Un exemple de travail en collège Au collège Guy-Môquet de Villejuif (94), dans le cadre d'un projet interdisciplinaire, une classe de 4e a travaillé sur les paysages de l'île de Tatihou (Manche). Dans le site, les élèves ont d'abord constitué un relevé du paysage en jouant aux arpenteurs, en dessinant sur le motif et en prenant des photographies. Ils ont senti l'écart entre le paysage mesuré où le corps se meut (l'arpentage) et le paysage représenté (les dessins et les photographies). Puis, les élèves ont projeté la transformation du site sur des maquettes. Cinq incitations de départ – catastrophe naturelle, période glacière, surpopulation, œuvre d'art, paradis perdu – ont amené les élèves à réfléchir sur la disposition de signes dans le paysage. La taille des maquettes – 100 x 80 cm – a non seulement imposé aux élèves de changer leurs outils habituels et de s'impliquer avec leur corps, mais les a aussi confrontés au problème d'échelle des différents éléments qu'ils disposaient dans le paysage.
 Intervention des élèves sur les maquettes préparées par leur professeur d'arts plastiques Bernard Mechtouh
Projet d'intervention sur site réel au lycée Quel est l'intérêt de travailler à partir d'un site existant plutôt qu'à partir d'une fiction ? Sur le site, l'élève est confronté en vraie grandeur à la complexité du réel et à son enregistrement ; en classe, il se frotte à la représentation de ses idées, au projet. L'élève découvre également la situation de l'artiste qui ne réalise pas lui-même l'œuvre, mais en fournit le projet détaillé : – soit l'élève choisit un site ; son choix est signifiant et fait déjà partie du travail ; – soit l'enseignant impose à tous le même site ; on pourra comparer ensuite les différentes approches du même lieu. Dans son projet, l'élève sera forcément amené à envisager certaines notions et attitudes.
Le point de vue Comment l'élève a-t-il pris en compte le spectateur ? Il peut lui avoir assigné une vue particulière : cadrage dans la tradition de la veduta ou observatoire dans la tradition du belvédère comme les Observatory de Robert Morris (http://territoiresinoccupes.free.fr/). Beaucoup d'artistes et de paysagistes jouent avec ces deux notions venues de la peinture, comme Robert Smithson qui imposait des lieux particuliers pour voir Spiral Jetty (www.robertsmithson.com/). Quel point de vue a-t-il choisi pour représenter son projet ? On peut comparer les choix de représentation d'un artiste (http://territoiresinoccupes.free.fr/) avec ceux d'un paysagiste. L'ordre et le désordre Quel est le parti pris formel du projet ? Cela peut être un système plus ou moins géométrique comme la trame que l'architecte Bernard Tschumi (www.tschumi.com/) (cliquer sur Bernard Tschumi, puis sur Projects, puis sur Parc de la Villette) a mise en place dans le parc urbain du XXIe siècle à La Villette (www.la-villette.com/). Il peut aussi s'agir de construire un désordre, comme par exemple le projet du paysagiste Gilles Clément (www.nouvellescles.com/) au parc André-Citroën.
 Jardin en mouvement de Gilles Clément au parc André-Citroën (Paris)
Le degré d'intervention En comparant les différents projets d'élèves, on peut mesurer les écarts d'intervention sur un site, de la transformation radicale comme par exemple avec Double Negative (http://lamar.colostate.edu) de Michael Heizer (deux tranchées de 457 x 15 x 9 m, en 1971, dans le Nevada), à l'œuvre éphémère mais visible depuis la lune avec Running Fence (www.christojeanneclaude.net) de Christo et Jeanne-Claude (40 km de long et 5,40 m de haut installé pendant quinze jours de 1976 en Californie), jusqu'à l'intervention minimale qui révèle les potentialités du site avec l'interview de Michel Corajoud, paysagiste par Philippe Madec (www.madec.net). Le temps Comment l'élève prend-il en compte la durée ? Il peut jouer avec la nature éphémère des éléments et l'œuvre a alors une durée de vie limitée comme Gallery Transplant de Dennis Oppenheim (territoiresinoccupes.free.fr). À l'extrême, la durée peut faire œuvre et correspondre à l'enregistrement d'un processus, ainsi avec A Line Made by Walking de Richard Long (www.richardlong.org).
Vu sur les sites académiques – Sur le site de l'académie de Strasbourg, vous trouverez une proposition de cours sur « Lieu / paysage / espace bâti » pour le lycée (http://sirius.ac-strasbourg.fr). 1 Interview publiée in Techniques & architecture, n° 40, août-septembre 1992.
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