Architecture : techniques et matériaux
Au lycée : analyses d'œuvres architecturales > Le pavillon d'Iran de Claude Parent 
 

 

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La collection « Mag »
 
Le pavillon d’Iran de Claude Parent

Odile Mary

Claude Parent, Mossem Foroughi et Hedar Ghiai, Le pavillon d’Iran, 1968-1969, renommé Fondation Avicenne en 1972. Cité universitaire internationale de Paris, 27 boulevard Jourdan. Photos 1 et 2 : Odile Mary.

Photo 3 : Hervé Martin (« Guide de l’architecture moderne à Paris », 1996, 7e édition, éditions Alternatives, page 154).

Il est difficile de ne pas remarquer cet immeuble lorsqu’on emprunte le périphérique sud tout au bord duquel il est implanté. Son pignon (photos 1 et 2) est aveugle comme sa façade ouest (photo 3). On aperçoit avec peine les ouvertures des fenêtres des chambres des résidents sur la façade est (photo 1). Un des soucis de l’architecte a été de protéger les résidents du bruit de la circulation toujours dense en ce lieu : les surfaces verticales sud et ouest sans ouvertures sont aussi des protections phoniques.

Son autre souci important était de devoir rattraper sur la hauteur la distribution des logements qui ne pouvait pas se faire en épaisseur. Il ne disposait que d’un sous-sol peu fiable : d’anciennes carrières1.

Pour aller chercher très profondément la couche fiable du sol, Claude Parent a pris le parti de choisir le métal, facilement extensible et très résistant à la compression. On ne voit ici (photo 3) qu’une petite partie des trois grandes verticales de la façade ouest. À leur sommet, elles sont chacune reliées en portiques aux trois supports correspondants de la façade est. Enfin, ces trois portiques sont liés par une première forte trame métallique tout en haut et une trame identique à mi-hauteur. Les deux blocs de quatre étages de logements ne sont pas posés au sol mais « agrippés » à cette structure porteuse, suspendus par des chaînes.

L’ensemble est une abstraction très dépouillée de verticales et d’horizontales rythmée par les espaces, par la variation d’épaisseur des cadres et accentuée par les différences de valeurs. Le petit grain de fantaisie des obliques et des courbes introduites par les spirales intrigantes de l’escalier magistral sauve de l’austérité.

À côté de ses qualités remarquables, le métal utilisé dans la construction a quelques défauts. Son aptitude à la dilatation peut amener la destruction d’un édifice en cas d’incendie. Il nécessite un traitement très sérieux contre la corrosion et un entretien régulier. À l’exception du plomb, d’ailleurs aujourd’hui banni pour des raisons sanitaires, le métal conduit trop bien le bruit et convient donc mal pour s’en protéger, sauf à établir des ruptures en interposant, entre la structure porteuse et les volumes d’habitation, des matériaux plus absorbants. La laine de roche est souvent utilisée derrière des placages, parfois avec des épaisseurs impressionnantes pour des masses très faibles.

Il arrive qu’on se protège du bruit en utilisant le bruit lui-même ; c’est souvent le cas dans des salles de restaurant par exemple. Pour que les conversations privées conservent un minimum de confidentialité dans un lieu public ou pour éviter qu’elles gênent les voisins, la diffusion d’un fond musical crée un brouillage relatif généralement suffisant pour offrir un confort au lieu. Nous supportons d’ailleurs assez mal l’absence complète de bruit. Pour une propriété située à proximité d’un terrain d’aviation, l’architecte Dubuisson a conçu un aménagement qui l’isole tellement du bruit extérieur qu’à l’intérieur, le simple vol d’une mouche est vraiment insupportable. Au cours d’une visite de l’Ircam (Institut de recherche, de création et d’acoustique musicale) du Centre Pompidou à Paris, les élèves d’une classe de troisième avaient pu passer quelques minutes dans la salle anéchoïque. Aménagé pour y enregistrer les sons intrinsèques des instruments sans les perturbations occasionnées par leurs résonances sur les murs, cet espace, coupé des sons extérieurs, est complètement garni (les quatre murs, le sol et le plafond) de laine de roche dont la partie visible pointe vers le centre les sommets de pyramides d’une soixantaine de centimètres de hauteur. En s’avançant sur une passerelle au centre du dispositif, on n’entend aucun bruit, pas même le retour du son des paroles échangées, entièrement absorbé. Les sensations tellement inhabituelles et tellement fortes éprouvées par les élèves les ont laissés pendant des semaines sans moyens de rendre compte d’une telle expérience.

Site remarquable
Le site des Promenades architecturales et urbaines dans Paris comprend en particulier un vocabulaire de l’architecture limité mais efficace… pour une balade.
www.parisbalades.com/


 
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