Coin lectureLe meilleur film japonais |
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| ROHMER Eric, Arts, 25 septembre 1959, p. 4 | |
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Car il n'y a, pour le cinéaste comme pour le poète, qu'un seul grand sujet : l'idée de l'unité cachée sous la diversité des apparences ou, si l'on veut, traduite en termes de drame, la quête exaltante et trompeuse d'un paradis où « tout n'est que luxe, calme et volupté » . Et ce motif constitue ici le cœur même de la fable, puisqu'elle nous montre les mirages dont sont victimes deux paysans tentés l'un comme Don Quichotte par le démon guerrier, l'autre comme Lancelot, par celui des sens. Mais l'idée traduite en images n'a rien d'abstrait et, cette fois-là, éclate la supériorité du Japonais sur nous, hommes d'Occident, qui sommes incapables d'installer sur l'écran la féerie. Nos films d'époque sentent la mascarade, nos films fantastiques le truquage. Celui-là non. L'élégance d'écriture de ce film, le raffinement de tous ses détails sont pour nous riches d'enseignements infinis. Mais, rassurez-vous, je ne prétends pas vous y envoyer comme à l'école. Les Contes de la lune vague possèdent, par-dessus le marché, une qualité dont vous auriez pu douter en lisant mon dithyrambe. C'est un film vif, prenant, enjoué, facile, tour à tour émouvant et plein d'humour. Il n'a point ce caractère solennel, abstrus, des chefs-d'œuvre. Nul hiératisme même, nulle lenteur extrême-orientale,. Vous serez au contraire tout surpris, presque déçus de voir apparaître si vite sur l'écran le mot « fin ». ROHMER Eric, « Le meilleur film japonais », revue Arts, 25/09/59 | |
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