De l'Internet à l'intranet
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La collection « Mag »
 
L’utilisation d’Internet, en situation de classe, par les élèves, conduit à développer des apprentissages spécifiques qui nécessitent la mise en œuvre de conditions de travail particulières.
Conditions
Les élèves répartis en demi-groupes disposent de 45 minutes. Dans la majorité des cas, les élèves sont seuls, mais quelques-uns peuvent travailler par deux.
Il s’agit de trouver dans les sites proposés les réponses précises aux questions posées.
Les réponses sont courtes, utilisant des mots, des chiffres ou des points coloriés sur une carte. Les élèves qui travaillent vite recherchent spontanément d’autres informations sur les mêmes sites. En particulier, les cartes historiques du site USGS permettent à certains de découvrir par eux-mêmes la répartition non hasardeuse des foyers en profondeur, constat qui sera exploité plus tard à propos de la subduction.
Dans un second temps, après la séquence, les élèves peuvent – et certains le font à deux ou trois – consulter à nouveau, au CDI, les sites Internet devenus familiers.
Cependant, l’approfondissement du travail n’est pas la généralité : une pression amicale est nécessaire. Il est vrai que dans les milieux défavorisés d’où proviennent la majorité des élèves du collège, l’ordinateur demeure un outil inaccessible. Alors, ils n’osent pas, même s’ils ont déjà manipulé la machine en technologie et acquis une certaine aisance.
Le compte rendu est ramassé à l’heure suivante, afin de donner la possibilité d’une réalisation soignée et éventuellement de recherches complémentaires.
Les objectifs méthodologiques et techniques
S’informer
C’est l’intention affichée et conforme aux instructions officielles. En fait, l’intention cachée du professeur est aussi de faire découvrir et comprendre des notions complexes et spécifiques.
La connexion avec le site Internet étant réussie, l’élève doit en exploiter les informations en suivant les prescriptions d’un questionnaire. À partir des questions, on peut raisonnablement induire que l’élève va devoir se livrer aux activités suivantes, toutes étant des activités pédagogiques reconnues, conduisant au développement de capacités précises.
  • Trier des informations

  • C’est l’activité naturaliste par excellence, après l’identification d’un fait et sa dénomination :
    - lire l’écran pour y rechercher le terme technique désigné par la question ;
    - trouver le terme écrit et en recueillir la valeur correspondante, pour la transcrire.
    Ces activités permettent à l’élève de se familiariser avec un vocabulaire scientifique spécifique, les questions désignant les termes importants cités au cours de la leçon, termes exprimant les caractères définissant un séisme.
    Pour la question I.2 :
    - relever dix cas pour en noter les caractéristiques géographiques ;
    - comparer les valeurs de la magnitude ;
    - hiérarchiser puis regrouper par classe les cas selon leur magnitude ;
    - coder les cas (code couleur) pour transformer une information écrite en information visuelle.
    Pour la question II :
    - comparer les valeurs de la magnitude ;
    - hiérarchiser les cas pour ne sélectionner que les deux présentant la magnitude la plus grande.
    L’activité est différente de celle requise en I.2 ; il ne s’agit donc pas d’une opération répétitive monotone.
    Remarque : le site USGS est rédigé en anglais. Cependant, la rédaction y est minimaliste et le vocabulaire assez facilement accessible (seul « depth », qui signifie « profondeur », constitue une difficulté).
  • Apprendre à se constituer une base de données (dix sites choisis et dont les caractéristiques sont relevées) pour préparer une exploitation ultérieure.

  • Il s’agit bien de « s’informer » sur l’événement sismique.
    Il ne s’agit pas d’une finalité. Cependant, cette activité contient en germe certaines questions qui naissent, même implicitement, de la tendance spontanée que chacun possède à rechercher, dans diverses situations, des caractères constants (ou non), c’est-à-dire communs pour créer une (ou des) catégorie(s) et/ou concevoir des règles de fonctionnement : tous les séismes sont-ils semblables dans leur expression ? Tous les séismes surviennent-ils toujours aux mêmes endroits ? Tous les foyers sont-ils localisés à la même profondeur ?
    Une séance ultérieure permettra d’introduire l’activité réellement scientifique de comparaison des résultats afin de faire naître l’idée qu’il existe des zones terrestres identifiables et qui obéissent à des phénomènes : il y a donc des zones différenciées où s’appliquent certaines lois physiques, l’aléatoire supposant une répartition quasi uniforme des épicentres à la surface et en profondeur d’un globe terrestre qui serait homogène.
Réaliser
Renseigner une carte (questions I.4, II.3 et 4), c’est-à-dire reporter des points relevés à partir de cartes à grande échelle sur des cartes à petite échelle (changement d’environnement géométrique). Cette activité est voisine de celle qui consiste, en mathématiques, à construire un graphique. D’ailleurs, les élèves présentent souvent des difficultés de transcription car ils ne parviennent pas toujours à se repérer sur les cartes, celle donnée en exercice et celle affichée à l’écran. Par ailleurs, la méconnaissance de la géographie mondiale, dans ses grandes lignes, constitue un handicap fréquent. La place relative des grands continents est parfois ignorée !
  • Rechercher des repères communs à chaque carte : lecture des noms et reconnaissance des côtes.
  • Recomposer sa propre carte isosiste des intensités par courbes à partir de plages colorées concentriques.
Dans la mesure où les principes d’élaboration de la carte isosiste ont été présentés en classe (c’est la décontextualisation) à partir d’un cas précis, l’élève ne doit pas simplement recopier un document. Il convoque ou il reformule ces principes, même implicitement, dans une nouvelle situation (c’est la recontextualisation). Il s’agit d’une activité de codage. Elle atteint donc un certain niveau d’abstraction.
Plus prosaïquement, cette activité permet à l’élève de constater à nouveau l’étendue des effets provoqués par les séismes.
Remarque : le travail d’exploration des cartes isosistes pourrait avantageusement être remplacé par un travail de lecture de ces cartes. En effet, il est possible de demander aux élèves d’évaluer l’intensité sismique constatée dans des lieux précis puis de déterminer les effets qui ont pu être constatés dans ces lieux par comparaison avec l’échelle MKS accessible sur le site de Strasbourg. De plus, des précisions peuvent être demandées sur chaque séisme (lieu de l’épicentre, effets particuliers, etc.) pour obliger les élèves à lire les commentaires qui les accompagnent.

 
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