Les apprentissages spécifiques
Apprentissage de la concentration mentale
Une des caractéristiques fréquentes du nouveau collégien est son incapacité à essayer de surmonter les difficultés et de résoudre les problèmes par lui-même. Il lui est aussi souvent difficile de prolonger dans le temps une action (travail, apprentissage, etc.). Il se lasse très vite, se bloque très facilement et abandonne. Enfin, sa faiblesse en lecture – il s’agit ici du déchiffrage – est souvent grande.
Ainsi des mots complexes sont mal décodés auditivement et ne peuvent pas être compris. Un élève de sixième ne lisait-il pas « couleur à colorier » au lieu de « couleuvre à collier » ? La tâche demandée lui était devenue insurmontable. Les mauvais lecteurs ne comprennent pas les consignes simples et ne cherchent pas à les comprendre. Certains demeurent incapables de collecter les données recherchées alors qu’elles sont « sous leurs yeux ».
Il s’agit donc de contraindre les élèves à une lecture fine des documents, qu’ils soient sur la feuille de consigne ou l’écran.
Apprentissage de l’outil informatique
Au cours d’une telle séance, les élèves sollicitent fortement le professeur parce qu’ils s’égarent sur le site Internet ; les consignes ne sont pas lues attentivement, les adresses Internet ne sont pas transcrites correctement, certaines informations contenues dans l’écran ne sont pas comprises... Il faut constamment remettre l’élève sur la bonne voie, sans faire le travail à sa place. La réussite de cette séquence nécessite un « guidage » très précis afin de lui faire éviter les pièges dans lesquels il ne manquerait pas de sombrer.
Ce genre de travail est, de toute façon et en début de séance, stressant pour l’enseignant qui craint à tout moment le problème technique (plus encore que pour les manipulations traditionnelles de sciences).
Apprentissage du compte rendu
Produire un compte rendu des données recueillies, cela oblige, une fois de plus, les élèves à solliciter et à mettre à l’épreuve leur lexique et leur syntaxe personnels, et donc à se familiariser avec leur usage mais aussi à prendre le risque d’être corrigé et de se remettre en question pour s’améliorer. Le professeur est particulièrement vigilant sur la précision des réponses apportées aux questions tout en tenant compte de la « réalité du terrain ».
En fait, le travail n’est pas réellement solitaire car les échanges sont nombreux en cours de séance : il faut accepter l’idée que ces paroles parasites peuvent constituer incidemment une aide pour comprendre la consigne, et donc pour agir, chez certains élèves vite « perdus ».


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