Sabÿn Soulard, collège Lakanal, Sceaux
« Car la vision, quoi qu’il en soit de sa vérifiabilité objective, reste toujours incorrigible : elle est ce qu’elle nous donne malgré nous, incorrigiblement vouée aux rêves, aux fantasmes ou aux désirs dont elle est, oublieuse ou non, toute prégnante. » Georges Didi-Huberman 1
Après une présentation de la Fondation Cartier, il a été demandé à des élèves de 3e de créer la maquette d’un bâtiment futuriste2. Deux variantes sont proposées : « dedans = dehors ! » et « une pièce = plusieurs pièces ! ». Elles résultent de contraintes « absurdes » destinées à motiver le regard critique des élèves en envisageant l’architecture comme la conception d'un édifice paradoxal, support de projections diverses, et dans un univers possiblement dépourvu de gravité (le travail s’inscrit dans une perspective de science-fiction). Ainsi leur imagination et leur créativité ne seront pas bridées par un « principe de réalité » invalidant.
À travers l’élaboration d’une maquette portée par la force de leur imaginaire, les élèves ont su expérimenter les problématiques de la transparence et de l’opacité. L’architecture est dès lors perçue comme creuset fécond de rêveries et projections diverses, interactive à l’environnement dont elle démultiplie les caractéristiques en résonances porteuses.
Ouvertures possibles
– Le Grand Verre, de Marcel Duchamp (pour ses jeux de transparence et d’opacité). – L’architecture japonaise traditionnelle (et sa mobilité : cloisons). – L’art minimal. – James Turell.
Références
Ouvrages cités – Walter Benjamin, L’Œuvre d’art à l’ère de sa reproductibilité technique, Écrits français, Paris, Gallimard, 1936 - 1991. – Olivier Boissière, Jean Nouvel, éditions Pierre Terrail, Paris, 2001. – Georges Didi-Huberman, L’Homme qui marchait dans la couleur, éditions de Minuit, 2001. – Héraclite, Fragments, traduction et commentaires de Marcel Conche, PUF, 1986. – Lao-Tzeu, La Voie et sa vertu, Tao-tê-king, texte chinois présenté et traduit par François Houang et Pierre Leyris, éditions du Seuil, 1979. – Maurice Merleau-Ponty, Le Visible et l’Invisible, coll. « Tel », Gallimard, 1964.
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