Vivre ensemble

Sommaire
 
Présentation
 
Pistes pédagogiques
Ordre, désordre, conflit
Citoyenneté / civilité
Valeurs : moi / les autres
Débat / prise de position
 
Tu veux du ciel
 
Sélection documentaire
 
À propos de ce dossier
 
Présentation

Le DVD Vivre ensemble de la collection « Raconte-moi » (voir les titres et des extraits vidéo) offre trois heures d’images fixes ou animées1 dans lesquelles on peut puiser comme dans une banque de données, naviguer à sa guise, ou encore, mettre en rapport différentes séquences pour mieux « vivre ensemble » à l'école. Il s'agit aussi de donner aux enfants des repères indispensables pour qu'ils s'intègrent mieux dans la cité. Ce DVD s'inscrit dans les domaines Vivre ensemble (cycles 1 et 2) et Éducation civique (cycle 3) des programmes (extraits présentés dans le dossier Laïcité, valeur de l'école républicaine).

Ce dossier propose des pistes pédagogiques, s'appuyant sur des séquences du DVD Vivre ensemble, pour mettre en œuvre des activités :
– en rapport avec ce domaine ;
– langagières, au service de l'argumentation et du débat ;
– transdisciplinaires, prenant en compte la spécificité du support numérique DVD (audiovisuel/navigation).
En outre, il propose un document de la conceptrice du DVD permettant de comprendre une création originale faite avec des élèves de classe d'initiation (CLIN) : Tu veux du ciel.

Le DVD Vivre ensemble fait suite à Ogres, monstres, sorcières et fantômes et Histoires de loups, les deux premiers DVD de la collection « Raconte-moi ».

Pistes pédagogiques

Les pistes pédagogiques proposées dans ce dossier s’adressent aux différents cycles de l'école selon les articulations Vivre ensemble/éducation civique, Histoire/géographie, et dans le domaine transversal de la maîtrise de la langue. Les maîtres pourront s’inspirer de tout ou partie de ces pistes en fonction du contexte de leur classe, des compétences qu’ils souhaitent développer chez les élèves et des savoirs à construire avec eux.

De la petite section de maternelle jusqu'au CM2, les programmes des domaines Vivre ensemble et éducation civique visent à faire progresser les enfants dans une prise de conscience du monde (et de ses règles de vie) qui les entoure pour s'y reconnaître comme individus dans un groupe restreint, puis comme citoyens : dans la classe, dans l'école, dans la ville, dans la société tout entière.
Ces règles de vie qui se complexifient font apparaître des contradictions, des tensions, des conflits parfois difficiles à gérer car les élèves ne distinguent pas toujours ce qui relève de la règle (ce qui ne se discute pas) des espaces de débat et de négociation possible (ce qui se discute).
Les pistes proposées s'efforcent de mettre en évidence ce parti pris de manière transversale dans différentes séquences du DVD mais aussi grâce à l’approche spécifique de deux albums de littérature de jeunesse adaptés sous forme de dessins animés (Débat / prise de position).
 
Méthodologie
On partira des représentations des élèves sur la question du « Vivre ensemble » dans la classe et par cercles concentriques (suivant les niveaux de classe) dans l’école, dans la cité.
À l’appui de situations de classe concrètes (conflits, par exemple) mais aussi lors de débats, on pourra exploiter les différentes séquences du DVD (en complément d’autres ressources) pour mettre les élèves à distance de ces situations et rechercher dans les espaces fictionnels ou documentaires du DVD des éléments de réponse aux questionnements émanant de ces situations de classe.
On cherchera toujours à mettre en évidence de façon nette ce dont on peut débattre (le possible : choix individuels) et ce dont on ne débat pas (règles collectives) ; c’est-à-dire à fixer des limites, un cadre de référence.
Des synthèses, des reformulations orales ou écrites, mais aussi une évolution des attitudes et des comportements dans la classe permettront d’évaluer la prise de conscience de ces notions par les élèves.
Ordre, désordre, conflit
Les enfants aspirent à l'ordre, même si certaines pulsions (envie, jalousie) font naître parfois des conflits, des « désordres » dans la classe, dans la cour de récréation, dans la rue.
Pour que l'enfant se sente en sécurité à l'école, mais aussi dans la cité, il est nécessaire qu'il prenne conscience que les règles de vie ont pour objet – justement – de fixer un cadre auquel tous peuvent et doivent se référer pour mieux vivre ensemble.

Les pistes proposées ci-dessous visent à repérer les causes et les conséquences des conflits, ainsi que les moyens pour les résoudre sans violence : mise à distance des situations de classe grâce aux fictions proposées par le DVD, recherches documentaires et instauration de conditions propices au débat réglé.

Cycle 1
Objectif
Installer les conditions d’une communication au sein du groupe large et organiser les prises de parole.
Support
À partir del'album Le Pont des enfants (module « La bibliothèque ») : deux familles séparées par une rivière se jalousent mutuellement sans se connaître.
Éditeur : Épigones ; illustrateur : ZAVREL Stepan
Pistes
Une histoire pour montrer comment des difficultés de voisinage peuvent se résoudre grâce à la parole :
– identifier les personnages (distinguer notamment le rôle des enfants qui servent de « médiateurs ») ;
– repérer la « frontière » dans la fiction (ici frontière naturelle représentée par un cours d'eau) pour montrer comment ce premier lieu de proximité est une zone potentielle de conflit ;
– proposer un débat pour mettre en évidence la cause essentielle du conflit (la jalousie) ;
– montrer comment le conflit se règle dès lors que les personnages se connaissent mieux (dans le récit mais aussi dans la vie quotidienne) et que la communication joue un rôle décisif, en particulier lorsque le langage se substitue à l’action immédiate.
Cycle 2
Objectif 1
Apprendre à refuser la violence, à maîtriser les conflits et à débattre des problèmes.
Support
À partir de l'album Bataille  (module « La bibliothèque ») : deux rois entrent en guerre après avoir ri l'un de l'autre.
Éditeur : Autrement Jeunesse ; illustrateur : BATTUT Éric
Pistes
Une histoire pour montrer comment les conflits peuvent se résoudre de manière pacifique :
– identifier et reformuler la raison qui va déclencher la bataille ;
– articuler, dans la suite chronologique du récit, les notions de cause et de conséquence ;
– montrer comment la bataille se résout de manière symbolique (jeu d'échecs) ;
– mettre en évidence l'idée de médiation, de négociation, de compromis ;
– mettre en perspective la fiction avec les conflits dans l'histoire ou dans l'actualité.
Objectif 2
Chercher, se documenter au moyen d’un produit multimédia.
Support
À partir de la séquence « Les mots qui comptent »(module « La bibliothèque »).
Pistes
Prolongement d'activité possible à partir du travail sur l'album Bataille en effectuant une recherche documentaire dans la séquence « Les mots qui comptent » :
– rechercher et visionner la séquence dans le DVD ;
– noter et commenter collectivement les différentes citations qui traitent de la vanité de la guerre.
Cycle 3
Objectif 1
Refuser tout recours à la violence dans la vie quotidienne de l’école.
Support
À partir de l'album Pourquoi ? (module « La bibliothèque ») : des souris et des grenouilles entrent dans l'escalade d'un conflit en se disputant une fleur.
Voir un extrait vidéo (Windows Media Player , 1,8 Mo)

Éditeur : Nord-Sud ; illustrateur : POPOV Nikolaï
Pistes
Une histoire pour analyser les causes de la violence et montrer son inutilité pour résoudre les conflits :
– mettre en évidence la notion de propriété (individuelle et collective) ;
– mettre en évidence la notion d'escalade de la violence dans la fiction ;
– rechercher les causes apparentes du conflit (repérage dans les images et dans le texte) ;
– imaginer quelles en sont les causes plus profondes ;
– rechercher les causes apparentes/profondes de conflits récents dans la classe ;
– proposer des solutions pour les résoudre avant d'utiliser la violence ;
– voir aussi le scénario pédagogique « Pourquoi ? » pour travailler dans le domaine de l'éducation à l'image.
Objectif 2
Réinvestir des connaissances historiques et géographiques en éducation civique.
Support
À partir de l'album Pourquoi ? (module « La bibliothèque »).
Pistes
En géographie, mettre en évidence la notion de territoire, de frontière (naturelle ou non) :
– repérer les contours des espaces « politiques » (France, Europe) : comment ces limites territoriales sont-elles symbolisées sur des cartes ? Qu'est-ce qu'une frontière ?
– nommer les frontières naturelles de la France.

En histoire, établir des correspondances avec le programme d'histoire (cycle 3) :
– distinguer causes lointaines et causes immédiates des guerres ;
– mettre en évidence les conséquences des conflits (dans l'histoire, dans les albums et dans la classe).
Objectif 3
Chercher, se documenter au moyen d’un produit multimédia.
Support
À partir des séquences vidéo de la « Salle des reportages »
Pistes
– Identifier les reportages qui montrent les conséquences des conflits pour les enfants.
– En débattre.
Support
À partir des séquences vidéo de « La République et toi ».
Pistes
– Retrouver les textes (et leur histoire) qui règlent notre vie commune.
– Comprendre comment ils sont nés (paradoxalement dans la violence de la révolution).
Citoyenneté / civilité
Les notions de citoyenneté et de civilité ne sont pas des évidences pour les enfants qui ne font pas toujours le lien (ni la différence) entre les règles (explicites) et celles (implicites) qui relèvent de la « bonne » éducation. Il deviendrait difficile de vivre ensemble s'il fallait en permanence se référer à la règle écrite. Des règles admises (ne pas se couper la parole, être poli, etc.) doivent se construire au quotidien dans la classe.

Les pistes proposées ci-dessous visent d'abord à expliciter les mots pour ensuite mettre en évidence les nécessaires articulations entre liberté et contraintes, entre droits et devoirs afin d'identifier les espaces de débat dont disposent les citoyens.

Cycle 1
Objectif
Découvrir et faire sien le principe de la solidarité.
Support
À partir de l'album Croissant de lune (module « La bibliothèque ») : un petit indien accompagne une vieille femme de sa tribu jusqu'à son dernier souffle.
Voir un extrait vidéo (Windows Media Player, 1,7 Mo)

Éditeur : Nord-Sud ; illustrateur : DUROUSSY Nathalie
Pistes
Une histoire pour mettre en évidence la nécessaire solidarité entre les générations mais aussi entre élèves :
– faire reformuler collectivement le récit par les enfants ;
– montrer, par l'image et par le texte, la générosité et l'attention aux autres dont fait preuve Croissant de Lune (lien vers le guide déjà fait) ;
– montrer comment, dans la classe, l'entraide permet de tisser des liens.
Cycle 2
Objectif 1
Identifier et étudier la signification des grands symboles de la France et de la République.
Support
À partir des séquences vidéo de « La République et toi »
© SCÉRÉN - CNDP

Pistes
Effectuer une recherche documentaire (navigation dans le DVD) :
– rechercher et visionner la séquence dans le DVD ;
– extraire les mots ou expressions : République, démocratie, « liberté, égalité, fraternité » ;
– rechercher des définitions dans des dictionnaires et les reformuler ;
– identifier et commenter la devise de notre République et ses symboles (drapeau, Marianne, hymne national).
Objectif 2
Montrer comment les élèves peuvent considérer leurs actions du point de vue de leurs camarades, sinon du point de vue général.
Support
À partir de l'adaptation de l'album La Greninge dans la mécamachine
Voir un extrait vidéo (Windows Media Player, 5,7 Mo)

Nicolas, un petit garçon qui ne va plus à l'école, va résoudre un grave problème dans l'usine de son père, mais n'ayant pas eu la reconnaissance escomptée, il veut se venger.
À cause de promesses non tenues (par les adultes), l'enfant, en l'absence de dialogue avec son père notamment, est conduit « légitimement » (dans l'esprit des lecteurs/spectateurs) à commettre un fait délictueux.
Pistes
S'interroger sur les actes d'incivilité et leurs conséquences :
– montrer en quoi la vengeance de Nicolas ne résout rien pour lui (il ne sera pas pour autant pris à l'usine) et qu'elle va même aggraver la pénibilité du travail des ouvriers ;
– montrer comment le sentiment d'injustice peut conduire à ne pas respecter la loi (dans l'album, dans la classe, dans la cité), mais que cela ne règle rien.
Cycle 3
Objectif 1
Prendre conscience de manière explicite de l’articulation entre liberté personnelle, contraintes de la vie sociale et affirmation de valeurs partagées.
Support
À partir desreprésentations des élèves sur les questions de citoyenneté et de civilité.
Pistes
Expliciter les notions de citoyenneté et de civilité :
– confronter les représentations des élèves aux définitions des dictionnaires de la classe et aux résultats d'une recherche documentaire sur l'internet (le maître pourra se référer, par exemple, au dictionnaire en ligne de l'Académie française(http://atilf.atilf.fr/) et les élèves pourront effectuer une recherche documentaire sur le site Droits partagés : des droits de l'homme aux droits de l'enfantwww.droitspartages.net/ ;
– faire évoluer les représentations des élèves sur la question de l'éducation à la citoyenneté, qui ne se résume pas au simple apprentissage des règles de vie (civilité) ;
– mettre en œuvre des débats réglés qui permettent aux élèves de justifier leur point de vue parmi plusieurs possibles (cf.Débat / prise de position) ;
– mettre en perspective ce travail de recherche et d'explicitation avec le vécu des élèves : qu’est-ce que la citoyenneté et la civilité au quotidien en classe ?
Objectif 2
Se familiariser avec l’institution démocratique ; prendre conscience de l'appartenance à une nation.
Support
À partir des séquences vidéo de « La République et toi ».
Pistes
Effectuer une recherche documentaire (navigation dans le DVD) :
– rechercher et visionner la séquence « La République et toi » dans le DVD ;
– reformuler collectivement les grands principes de la République et de la démocratie ;
– répondre à la question « Qu'est-ce que la Constitution ? » : histoire, définition, contenus ;
– rechercher la devise de notre République et ses symboles ;
– rechercher sur d'autres supports les symboles de pays étrangers (hymnes, drapeaux, etc.).
Objectif 3
Mettre en évidence les notions de solidarité européenne, d'ouverture au monde, et la responsabilité que nous avons à l’égard de l’environnement
Support
À partir des paroles citoyennes d'Albert Jacquard dans l'Agora.
© SCÉRÉN - CNDP
Pistes
Montrer l'évolution de l'idée de citoyenneté (l'humanité comme patrie) :
– introduire la notion d'attitude citoyenne (implication positive et active dans la vie de la cité) ;
– sensibiliser aux questions d'écologie qui ignorent les frontières et qui nous interrogent sur une citoyenneté planétaire.
Valeurs : moi / les autres
La question des valeurs renvoie parfois à des valeurs personnelles.
Il conviendra donc de distinguer celles – universelles, inaliénables et intangibles – que nous avons en commun (les valeurs démocratiques de la République) de celles – familiales, par exemple – qui peuvent aller, dans des cas extrêmes, jusqu'au délit d'opinion (racisme).
Cette question amène à s'interroger sur la place de « l'autre » dans notre société ; d'autant que l'enfant, dans un premier temps appréhende le monde par rapport à lui-même.

Les pistes proposées ci-dessous visent à faire prendre conscience de la notion d'altérité et de poser la question des valeurs. On mettra en évidence les articulations différences/ressemblances qui permettront à l'enfant de se situer par rapport aux autres.
Les débats aborderont la question de la solidarité et de son corollaire, la discrimination.

Cycle 1
Objectifs
Susciter l’ouverture à l’autre et le respect de la différence.
Examiner des notions ou des valeurs comme le respect de l'autre.
Support
À partir de la séquence d'introduction du DVD (Windows Media Player, 7,6 Mo) : le héros récurrent de la collection de DVD « Raconte-moi » est cette fois accompagné par des enfants de toute couleur.
Pistes
– Mettre en évidence la diversité des personnages et donc la diversité humaine.
– Mettre en perspective cette diversité avec celle des enfants de la classe.
Support
À partir de l'album Sophie, la vache musicienne (module « La bibliothèque ») : Sophie, malgré ses talents de musicienne, est rejetée à cause de sa « différence  » lorsqu'elle souhaite intégrer un orchestre.
Éditeur : Kaléidoscope ; illustrateur : PENNART (de) Geoffroy
Pistes
Une histoire pour aborder la notion de discrimination :
– faire formuler, orchestre par orchestre, les raisons pour lesquelles Sophie ne fait pas l'affaire (en s'appuyant notamment sur les images) ;
– montrer comment les raisons invoquées sont en réalité de fausses raisons (qui en cachent d'autres).
Support
À partir del'album Léon-de-la-nuit (module « La bibliothèque ») : Léon, le jeune papillon, est différent de ses congénères.

Une histoire pour travailler les correspondances et les échos dans la littérature de jeunesse :
– avec l'album « Sophie, la vache musicienne » ;
– avec l'histoire (connue des enfants) du vilain petit canard.
Montrer comment, après un visionnage et une reformulation collective, ces histoires différentes racontent en fait la même chose : ceux qui sont différents sont souvent rejetés.

Rechercher d'autres exemples dans notre société.
Cycle 2
Objectif
Éduquer à l'altérité.
Support
À partir del'album La Petite Fille incomplète (module « La bibliothèque ») : le parcours d'une petite fille de dessin animé qui n’a pas été complètement dessinée par manque de couleurs et qui se retrouve donc différente des autres.
Voir un extrait vidéo (Windows Media Player, 1,8 Mo)

Éditeur : Ipomée/Albin Michel ; illustrateur : DELERM Martine
Pistes
Travailler les correspondances, les échos dans la littérature de jeunesse :
– mettre en correspondance cette histoire avec les albums Léon-de-la-nuit, Sophie, la vache musicienne, l'histoire (connue des enfants) du vilain petit canard ;
– montrer comment ces histoires différentes racontent la même chose ;
– installer la notion de discrimination ;
– faire apparaître la notion de métaphore (ces récits simples, drôles parfois, mettent en évidence des questions graves).
Support
À partir dela séquence « Tu veux du ciel » (module « L'Atelier »).
Pistes
Mettre en évidence la notion d'intégration.
Après un visionnage intégral de la séquence, répondre collectivement aux questions :
– qui sont ces enfants et d'où viennent-ils ?
– pourquoi et comment sont-ils venus en France ?
– quelle est leur principale difficulté pour s'intégrer à notre société ?

Pour en savoir plus sur les élèves nouvellement arrivés, lire l'article de Francis Delarue : De la scolarisation des élèves nouvellement arrivés en France(PDF, 57 ko )
http://savoirscdi.cndp.fr/
Cycle 3
Objectif
Respecter ses camarades et accepter les différences.
Acquérir une éthique personnelle compatible avec la vie en société.
Support
À partir del'album Yakouba (module « La bibliothèque ») : un petit Africain doit accomplir des rites pour accéder à l'âge de guerrier ; il renonce à tuer un lion affaibli.
Voir un extrait vidéo (Windows Media Player, 2,7 Mo)

Éditeur : Seuil Jeunesse ; illustrateur : DEDIEU Thierry
Piste
Une histoire pour mettre en perspective les valeurs individuelles et les valeurs du groupe : voir Cycle 3 - Yakouba.
Débat / prise de position
« L'éducation civique implique, outre des connaissances simples et précises, des comportements et des attitudes. […] L'apprentissage de la communication réglée, [qui se construit tout au long de l'école élémentaire,] en est l'un des meilleurs instruments. La tenue de débats où chacun doit savoir réfréner sa parole, laisser la place à celle de l'autre et comprendre son point de vue – même quand on ne le partage pas –, chercher à le convaincre en argumentant, est la première forme d'éducation à la démocratie »  (Programmes 2007)
Les pistes proposées dans les deux albums Le Défilé et Yakouba s'efforcent – notamment – de favoriser la mise en place de débats qui permettent de faire émerger des valeurs universelles plutôt que de chercher à imposer un point de vue à autrui.

Cycle 1- Le Défilé
Objectifs
Donner à l’enfant la possibilité d’échapper à l’usage exclusif de son propre point de vue et le conduire à pouvoir adopter celui d’autrui.
Se repérer dans l'espace et dans le temps.
Support
À partir de l'album Le Défilé et de son adaptation audiovisuelle proposée dans le DVD Vivre ensemble.
Voir un extrait vidéo (Windows Media Player, 2,8 Mo)

Dans un décor minimaliste (une ligne d’horizon et une barrière), des personnages bariolés remplissent progressivement l'écran : ils viennent voir défiler le Roi.
Les premiers (les plus humbles) arrivent en avance pour être placés devant. Ils laisseront leur place au fur et à mesure de l'arrivée de personnages importants pour se retrouver derrière.
La chute de l'histoire corrige cette injustice car le Roi va arriver par le haut et par l'arrière.

Éditeur : Éditions du Rouergue ; illustrateur : CHOLLAT Émile
Activités suggérées
La séquence vise à faire découvrir à l'élève l'importance de la notion de repère (ici, chronologique et topographique) pour mieux situer (dans le récit) et se situer (dans un groupe).
– Faire reformuler collectivement le récit aux enfants, mettre en évidence la diversité et la qualité des groupes de personnages qui apparaissent progressivement à l'écran. Ces groupes sont composés de personnages de plus en plus « grands » qui prennent successivement la place des plus « petits » (au sens social du terme).
– Mettre en évidence la notion de suite chronologique dans le récit.
– Mettre en évidence les articulations cause/conséquence, devant/derrière, avant/après.
On pourra également faire jouer concrètement aux élèves la situation et son retournement final.
Cycle 2 / Cycle 3 - Le Défilé
Objectifs
Se construire comme sujet et comprendre sa place dans le groupe.
Se repérer dans l'espace et dans le temps.
Support
Voir « Cycle 1 - Le Défilé ».
Activités suggérées

La séquence vise à faire découvrir à l'élève l'importance de la notion de point de vue (au sens propre comme au sens figuré) et de sa relativité.
Locuteur et point de vue : qui parle ? qui est qui ?
Au rythme de la narration, des groupes de personnages apparaissent à l'écran ; ceux-ci sont caractérisés par le narrateur par « on », « nous », « quelques curieux », « quelques groupes », etc.
Il s'agira ici de dépasser la simple reformulation de l'histoire pour identifier le statut de ces différents groupes dans la société imaginaire proposée par l'album : qui est le narrateur ? Son point de vue épouse-t-il celui des « grands » ou celui des « petits » ?
Pour « modéliser » la complexité de cette histoire, il sera sans doute judicieux de faire établir des listes, des tableaux permettant de trier, de sélectionner et de classer les personnages selon leurs dénominations ou leurs attributs (vêtements, allure, voiture, etc.).
Dans un premier temps, la confrontation de ces classements mettra en évidence la concordance entre l'ordre d'apparition chronologique des personnages et leur place dans la société.
Dans un second temps, on pourra ordonner et classer ces personnages selon d'autres critères en s'appuyant sur le texte de l'album : nous/les autres, quelques curieux, les notables et les notaires, etc.
Des activités du même genre ont été conduites à propos d'un épisode du feuilleton Au nom de la loi (article de Francis Delarue – PDF, 59 ko).
La représentation : un choix
Qu'il s'agisse du texte (imprimé dans l'album papier) ou des images (par exemple en 3D dans l'animation), aucune des « représentations » n'est gratuite. Elles font sens par rapport au thème de l'histoire et à son déroulé.
On pourra donc mettre en évidence la notion de « choix » opéré par les auteurs (de l'ouvrage, mais aussi de l'animation) et montrer comment ce choix est au service du sens.
Les images : dans l'album papier (images fixes), montrer comment, par exemple, la dynamique du « mouvement » est rendue par les doubles pages qui tronquent les personnages en mouvement. Dans l'album et dans l'animation, les personnages importants sont représentés grâce à des contre-plongées valorisantes.
Le texte : on s’interrogera également sur la typographie et sur la répartition du texte dans l'album papier :
– l’écriture en capitales, les lettrines en majuscules (le thème traite des vanités du genre humain), les polices de tailles différentes (signifiant/signifié) ;
– la mise en page (écriture sur doubles pages et retours à la ligne), les critères de mise en page ;
– la disposition et la taille du texte relativement à l’espace occupé par les images ;
– les banderoles « VIVE LE ROI », constituées de lettres collées à la manière des lettres anonymes.
Débat réglé
Le maître mettra en place un débat en s'appuyant sur les différences sociales qui apparaissent dans Le Défilé. Il les mettra en perspective avec les inégalités sociales qui existent dans notre société.
Ce débat pourra mener les élèves à réfléchir à la manière dont ces inégalités sont ou devraient être réduites.
On pensera au rôle régulateur de l'État et des partenaires sociaux en la matière à travers les différents dispositifs mis en place pour « compenser » ces inégalités (gratuité de l'école, CMU, assurance chômage, etc.), sans oublier le rôle des associations qui s'investissent auprès des personnes en difficulté en France et dans le monde (Restos du cœur, Unicef, Médecins du monde, etc.).
Cycle 3 - Yakouba
Objectif
Mener une réflexion approfondie sur ce qui relève de valeurs pour lesquelles il n’est pas possible de transiger ou, au contraire, du libre choix de chacun.
Support
À partir de l'album Yakouba et de son adaptation audiovisuelle proposée dans le DVD Vivre ensemble.
Voir un extrait vidéo (Windows Media Player, 2,7 Mo)

Yakouba, le héros du livre, doit, tout comme les autres jeunes garçons de son village, se rendre seul dans la savane pour affronter un lion. S’il sort vainqueur de ce combat, il trouvera naturellement sa place dans la société, en tant que guerrier. S’il n’y parvient pas, il n’accèdera pas à la dignité d’« homme respecté de tous » et occupera une fonction subalterne. Le lion que va rencontrer Yakouba est blessé ; notre héros se trouve donc confronté à un dilemme typiquement cornélien : « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. » Il choisira de rentrer au village bredouille, mais conscient du sort qui l’attend.

Éditeur : Seuil Jeunesse ; illustrateur : DEDIEU Thierry
Activités suggérées
La séquence vise à faire découvrir à l’élève que le texte littéraire dit autre chose que ce qu’il semble dire.
Étude du champ lexical du regard
Les élèves trouveront des occurrences nombreuses et variées de termes relatifs au regard :
« Alors Yakouba croisa le regard du lion. Un regard si profond qu’on aurait pu lire dans ses yeux. Comme tu peux le voir, je suis blessé. […] Soit tu me tues… et tu passes pour un homme aux yeux de tes frères, soit tu me laisses la vie sauve et à tes propres yeux tu sors grandi, mais banni, tu le seras par tes pairs. […] Au petit matin, Yakouba ramassa sa lance, jeta un dernier regard sur le lion épuisé et prit le chemin du retour. »
Un échange, une discussion (et non un débat) peut alors avoir lieu avec les élèves pour chercher ce que peut vouloir signifier cette abondance de termes concernant le regard. Il s’en dégagera une réflexion sur le rapport entre image de soi et regard de l’autre, sur apparence et authenticité, qui gagnera cependant à ne pas être trop tranchée en termes de jugement de valeur : sous les yeux de ses pairs, Yakouba fait le choix édifiant d’un sacrifice de l’image de soi au profit d’une harmonie avec la nature, qui l’éloigne un peu du groupe.
Lecture d’images et production d’écrits
On peut sélectionner deux images dans l’album, qui apparaissent sous forme de double page, et qui montrent d’une part Yakouba de dos faisant face aux guerriers du village avant l’épreuve et, d’autre part, Yakouba au milieu du troupeau dont il a désormais la garde, marchant de concert avec lui, après l’épreuve.
On pourra proposer aux élèves, dans un premier temps, une production d’écrits objectifs, une description. Celle-ci pourrait faire l’objet d’un travail collectif dont l’évaluation résiderait dans la validation par tous les élèves du texte produit.
Dans un deuxième temps, afin de préparer les élèves au débat réglé, on leur proposera une production d’écrits subjectifs, cette fois, portant sur l’écriture des pensées de Yakouba dans ces deux types de situations (face aux guerriers, au milieu de son troupeau). Il importe ici que les textes produits soient différents, afin de préparer les élèves à la variété des interprétations possibles d’une œuvre (qu’il s’agisse d’images ou de textes). Les critères d’évaluation porteront cette fois sur la qualité de la justification des choix des élèves (référence à d’autres passages de l’œuvre), qui peut se faire à l’oral.
Débat réglé
Il s’agit de mettre en place un véritable débat, que l’on définira avec les élèves comme une forme de discussion particulière, permettant d’aboutir à au moins deux opinions d’égale dignité.
Les élèves se représentent généralement l’éducation à la citoyenneté comme l’apprentissage des règles de vie et la réduisent ainsi bien souvent à une simple civilité. Il s’agit pourtant également, et les programmes de 2002 insistent clairement sur ce point, de développer chez eux la notion de civisme, qui consiste essentiellement à débattre, c’est-à-dire à justifier son point de vue parmi plusieurs possibles. On voit ainsi aisément comment des débats sur le racisme par exemple, qui ne sauraient avoir lieu puisqu’il n’y a pas de choix possible, aboutissent nécessairement à des malentendus d’autant plus pernicieux que chacun se montre sincère.
L’objet du débat que l’on peut susciter autour de Yakouba concerne le choix du héros : pouvait-il légitimement et en toute dignité choisir de tuer le lion ? Certes, le point de vue du livre est clairement « non ». Mais n’y a-t-il pas un autre point de vue possible ? Si l’on admet que la vocation de la littérature n’est pas seulement de proposer des situations exemplaires mais également, et peut-être surtout, de susciter la réflexion, alors l’étude du choix de Yakouba permet de mettre en place un débat sur un sujet important (les élèves ont souvent le sentiment que ce dont ils peuvent débattre est d’ordre anecdotique et qu’ils ne peuvent prendre part aux vraies réflexions dont ils sont pourtant avides).
On évaluera alors la qualité du débat en fonction de la qualité des arguments choisis. Ainsi, on pourra valoriser des arguments relatifs à l’analyse de ce que peut symboliser le lion : un égal blessé ? alors il faut lui laisser la vie sauve ; un fléau ? alors il peut être légitime de le tuer. Dans tous les cas de figures, il ne s’agit pas ici de trouver des réponses définitives ou univoques mais, au contraire, de rendre les élèves sensibles à la complexité des débats proposés.
Tu veux du ciel

Le clip « Tu veux du ciel ? » (« L'atelier » du DVD) est le résultat d’un atelier d’expression orale et plastique effectué pendant une semaine dans une CLIN (classe d’initiation) du quartier parisien de la Goutte d’Or. En compagnie d’une plasticienne, les enfants nouveaux arrivants ont fourni un travail réflexif et artistique autour de thèmes liés au voyage, au lieu privé et au partage de l’espace.
Tous les élèves se sont énormément investis dans l’aventure et leurs expériences de l’immigration nous1 ont souvent beaucoup touchés. En reprenant une partie de leurs productions orales et plastiques, nous avons essayé de créer un cheminement visuel et suggestive qui rebondit sur leurs paroles tout en restituant avec sincérité les émotions ressenties et les mots dits.

Cioran disait : « On n’habite pas un pays mais une langue » ; c’est pourquoi nous avons tenu à restituer fidèlement ce français naissant et balbutiant qui fait la beauté des témoignages des élèves de CLIN. Cette langue imparfaite, en train d’être apprise, traduit l’exil, l’étrangeté de la scission identitaire, et laisse clairement transparaître cet ailleurs qui est dorénavant ici. À l’écoute, ce français demande un effort de concentration mais il est riche de tous les accents du monde et parle du chemin parcouru vers l’autre, vers nous. Il est à la fois le fil conducteur du récit et sa force vive, et nous avons tenu à partager avec les spectateurs la générosité de cette langue multiple.
En résonnant d’images en images, ces paroles traversent tous les clivages pour affirmer l’importance du partage des jours et des lieux.

Sur la trame sonore des phrases enfantines, nous avons décliné cinq motifs principaux qui composent la séquence : le voyage, l’installation, l’exclusion et l’incommunicabilité, le métissage et enfin la ville, cet espace commun. Voici une description des images créées tableau par tableau.
Le départ, la magie du voyage, la curiosité et les découvertes
© SCÉRÉN - CNDP
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« Regarde, regarde ! »
Cette première exhortation réjouie invite le spectateur à partager l’expérience d’ouverture et d’élan vers l’inconnu qui lui est proposée.

Ce chapitre est une évocation du voyage et de l’exil avec, en filigranes, une série de questions existentielles : que devient l’identité lorsque l’on quitte sa terre natale ? Que prend-on dans ses bagages, que laisse-t-on derrière soi ? Qu’est-ce qui fait sens pour les enfants dans le voyage ?

Dès le début, l’image de la langue est présente : afin de pallier le vide de la perte, les mots vibrent à l’écran comme autant de présences vivantes qui inscrivent les enfants dans l’histoire. Des mots concrets, des mots du quotidien, un réel qui habille l’être et qui raconte la rupture avec une origine ayant trop brutalement basculé dans le passé. Un départ qui ne dévaste pas mais qui recentre l’individu autour du nécessaire, un mystère qui l’approche de l’essentiel (« moi, moi, j’ai ramené quelque chose… » / « Je n’ai rien apporté ! »).
Les mots se regroupent et forment le dessin d’une valise : ces mots-bagages symbolisent la mémoire qui se laisse emporter et qui subsiste quand on a tout quitté. Malgré les abandons, les mots sont un peu de chez soi gravés dans la chair. Ce sont des mots-pansements, des mots pour se redire et s’appeler quand on part loin de ceux qui nous ont toujours nommés.

Le banc, situé en bas de l’écran, représente l’espace de l’embarquement, une plate-forme neutre symbolisant tous les quais du monde, toutes ces zones limitrophes et nues, hors lieu et hors temps, qui éloignent ou accueillent.
Le décollage signifie le départ vers une destination inconnue, un nouvel espace à conquérir, qui s’accompagne aussi d’une douleur proche du déchirement (« Quand il monte l’avion, son cœur, il va tomber »). Bien entendu, la ribambelle de mots s’accroche à l’homme-machine à voyager comme une seconde peau.
À partir de là, les voyageurs nous entraînent dans un élan prospectif et joyeux à la découverte des lieux parcourus (« Moi, je veux là-bas ! Comme ça, tu vois là et là. T’as vu ? »). Nous pénétrons dans l’entre-deux de la traversée qui ouvre les esprits, apprend la différence et permet ainsi de diversifier les points de vue.
Nous suivons son mouvement : le rythme s’accélère, les moyens de locomotion se multiplient, les lieux observés sont variés et décrits avec stupéfaction. Une sorte d’exaltation s’empare du voyageur qui raconte son périple tel un astronaute émerveillé devant le spectacle de la Terre (répétition de « j’ai vu… »). Jour et nuit, ciel et mer se succèdent pour représenter le flux, cet infini mouvant presque évanescent qui supprime toute indication précise et laisse libre cours à la curiosité, projetant toujours plus loin ses désirs.
Passage d’une réalité à l’autre, le voyage crée un décalage brouillant les repères temporels et spatiaux tout en générant un fort sentiment d’étrangeté : « midi du soir, minuit, minuit ! ».
La descente sur terre s’accompagne de la fin du voyage : c’est ici et pas ailleurs que les personnages posent leurs valises et que l’installation commence !
L’installation dans le lieu privé
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De l’extérieur, nous passons à l’intérieur (bruitages : « Toc, toc, toc ! »). Ce deuxième tableau dépeint l’appropriation d’un territoire devenu lieu privé. Le mouvement propre au voyage s’achève et le nouveau plan apparu en « cut » dévoile l’image d’un foyer confortable, montage de petites boîtes colorées accueillant chacune ses habitants. La caméra s’avance pour pénétrer et explorer les lieux occupés par des personnages montrés dans leur activité quotidienne (repas, sommeil, discussion…), en compagnie de leurs proches. Notons la répétition de nous lorsque les enfants expliquent à quoi se résume l’intimité pour eux : la famille, la langue natale et les traditions culinaires…
L’homme-machine à voyager, atterrit et se poste devant la construction pour la contempler et l’investir. Très vite, il s’adapte à cet environnement et ses valeurs sont redistribuées pour prendre place dans ce nouveau système : le bagage se pose, les mots-mémoires jaillissent pour se nicher dans les chambres vides et se répandre partout dans la maison, créant non seulement des connexions avec les habitants mais rétablissant aussi une circulation entre le dedans et le dehors (le mot amis se perche en équilibre entre l’intérieur et l’extérieur de la maison !). Là encore, la langue et les mots aident à s’enraciner quelque part. Dès lors, l’être peut s’accaparer l’espace, nommer et trouver un endroit à lui pour se définir en lien avec le réel au centre duquel il évolue.
L’homme-machine à voyager, quant à lui, regarde des diapositives de famille !
L’exclusion et l’incommunicabilité
© SCÉRÉN - CNDP

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Hélas, l’arrivée dans un nouveau pays peut s’avérer aussi une épreuve. Suivant la ligne du regard du personnage vu de dos, la caméra s’enfonce dans les méandres de la conscience des héros et fait défiler le film de leurs désillusions. Le troisième tableau nous parle de l’altérité vécue comme un facteur d’exclusion et d’isolement : les photos et les montages graphiques des enfants sont séparés les uns des autres par des bandes qui se superposent et ne se rejoignent pas. Toutes ces images marquent la solitude et l’incommunicabilité. Derrière des grilles, au milieu des poubelles, plongés dans l’obscurité où l’enchevêtrement des couloirs ne laisse aucune échappatoire, les exilés n’ont plus qu’à disparaître dans les labyrinthes froids de l’espace social. Quand l’absence d’échange et l’impossibilité de trouver sa place dans un nouvel univers engendrent le désespoir et la tristesse, les hommes-machines à voyager ressemblent à des enfants qui pleurent.
L’altérité et le métissage
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Heureusement, la diversité et l’étrangeté peuvent être joyeuses ! Après le claironnant « Tu vois mon visage ? » qui brise le silence en exigeant la reconnaissance de soi et de l’autre, nous voici face à la déflagration du même, à son explosion en autant d’identités et de visages différents. À partir de détails réels et fictifs (photographies des enfants et de leurs hommes-machines à voyager), la quatrième séquence, portée par le collage des descriptions orales des élèves, se présente comme une mosaïque métisse où toutes les propositions sont acceptables pour que le monde coloré et tolérant créé par les enfants existe.
Cette séquence se termine sur des mains ouvertes et tendues vers le spectateur qui lui offrent tous les hommes-machines à voyager des enfants. Il n’y a plus qu’à remercier pour ce don : « Il faut tenir la main ! […] Merci ! »
La ville, un espace à partager
© SCÉRÉN - CNDP

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La dernière partie du clip s’ouvre sur la ville, espace public qui accueille la foule bariolée des individus. Ici, on se croise, on se parle et le brouhaha du monde nous accompagne.
Le partage du territoire s’opère par la communion du vécu sensoriel : chacun à sa manière et depuis la place qu’il occupe, les hommes-machines à voyager, se rencontrent et confient ce qu’ils voient et entendent. Les sens en alerte, ils décrivent la vie de la cité, au marché, sur les bancs publics, au stade avec la course, dans la rue… C’est une vie mouvante et riche dans laquelle la parole circule et les langues se mélangent. Et l’on constate avec émotion que tout cela ressemble étrangement à nos propres perceptions : malgré les différences, ne serions-nous pas tous cousins ?

Sélection documentaire
Les albums du DVD
Cette section indique les albums dont la version animée est portée dans le DVD et les vidéocassettes de la collection « Raconte-moi... ».
La guerre, pourquoi ?
BATTUT Éric
Bataille
Paris : Autrement Jeunesse, 2000.
À travers cette histoire de bataille, on explorera l'univers des châteaux forts, du conte et de ses détails historiques. On repèrera les étapes majeures de l'histoire et les signes annonciateurs de la guerre. On étudiera, à partir du texte, les éléments liés à la guerre et leur adaptation filmique. L'adaptation audiovisuelle est disponible dans la vidéocassette.
Contes à rêver

BATTUT Éric
Léon-de-la-nuit
Paris : Bilboquet, 1999.
Léon est un papillon. Le jour même de sa naissance, il découvre qu’il a un vrai problème : il est noir – noir comme la nuit – alors que tous les autres papillons qu’il rencontre sont multicolores. Qu’il est donc difficile de se faire accepter lorsque l’on est différent ! L'adaptation audiovisuelle est disponible dans la vidéocassette
Rien ne va plus !

DOUZOU Olivier (aut.) , CHOLLAT Émile (illustr.)
Le Défilé
Paris : Éditions du Rouergue, 1995.
Dans la vie, les petites gens sont souvent derrière et ceux descendus de leur haute sphère, devant. Mais il arrive parfois que ceux qui se croient les premiers se retrouvent.. les derniers ! Une histoire entièrement adaptée en images 3D qui a obtenu en 1998 le prix Erasmus. L'adaptation audiovisuelle est disponible dans la vidéocassette
Drôles d'histoires

LACHNER Dorothea (aut.) ; POPOV Nikolaï (illustr.)
Pourquoi ?
Paris : Nord-Sud, 1999.
Tout commence par un rien : de toutes les fleurs qui poussent dans la prairie, c'est justement celle cueillie par la grenouille que veut la souris, et cette dernière s'en empare. La grenouille appelle ses amies à la rescousse mais la souris réplique. C'est l'escalade. Le champ de fleurs n'est bientôt plus qu'un champ de ruines. La guerre… pourquoi ? L'adaptation audiovisuelle est disponible dans les vidéocassettes.
Et si nous faisions la paix ? et Entente et amitié

PENNART (de) Geoffroy
Sophie, la vache musicienne
Paris : Kaléidoscope, 1999.
Sophie, la vache, est une pianiste accomplie. Ça tombe bien, un concours de musique vient d’être annoncé ! Mais pour jouer, il faut appartenir à un orchestre. Et Sophie va connaître bien des difficultés pour se faire engager. Une histoire drôle qui permet d’aborder le thème de la tolérance. L'adaptation audiovisuelle est disponible dans la vidéocassette.
Vaches à voir
Vivre ensemble
BOLLIGER Max (aut.) ; ZAVREL Stepan (illustr.)
Le Pont des enfants
Paris : Épigones, 1992.
Au bord d’une rivière vivaient deux fermiers. Celui de la rive gauche jalousait celui de la rive droite qui enviait lui-même son voisin. La situation aurait pu empirer si les enfants des deux bords ne s’étaient rejoints au milieu de la rivière pour se raconter des histoires. Le pont des enfants deviendra-t-il celui des parents ? L'adaptation audiovisuelle est disponible dans la vidéocassette.
Rien ne va plus !

DEDIEU Thierry
Yakouba
Paris : Seuil Jeunesse, 1994.
Pour devenir un guerrier admiré et respecté par sa tribu, Yakouba doit affronter et tuer un lion. Celui qu’il rencontre est blessé. Yakouba se trouve alors face à un terrible dilemme : achever le lion blessé ou lui laisser la vie sauve. Prouve-t-on vraiment sa force lorsqu’on l’exerce contre un plus faible que soi ? L'adaptation audiovisuelle est disponible dans les vidéocassettes.
Et si nous faisions la paix ? et Entente et amitié

DELERM Martine
La Petite Fille incomplète
Paris : Ipomée/Albin Michel, 1991.
Une petite fille que son illustratrice n’a pas tout à fait achevée parle de la souffrance qu’elle éprouve à être différente des autres. Une histoire qui, avec beaucoup de poésie et de sensibilité, traite du thème du handicap. L'adaptation audiovisuelle est disponible dans les vidéocassettes.
Histoires singulières et Entente et amitié

WOLF Winfried (aut.) ; DUROUSSY Nathalie (illustr.)
Croissant de Lune
Paris : Nord-Sud, 1993.
À l'approche de l’hiver, la tribu des Indiens Corbeaux quitte la prairie pour la forêt, abandonnant derrière elle Croissant de Lune, l’enfant trouvé. Celui-ci va connaître la faim et la peur avant qu’une vieille Indienne, Hirondelle du Printemps, ne lui apprenne comment survivre. Une belle histoire qui traite de la solidarité entre les générations. L'adaptation audiovisuelle est disponible dans les vidéocassettes.
Vivre ensemble et Tendres héros
Liste de référence des œuvres de littérature pour la jeunesse 2004
La liste de référence d’ouvrages de littérature pour le cycle 3 (PDF, 780 ko), publiée en document d’accompagnement des programmes, propose plusieurs ouvrages concernant le thème de ce dossier. Pour chacun est délivré un commentaire informatif et pédagogique.

Les livres concernés sont :

DEDIEU Thierry
Yakouba
Paris : Seuil Jeunesse, 1994,
P. 12 de la sélection.
Le Mendiant
Paris : La Joie de lire, 2003,
P. 19 de la sélection.

RAPAPORT Gilles
Grand-père
Paris : Circonflexe, 1999,
P. 23 de la sélection.
Sur le Web
Le catalogue Citoyenneté
Paris : CNDP, 2005.
Ce catalogue, réalisé en partenariat entre le Centre national de documentation pédagogique (CNDP) et l’association Civisme et Démocratie (CIDEM), propose des ressources pour enseigner et vivre la démocratie à l’école, mais aussi pour organiser des « Parcours civiques » hors du temps scolaire. Il est organisé en quatre parties : Enseigner la citoyenneté à l'école (PDF, 386 ko), La défense des droits (PDF, 413 ko), Le travail de mémoire (PDF, 475 ko), L'éducation à l'environnement pour un développement durable (EEDD) (PDF, 610 ko).

Droits partagés
Consulté en juin 2007.
www.droitspartages.net/
Une site documentaire (1 500 documents multimédias) autour des droits de l'homme et des droits de l'enfant qui permet aux jeunes d'ouvrir une réflexion commune, d'échanger, d'argumenter pour apporter des réponses à des questions liées à leur vie quotidienne et établir des règles qu'on élabore en commun.

Éducation à l'environnement pour un développement durable
Paris : CNDP, 2005.
Consulté en juin 2007.
Sélection de ressources web dédiée à l'EEDD. Pour se documenter, préparer des activités pédagogiques et accéder à des ressources utiles pour la classe.

L'Europe Juniors
Consulté en juin 2007.
www.touteleurope.fr/
Une première approche de l'Europe et de l'Union européenne pour les jeunes de 6 à 18 ans.

À propos de ce dossier
Ce dossier a été réalisé par le Service national des productions imprimées et numériques (SnPIN) avec la participation du Service national des productions audiovisuelles (SnPAV), CNDP.

Directeur de publication : Patrick Dion, directeur général

Coordination et suivi éditorial : SnPIN

Chef de projet : Jean-Pierre Auclaire

Expertise pédagogique : Catherine Delarue, professeure de lettres classiques, IUFM de Créteil

Secrétariat de rédaction : Pascale Langlois, Soraya Manar

Graphisme et intégration : Philippe Pommier

Numérisation des vidéos : Christophe Baudin

Auteurs :
Catherine Delarue
Francis Delarue, professeur des écoles
Fabienne Treille, conceptrice multimédia

© SCÉRÉN - CNDP 
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