titre peut être aussi une périphrase : Raging Bull, Ivre de femmes et de peinture, Le Promeneur du Champ-de-Mars… Enfin, le titre peut être un surnom ou un diminutif connu, Gentleman Jim, Amadeus, Bird, Ali, La Môme

Activité : situer le film Miss Potter dans une des sous-catégories de la biographie filmée rappelées ici.

La biographie filmée à Hollywood
Le premier film biographique qui eut un grand succès est La Reine Elisabeth, réalisé en France en 1912 et interprété par la grande Sarah Bernhardt. Ce film avait pour ambition d’être « un film d’art », c’est-à-dire de traiter d’un « grand et noble sujet » ou, en l’espèce, d’un grand personnage. Dans ce même esprit, deux autres films français ont vu le jour : Napoléon, réalisé en 1927 par Abel Gance et La Passion de Jeanne d’Arc, de Carl Th. Dreyer, en 1928.
Mais c’est avec l’avènement du parlant que maintes biographies filmées seront produites aux États-Unis. En reprenant la formule initiée par Sarah Bernhardt, les studios hollywoodiens ont fait incarner des personnages illustres par des acteurs et des actrices célèbres. Le star system, à son apogée en 1930, donne des rôles d’envergure à de grands noms du cinéma : La Reine Christine pour Greta Garbo, en 1933, L’Impératrice rouge pour Marlene Dietrich en 1934, Vers sa destinée (Young Mr. Lincoln) pour Henry Fonda, en 1939. 
Plus récemment, nous pouvons constater que le choix d’une star continue de s’imposer pour le « biopic ». C’est le cas de Robert De Niro, qui a reçu un Oscar pour le film Raging Bull où il tenait le rôle de Jake La Motta; de Denzel Washington, également « oscarisé » pour Malcom X; de Anthony Hopkins, pour son incarnation du président Richard Nixon, et de Jamie Foxx pour son interprétation de Ray Charles. Le public américain est, il est vrai, très friand de ces performances d’acteurs dont celles de Ben Kingsley pour Gandhi ou de Marlon Brando pour Viva Zapata ! font figures de modèles.

On lira avec profit l’ouvrage de Jean-Loup Bourget, Hollywood, la norme et la marge, Nathan, coll. « Fac cinéma », 1998.

Les biopics à la croisée de plusieurs genres
Incontestablement, Hollywood a beaucoup investi dans ce genre cinématographique dans les années trente et quarante. Le studio Warner y voyait une fonction didactique : éduquer les citoyens, les rendre meilleurs par des exemples édifiants : La Vie de Louis Pasteur ou La Vie d’Émile Zola (avec Paul Muni), par exemple. 
Instruire mais aussi divertir : Hollywood a très tôt réuni le « biopic » et la comédie musicale, deux genres très prisés du public, dans de nombreuses productions comme Ziegfeld Follies, réalisé par Vincente Minnelli en 1946, qui évoque le célèbre animateur des spectacles de Broadway. On peut, en étudiant cette période du cinéma hollywoodien, établir une classification selon les types de personnages incarnés à l’écran : les artistes appartenant au show-business, les athlètes de haut niveau, les scientifiques, les hommes politiques, les rebelles hors la loi, les inventeurs, les peintres. De nos jours, les stars de la musique sont plutôt à l’honneur : après les Doors, Ray Charles et Johnny Cash on parle de « biopics » à venir sur Bob Dylan, Blondie, Janis Joplin, James Brown, etc.

Quelques transgressions au genre
Dans l’horizon d’attente d’une biographie filmée, il s’agit de savoir si le film est conforme à la vie du personnage évoqué ou si elle s’en écarte dans une vision plus subjective du réalisateur. C’est le cas de Raùl Ruiz lorsqu’il réalise Klimt en 2005, non pas dans une perspective biographique mais plutôt autour d’une interrogation sur le statut de l’artiste, et dans la perspective esthétique de « faire du Klimt dans un film sur Klimt ».
En 1999, beaucoup de spectateurs ont voulu se procurer des disques du guitariste de jazz Emmet Ray, auquel Woody Allen avait consacré une biographie filmée : Accords et désaccords. Malheureusement, ce guitariste était un « être de pellicule » purement fictif. Le réalisateur new-yorkais avait proposé une vraie fausse biographie d’un personnage vraisemblable… mais imaginaire. 
Enfin, il nous faut citer Citizen Kane, réalisé en 1941 par Orson Welles, et considéré comme un des plus grands films de tous les temps. Le réalisateur y évoque la vie du magnat de la presse écrite William Randolph Hearst, dans une biographie « avérée » par des bandes d’actualités et des témoignages. Citizen Kane est un remarquable « biopic » dans sa forme narrative puisqu’il s’agit d’une enquête menée par un journaliste sur le personnage de Kane. Avant de mourir, la dernière parole prononcée par le citoyen Kane est « Rosebud » et tout le film tente d’élucider le sens de ce mot énigmatique. Mais comme un puzzle auquel il manque toujours une pièce, la vie d’un homme échappe parfois à toute tentative d’explication. C’est ce que semble conclure le journaliste-enquêteur à la fin du film : « Je ne crois pas qu’un mot puisse expliquer la vie d’un homme. »

Aspects narratifs de la biographie filmée
Lorsqu’un réalisateur décide de raconter la vie de quelqu’un de réel, il doit se résoudre à faire un compromis entre l’histoire réelle et une construction imaginaire. Les mots proférés par les personnages sont, en fait, l’œuvre d’un dialoguiste qui imagine ou transpose des répliques. Le réalisateur doit créer un effet de réel qu’il cautionne par des dates, des lieux, des états civils réels, par un narrateur présent dans l’histoire qui ancre le récit dans « la vraie vie ». Mais on ne peut pas tout dire d’une vie : il s’agit de recréer une réalité qui reste toujours subjective car tout film est un film de fiction. Néanmoins, comme avec le roman, la diégèse (univers fictif créé par le récit) a quelque chose du réel puisqu’elle l’imite. C’est ce que l’on pourrait appeler un réel simulé.

Activité : dégager les grandes étapes de la vie de Beatrix Potter, évoquée par le film, en reconstituant leur chronologie quand c’est possible.

Pourquoi un tel succès ?
Quant à l’engouement des spectateurs pour les biographies filmées, il y a certes un désir de voir, de savoir et de surprendre des vérités. La biographie filmée suit souvent un canevas imposé qui passe par la damnation du héros (sous l’emprise de la drogue, de la folie, de l’alcool…), des épreuves dramatiques et qui, dans bien des cas, se termine par sa rédemption. La tragédie d’une vie provoque l’intérêt du spectateur peut-être parce que, comme le disait Aristote à propos de la tragédie, elle provoque « la pitié et la crainte » et effectue une véritable purgation, une catharsis : cet allègement accompagné d’un sentiment de plaisir.

Activité : vérifier – ou infirmer – que l’histoire de Miss Potter répond à ce canevas.

Barbara Velasco
Professeur de lettres modernes
Une galerie de portraits
Hérité du dessin, le portrait décrit les personnages, c’est un art de la représentation. Pour l’acteur, il s’agit d’un art de la personnification. Quant au réalisateur, sa valeur artistique relève de sa capacité à donner vie à un personnage, par le biais de sa caméra, afin que le spectateur puisse le caractériser aisément. Tirons donc ici les nombreux portraits dépeints dans Miss Potter.

Un des éléments fondamentaux du cinéma est le personnage. Dans un roman, le personnage, « être de papier », nous est décrit grâce au lexique, mélioratif ou péjoratif, à des outils grammaticaux comme les expansions du nom, aux figures de style, au dialogue qui dévoile le caractère des personnages, etc. Le portrait des personnages se construit au fur et à mesure que l’on progresse dans le récit. Au cinéma, sitôt que le personnage apparaît dans le cadre, il est porteur de ses traits essentiels. La caméra peut alors le détailler, de l’aspect général de sa silhouette jusqu’aux détails de ses traits ; elle peut enregistrer ses mouvements et sa manière d’évoluer dans l’espace, donner à entendre sa voix qui, en elle-même, est un élément de caractérisation important. Dans le portrait filmique, il faut également être attentif à la composition en observant où sont placés les personnages dans le cadre. Enfin, à l’instar du texte écrit, nous pouvons déduire du portrait, fait par le narrateur filmique, l’image qu’il veut donner de son personnage ainsi que les sentiments qu’il souhaite susciter en nous.
Le portrait de Beatrix Potter
L’héroïne du film apparaît dès le générique. Le réalisateur a évité de nous montrer son visage, préférant filmer ses mains au travail. Des gros plans sont filmés en fondus enchaînés qui marquent le soin qu’elle apporte touche par touche à ses dessins puis à ses aquarelles. Sa silhouette apparaît ensuite à gauche du cadre, après un fondu enchaîné qui la fait surgir du paysage. Le réalisateur la filme alors en longue focale, ce qui permet de l’englober dans un paysage et de mettre en valeur le mouvement de son corps qui se rapproche de la caméra. Enfin, un dernier fondu enchaîné nous montre Beatrix Potter assise sur l’herbe, en train d’écrire, vue de dos (de trois quarts). Ce cadre décrit une femme qui fait corps avec ce paysage naturel où la terre, l’eau et le ciel se conjuguent.
Cette première esquisse de portrait nous apporte des informations essentielles sur Beatrix Potter. Elle nous est décrite comme une artiste, une femme qui aime écrire, en harmonie avec la nature, une femme solitaire et sereine.
Avec le montage cut à valeur d’ellipse spatio-temporelle, nous retrouvons Beatrix Potter à Londres. Son visage est moins serein que dans le prologue en même temps que sa voix off nous précise qu’elle ne s’est jamais bien sentie dans la ville. Nous découvrons alors son visage dans un plan rapproché : ses yeux sont fermés et sa bouche quelque peu pincée. Sa voix nous apprend que la vie n’est pas aisée pour une femme célibataire de son âge. C’est une autre femme que celle du début, plus austère, portant chapeau et habits noirs et dont les traits du visage sont contractés.
Au fur et à mesure que le récit progressera, l’apparence de Beatrix Potter se modifiera. Ses habits noirs du début vont s’éclaircir, et elle portera de plus en plus des teintes pastel. Les traits de son visage vont se détendre et laisser place aux sourires. Son port de tête va également suivre cette transformation : au début, elle regarde souvent par en dessous, menton baissé ; puis, petit à petit, son menton se lève, signe d’une assurance conquise. On observera, à différentes reprises un geste qui revient de manière récurrente lorsqu’elle joint les paumes de ses mains devant sa bouche. Ce tic gestuel a plusieurs significations selon le contexte, mais marque toujours une émotion vive chez le personnage. Il est le signe d’un bonheur extrême lorsque Norman la demande en mariage et qu’elle effectue quelques pas de danse dans sa chambre ; il révèle une douleur intense lorsqu’elle vient d’apprendre la mort de son fiancé et qu’elle se retrouve seule dans cette même chambre. Lorsqu’elle trouve son équilibre intérieur dans la région des Lacs, on note une plus grande aisance dans les mouvements de son corps, qui contraste avec l’attitude formelle qu’elle doit avoir en société, à Londres.
Le choix du cadrage pour la portraiturer est également important. Tant qu’elle est à Londres, elle est généralement filmée en plan rapproché, sans profondeur de champ, sans beaucoup de mouvement d’appareil et au centre du cadre. À la campagne, elle est davantage filmée en plan d’ensemble, avec une focale large, des travellings qui mettront en valeur son inscription dans un espace étendu. Ainsi, ce que nous suggère la caméra, c’est que Beatrix Potter était confinée dans un cadre tant qu’elle était à Londres et qu’elle a gagné en liberté lorsqu’elle a quitté la ville.
Portraits des personnages du récit
Beatrix Potter étant la narratrice de sa propre vie, elle est pour ainsi dire présente dans toutes les scènes et à fortiori avec tous les autres personnages du film. Ainsi, les personnages sont appréhendés selon leur rôle et leur fonction vis-à-vis de Beatrix. Ils n’ont pas d’existence propre s’ils ne sont pas dans le cadre. Il faut donc envisager les différents portraits des personnages dans leurs rapports avec la protagoniste.
Norman Warne surgit dans le récit (et dans la vie de Beatrix) de manière vive et spontanée. Il est alerte, son corps ou ses mains sont toujours en mouvement. Le personnage, à l’instar de Beatrix, va se transformer au cours du récit. D’une maladresse et d’un enthousiasme un peu juvénile, il va gagner en assurance au fur et à mesure de ses succès éditoriaux et de sa romance avec Beatrix. Engoncé dans un habit sombre au début, Norman porte dans l’avant-dernière scène un pantalon blanc et un canotier, allure qui siéra davantage à son nouveau rôle de prétendant de Beatrix.
Mme Potter apparaît, pour la première fois, à droite du cadre, en train d’épier l’arrivée de sa fille. Elle est habillée de noir ou de gris, le menton rehaussé dans une attitude d’assurance et d’autorité, en bonne maîtresse de maison qu’elle est. Ses contacts physiques avec sa fille sont rares et n’interviennent que pour la réprimander sur sa tenue : un ruban qui manque à la chemise de nuit, une tache d’encre sur un chemisier, de la boue sur ses vêtements. Au contraire, la mère de Norman Warne est une femme charmante, ses lunettes accentuant sa bonhomie et ses vêtements se révélant moins empesés que ceux de Mme Potter et dans des tons plus chaleureux. D’autre part, elle fait preuve d’un humour et d’une complicité avec Millie et Norman qui la rendent plus attachante.
Le père de Beatrix, Rupert Potter, apparaît pour la première fois filmé en contre-plongée quand il se tient en haut d’un escalier, ce qui lui confère d’emblée autorité et supériorité. Son visage, toujours très lumineux et encadré par des favoris blancs, n’est pas éclairé de la même manière que celui de sa femme : la lumière qu’il renvoie dénote une chaleur qui convient bien à son personnage.
Le personnage de Millie Warne, la sœur de Norman, représente cette vogue de femmes qui ont refusé de se plier aux règles victoriennes ; « vieille fille » comme Beatrix, elle est plus moderne que notre héroïne dans ses propos et sa façon de s’habiller.
Le chaperon de Beatrix, Mlle Wiggin, est décrit le plus souvent dans une position statique, assise ou à l’arrière-plan pour signifier sa fonction d’accompagnatrice. Toujours rigoureusement habillée de noir, son rôle est muet et c’est par ses regards qu’elle exprime son mécontentement ou son plaisir.
Les austères frères Warne sont filmés en légère contre-plongée, ce qui accentue leur caractère d’hommes d’affaires peu enclins aux sentiments. Lorsqu’ils jaugent le travail de Beatrix Potter, ils se posent en censeurs, et la contre-plongée appuie cet effet créant un portrait à charge.
William Heelis qui, comme nous l’apprendrons, deviendra le mari de Beatrix, est un « amoureux » bien différent de Norman. Lorsque William et Beatrix se revoient à l’âge adulte, la scène est fidèle au type de « scène de rencontre amoureuse ». William est vu de dos en train de clouer un écriteau et se retourne lorsque Beatrix s’adresse à lui. Ce premier regard échangé attire l’attention du spectateur qui peut deviner l’issue romantique de leur relation. D’autre part, les propos de William expriment un attachement à sa terre natale qui ne peut que toucher Beatrix déjà séduite par la beauté de la région.

Activité : observer et recenser les caractéristiques des personnages de Miss Potter. Dans un tableau, noter les noms des personnages, leurs rôles et leurs liens avec Beatrix Potter, leurs caractéristiques physiques et morales.

Barbara Velasco
Fiches élève
An unconventional woman

Niveau : collège, 4e-3e (B1-B2 du CECR)
Objectifs culturels : la condition des femmes et les relations hommes-femmes à l’époque victorienne et au début du XXe siècle.
Objectifs linguistiques 
– Le vocabulaire décrivant la personnalité et l’attitude des personnages et le statut marital.
– L’entraînement à l’expression orale spontanée et à la discussion.
– Le travail sur l’accentuation et la prononciation (réalisation de « u ») avec pour finalité l’interprétation d’une courte scène du film.

The characters and their time
The characters’ personalities
Which adjectives apply to Beatrix, Millie, Mr Potter, Mrs Potter? Fill the grid.
feminist, sensitive, artistic, snobbish, outspoken (qui a son franc-parler), understanding, conventional, imaginative, strong-willed (volontaire, déterminé), narrow-minded (étroit d’esprit).

Beatrix
Millie Warne
Mr Potter
Mrs Potter








Discussion: Try and justify your choices orally with what you remember of the film.

Mrs Potter’s and Mr Potter’s attitude to Beatrix and her art
Match the following ideas with the appropriate character.



Mr Potter


Mrs Potter
– believes in Beatrix’s talent.
– is disappointed with Beatrix’s life.
– supports Beatrix.
– is proud of Beatrix and what she has achieved.
– is ashamed of Beatrix’s life.
– is not interested in Beatrix’s drawings.
– would like Beatrix to marry a rich suitable gentleman.
– disapproves of Beatrix’s wedding plans.

(suitable: convenable)

Women in Victorian society
The Victorian age corresponds to the reign of Queen Victoria (1837-1901). It was a time of profound social and economic mutations. The industrial revolution transformed the face of Britain and many great scientific discoveries were made such as photography, the electric bulb, the telephone. But society remained very conservative about the condition of women. A woman’s place was at home. Marriage gave a woman respectability. The ideal woman looked after her home and her children. Single women were an object of pity.

Men and unmarried women’s relationships
Beatrix is constantly followed by her chaperon, Miss Wiggins. Why?
What couldn’t unmarried women do? (Use expressions of prohibition.) 
Which differences did you notice in the relationships between young women and men compared with today? (Use expressions of opposition or use the comparative.)

The ideal woman
What would Mrs Potter like her daughter to do/ to be?
What makes Beatrix different from the ideal Victorian woman?

Play a scene from the film
A family crisis

Beatrix: How was your day at the club, father?
Father: Interesting, as always.
Mother: Rupert, we seem to have a situation. We need your resolution.
Beatrix: I want to invite Norman Warne and his sister to your Christmas party.
Mother: With lady Armitage. With sir Nigel and Sybil?! A tradesman, Rupert, how will anyone have fun?
Beatrix: He is a gentleman who publishes my books, father.
Mother: Rupert.
Father: I have something here, Beatrix. I went into Hatchard’s bookshop and I purchased this with good money (he shows The Tale of Two Bad Mice).
Beatrix: I would have given you one.
Father: But I wanted to buy one. Like everyone else. I owe you an apology, Beatrix. When you showed me your books, all I saw was my little girl bringing me clever drawings for me to comment on. You are not a little girl anymore, you are an artist. A genuine artist. I would have been proud to use that word about myself. And I’m proud of you, Beatrix.
Beatrix: Thank you, father.
Father: So I don’t see any reason why we cannot make a little social effort to welcome the gentleman responsible for this blessing in our home.
Beatrix: Thank you, father.


A tradesman: un commerçant ; to purchase: to buy ; I owe you an apology: je te dois des excuses ; genuine: real; a blessing: un bienfait, une bénediction.

a) Syllable stresses
(a stress: un accent, stressed: accentué)
– Underline in black in the scene the stressed syllable of the words of two syllables and more.
– Situation, resolution: what do you notice about the place of the stress for the words ending in “tion”?
...............................................................................................................................................
...............................................................................................................................................
– tradesman, bookshop, gentleman: in compound nouns, which word is stressed?
...............................................................................................................................................
...............................................................................................................................................

b) Sentence stresses
Read the scene again and underline in green the words that are stressed because the speaker wants to insist on them.

c) Pronunciation
Classify the following words from the scene in the grid according to the pronunciation of the letter “u”.
club; resolution; Rupert; publish; fun; purchase; use
– like in sun or but: ...
– like in you: ...
– like in bird: ...

d) Practice reading the extract aloud. Pay particular attention to pronunciation and stress.

Now get on the stage!
Work in groups of three. Each one chooses a part, learns it by heart. Then rehearse to be prepared to act the scene in front of the class.
(a part: un rôle; to rehearse: répéter)

Vocabulary
From single life to married life
Use arrows to match the English words with their translations.

Un chaperon
Célibataire (adjectif)
Une vieille fille
Un célibataire
Un prétendant
Un bon parti
Se fiancer
Des fiançailles
Se marier
Une cérémonie de mariage
Un mariage
Unmarried, single
A suitor
A spinster
To get engaged
A chaperon
Engagement
A bachelor
To get married
A wedding
A good match
A marriage


Hélène de Surgy
Professeur d'anglais

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