Écrit et illustré par Olivier Douzou, Éditions du Rouergue.
Adaptation et réalisation : Laure Delesalle.
Production : La Cinquième/CNDP, 1996.
Il est là depuis toujours, aux côtés de la Lune et du Soleil, marchant comme un funambule sur les fuseaux horaires, ne se laissant ni suspendre, ni arrêter, ni ralentir, ni étirer… Il loge dans le balancier d’une grosse horloge, il est l’ami des pendules, des montres, des coqs et même du coucou qui sort de sa boîte… Mais qui est-il, ce curieux personnage ? Vous ne le connaissez donc pas ? C’est Misto Tempo !
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Langue française et éducation littéraire
Parler et comprendre
L’enseignant propose aux élèves de reformuler l’histoire vue et entendue, puis il les invite à donner leur point de vue sur le film vidéo (j’aime/je n’aime pas et pourquoi, cela ressemble à…, je préfère la lecture, etc.), et cela aussi bien sur le contenu de l’histoire que sur la réalisation (son, image).
Il est pertinent de guider les élèves afin de leur faire prendre conscience que la richesse de l’histoire tient essentiellement au champ lexical, aux structures des phrases et aux jeux sur la langue choisis par l’auteur (on pourra leur proposer de réécouter plus attentivement la bande-son de la vidéo, sans l’image).
Les élèves sont ensuite amenés à restituer tous les éléments relatifs au temps qu’ils ont mémorisés. Il est intéressant de constater que ces éléments se conjuguent mais ne se situent pas au même niveau :
- expressions relatives au temps : celles comprenant le mot temps (remonter à la nuit des temps, être dans l’air du temps, faire quelque chose en deux temps trois mouvements, venir en un rien de temps…) et celles dans lesquelles le mot temps est absent (aller bon an mal an ; les lendemains qui chantent ; partir aux aurores ; vivre à la petite semaine ; depuis des lustres ; ce n’est pas demain la veille…) ;
- jeux sur la langue (la lune prend ses quartiers ; Misto Tempo fait montre d’une belle autorité ; il est tellement remonté que rien ne pourrait l’arrêter ; il orchestre le monde entier ; les lendemains qui chantent – avec le coq – …) ;
- éléments relatifs aux phénomènes naturels (mouvements de la Terre et de la Lune…) ;
- éléments relatifs à l’organisation sociale (le calendrier, le coq qui nous réveille au lever du jour…) ;
- éléments relatifs au fait que l’Homme a souvent cherché à arrêter le temps (suspendre son vol ; prendre des vacances…) ; on pourra noter que Misto Tempo ne vieillit pas : il ne peut s’arrêter, il ne peut donc pas mourir (longue vie Misto Tempo ; il ne connaît pas le poids des ans…) ;
- vocabulaire présentant les instruments de mesure du temps (cadrans solaires, horloges, sabliers…).
Lorsque les élèves ont remarqué que le récit débute à une heure et se termine à vingt-quatre heures et qu’ainsi « la boucle est bouclée », il est pertinent de provoquer des échanges sur le fait que c’est le renouvellement de cette mesure qui permet au temps de poursuivre son chemin. Les élèves sont ensuite invités à relever les indices qui montrent que le temps a traversé tous les âges (il a connu tous les rois…) et qu’il concerne toute la planète (l’homme noir, le Tibétain…).
L’enseignant aide les élèves à accéder à l’implicite (de son chapeau, il arrive à Misto Tempo de sortir des oiseaux, un marchand bizarre dans un sablier – le marchand de sable…). Il leur permet également de différencier les éléments relevant de la réalité (les années lumières – qui sont en fait une distance) ou de l’organisation sociale (calendrier) de ceux relevant de l’aspect fictionnel du récit (le temps, représenté par un personnage, Misto Tempo, réveille le soleil…).
L’enseignant demande aux élèves de présenter leur interprétation du récit. On peut, par exemple, engager un débat sur « Pourquoi vouloir arrêter le temps ? » ou « Pourquoi certaines personnes cherchent-elles à connaître leur avenir ? ». L’enseignant développe leur esprit d’analyse face aux films qu’ils sont susceptibles de visionner, en engageant une réflexion sur l’aspect fictionnel du film Retour vers le futur (le temps ne s’arrête pas, mais il ne se remonte pas non plus).
Lire à haute voix
Après leur avoir procuré le texte du récit, demander aux élèves de s’entraîner dans le but de remplacer la voix du film (on peut leur faire remarquer les différentes intonations utilisées par la narratrice). L’enseignant s’assure avec les élèves de la concordance du texte et des images. L’ajout de bruitages et l’utilisation de quelques instruments complètent cette production. La finalité de ce travail est une présentation face à la classe : il suffit pour cela de passer la vidéo sans la bande sonore.
Cette activité permet une prise de conscience de la dissociation de l’image et du son (notion importante tout particulièrement dans l’analyse des documentaires filmés accompagnés d’un commentaire).
Écrire
Différentes productions d’écrits peuvent être envisagées : rédiger ses impressions sur l’histoire, rédiger un récit en utilisant un champ lexical déterminé, rédiger la description du personnage… Celles-ci pourront être consolidées par des séquences d’enseignement « décrochées » concernant l’observation réfléchie de la langue française, par exemple en travaillant sur l’emploi des temps du récit, sur le champ lexical relatif au temps, sur les mots construits à partir de temps (printemps, longtemps…), sur les mots de la même famille (temporel, temporalité…).
Éducation artistique
Arts visuels
À partir d’extraits soigneusement sélectionnés, les élèves remarquent le rôle spécifique de l’image dans l’aide à la compréhension :
- l’image consolide la narration (tout au début du récit, l’image donne des indices supplémentaires pour identifier le pronom « il » (le ciel, le mécanisme de la montre, le cadran…) ;
- elle consolide la narration en donnant une note d’humour (le soleil bâille…) ;
- elle apporte des informations qui ne figurent pas dans le texte (au cours du récit, on peut noter les heures qui passent, celles-ci étant indiquées sur les cadrans : de une à vingt-quatre…) ;
- elle apporte des renseignements complémentaires au texte (l’aspect physique de Misto Tempo…).
Les élèves notent également la spécificité des illustrations :
- dominante du cercle et des formes arrondies ;
- référence régulière à l’univers ;
- stylisation des personnages (on pourra proposer une comparaison avec les personnages d’un autre album de O. Douzou, Le Défilé – bien que l’illustrateur soit différent).
Les élèves peuvent ensuite s’exprimer sur les images animées (on pourra différencier cette animation des dessins animés) et noter que :
- le mouvement de pied de Misto Tempo permet d’indiquer la pulsation, tout comme le mouvement du métronome ;
- Misto Tempo ne peut ni s’allonger ni s’étirer : cette phrase est consolidée par l’animation apportée au personnage ;
- les battements et les mouvements circulaires aident à la compréhension du récit, de même que les déplacements de Misto Tempo sur la planète donnent la dimension universelle de la mesure du temps.
On permet aux élèves de prendre conscience que la version filmée de l’album aide énormément à la compréhension (les pulsations, les mouvements des aiguilles, les bruitages…). On peut noter le rôle du cadrage (plan d’ensemble pour contextualiser une action, plan rapproché pour caractériser un personnage, gros plan pour insister sur un élément).
Les élèves se substituent à l’illustrateur : à partir de la bande-son, ils réalisent des productions plastiques en adéquation avec l’histoire entendue. Ils peuvent également créer une production (individuelle ou collective) en utilisant une forme déterminée pour présenter différents objets (dans Misto Tempo, le cercle est utilisé pour la Terre, les cadrans… et a une influence sur le personnage, qui est tout en rondeur).
Éducation musicale
L’enseignant propose aux élèves de restituer les éléments du film relatifs à la musique : la pulsation donnée par le mouvement de pied de Misto Tempo ou par le métronome, le rythme et le tempo donnés par les instruments de musique… On travaillera sur la différence entre le rythme, la pulsation et le temps.
Par ailleurs, après une écoute attentive, les élèves remarquent l’importance de la bande-son dans l’aide à la compréhension ; ils en relèvent les caractéristiques, par exemple :
- musique très « aérienne » accompagnant certaines parties du récit ;
- variété des instruments utilisés, qui permet d’accentuer la notion de rythme et de pulsations (tambour, tam-tam, gong, cor de chasse…) ;
- utilisation de bruitages (le bruit du balancier, le chant du coq, les cris des gens…).
Pistes pédagogiques pour d’autres champs disciplinaires
Sciences expérimentales et technologie
Découvrir le mouvement apparent du Soleil ou la rotation de la Terre sur elle-même et ses conséquences.
Utiliser les mesures des durées, leurs unités.
Découvrir les fuseaux horaires ; on pourra se référer aux séances proposées dans le document d’accompagnement Enseigner les sciences à l’école, cycle 3, p. 29.
Utiliser les engrenages (le mécanisme des montres).
Fabriquer un cadran solaire.
Établir une liaison entre la connaissance de l’espace et la mesure du temps (la Lune, la Terre et le Soleil…).
Histoire
Effectuer une recherche documentaire pour découvrir les instruments de mesure du temps utilisés aux différentes périodes de l’histoire : les cadrans solaires, les clepsydres, les différentes horloges (l’horloge à encens chinoise est surprenante).
Géographie
Repérer, sur une carte, les fuseaux horaires.
Éducation civique
Connaître l’importance de la mesure du temps dans les relations sociales : arriver à l’heure, on dit « bonjour », les jours fériés dans le calendrier…
Mise en réseau
L’étude d’autres récits permet une mise en relation de divers ouvrages (du même auteur, du même illustrateur, d’une même structure ou sur le même thème). Voici une sélection à titre d’exemple.
Du même auteur
Le Défilé, Éditions du Rouergue, 1995.
On ne copie pas, Éditions du Rouergue, 1997.
Merci, Éditions du Rouergue, 2000.
Navratil, Éditions du Rouergue, 2000.
Cumulus, Éditions du Rouergue, 2001.
Les Mauvais Perdants, Éditions du Rouergue, 2001.
Sur des sujets proches
L’Horloger du roi, raconté par Jacques Hesse, Épigones, 1997.
Comment la Terre est devenue ronde, Mitumasa Anno, L’école des loisirs, 2000.
Le Temps et l’Espace, John Gribbin, Tina Chambers, Gallimard, coll. « Passion des sciences », 1995.
L’Astronomie, Kristen Lippincott, Gallimard, coll. « Passion des sciences », 2001.
Les Instruments à percussion, Alyn Shipton et Myriam De Visscher, Gamma, 1995.
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Fiche rédigée par Annick
Vinot, conseillère pédagogique, Dourdan, Essonne (91)
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