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Dossier réactualisé le 30 mai 2007




5 avril. Les CM2 de l'école Sadi-Carnot de Pantin répètent « Maria Szuzanna » de Michèle Bernard.



Le 18 juin, ils sont près d’une centaine d’enfants, élèves de CM1 et CM2 des écoles Sadi-Carnot et Louis-Aragon de Pantin, à chanter « Nomade » de Michèle Bernard, accompagnés à l’accordéon par l’artiste.


Quelques jours avant le jour J, les élèves des deux CE1 et de la CLIN de l’école de la rue Belliard (Paris 18e) se confrontent aux difficultés de « La Maman des poissons » de Bobby Lapointe, entraînés par Geneviève Mazeau leur professeur de musique. Encore quelques réglages et ils seront fin prêts pour le jour de la fête où ils chanteront au pied de la butte Montmartre.



Comment s’approprie-t-on les chansons du CD ? Pour le savoir, nous sommes allés à l’école Sadi-Carnot de Pantin, où le choix s’est porté sur « Maria Szuzanna » de Michèle Bernard. Les répétitions se succèdent au rythme d’une chaque vendredi. Ce jour-là, élèves et maître en sont à la quatrième...

« On me regarde », dit le maître
© CNDP
Vendredi 5 avril 2002, 13 h 45.

Les élèves d’un CM1 et d’un CM2 de l’école Sadi-Carnot à Pantin se mettent en place sur les gradins de la salle. Les petits devant, les grands derrière comme pour la photo de classe sauf que là, l’affaire est autrement plus sérieuse, puisqu’il s’agit de répéter une des chansons du CD de la Fête de la musique. Leur maître, Christian Fagny, a jeté son dévolu sur « Maria Szuzanna » de Michèle Bernard, qui raconte le destin d’une petite gitane... Même si cette chanson ne ressemble en rien à ce que ces élèves écoutent d’habitude, même si elle est plutôt difficile à maîtriser, « Elle leur a parlé tout de suite ». Peut-être parce que cet air aux mélopées tziganes qui évoque voyage et déracinement « remue chez ces enfants, dont beaucoup sont issus de l’immigration, des images qu’ils portent en eux... », explique leur maître. Elle a ainsi permis de se lancer en classe dans un travail autour du thème de l’exclusion.
Lors des précédentes répétitions, les élèves se sont familiarisés avec la chanson, d’abord par l’écoute et la mémorisation des paroles avant d’aborder le travail sur la voix parlée et se lancer dans l’apprentissage de la mélodie. Il a aussi fallu s’exercer à l’attaque des refrains avec un « Ô » pas facile à attraper...

Aujourd’hui, premier temps, on s’assied pour écouter un extrait de musique tzigane qui provoque quelques rires au début mais finit par faire bouger les têtes et battre les pieds...
Deuxième temps, on se lève pour une séance d’échauffement. « Il y a en effet plusieurs choses à faire avant de chanter » rappelle Christian Fagny. Et tous, élèves et maître, de plonger tête en bas avant de remonter « len-te-ment » vertèbre par vertèbre. Puis, de lever les bras bien haut, remuer les poignets, avant de mettre les mains sur les épaules et de se relâcher, une fois, deux fois. Ensuite, on tourne doucement les épaules, le cou, là où les muscles sont en relation directe avec la voix. Enfin, les mains viennent caresser le visage pour décrisper les cordes vocales.

La voix des enfants est fragile
« Soyez dedans, n’allez pas trop vite »
© CNDP
Reste la respiration. Une main sur le ventre, l’autre pointée, les élèves prennent de l’air, bloquent et laissent sortir un « OOOO » qui se prolonge jusqu’au bout du souffle et même, de façon parfois un peu suspecte, au-delà. Deuxième essai... Voilà, le corps est prêt, les esprits rassemblés... On peut enfin se mettre à chanter, en commençant par des exercices vocaux. « La voix des enfants est fragile, il faut éviter de la casser en commençant à froid », précise Christian Fagny qui, longtemps membre d’une chorale, sait de quoi il parle.

« Ne remuez pas, vous allez vous épuiser » lance-t-il aux jeunes choristes, avant de leur faire monter la gamme par une série de « Ma Me Mi Ma Me Mi Mo Mu » qui partent à l’assaut des aigus.
Le travail du jour portera plus précisément sur les points qui pèchent encore, la diction notamment. Pas facile de dire, sans trahir le rythme, « Roulottes-tu toujours ta bosse » ou bien « Qui parl’nt’une langu’inconnue ». Les « Coûte que coûte » de la fin jouent aussi quelques mauvais tours.
Il est temps d’entonner la chanson tout entière. « On me regarde » dit le maître qui lance les derniers conseils, « Soyez dedans, n’allez pas trop vite, écoutez bien la musique en même temps ». Au CD d’entrer en action. La version play-back égrène les premières notes. Les élèves sont concentrés, guettant le signal. « Elle a débarqué dans la classe... ». C’est parti, sans faillir. Tous chantent avec beaucoup de cœur et manifestement beaucoup de plaisir, les pieds remuent, les corps se balancent et si certains sont moins dans la note, ils se fondent dans l’ensemble. Mis à part quelques dérapages persistants sur des finales de phrases, la chanson est bien assimilée et la qualité déjà au rendez-vous.
De toute façon, il reste encore quelques vendredis d’ici le jour J qui sera précédé d’un grand moment : début juin, Michèle Bernard a promis de venir assister à une répétition. Inutile de dire que les élèves brûlent de curiosité.
Aventure à suivre donc...

Lundi 17 juin, 10 h 30
Le grand jour est arrivé. Michèle Bernard est là, frêle silhouette derrière son grand accordéon. Devant elle, assis, près d’une centaine d’enfants, élèves de CM1 et de CM2 des écoles Sadi-Carnot et Louis-Aragon de Pantin, visiblement impressionnés.

Après une courte séance de présentation, les élèves commencent par interpréter avec Michèle Bernard « Maria Szusanna », chanson apprise pour la Fête de la musique. C’est « une histoire vraie », leur précise l’auteur-compositeur en préambule. Ils l’entonnent, d’abord portés par l’accordéon et la voix de Michèle Bernard qui les entraînent sur un mode plus grave que leur tonalité d’enfants. Et ils s’en sortent aussi bien quand il s’agit de la reprendre, cette fois accompagnés par le play-back du CD. Ensuite, place à un autre titre de Michèle Bernard, « Nomade » qui, comme « Maria Szusanna », s’inspire du thème du voyage. La beauté grave de la mélodie, la densité de la concentration créent un grand moment d’émotion dans le vaste préau. La dernière note est aussitôt suivie d’une salve d’applaudissements. Pour finir, Michèle Bernard interprète deux morceaux de son répertoire, repris en chœur.
Voilà, l’heure de reprendre les cours approche. « Bravo, c’était très agréable de chanter avec vous... Et je ne dis pas cela tout le temps », conclut Michèle Bernard avant d’être assaillie par des grappes d’élèves en quête d’autographes.

Pour aller plus loin

La chanson de Michèle Bernard, « Maria Szusanna », offre une bonne occasion de découvrir la musique des tziganes et de rencontrer ce peuple à travers une expression artistique personnelle. Le dossier préparé par des professeurs de l'académie de Rennes propose une visite de l'univers de cette chanson et des activités pédagogiques autour de la réalisation vocale. Propositions d'écoute, fiche de découverte pour l'élève, dossier pour le professeur en téléchargement :
En savoir plus sur le site de l’académie de Rennes www.ac-rennes.fr/


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