Dans le film à 52' 46" (séquence 10 / DVD chapitre 19).
Un fondu enchaîné du visage de Thornhill à une vue extérieure du train permet une ellipse temporelle : la nuit tombe progressivement (un crépuscule purement cinématographique…). Seuls, le bruit des roues et les sifflements du train accompagnent la tombée de la nuit. « Conversation Piece », au caractère très romantique, contraste nettement avec le bruit désagréable du train. Elle accompagne l’enlacement amoureux des deux personnages, dans une pénombre propice à la tendresse. Le thème de l’Amour est repris par le hautbois dans un rythme légèrement plus libre, plus rubato, comme en dehors des temps, sur l’ostinato, immuablement en place, des cordes. Ensuite, la clarinette modifie encore le thème : Bernard Herrmann en bouscule la carrure, rythmiquement, mélodiquement et harmoniquement.
S’agit-il d’une manière de faire correspondre, en ce qui concerne la durée, la musique et les images ? Il est à noter que, grâce à cette mélodie légèrement allongée, le baiser qui suit, arrive sur la première note du hautbois qui reprend son dialogue avec la clarinette.
À 1' 20", le thème, dont le rythme est modifié, est repris par les violons. Les altos et les violoncelles viennent cette fois remplir les tenues de fin de phrase des violons, à la manière d’un contre-chant, très soutenu et romantique. L’ostinato est joué par les vents.
Hautbois et clarinette reprennent leur dialogue :
suivi d’un retour du thème aux violons, avec le contre-chant au hautbois. Les dernières mesures de la mélodie semblent s’étirer : on vient de frapper à la porte, l’étreinte amoureuse s’interrompt dans l’inquiétude… La pièce s’achève lorsque Eve ouvre la porte au steward qui apparaît à l’image sur le dernier accord.
M.-Th. C.
Cl. D.
S. M.
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