L'hétérogénéité en arts plastiques
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La collection « Mag »
 
La question de l’hétérogénéité dans les programmes d’arts plastiques
(Extraits des textes officiels)
Dans les programmes de 6e
[…]
A. SITUATIONS D’APPRENTISSAGE
Les situations d’apprentissage au cours desquelles les élèves ont à utiliser des moyens graphiques et picturaux, et à réaliser des travaux en trois dimensions, sont construites sur les activités qui leur sont familières : représentation et fabrication. Elles suscitent des questions à partir desquelles il est possible d’aborder les contenus disciplinaires, notamment celles de la ressemblance, de l’hétérogénéité et de la cohérence plastiques.

La ressemblance
La question de la ressemblance, préoccupation des élèves de cet âge, est l’occasion de faire prendre conscience des rapports et des écarts inévitables entre référent et représentation plastique, ainsi que de la valeur expressive de ces écarts. La pluralité de modes de représentation abordée en cours d’année permet d’éviter l’adhésion à un seul d’entre eux. De cette manière, les élèves sont confrontés à la question de la représentation comme à celle de la dimension artistique – autonome – du geste graphique ou pictural.

L’hétérogénéité et la cohérence plastiques
À partir du goût des élèves pour construire et pour fabriquer en utilisant des matériaux et des moyens d’assemblage divers, se posent les questions de choix, de relations formelles et de sens, de cohérence, d’hétérogénéité. […]

II - LES ACQUIS DE L’ÉLÈVE EN FIN DE SIXIÈME
[…]
Il a acquis du vocabulaire : il sait le sens des mots relatifs à sa pratique, il sait les employer dans un sens spécifique aux arts plastiques et les resituer par rapport au sens général. Parmi les mots couramment utilisés en arts plastiques (vocabulaire de la couleur, de la forme, de la matière), un certain nombre de termes présents dans le programme seront nécessairement étudiés : référent, représentation, relation formelle, relation de sens, cohérence, hétérogénéité, espace en deux dimensions, espace en trois dimensions, plan, surface, étendue, support, forme ouverte, forme fermée, ton local, etc. […]
Dans les cahiers d’accompagnement de 6e
b) Hétérogénéité et cohérence plastiques
Dans son acception courante, le mot « hétérogénéité » rend compte du disparate, du composite, voire de l’hétéroclite. Ce sont les caractéristiques du travail de l’enfant lorsqu’il se livre à des activités de fabrication. La notion d’unité, le choix des matériaux en fonction de leurs relations plastiques, les éléments par rapport à l’ensemble, n’entrent pas dans son champ de conscience. Il est entièrement mobilisé par sa visée représentative.
Cependant l’hétérogénéité comme la cohérence sont des notions constitutives du travail en arts plastiques : collage d’éléments hétéroclites, association d’images disparates, intrusion de perturbations, techniques mixtes, pour lesquelles les exemples artistiques sont nombreux (collage, « Combine Painting », installation). En effet, il ne s’agit pas d’observer l’hétérogénéité des constituants d’un travail pour en conclure à un émiettement du sens. Inversement, l’homogénéité d’un traitement n’induit pas obligatoirement une cohérence signifiante.
Il importe donc de faire prendre conscience aux élèves de l’intérêt de ces deux notions du point de vue plastique ; de même, il faut parvenir à faire comprendre aux élèves que l’hétérogénéité et la cohérence doivent être appréciées en fonction des effets produits par rapport à une intention originelle. C’est donc essentiellement dans le repérage de cette congruence entre moyens et finalités, mise en œuvre et sens perçu, que l’on peut se saisir de ces deux notions.
L’apprentissage portera donc sur les notions d’hétérogénéité plastique et de cohérence plastique dans les relations qu’elles peuvent établir avec l’intention du projet et le sens produit. Ces notions sont à aborder à partir des activités familières aux élèves de sixième – représentation et fabrication.

Références
Les références qui suivent sont données à titre de possibles pistes de travail propices à faire émerger les questions dans la confrontation aux productions des élèves :
  • Peintures d’Antoni Tapiès, de Robert Rauschenberg, de Tom Wesselman et de Claes Oldenburg (pour ce qui concerne la composante matérielle).
  • Peintures des tombes égyptiennes, peintures de Piero della Francesca ou d’Erro pour ce qui concerne l’espace de la narration.
  • Sculptures de Pablo Picasso (Guitare, 1912 ; La Chèvre, 1950).
  • Sculptures de Jean Tinguely, œuvres comme Opening Spirale (1982) de Tony Cragg, Femmes à leur toilette (1938) de Pablo Picasso.
  • Collages de Kurt Schwitters.
Dans les cahiers d’accompagnement des programmes de 3e
Sur un arrière-plan associant les dimensions esthétiques, sociologiques et historiques, le professeur s’attache à faire comprendre ce qu’est l’analyse plastique d’une œuvre.

[…] S’agissant de la sculpture de Robert Rauschenberg Wing Swing Glut (1988, 44,5 x 165 x 117 cm), angle formé d’un fragment d’aile d’avion sur lequel est fixé un élément de volet en métal, on pourra tout autant l’appréhender du point de vue de ses composantes formelles et, ici, de leur caractère à la fois hétérogène et cohérent – en tant qu’objets ou fragments posés au sol, en relation avec les Combine Paintings du même auteur, et comme partie de l’œuvre sculpté de Rauschenberg, en tant que forme de la sculpture contemporaine et en tant qu’inscription artistique dans une réflexion sur l’époque.

 
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Créé en octobre 2005. Actualisé en février 2005 - Tous droits réservés. Limitation à l'usage non commercial, privé ou scolaire.