Résumé
du n°
137-138, avril-mai 1999
La situation
est paradoxale. Globalement les pays riches produisent de plus
en plus de richesse et dans le même temps génèrent de plus
en plus de précarité, de pauvreté et d'exclusion. En vingt-cinq
ans, depuis 1973, le PIB en France a augmenté de près de 3 000
milliards de francs (en francs de 1990) et le nombre des chômeurs
multiplié par cinq. Le nombre de Rmistes dépasse le million.
Ce n'est donc pas la production de richesse qui est en panne mais
la manière de la répartir et d'y avoir accès.
Les historiens des questions sociales retiendront des dernières
décennies du XXe siècle le glissement progressif du
thème de la pauvreté et de la nouvelle pauvreté à celui
de l'exclusion.
Chacun correspond a une période bien particulière. La croissance
des trois décennies de l'après-guerre n'entraîne pas l'éradication
de la pauvreté car tout en réduisant les inégalités, elle n'a
pas empêché la marginalisation de la frange la plus fragile
de la population : âgée, handicapée...
La nouvelle pauvreté apparaît au milieu des années 1980, une décennie
après le déclenchement de la crise. EIle concerne des populations
qui subissent directement les effets de la gestion sociale de
la crise : licenciement, perte on réduction drastique des droits
sociaux, déqualification professionnelle...
L'exclusion correspond aux mécanismes de reproduction de cette
situation : elle devient massive au cours de la décennie 1990.
Le débat est donc ouvert sur les manières de définir pauvreté
et exclusion, et sur l'analyse des processus qui y conduisent.
Celui-ci n'est pas neutre quant aux choix des politiques de lutte
à mener.
Au-delà de ces débats, les situations d'exclusion posent le problème
des ruptures du lien social et du nouveau rôle des politiques
sociales et plus généralement du Politique pour y remédier et
assurer la cohésion sociale.