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4. Perspectives

Dans la synthèse finale, Geneviève Jacquinot, professeur à Paris VIII, a invité les participants à prendre en compte les nouveaux modes de penser des jeunes, qui ont une réelle « intelligence » aux images et aux sons. Et elle a ajouté : « La recherche sur les médias s’était plus intéressée jusqu’à présent aux phénomènes de persuasion et d’influence qu’aux enjeux épistémologiques et cognitifs de ces nouvelles façons de voir et de penser le monde. De plus, elle a souvent été associée à des conceptions conservatrices sur l’enfance, à des hypothèses réductrices sur l’influence négative des médias et à des théories de l’apprentissage non adaptées au contexte de la société technologisée. »

À nous de trouver de nouvelles manières d’enseigner répondant à ces nouvelles façons d’apprendre, et aussi, plus généralement, à nous de comprendre et de cerner les responsabilités des différents acteurs sociaux.

La télévision, qui reste encore le plus grand média de masse, peut nous y aider. Surtout avec le développement, qui semble se généraliser un peu partout dans le monde, des télévisions éducatives et des banques de produits multimédias et de services associés. « La télévision est l’unique activité qui réunit tous les groupes sociaux, pour toutes les classes d’âge », a rappelé Xavier Gouyou Beauchamps, président de France Télévision. « Elle s’impose de plus en plus comme le vrai carrefour social. Il nous faut donc porter une attention toute particulière à ceux pour qui la télévision représente souvent le seul lien avec la communauté nationale et la culture. [...] Nous devons donc défendre, à travers l’ensemble de nos programmes, le lien social de proximité et les valeurs républicaines et aider la jeunesse à y adhérer », a-t-il déclaré avant de proclamer son intention de réconcilier l’écolier et l’enfant téléspectateur. « Il ne sert à rien de s’opposer stérilement à la consommation d’images télévisées par les enfants : toute notre société est tapissée d’images. [...] Il faut les aider à s’y mesurer, à les assimiler pour en tirer ce qui peut les enrichir, et à s’en détacher, à recouvrer leur liberté face aux images qui leur sont proposées. »

Hervé Bourges a mis lui aussi l’accent sur l’éthique et sur l’indispensable éducation aux médias. « La pire des violences faites à nos enfants serait de ne pas leur permettre d’avoir une vision complète du monde, dans la cacophonie des médias. Donnons-leur les armes pour comprendre. Et pour rester eux-mêmes. », a-t-il déclaré. Il a aussi demandé qu’une déclaration, consacrée par une assemblée internationale telle que l’UNESCO, regroupe dans un texte spécifique « des principes universels d’éthique de la communication », à partir d’éléments tirés de la Déclaration universelle des droits de l’homme, de la Charte de l’UNESCO et de la Convention internationale des droits de l’enfant. Charte régulatrice de l’audiovisuel à opposer à un libéralisme excessif et aveugle. À ce propos, l’Association européenne des téléspectateurs et auditeurs (AETEA) propose la vigilance en ce qui concerne nos cultures qui doivent garder leur originalité et ne pas s’uniformiser sous l’influence américaine (USA), vigilance en ce qui concerne une violence trop complaisamment véhiculée tant par l’information que par la fiction, vigilance en ce qui concerne le respect des individus, particulièrement les enfants, vigilance, enfin, quant à l’emploi de nouvelles techniques d’images virtuelles qui permettent toutes sortes de manipulations. L’AETEA est par ailleurs consciente de l’enjeu culturel et social que représente le développement de ces médias. Elle s’emploie à aider les « consommateurs » à avoir un regard plus critique sur cet audiovisuel omniprésent et à tenir leur rôle de citoyens responsables. Pour cela, il convient d’apporter des éléments de jugement, de former les téléspectateurs à une meilleure compréhension de cette nouvelle culture de l’image et du son — qui ne doit pas s’installer au détriment de l’identité culturelle de chaque pays mais la compléter et la renforcer —, les aider à développer leur sens de l’éthique et la conscience de leurs propres responsabilités, les inciter, enfin, à faire entendre leur voix.

 

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