Adaptation audiovisuelle d'album
Yakouba
 
Écrit et illustré par Thierry Dedieu, Seuil Jeunesse.

Adaptation et réalisation : Monique Perriault.
Production : CNDP/La cinquième, 1996.

Aujourd’hui, dans un petit village d’Afrique, on prépare un grand festin en l’honneur des garçons de la tribu : ils doivent franchir avec succès l’épreuve initiatique qui fera d’eux des hommes. Yakouba doit prouver son courage et, seul, affronter le lion. Mais la nature de l’épreuve qui l’attend est bien différente de ce qu’il escomptait, car la rencontre avec le lion place le jeune garçon face à un choix difficile…
Langue française et éducation littéraire
Parler et comprendre
L’enseignant propose aux élèves de reformuler l’histoire vue et entendue ; il les incite à échanger en cas de désaccord sur la compréhension de l’histoire, que ce soit sur la compréhension littérale ou sur la compréhension fine (ne pas hésiter à visionner de nouveau le film, partiellement ou dans son intégralité, afin de vérifier les hypothèses émises). Il peut également leur proposer de donner leur point de vue sur le film vidéo (j’aime/je n’aime pas et pourquoi, cela ressemble à…, je préfère la lecture, etc.), et cela aussi bien sur le contenu de l’histoire que sur la réalisation (son, image).
L’enseignant permet aux élèves de présenter leur interprétation du récit. On peut, par exemple, dialoguer sur la chute de l’histoire.

L’enseignant précise aux élèves que Yacouba est également le nom donné aux Dan, qui occupent l’extrême Ouest de la Côte-d’Ivoire. Il les aide à remarquer l’importance du rôle de la communauté et la place prise par les rites initiatiques permettant, le plus souvent, de passer du statut d’enfant à celui d’adulte. Il présente l’importance de la symbolique donnée aux animaux (la sagesse du singe, la force du lion).
La fusion existant entre l’homme et la nature est omniprésente dans le récit (par exemple, « se sentir rocher, forcément, herbe bien sûr, vent certainement, eau très peu »). On la retrouve d’ailleurs régulièrement dans la musique et les chants africains.
Lire à haute voix
Après leur avoir procuré le texte du récit, demander aux élèves de s’entraîner dans le but de remplacer la voix du film. L’enseignant s’assure avec les élèves de la concordance du texte et des images. On peut leur faire remarquer l’utilisation d’une seule voix, celle du narrateur ; cependant il est intéressant de noter la transformation effectuée par celui-ci lors de la mise en voix du lion. L’ajout de bruitages et l’utilisation de quelques instruments complètent cette production. La finalité de ce travail est une présentation face à la classe : il suffit pour cela de passer la vidéo sans la bande sonore.
Cette activité permet une prise de conscience de la dissociation de l’image et du son (notion importante, tout particulièrement dans l’analyse des documentaires filmés accompagnés d’un commentaire).

L’enseignant propose aux élèves de modifier le récit en changeant de point de vue (point de vue de la communauté, du lion, du troupeau) ; pour cela, on peut s’inspirer de Histoire à quatre voix de Anthony Browne (Kaléidoscope).
Une lecture à haute voix de contes africains (par les élèves ou par l’enseignant) permet de découvrir la richesse de ces écrits.
Écrire
Différentes productions d’écrits peuvent être envisagées : rédiger ses impressions sur l’histoire, rédiger un récit en utilisant un champ lexical déterminé, rédiger la description du personnage, rédiger l’histoire d’un point de vue différent (par exemple, celui du lion ou des parents de Yacouba). Ces productions pourront être consolidées par des séquences d’enseignement « décrochées » concernant l’observation réfléchie de la langue française, par exemple en travaillant sur l’emploi des temps du récit ou sur le vocabulaire difficile (épier, scruter, griffues, rugissant…).
Éducation artistique
Arts visuels
À partir d’extraits soigneusement sélectionnés, les élèves remarquent le rôle spécifique de l’image dans l’aide à la compréhension, par exemple :
  • l’image confirme la narration : la présence de l’ombre de Yacouba consolide « sous un soleil de plomb » ;
  • elle apporte des informations qui ne figurent pas dans le texte (le texte présente le village, mais il ne présente pas le totem au milieu des cases) ;
  • elle apporte des renseignements complémentaires au texte (l’image apporte la description physique des personnes et du lion ; si le texte indique le nom des lieux, l’image présente plus de détails, tout particulièrement sur le village et ses environs).
Ils notent également la spécificité des illustrations :
  • utilisation du fusain ;
  • absence de plusieurs couleurs ; on peut inviter les élèves à s’exprimer sur ce choix ;
  • présence de lignes géométriques sur la couverture.
Les élèves s’expriment sur les images animées (on peut différencier cette animation des dessins animés) et notent que les images ne sont pas réellement animées mais que l’impression de mouvement est donnée par la présentation des différentes étapes de la réalisation du dessin, par les mouvements de caméra ou l’utilisation du zoom et par la succession d’images représentant un déplacement (le départ de Yacouba).
Ils constatent l’importance du cadrage : plan d’ensemble pour contextualiser une action, plan rapproché pour caractériser un personnage, gros plan pour insister sur un élément précis (par exemple, la gueule du lion qui semble énorme). Ce film est également l’occasion de découvrir l’ordre dans lequel se fait une illustration ; par exemple, le dessin du visage de Yacouba commence par le tracé de l’ovale du visage.

Les élèves se substituent à l’illustrateur : à partir de la bande-son, ils réalisent des productions plastiques en adéquation avec l’histoire entendue. L’enseignant peut leur faire découvrir l’utilisation du fusain. Une autre production peut être proposée : réaliser des masques « à la manière » des masques dan : le masque dan présente le front haut et bombé, des pommettes saillantes et des yeux cylindriques, caractéristiques évoquées dans les illustrations de l’album.
La découverte de l’art et de l’architecture de l’Afrique peut compléter les connaissances des élèves en arts visuels. L’art nègre est à l’origine du cubisme, on peut donc travailler sur les œuvres de Georges Braque ou de Pablo Picasso.
Éducation musicale
Après une écoute attentive, les élèves remarquent l’importance de la bande-son dans l’aide à la compréhension ; ils en relèvent les caractéristiques, par exemple :
  • utilisation d’une musique d’origine africaine permettant de situer géographiquement l’action ; noter l’importance des chants collectifs et le rôle des tam-tams qui accompagnent un suspense, une action ;
  • utilisation de bruitages : le rugissement du lion, le cri de Yacouba.
L’enseignant permet aux élèves de découvrir l’influence de la musique africaine dans le jazz, à l’origine chant qui rythmait les activités agricoles. Des instruments tels que le balafon et les djembés méritent d’être présentés.
Pistes pédagogiques pour d’autres champs disciplinaires
Histoire
Effectuer une recherche documentaire pour découvrir l’origine et l’abolition de l’esclavage.
Géographie
Situer l’Afrique et la Côte-d’Ivoire sur un planisphère.
Découvrir l’existence d’une Afrique industrialisée et ainsi ne pas avoir des représentations sociales erronées des pays qui la constituent.
Découvrir le climat en Afrique (éléments présents dans le récit : soleil de plomb, peu d’eau…).
Éducation civique
Participer à un débat citoyen, par exemple sur :
  • ce qu’est « l’estime de soi » et son importance dans le développement de la personnalité (CM2) ;
  • le rôle des parcours initiatiques ; on peut comparer les pratiques de plusieurs pays du monde (par exemple, dans Feng, fils du vent, le jeune homme a choisi seul d’effectuer son parcours, alors que le parcours de Yacouba est imposé par la communauté) ; on peut également aborder la pratique du « bizutage », désormais interdite ;
  • la légitimité des rites de passage pour appartenir à un groupe (par exemple, épreuves lors d’activités sportives, mais aussi malveillances commises pour être accepté par une « bande ») ;
  • l’importance d’appartenir à un groupe (famille, amis, sport…), et donc le poids de l’exclusion ;
  • la prise de décision individuelle et la responsabilité de ses actes, quelle que soit la pression sociale ;
  • le rôle de la communauté dans l’éducation des jeunes.
Mise en réseau
L’étude d’autres récits permet une mise en relation de divers ouvrages (du même auteur, du même illustrateur, d’une même structure ou sur le même thème). Voici une sélection à titre d’exemple.
Du même auteur 
Le Mangeur de mots, Seuil Jeunesse, 2001.
Poison, Seuil Jeunesse, 2000.
Marie-Louise, Seuil Jeunesse, 1999.
Feng, fils du vent, Seuil jeunesse, 1995.
Sur des sujets proches
Soundiata : l’enfant lion, Lilyan Kesteloot et Joëlle Jolivet, Casterman, coll. « Épopée », 1999.
Kuli et le Sorcier, Dominique Mwankumi et Carl Norac, L’école des loisirs, coll. « Archimède », 2001.
L’Épopée de Soundiata Keïta, Dialiba Konaté, Seuil Jeunesse, 2002.
L’Afrique, petit chaka, Marie Sellier et Marion Lesage, Réunion des musées nationaux, 2000.
Yacouba chasseur africain, Ahmadou Kourouma, Claude et Denise Millet, Gallimard, coll. « Folio junior », série « Drôles d’aventures », 1998.
Pour en savoir plus 
Picasso et la Passion de peindre, D. Giraudy, Mango, 1996.
Je joue et je dessine les animaux d’Afrique, P. Legendre, Fleurus, 1998.

Fiche rédigée par Annick Vinot,
conseillère pédagogique, Dourdan, Essonne (91)


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