Architecture : techniques et matériaux
Au lycée : analyses d'œuvres architecturales > Des matériaux hétéroclites ? 
 

 

Éditorial

Parti pris
  Techniques et matériaux
  Écrire avec les matériaux
  Le verre structurel

Témoignage
  Construire soi-même ?

Au lycée
  La grande serre de Chatsworth
  La serre du lys géant Reine Victoria
  Le Crystal palace
  De la pierre au béton armé
  Le pavillon d'Iran de Claude Parent
  Des matériaux hétéroclites ?
  Constructions sculptures
  De la liberté à la virtuosité

Au collège
  Architecture futuriste

Documentation
  Repères pour une pédagogie de l'architecture
  Sites
  Lexique
 

La collection « Mag »
 
Des matériaux hétéroclites ?

Odile Mary

La résidence-atelier de Sarah Wigglesworth et Jeremy Till, à Londres, 2000.

La façade sur la voie ferrée.

À la fois lieu de travail et d’habitation, la construction est implantée en bordure de voie ferrée. Les deux architectes recherchent, enseignent, publient. Ils jouent ici « sur un croisement entre l’idéal technique des architectes et les structures constructives banales ou vernaculaires1 ». Ils ont fait appel à des ingénieurs, Price et Myers, et à un acousticien, Paul Guilleron Associates.
Les points de vue amènent des négociations.
L’immeuble semble reposer sur d’énormes piliers de gabions remplis de fragments de béton recyclé. Sous des appellations diverses, ces « cailloux » artificiels peuvent trouver une utilisation pour la construction de routes, parkings et autres surfaces. Ici, ils sont retenus par un solide treillis. Le souhait des architectes était de les utiliser tels quels en tant que structure porteuse, mais les ingénieurs ont préféré faire confiance à une structure métallique dissimulée dans les piles. Celles-ci ont quand même un rôle absorbant à l’égard du bruit provenant des passages sur les rails.

Détail des piles de béton recyclé.
Détail des sacs de mortier (ciment et sable).

Les sacs de mortier empilés sur la grosse poutre métallique et qui couvrent la façade ont aussi un rôle important d’isolant phonique en même temps qu’un impact visuel très connoté : on en a vu beaucoup pour protéger les façades des monuments pendant la seconde guerre mondiale, entre autres à Londres. Les sacs perdront leur enveloppe au fil des ans tandis que le mortier, même protégé de l’humidité par le film plastique qui double le papier des sacs de ciment du commerce, aura considérablement durci.

Côté cour : bottes de paille. Au fond : logement.

Plan (500 m2 habitables).

La diversification des matériaux apparents se poursuit côté cour. Un empilement de bottes de paille en mural de l’atelier est protégé de l’eau par des tôles ondulées dont une large partie est transparente. Au fond, la partie logement combine selon des orientations variées les grands panneaux vitrés et une animation de volumes de bois qui évoque un petit chalet.

Il y a longtemps déjà, l’exposition Shelters (abris) présentée au Centre Pompidou montrait des initiatives autodidactes diverses, des murs de bouteilles…


 
© SCÉRÉN - CNDP
Créé en juin 2006. Actualisé en février 2007 - Tous droits réservés. Limitation à l'usage non commercial, privé ou scolaire.