Utilisation de la vidéo
Extrait du rapport de l'IGEN - 1999 
 
 
 
Dans le rapport de l'Inspection générale de l'Éducation nationale (La Documentation française, 1999, 496 pages), un chapitre (PDF, 234 ko) est consacré à l'utilisation de la vidéo dans l'enseignement des langues vivantes.
Nous présentons ici les grands points qui en ressortent.

Quelle utilisation ?
« Les langues vivantes comptent - dans les représentations collectives - parmi les disciplines pour lesquelles l'utilisation de l'outil vidéo est d'un intérêt évident et fait partie des pratiques d'enseignement les plus courantes. » Cependant, force est de constater, au regard des enquêtes effectuées au cours des cinq années précédant la publication du rapport, que ce support était faiblement utilisé dans la pratique.
Pourquoi ? Plusieurs explications ont été fournies par les enseignants interrogés.
- Insuffisance d'équipements des établissements et problèmes d'organisation pour disposer du matériel.
- Attentes insuffisamment satisfaites de documents adaptés aux objectifs pédagogiques.
- Absence de formation tant sur le plan technique que didactique.
- Crainte d'un surcroît de travail préparatoire.
- Problèmes de droits d'auteur.

Concernant l'analyse des documents vidéo et leur exploitation en classe, plusieurs pratiques ont été répertoriées et les conclusions soulignent que le « document vidéo n'est pas plus prêt à l'emploi qu'un autre » : « Les acquis de la didactique des langues vivantes demeurent valables pour cet outil particulier [...] les objectifs linguistiques restent déterminants ainsi que les exigences de continuité et la cohérence pédagogique par rapport à l'ensemble de la séquence pédagogique [...]. » L'enseignant se doit d'adopter « une analyse critique de la mise en œuvre proposée par d'autres enseignants ou par les auteurs d'une méthode et son adaptation aux besoins et aptitudes de la classe ».

Quels documents ?
S'interrogeant sur la pertinence d'un document vidéo, le rapport propose quatre critères d'évaluation :
  • la brièveté des séquences (3 à 4 minutes) ;
  • l'adéquation entre son utilisation et les objectifs qu'il permet d'atteindre ;
  • la polysémie : la séquence proposée doit se prêter aux interprétations et hypothèses favorisant la prise de parole ;
  • l'interactivité potentielle : le document vidéo doit pouvoir favoriser l'échange, être exploité par d'autres supports ou les accompagner.

L'utilisation de la vidéo pour l'initiation à une langue vivante
à l'école élémentaire
Cette approche a été examinée attentivement dans la mesure où les cassettes « CE1 sans frontière » et « CE2 sans frontière » ont fait l'objet d'une large diffusion.
« Cette expérimentation s'est révélée riche en enseignements d'autant plus fiables qu'elle s'est étendue sur deux années et a concerné en 1996-1997 près de 800 000 élèves de cours élémentaire ».
Une observation a donc été effectuée et les résultats suivants ont été publiés :
  • attitude positive des élèves, enthousiastes, participatifs ; la vidéo a un pouvoir de fascination certain ;
  • limite de l'usage due à l'insuffisance de maîtrise de la langue par l'enseignant ;
  • faiblesse de la mise en scène, l'unité de lieu (la classe) limitant le contact avec la réalité du pays, défaut en partie corrigé dans la seconde série de cassettes.

À plus long terme, un effet positif de cette expérimentation est d'avoir permis une association de l'usage de la vidéo à l'enseignement des langues. Pour le maître comme pour l'élève, cette familiarisation devrait permettre une meilleure exploitation du support, dans les pratiques pédagogiques pour l'un, dans les apprentissages pour l'autre.

 
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