Quel type d’évaluation ?
Cet exemple constitue un exemple supplémentaire, voire une démonstration, de la participation active des SVT au déclenchement de la motivation de l’élève et aux apprentissages fondamentaux, telle la lecture. Il est évident que tous les moyens sont bons, et Internet en est un, pour stimuler l’intérêt des élèves, en particulier pour cette partie du programme qui devient vite ardue car souvent très théorique. De plus, il est important de mettre les élèves en situation de « direct » par rapport aux données sismiques qui leur parviennent et de les sensibiliser à la richesse des informations disponibles sur Internet, informations souvent de qualité (cartes, en particulier). C’est que le document prédigéré parce qu’élagué, voire simplifié jusqu’à l’approximatif, n’a pas que des avantages. Les questions posées sont fermées, l’élève est donc conduit pas à pas et l’activité essentielle qui est requise concerne directement la lecture. En conséquence, les objectifs peuvent paraître modestes, mais, compte tenu du contexte particulier de travail (sismologie, science difficile !) et de la nouveauté de la tâche (sur PC avec Internet) d’une part, et du niveau des élèves d’autre part, ils n’en sont pas moins nobles. Est-ce une véritable évaluation formative ? Oui, mais très indirectement, au plan notionnel, à cause de la nature fermée des questions. En revanche, cette évaluation est réelle, au plan méthodologique, par guidage. En tout cas, il s’agit d’une séquence qui participe, d’abord et une fois de plus, à l’apprentissage des méthodes de travail intellectuel à travers celui de notions scientifiques, le second offrant effectivement un terrain d’application au premier. Cet apprentissage pourrait être complété par un travail en collaboration avec le professeur de langue (anglais pour les sites des États-Unis, espagnol pour les sites d’Amérique du sud). Même si la quantité de textes écrits en anglais est très modeste, il y a sans doute une piste à découvrir pour un « thème transversal » ou des « travaux croisés ».
Nouveau contexte, intérêt renouvelé
Pour évaluer – sommairement sans doute – l’intérêt réel d’une séquence de ce type, il semble fructueux de chercher à identifier, après coup, quelques opérations mentales auxquelles l’élève doit se livrer et que nous avons détaillées. En effet, cette réflexion apporte à l’enseignant une plus grande lucidité et lui permet de gérer ses séquences ultérieures avec plus d’efficacité, en lui conférant une plus grande adaptabilité. Il est cependant difficile de mesurer précisément les effets réels d’une telle séquence : au plan des connaissances, les résultats scolaires ne sont pas nettement meilleurs depuis son introduction, une absence quasi-systématique d’apprentissage des cours à la maison, surtout en classe de quatrième, semblant être le frein principal. Cependant, l’intérêt grandissant pour la géologie que cette séance fait naître chez les élèves est aisé à repérer. Cet intérêt est peut-être lié à un ensemble de paramètres de nature psychologique :
- le sentiment de travailler « dans » l’actualité stimule l’intérêt pour la tâche, d’autant que les élèves ont pu entendre parler par les médias de la survenue d’une catastrophe sismique. Internet permet de travailler dans le quotidien de l’élève ;
- si la recherche d’un mot-clé sur un écran se fait rapidement, par identité de structure, la lecture fine de vérification demande un effort de concentration supérieur à celui qui est requis pour lire une page papier ;
- le fait que les sites officiels, scientifiquement prestigieux, américains ou français, utilisent les mêmes termes de vocabulaire scientifique que le professeur contribue à donner du poids à l’intérêt de connaître ces termes, sentiment renforcé par celui d’aller virtuellement à Strasbourg ou aux États-Unis en un prodigieux voyage ;
- c’est la multiplicité des données qui rend l’activité intéressante parce que l’élève doit faire un effort pour y trouver l’information pertinente.
De plus, il s’agit de solliciter des activités mentales habituelles pour un élève mais dans un contexte nouveau et séduisant, et on peut espérer que c’est la multiplication de ces occasions qui peut apporter une certaine efficacité, au bout du compte. Pourtant, la recherche documentaire et la compréhension des informations recueillies ne se suffisent pas. Chacun sait qu’une phase de réflexion personnelle sur ces données nouvelles doit lui succéder. À l’évidence, mais certains discours le feraient oublier, c’est l’élève qui construit sa compréhension du monde et non l’ordinateur ! À la rigueur, cette machine transmet par l’écrit ou l’image cette compréhension lorsqu’elle émane d’un Autre.
|
|

|
|