 Gilles de Robien, ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
© Bernard Suard-Metattm |
Monsieur le ministre, cette année, pour le 50e anniversaire du Traité de Rome, vous avez souhaité que l'Éducation nationale soit particulièrement associée à une opération. Pourquoi ?
Il me semble essentiel que les grandes dates de la construction européenne soient connues et comprises par tous les élèves, tout comme les grandes dates de l’histoire de notre pays. Le 9 mai 2006, nous avions célébré la Journée de l’Europe, jour anniversaire de la déclaration Schuman de 1950. Ce 25 mars correspond, lui, à la date de la signature des traités de Rome. C’est une occasion de rappeler l’immense espoir qui a présidé à la construction européenne, et c’est aussi l’occasion de dialoguer avec les jeunes sur les attentes qu’ils placent aujourd’hui dans l’Europe. Des initiatives marquent cette journée dans tous les pays de l’Union.
L’an dernier, vous avez souhaité qu'un kit pédagogique comprenant des affiches, des fiches d'information et des quiz soit largement diffusé dans les établissements scolaires. Cette année, le kit est actualisé. Avec quel objectif ? Comment comptez-vous associer les classes ?
Ce nouveau kit sera diffusé, tout comme pour l’opération du 9 mai 2006, dans l’ensemble des établissements scolaires, de façon à ce que les équipes pédagogiques puissent s’organiser autour de la date anniversaire du 25 mars. Ce kit est une ressource pédagogique que les enseignants pourront utiliser en fonction du projet de l’établissement, de l’implication des élèves sur les questions européennes et en tenant compte du niveau des classes. Le kit du 9 mai présentait, en quelques outils, différents aspects de l’Europe : son fonctionnement institutionnel, la construction progressive de l’Union à 25, les figures emblématiques de la culture européenne et les grands domaines d’action de l’Union européenne. Cette nouvelle édition complète et actualise l’édition du 9 mai dernier, avec notamment une carte de l’Union qui tient compte en effet de l’adhésion à l’Union européenne, au 1er janvier 2007, de la Bulgarie et de la Roumanie. Le kit 2007 comprend également une affiche rappelant les grandes lignes des traités signés à Rome le 25 mars 1957.
À qui s'adresse plus précisément cette action ?
Tous les élèves sont concernés, selon des modalités qui varieront en fonction de leur niveau de connaissances et des stratégies d’ouverture européenne propres à chaque établissement.
En quoi consiste l'éducation à l'Europe ? S'agit-il d'une ou de plusieurs matières spécifiques que l'on pourrait inscrire comme les autres dans des programmes ?
L’Europe doit être enseignée dans la plupart des disciplines : les langues naturellement, la littérature, l’histoire, la géographie, les arts, les sciences économiques, par exemple, ont évidemment une dimension européenne. Je crois que tous les jeunes doivent être conscients que tout domaine de la connaissance porte une dimension européenne. C’est cela qui est important. C’est aussi une forme d’éducation à la citoyenneté européenne.
En quoi le manuel franco-allemand pour la terminale, lancé le 8 mai 2006, veille de la Journée de l'Europe, et qui se poursuit cette année avec le niveau première, participe-t-il de l'éducation à l'Europe ?
D’abord ce n’est pas un manuel sur l’histoire franco-allemande, ce qui aurait enfermé le projet sur lui-même, mais bien un manuel franco-allemand d’histoire, où l’histoire européenne et l’histoire mondiale sont traitées conformément aux programmes scolaires, avec bien sûr la spécificité d’un regard croisé. Ce travail de mise en commun historiographique et de rapprochement des conceptions pédagogiques est une expérience unique au monde ! Enfin – et c’est ici aux élèves que je pense –, il me semble qu’étudier l’histoire de son pays, du pays partenaire, de l’Europe, d’un point de vue qui ne soit pas franco-français, mais qui permette de déplacer les perspectives, c’est une formidable chance pour nos lycéens : comment mieux susciter et construire un vrai regard européen, un vrai regard d’Européen ?
|
|

|
|