« De retour de son périple mexicain, [Michel Nedjar] se met à fabriquer d’étranges poupées, parfois immenses.
« “Sculptures” advenant dans l’intrication douloureuse et macératrice de tissus que le temps travaille, corrode, use, moisit, ils suintent d’humeurs brunâtres, excrémentielles et terreuses. La corde serpente, lacère, torsade la silhouette en boursouflures putrescentes et hiératiques convulsions.
« Les formes suffoquent et s’auto-génèrent dans la stupeur et l’effroi. Elles s’hybrident mais restent résolument anthropomorphiques, reliques ténébrantes et archaïques au cœur de l’irrévocable Sacrifice. Formes ligaturées aux membres engourdis, la corde pétrifie le geste et agenouille l’être : accumulation de guenilles et creusement pulmonaire des strates en l’épuisement de ces figures aux visages tuméfiés, rongés. Les orbites sont creuses et plombent la cavité profane d’une Bouche obscure. D’autres orifices peuvent trouer ces corps enténébrés d’où s’absente tout repère.
« C’est l’assomption d’une lèpre dentelée, synergique aux forces du grand cycle cosmique : “L’émotion de la pourriture. Le tissu pourri, le travail de la terre, la terre qui ronge, la moisissure. La poupée se transforme sans doute, dans la terre. Pour moi, il n’y a pas de frontière entre la pourriture et le contraire. J’ai besoin de toute une métamorphose 1”. 2 »
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