PDF, 1200 ko

 

Éditorial

Programmes

Témoignages
  Liberté
  Tradition
  Plaisir d'enfance
  Quel apprentissage ?
  Quel enseignement ?
  Des attentes personnalisées

Articles
  Le croquis d'architecture
  L'art-thérapie

Avec les élèves
  Collège
  Enseignement secondaire

Points de vue disciplinaires
  Français, prendre le dessin
  Français, texte et dessin
  Arts plastiques
  SVT
  La graphique

Médiagraphie
 

La collection « Mag »
 

La question du dessin (2) - De l’intérêt d’apprendre à dessiner ?

« De l’intérêt d’apprendre à dessiner ? », ce titre dissone à souhait. Sa formulation « à l’ancienne » est autant affirmative qu’interrogative. Les textes officiels, d’ailleurs, ne contiennent que quelques traces de consignes concernant le dessin – à la recherche desquelles nous conduit Alain Domenech – tandis que des attentes émergent à l’occasion d’examens et de concours.

Aujourd’hui, les élèves de collège sont très intéressés par les cours d’« arts plastiques » ; pourtant, leurs parents et/ou grands-parents, qui ont connu des programmes différents, croient qu’ils « n’y apprennent plus à dessiner ». Annick Sary, collégienne dans les années 1960, nous donne un éclairage dans son témoignage auquel j’ajoute le mien, celui d’un professeur d’arts plastiques aujourd’hui à la retraite qui a « bénéficié » de trois formations espacées dans le temps et très différentes. La même Annick Sary, maintenant professeur d’arts plastiques en collège et en lycée, tire parti des différences entre les productions de ses élèves et, au lieu d’en sanctionner les écarts comme ce pouvait être le cas autrefois, les valorise. En contrepoint, la demande de trois élèves de seconde, Eddie, Oscar et Virginie, qui ont choisi l’option arts plastiques, est très personnalisée. La reconnaissance des idées des élèves et leur autonomie passent par la liberté qu’ils ont de choisir une technique appropriée à l’expression de leur projet, tout en nécessitant d’autres apprentissages.

Peut-on dire pour autant que le dessin ait disparu des cours d’arts plastiques ? « Travailler » sur la couleur, par exemple, est-ce omettre le dessin ? Il est présent partout pour Jean-Claude Thévenin, professeur d’arts plastiques en collège, qui a justement été amené, en s’interrogeant sur la couleur, à préciser un problème de dessin particulier : comment donner à une ligne les moyens de rendre compte des phénomènes observables à la rencontre de surfaces différentes.

« De l’intérêt d’apprendre à dessiner ? », la question rencontre les préoccupations d’enseignants d’autres disciplines que les arts plastiques. Laurent Schmidt, professeur de lettres, rappelle en particulier l’indissociable lien entre dessin et écriture, puis langage. Catherine Jarige et Philippe Lamps, également professeurs de lettres, soulèvent le problème de l’impossible représentation par le dessin d’un objet déjà décrit dans un texte littéraire. Karim Zahouani, à ses heures plasticien très contemporain et d’abord professeur de sciences de la vie et de la Terre, nous fait partager les dures exigences du dessin d’observation dans sa discipline et la difficulté, dans la réalité ou sur une photographie, à distinguer et à désigner ce qui est utile au propos et ce qui peut être négligé. Moi-même, je suis allé chercher querelle à l’« illustration » d’une page d’un manuel d’histoire (toujours en « activité ») dont la fonction didactique me paraissait des plus discutable.

De multiples professions nécessitent un « savoir dessiner ». Marie Ducrocq, jeune graphiste, s’est imposée une formation supplémentaire pour se rapprocher de la réalité professionnelle. Lisa Gachet, qui allie dessin et psychologie, nous parle de son atelier d’art-thérapie – « l’artistique » prend ici une valeur singulière qui peut en éclairer bien d’autres – et de la nécessité qu’elle éprouve d’approfondir son apprentissage du dessin pour être plus pertinente dans sa relation d’aide. Pierre Mary, architecte DPLG, souligne l’importance et l’actualité du croquis architectural de conception et de communication exécuté « à main levée » en regard de l’objet virtuel conjuguant une masse de documents informatisés où tout est défini et chiffré avant la construction.

Aurait-on fait le tour de la question sans l’adresser à des artistes ? Robert Combas, un des principaux représentants de la Nouvelle Figuration, par-delà l’énorme fatigue d’un lendemain de « charrette » pour la FIAC, nous a ouvert avec un « Oui, oui, sur cette question, j’ai des choses à dire ». À son « tatouage » sur un dessin académique de buste d’antique, répondent en écho les propos de Christian Lernould, artiste-peintre, illustrateur, qui, entre autres d’après des bustes d’antiques, « apprend à dessiner selon la tradition ».

C’est l’envie de dessiner qui crée (en dehors des besoins professionnels) l’intérêt pour un apprentissage du dessin. Parce que parler du dessin peut susciter l’envie de dessiner, nous avons réservé une large place au défi d’Odile Mary, professeur d’arts plastiques en lycée : vous faire pénétrer les problématiques d’artistes différents.

Daniel Mary

 

Chef de projet : Daniel Mary
Remerciements à Alain Domenech, IA-IPR d'arts plastiques

 
© SCÉRÉN - CNDP
Créé en février 2004 - Tous droits réservés. Limitation à l'usage non commercial, privé ou scolaire.