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3. De l'outil du conférencier à l'intégration multimédia

3.1. La PréAO classique

L'utilisation de la présentation assistée par ordinateur par un conférencier nécessite de prendre en compte deux classes de préoccupations. Il faut, d'une part, apporter à l'auteur une aide efficace dans la préparation de son exposé : simplicité, rapidité, efficacité... de création, qualité et unité visuelle, préparation et impression de documents d'accompagnement. D'autre part, il est indispensable d'assurer le confort du conférencier et celui du public lors du déroulement de la prestation. Une panoplie de matériels d'accompagnement se développe : rétroprojecteurs, rétroprojecteurs portables, boîtiers de couplage avec un téléviseur, baguette à infrarouge pour éviter d'avoir à utiliser la souris, etc. En effet, une utilisation efficace de la PréAO repose autant sur la conception d'une présentation soignée que sur la mise en œuvre de dispositifs technologiques adaptés. On se reportera à ce propos au dossier de l'ingénierie éducative " Les dispositifs de visionnement collectif d'images électroniques ". Les matériels plus spécifiques devraient faire l'objet d'une étude ultérieure.

Dans les " classiques " du genre, héritiers de la tradition de la projection de transparents, où l'écran est appelé " transparent " ou plus fréquemment " diapositive ", on peut retenir cinq caractéristiques :

Les possibilités de chaque produit, au regard de ces cinq caractéristiques, sont révélatrices de son orientation prioritaire.

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3.1.1. Le mode plan

Avant d'entrer dans le détail de la composition de chaque écran, on peut préférer s'attacher à la mise en place du plan et au contenu de l'exposé. C'est le rôle du mode plan, décliné selon différentes modalités.

Une fenêtre d'édition de texte est offerte à l'auteur. Un plan prédéfini est prévu avec des rubriques comme le titre, les points principaux, les points secondaires et le corps du texte. Cette notion est proche de celle de plan proposée par certains logiciels de traitement de texte.

Le plan a pour fonction de permettre de composer et de structurer la présentation ; il sert également à imprimer un document destiné au conférencier ou distribué aux participants ; mais surtout, il assure la génération automatique des diapositives nécessaires.


Le mode plan sert à construire la charpente d'une présentation et à classer les idées.
Le mode plan de Charisma

Chacune des diapositives générées est alors constituée, soit par les points du plan, soit par le découpage du texte décidé par l'auteur. Ce dernier n'a plus qu'à les compléter ou les modifier. Avec certains logiciels, qui permettent à l'utilisateur de choisir son parcours, il faudra encore définir les déroulements prévus (enchaînement des diapos, zones sensibles, boutons). D'autres, au contraire, proposent un enchaînement automatique dans l'ordre prévu par le plan. Notons encore que certains logiciels permettent de récupérer le plan d'un document réalisé avec un traitement de texte externe et l'intègrent directement dans la présentation ; c'est le cas de Freelance avec AmiPro, de Powerpoint avec Word.

Une variante intéressante est proposée par Asymetrix Présentation. Il n'a pas de mode plan à proprement dit, mais chaque diapositive peut disposer d'un plan propre. Une fonction, appelée auto-montage permet de générer automatiquement à partir de ce plan le jeu de diapositives correspondant à chaque point. Un déplacement arborescent est alors automatiquement construit, avec la mise en place de zones sensibles placées sur chacun des points du plan. La navigation dans la présentation est ainsi organisée sans que l'auteur ait à s'en préoccuper, à charge pour lui de s'occuper des retours vers les écrans précédents, s'il le souhaite - en plaçant sur chacune des diapositives de la présentation des zones sensibles assurant un lien avec l'écran voulu.

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3.1.2. Les modèles de diapositives

La mise en page, le choix des tailles et des polices de caractères, l'harmonisation des couleurs, l'unité des écrans, etc., constituent une tâche souvent longue, et pour laquelle les risques d'erreurs sont grands (faute de goût, oubli de la charte choisie...). Une solution fréquemment proposée est de fournir un fonds de modèles de présentation. L'auteur peut y choisir celui qui correspond le mieux à ses goûts ou à ses objectifs, ou y trouver une bonne base de départ pour des adaptations personnelles.

Un modèle est constitué d'un fond, avec divers effets de dégradés, d'une charte (style) qui définit les tailles, les polices et couleurs des titres, des sous-titres, etc. Il prévoit une série de diapositives fonctionnelles qui correspondent à des mises en page particulières, mais gardent la cohérence et l'unité données par le modèle.


A partir d'un modèle, ici une composition d'écran avec un fond de carte, on trouve un ensemble cohérent de diapositives traitant chacune une mise en page particulière, comme la mise en place du titre, du titre et des points principaux, secondaires, avec un, deux graphiques... Les styles (alignements, interlignes, couleurs, polices, tailles, etc.) sont définis pour l'ensemble de la présentation, sans que l'auteur ait à s'en préoccuper.
Quelques diapositives fonctionnelles d'un modèle d'Asymetrix Présentation.

Il est en général possible de définir ses propres modèles et d'enrichir ainsi le fonds disponible. La richesse des jeux de modèles proposés était d'ailleurs considérée comme un critère fondamental pour les logiciels de la génération précédente.

La liaison entre style et modèle est traitée de façon différente selon les logiciels. Certains dissocient les deux notions, ce qui permet de modifier globalement le style d'une présentation sans en changer le modèle. On évite ainsi d'avoir à reprendre le style de chaque diapositive et de courir le risque de se retrouver avec un titre jaune de taille 40 par endroits, bleu de taille 30 ailleurs. D'autres sont plus confus, et il est difficile de modifier le style sans toucher le modèle.

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3.1.3. Les modes de représentationsgraphiques

Toujours avec le souci de bien couvrir les besoins de la communication dans l'entreprise, l'une des caractéristiques des classiques de la PréAO est d'offrir de nombreux modes de représentations graphiques : diagrammes, histogrammes, tracés de courbes, organigrammes...

La solution choisie peut être d'utiliser un logiciel spécialisé, tableur et traceur graphique par exemple, limité ou au contraire très complet. Charisma intègre un logiciel spécialisé qui possède une très grande richesse de représentations graphiques, tandis que Powerpoint, livré avec Excel et Graph dans l'ensemble Office, préfère s'appuyer sur des outils disponibles pour toutes les applications, en insérant des objets par lien OLE (2).


Diverses représentations graphiques obtenues avec Charisma.

La boîte de dialogue "  Insérer un objet " de PowerPoint.

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3.1.4. Les documents d'accompagnement

Les fonctions d'impression débouchent sur plusieurs types de documents : reproduction en modèle réduit des diapositives de la conférence, avec diverses dispositions (par deux, par quatre, avec des emplacements libres pour la prise de notes, etc.) ; plan de l'exposé complété des notes du conférencier, exportation de diapositives vers un traitement de texte, etc. En général, un choix entre plusieurs dispositions prévues est offert. Il n'est pas toujours possible de paramétrer une disposition personnelle.

Impression - Asymétrix Présentation

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3.1.5. Les " effets de manche "

Quelques gadgets sont prévus pour soutenir l'attention de l'auditoire : effets d'animation comme l'apparition progressive des points du plan, le déplacement ou le clignotement de divers logos (main, baguette, flèches...), un crayon lumineux pour souligner ou entourer les points à mettre en évidence au fil du discours, la mise en grisé des points traités, etc.

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3.2. Autres facilités

On ne peut pas limiter les logiciels de PréAO, lorsqu'on les étudie dans leur diversité, à l'unique vocation d'assistants d'un conférencier. On y trouve également des fonctions d'assemblage rapide d'éléments multimédias et des possibilités d'interactions permettant de déboucher sur des produits d'utilisation plus individuelle. Quelques-uns, d'ailleurs, s'éloignent de la conception classique de la PréAO pour se consacrer davantage à ce dernier aspect.

En fait, les logiciels de présentation se heurtent à la difficulté d'associer simplicité et rapidité d'utilisation à une grande richesse de fonctions. On voit ainsi le secteur se segmenter en différentes classes d'outils.

Certains sont extrêmement performants sur des points considérés comme indispensables au public visé, quitte à rester rudimentaires en d'autres domaines. D'autres, parfois les mêmes, jouent la carte de l'ouverture vers l'extérieur. Ils assurent complètement les indispensables fonctions d'assemblage d'une présentation et s'appuient sur des logiciels spécialisés pour les tâches plus pointues.

On peut penser que cette dernière voie est, à terme, la plus prometteuse pour l'avenir, si l'on tient compte des évolutions que les extensions (Quicktime et Windows Multimedia) des systèmes d'exploitation permettent de pressentir. Pour l'instant, tous les degrés cohabitent entre ces deux voies.

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3.2.1. La gestion des textes

L'affichage ligne à ligne, et donc sans véritable éditeur de texte, est souvent très élaboré : choix de tailles, de polices, de couleurs, de motifs, ombrages, perspectives, extrusion, inclinaison, rotation, écriture le long d'une courbe... Les effets, on le voit, ne manquent pas. Sur ce plan-là, des logiciels comme Charisma ou Le Réalisateur Multimédia ne ménagent pas leur peine.

Mais peu s'occupent d'afficher des textes longs ou spécialisés, ce qui n'est peut-être pas fondamental dans un contexte de PréAO classique. Un seul parmi ceux qui ont été testés, Asymetrix Présentation, prévoit par exemple de placer des ascenseurs sur une zone textuelle. Cet inconvénient pourra être contourné, si des liaisons externes permettent de faire appel à un véritable traitement de texte.


Texte avec ascenseur et liaison avec un traitement de texte.

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3.2.2. L'illustration graphique

Des outils traditionnels de dessin sont toujours proposés, mais ils sont parfois assez rudimentaires. Ce n'est pas forcément un défaut, au contraire. Il est plus confortable d'utiliser un logiciel spécialisé de dessin, de création ou de retouche d'images - auquel on est peut-être habitué -, et d'importer ensuite le résultat dans la présentation. Les formats de fichiers acceptés sont de plus en plus nombreux, et il n'est pas difficile de trouver un utilitaire de conversion. Il ne faut également pas oublier d'utiliser le presse-papiers et les liaisons OLE.

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3.2.3. L'intégration d'éléments multimédias

Ajouter un son, faire jouer une animation ou une séquence vidéo existante est immédiat (3) : il suffit de donner le nom du fichier, à condition bien sûr que le gestionnaire correspondant soit bien installé.

On rencontre cependant des limites dans la gestion multimédia, dues sans doute à la jeunesse des logiciels, et dont on peut espérer qu'elles sont temporaires.

Ainsi, s'il est possible sans trop de difficulté de poser un bouton qui déclenche ou arrête à la demande de l'utilisateur la diffusion d'une animation ou d'un son, faire afficher dans les mêmes conditions une image ou un commentaire textuel en surimpression est plus périlleux : il faudra créer une diapositive supplémentaire avec un fond transparent pour qu'elle puisse se superposer à la diapositive en cours. Certains logiciels proposent cependant de créer des diapositives sur lesquelles les objets apparaissent progressivement ou encore ils générent un jeu de diapositives dont l'affichage successif sert à donner une illusion de composition dynamique.

Autre exemple : la simulation des commandes d'un magnétoscope (arrêt sur image, l'avance image par image, etc.), n'est en général pas prévue. Il n'est donc pas toujours immédiat de pouvoir donner à l'utilisateur le contrôle de la diffusion de la séquence vidéo ou sonore. La plupart du temps, les fonctions proposées en standard se limitent à l'attente de fin de diffusion et à l'arrêt.

Le "  Diffuseur de Médias  (4)", outil fourni par Microsoft pour jouer un élément multimédia (son, animation, vidéo).

Il est évidemment possible, pour les logiciels qui prévoient des liaisons externes, d'établir une communication avec le " Diffuseur de Médias " de Windows ou tout autre utilitaire pour simuler les commandes d'un magnétophone/scope.

On voit également certains logiciels, déjà anciens, offrir un accès direct aux ordres MCI (5), mais l'auteur doit alors en maîtriser la syntaxe.


Un ordre MCI édité à l'aide d'une boîte de dialogue de HSC InterActive.

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3.2.4. Les effets

Les effets de transition, fondus, iris, zoom... entre diapositives ne manquent pas.


Extrait d'Asymétrix Présentation.

Il est parfois possible de monter une animation simple : déplacement d'un objet figé le long d'une trajectoire, apparition progressive du plan, etc., sans que l'on puisse pour autant parler de logiciels de montage ou d'animation. En effet, la plupart n'offrent pas de possibilités sérieuses de synchronisation entre la diffusion d'un son et la présentation de textes ou d'images. En général, il s'agit donc davantage de simples effets visuels que de réelles animations.

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3.3. Tendances et évolutions

3.3.1.L'outil de " diaporama "

Un logiciel comme Le Réalisateur Multimédia, qui ne possède aucune des caractéristiques classiques de la PréAO, illustre par contre très bien les possibilités de montage rapide d'éléments multimédias en séquences linéaires, sans aucune interaction possible sinon celle de tourner la page. Les possibilités d'animation et de synchronisation avec les sons y sont réduites. Sa simplicité d'emploi en fait un outil intéressant pour les enseignants et pour les élèves, quand il s'agit de donner à voir et à entendre. Il suffit de disposer des éléments multimédias sous formes de fichiers et de remplir le bordereau de script ci-après. Des boîtes de dialogues adaptées permettent d'entrer les noms de fichiers et de donner les informations nécessaires.


Un script avec Le Réalisateur Multimédia.

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3.3.2.La PréAO animée

S'inspirant des principes de logiciels de montage de séquences d'images animées, une catégorie relativement récente d'outils se préoccupe d'introduire une gestion du temps, ce qui permet d'animer une présentation en obtenant une relativement bonne synchronisation dans le déroulement. A titre d'exemple, on peut citer Animation Works Interactive, qui débouche sur des animations planes plein écran. Il présente la particularité d'accepter des zones sensibles, qui permettent de circuler de façon non linéaire dans l'animation.

On s'attardera davantage sur l'exemple d'Action!, qui possède des particularités intéressantes. Le principe est de créer des scènes qui sont liées entre elles dans une structure arborescente. A chaque scène est associée une ligne de temps. On y place des objets (textes, boutons, dessins, représentations graphiques, images, animations ou vidéo), en définissant l'instant de leur apparition dans la scène. Chaque objet est affiché en trois étapes : un mouvement d'entrée, une exposition et un mouvement de sortie. A chaque étape est affectée une durée. Elle peut être accompagnée de certains effets visuels et sonores. C'est ce que le logiciel appelle " associer une action à une scène ". La ligne de temps permet de synchroniser correctement les actions associées à chacun des objets qui la constituent.

De plus, il est possible de poser sur chaque objet un lien avec une autre scène ou sur un instant de la même scène. Ainsi, l'utilisateur pourra se déplacer à l'intérieur d'une scène ou d'une scène à l'autre, si des zones sensibles ont été prévues à cet effet.

1. La scène dure 19 secondes.
2. L'objet Menu est présent et actif pendant toute la scène.
3. L'objet Suivant n'est présent que pendant les dix premières secondes de la scène.
4. Un effet de transition est appliqué pendant l'affichage d'une première image.
5. et 6. L'image est exposée pendant six secondes, accompagnée de la diffusion d'un commentaire sonore.
6. Un curseur permet de repérer la position dans le temps.
etc.
La ligne de temps d'Action!

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notes
2 : Cf. page 20.
3 : Pour créer des animations ou numériser des séquences vidéo, il faut disposer d'outils qui ne sont pas étudiés ici.
4 : Le Diffuseur de Médias, encore appelé Média player ou Lecteur multimédia par Microsoft.
5 : MCI : Media Control Interface est une interface de pilotage des périphériques multimédias, qui définit une syntaxe à travers les ordres MCI. Un ordre MCI est une commande de communication avec un gestionnaire de médias, dont la syntaxe est définie et imposée par Microsoft dans les spécifications des extensions multimédias de Windows.