Coin lectureLe scénario : entretien avec Arlette Langmann |
| Maurice Pialat et Arlette Langmann, À nos amours, Paris Lherminier 1984 | |
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Quelle a été la genèse du scénario de ce qui allait devenir A Nos Amours, c'est-à-dire, à l'origine, Les Filles du faubourg ? – J'avais écrit un premier scénario sous la forme d'une longue nouvelle intitulée Les Filles du Faubourg. Présenté aux commissions et comités de lecture compétents, ce texte a permis à Maurice Pialat d'obtenir l'avance sur recettes d'une part ; un accord de co-production avec FR3 d'autre part (c'était en 1976). Malgré ces deux garanties assez conséquentes pour l'époque, le complément de budget trouvé auprès de producteurs et distributeurs était insuffisant pour tourner le film tel qu'il le désirait, d'autant qu'il s'agissait alors d'un film « d'époque » (situé, en l'occurrence, dans les années 60). Maurice abandonna le projet. Mais il fallait bien livrer un film, en contrepartie des avances obtenues… A l'insu des producteurs, il entreprit de préparer Les Meurtrières, à partir d'un scénario inspiré d'un fait divers célèbre, où deux jeunes auto-stoppeuses avaient assassiné un automobiliste. A la veille du tournage seulement, il informa les responsables de la production du changement de sujet. Ils n'en sont pas revenus. De toute manière, ils trouvaient déjà le sujet des Filles du Faubourg trop dur, alors Les Meurtrières ! … Maurice Pialat commença malgré tout le tournage. Mais, déçu par l'actrice qu'il avait choisie pour le rôle principal, et par le manque d'enthousiasme de ses producteurs, ne se sentant pas soutenu, ayant peur d'aller à la catastrophe, au bout de trois jours de tournage il laissa tout tomber. Je crois d'ailleurs qu'il a eu raison : c'était trop mal parti ! Évidemment, on a dit de lui à ce moment-là qu'il était fou, qu'il allait se « griller » auprès de toute la production, et ne pourrait jamais plus tourner un film. Mon opinion est que les gens sont timorés, ont peur de tout, alors que Pialat a de l'audace, et que cette audace fait partie de son talent… Donc, arrêt du tournage. Mais le problème restait entier (aggravé même du fait qu'une partie des avances avait été dépensée) et il fallait plus que jamais livrer un film… Ce film, ce fut Passe ton bac d'abord. | |
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Mai 2001