Un gentleman hors mode
 Né le 28 avril 1943 à Paris, Jacques Dutronc apprend le piano puis la guitare. Il crée au début des années 60 un groupe de rock, « Les Tritons », puis « El Toro et les Cyclones » et sort deux 45 tours en 1962 qui l’introduisent dans le milieu professionnel « rock ». Il devient directeur artistique de la maison de disques « Vogue » et commence à composer des chansons, notamment pour Françoise Hardy, vedette montante de la génération « Yé-Yé », qui deviendra sa compagne. En 1965, il rencontre l’écrivain et journaliste Jacques Lanzmann, avec qui il composera des chansons pendant une dizaine d’années, et fait ses débuts dans l’interprétation avec un 45 tours « Et moi et moi et moi » qui connaît un succès immédiat et lance sa carrière de chanteur. Après la sortie d’un deuxième disque, « Les Play boys », il reçoit le prix de l’académie Charles-Cros et se met à enchaîner les concerts et les succès ; en 1967, « J’aime les filles », « Il est cinq heures, Paris s’éveille » sont des « tubes ». Tout comme en 1968, « L’Opportuniste », puis en 1969, « L’Hôtesse de l’air » et « L’Aventurier ». Au début des années 70, il collabore avec le dessinateur de BD Fred, avec Serge Gainsbourg, alterne passages en cabaret et enregistrements de disques, mais, en 1973, il ralentit ses activités de chanteur pour se lancer dans le cinéma avec un rôle dans « Antoine et Sébastien », de Jean-Marie Périer. Suivront « L’Important, c’est d’aimer » de Zulawski, « Les Bons et les méchants », de Lelouch, « L’État sauvage », de Francis Girod, « Sauve qui peut la vie » de Godard... Côté musique, il sort en 1975 l’album « L’Île enchanteresse », chante en duo avec Françoise Hardy et en 1980 fait un retour fracassant dans la chanson avec l’album « Guerre et pets » dont six titres sont écrits avec Serge Gainsbourg. Il sort des albums en 1982 (« C’est pas du bronze »), en 1987 (« CQFDutronc »), et tourne « Mes Nuits sont plus belles que vos jours » puis « Van Gogh » qui lui vaut un César. En 1993, il remporte la Victoire de la musique du meilleur spectacle pour ses concerts au Casino de Paris. Il enchaîne les tournées, festival, concerts et films et sort, en 1995, l’album « Brèves rencontres », avant de s’éclipser pour fumer tranquillement des cigares en Corse, loin du monde artistique et des médias. Début 2000, on l’entend en duo avec le rappeur Stomy Bugsy puis avec Françoise Hardy (« Puisque vous partez en voyage ») et il tourne deux films « Merci pour le chocolat », puis « La Mort intime ». Sa double carrière nous réserve encore bien des surprises et du plaisir...
Discographie (sélection)
« L’Île enchanteresse » - Album - 1975 - Vogue « Guerre et pets » - Album - 1980 - Sony « C’est pas du bronze » - Album - 1982 - Sony « CQFDutronc » - Album - 1987 - Sony « Intégrale Columbia » - Tous les enregistrements de 1980 à 1987 - 1992 - Sony Columbia « Intégrale Vogue » - Tous les enregistrements de 1966 à 1976 - 1992 - BMG Vogue « Dutronc au Casino » - 1992 « Complètement Dutronc » - Compilation - 1993 - Vogue « Brèves rencontres » - Album - 1995 - Sony Columbia
Filmographie (sélection)
« Antoine et Sébastien » - J.-M. Périer - 1973 « L’Important, c’est d’aimer » - A. Zulawski - 1974 « Les Bons et les méchants » - Cl. Lelouch - 1975 « Mado » - Cl. Sautet - 1976 « L’État sauvage » - F. Girod - 1977 « À nous deux » - Cl. Lelouch - 1979 « Mes Nuits sont plus belles que vos jours » - A. Zulawski - 1989 « Van Gogh » - M. Pialat - 1991 « Toutes peines confondues » - M. Deville - 1991 « Place Vendôme » - N. Garcia - 1997 « Merci pour le chocolat » - Cl. Chabrol - 2000 « Mort intime » - J-P. Améris
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