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Recrutement des jeunes acteurs sur MySpace, tournage en super-8, travail sur le son , sur tous ces choix qui traduisent l'atmosphère du film, Gus Van Sant s'explique.
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Qu’est-ce qui vous a décidé à adapter le roman de Blake Nelson ? L’histoire se déroulait à Portland, ville que j’ai toujours beaucoup aimée. Il était question d’un jeune skate-boarder. Cela parlait également d’une situation difficile et particulièrement étouffante, autre point de l’histoire intéressant pour moi.
Avez-vous apporté des modifications au récit, ou à sa structure ? J’ai beaucoup joué avec la structure de l’histoire. Il y a peu de parties du livre qui ne soient dans le film, mais structurellement, tout a été beaucoup manipulé.
Pourquoi avoir choisi de recruter vos acteurs via MySpace, ce réseau communautaire sur Internet ? Je pense que c’est ce que devraient faire toutes les agences de casting pour trouver des lycéens, surtout maintenant que MySpace est à ce point répandu. Nous avons fait comme les autres, en essayant simplement de trouver les moyens de convaincre des amateurs de jouer dans le film.
Pourquoi avoir choisi de tourner à la fois en super-8 et en 35 mm ? Parce que le support du film de skate est le super-8, et aussi la vidéo, et comme nous en utilisions un peu dans notre film, nous avons tourné quelques séquences supplémentaires de skate en super-8. Il est beaucoup plus difficile de tenir une caméra plus grande en se tenant sur une planche, c’est une des raisons. De plus le 35 mm est trop cher pour que les filmeurs de skate l’utilisent. Ensuite, le reste du film est tourné en 35 mm, le meilleur support selon moi.
Il y a manifestement un travail important sur le son. J’ai entendu dire que certaines séquences, notamment en super-8, étaient plus longues à l’origine. Le travail de post-production a-t-il été particulièrement long et intensif ? Non, je crois que les séquences en super 8 sont restées pratiquement les mêmes. Peut-être y en avait-il au départ un peu plus. Le son, aussi détaillé qu’il puisse paraître, est surtout fait de paysages sonores, c’est l’œuvre de compositeurs. Le travail que nous avons fait dans la manipulation du son est plutôt simple, mais les paysages sonores, surtout ceux d’Ethan Rose, sont assez compliqués. C’est parfois comme si nous mettions des disques tout le long du film – mais des disques de musique peu traditionnelle. La post-production n’a duré que deux ou trois semaines.
Entretien réalisé par Antoine Thirion
À noter Le CRDP de Nice a édité dans la collection « À propos », un DVD d'exploitation pédagogique du film Elephant de Gus Van Sant. Voir la notice, commander www.crdp-nice.net/
Repères Gus Van Sant Gus Van Sant est né à Louisville, dans le Kentucky, en 1952. Il travaille dans la publicité avant de se tourner vers le cinéma. Son premier long métrage, Mala Noche, l’histoire d’une romance homosexuelle filmée en noir et blanc, est salué par la critique, et le cinéaste indépendant est rapidement contacté par les studios hollywoodiens. Dès lors, la carrière de Gus Van Sant oscille entre grands films de studios et productions plus personnelles. Des films comme Drugstore Cowboy (1989), qui narre la dérive de junkies, ou My Own Private Idaho (1991), qui suit le trajet de deux prostitués masculins, déploient l’univers et le talent personnel du réalisateur, tandis que Prête à tout (1995), Will Hunting (1997, nominé neuf fois aux oscars) ou À la rencontre de Forrester (2000) lui assurent une plus large reconnaissance publique et critique. La filmographie de Gus Van Sant se déroule ainsi de manière originale, alternant essai décalé sinon déjanté (Even Cowgirls Get the Blues), films commerciaux, et films expérimentaux (Gerry en 2002, Last Days en 2005). En 2003, le jury du festival de Cannes salue la radicalité époustouflante d’Elephant (une évocation du massacre du lycée de Colombine) en lui attribuant et la Palme d’or et le prix de la mise en scène. Gus Van Sant est par ailleurs photographe, musicien et écrivain : en 1997 est paru Pink, un roman satirique sur le milieu du cinéma.
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